Sentinelle : pas un seul jeune militaire pour la répression bourgeoise !

Par JRCF, 22 mars 2019

Le gouvernement bourgeois aux abois face aux mobilisations de masse du peuple travailleur, à la radicalisation du mouvement dû à l’exaspération de plus en plus grande de la classe laborieuse (exaspération à laquelle la farce du « grand débat » – la plus grande opération de propagande organisée depuis Vichy –  était censée répondre !) vient d’annoncer l’utilisation du dispositif « anti-terroriste » Sentinelle; pour l’acte XIX des Gilets jaunes, samedi prochain.

L’opération intérieure Sentinelle qui était prétendument exclusivement dédiée à la lutte « anti-terroriste » va être donc être détournée de sa mission « originaire » pour être tournée contre le mouvement populaire et affectée à la protection de bâtiments officiels, au nom de la lutte contre un « ennemi intérieur » !

Confronté à une fronde populaire qui ne faiblit pas et à l’épuisement des forces de police et de gendarmerie, le gouvernement envoie désormais l’armée contre le peuple !

L’armée comme supplétif au « maintien de l’ordre » avait déjà été employée lors de l’acte 4 du mouvement des Gilets jaunes, avec utilisation de véhicules blindés à roues de la gendarmerie [VBRG] dans les rues de Paris, avec renforcement des effectifs de gendarmes, en plus du dispositif policier initial.

Une telle décision fait tomber encore un peu plus le masque du caractère fascisant et dictatorial de ce gouvernement au service des monopoles capitalistes et de l’Union européenne. Le gouvernement, commis du grand patronat, ne reculera devant rien pour briser l’élan populaire en cours, et tout nous indique qu’il est capable du pire. En cette fin du mois de mars où nous célébrons les premiers jours de la Commune de Paris, nous n’oublions pas les déclarations abjectes de , qui osa affirmer que « Versailles fut jadis l’ultime bastion de la République », s’inscrivant ainsi directement dans le sillon du nabot sanglant Adolphe Thiers, fossoyeur s’il en est du peuple héroïque en lutte. Voilà de quoi Macron est le nom ! Voilà sa conception de l’« ordre républicain » ! 

Les jeunes militaires Sentinelles ne doivent en aucun cas tourner leurs armes (ne serait-ce que de manière « préventive » ou « dissuasive ») contre les travailleurs, chômeurs, jeunes précarisés venus défendre leur dignité et demander le départ du gouvernement !

Pour le gouvernement bourgeois actuel en parfaite voie de fascisation et pour les intérêts des capitalistes que celui-là sert, la « pacification du pays » et le « rétablissement de l’ordre républicain » impliquent de faire, de la enrôlée, la main armée tournée contre des milliers d’autres jeunes actuellement pris au piège de la misère, du chômage, de la précarité auxquels les condamnent les contradictions du système capitaliste obsolète. Nous alertons à nouveau sur le rôle dangereux que pourra jouer très bientôt le Service Universel National de Macron, dans le formatage idéologique bourgeois, européiste, anti-populaire et donc anti-national de la de France, dans son endoctrinement au service d’une armée aux mains des intérêts capitalistes, et bientôt estampillée « défense européenne ». La menace d’une fracture violente au sein même de la jeunesse populaire est à combattre par tous les moyens.

Comme à toute époque du mode de production capitaliste, les lois de sécurité intérieure ne servent en dernière instance qu’à protéger et à défendre les intérêts de la classe dominante bourgeoise : aujourd’hui son gouvernement-serviteur a recours à la force militaire pour réprimer si besoin les travailleurs en lutte.

En lui-même, le déploiement de l’armée à des fins de surveillance et de maintien de l’ordre sur le territoire national représentait un fait sans précédent depuis la répression impérialiste française durant la guerre d’Algérie. Les chiffres de 2017 faisaient état d’environ 7 000 militaires déployés en permanence sur tout le territoire (dont la moitié en région parisienne) et ce depuis les attentats de 2015, à Paris.

Depuis la mise en place des dispositifs ultra-sécuritaires que la bourgeoisie justifiait par l’« état d’urgence » (désormais inscrit dans la Constitution), le PRCF n’a cessé d’alerter sur le fait que les mesures d’exception de militarisation, de surveillance et de surenchère sécuritaires ne servait qu’à diminuer l’espace des conquêtes démocratiques, et se retournera tôt ou tard contre les possibilités mêmes de toute mobilisation sociale, syndicale, en bref, de toute mobilisation de classe du peuple travailleur !

La généralisation de l’opération Sentinelle sur tout le territoire, puis son utilisation présente à des fins d’ « encadrement » et de répression du mouvement en cours démontre une fois de plus que l’« anti-terrorisme » n’est qu’un prétexte de renforcement de tous les dispositifs répressifs, au service des intérêts de la bourgeoisie et de son État.

Au même moment, le gouvernement châtie les responsables administratifs parisiens accusés de ne pas avoir été suffisamment « efficaces » dans le matage des dernières manifestations. Le préfet de police de Paris, Delpuech, va être remplacé par le sinistre Lallement, ancien préfet de Nouvelle-Aquitaine, qui fit montre d’une main de fer lors des récentes répressions. Le gouvernement a également demandé le départ du directeur de cabinet du préfet de Paris ainsi que du directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne, afin d’y placer ses hommes de main les plus violents.

Le premier ministre Philippe avait déjà annoncé, pour l’acte prochain des Gilets jaunes, une série de mesures exceptionnelles : manifestations déclarées illégales dans certains quartiers de Paris, de Toulouse et de Bordeaux, « autonomie » accrue (entendre impunité totale) pour les forces de maintien de l’ordre, renforcement de l’appareil de la PJ [police judiciaire] sur le terrain, recours augmenté à l’article 40 du code pénal pour les personnes suspectées de« légitimer » ou « d’encourager » les violences. À la mobilisation des forces Sentinelle s’ajoutera également l’utilisation d’un arsenal répressif hors du commun comme des brigades anti-casseurs, l’utilisation de drones, de produits chimiques indélébiles permettant de «marquer » les individus de façon durable pour mieux pouvoir les « cueillir » ensuite, des barrières de filtrage en amont des manifestations.

PAS UN SEUL JEUNE MILITAIRE POUR LA RÉPRESSION BOURGEOISE !

CONTRE LA FASCISATION DU RÉGIME ET LA RÉPRESSION DE CLASSE :

FRONT ANTIFASCISTE, POPULAIRE, PATRIOTIQUE ET ÉCOLOGIQUE !

SOCIALISME OU BARBARIE, NOUS VAINCRONS !