Restaurants clandestins : scandale de l’arrogance bourgeoise – #OnVeutLesNoms #restaurantclandestin

En ce week-end pascal, où malgré le beau temps l’atmosphère n’est pas à la fête, la France confinée a vu surgir sur les réseaux sociaux une information au goût amer qu’aucune poule en chocolat ne pouvait adoucir. Des journalistes de M6 ont en effet diffusé, sur les réseaux sociaux, un extrait de leur reportage sur l’ouverture de restaurants clandestins.

Des restaurants clandestins ouverts pour les riches et leurs ministres…

Dans le palais Vivienne, hôtel particulier parisien recouvert de dorures et de tableaux coûteux, caricature au carré de l’indécence bourgeoise, se tiennent depuis le mois de mars de luxueux repas au caviar et au champagne où les masques sont radicalement proscrits, fréquentés par la bourgeoisie la plus huppée et par des membres du gouvernement Castex. Les deux organisateurs présumés, le chef cuisinier des stars Christophe Leroy et le collectionneur d’art Jean-Pierre Chalençon, s’en étaient vantés publiquement sur les réseaux sociaux sans qu’aucune poursuite ne soit engagée, alors que les Français vivent depuis mars 2020 les contrôles de police permanents pour s’assurer de leur respect des règles sanitaires.

L’information s’amplifie sur les réseaux sociaux (sous les mots dièses #OnVeutLesNoms et #MangeonsLesRiches ndlr) et n’est reprise qu’anecdotiquement par quelques organes de presse locale et de média télévisuels. La presse papier nationale, au moment de la rédaction de notre article, n’a pas cru bon de commenter cette nouvelle qui indigne, à raison, le peuple de France qui subit de plein fouet pandémie, crise économique et restrictions à ses libertés.

Confinement de classe : bourgeoisie et classes populaires ne vivent pas dans le même monde

Le prix d’entrée de ces agapes et la cooptation nécessaire pour y participer achèvent de démontrer que dans notre pays, la bourgeoisie et les classes populaires ne vivent pas dans le même monde : pour dîner dans ce « club privé », il faut être parrainé par un de ses très riches membres et débourser au minimum les 160€ du menu le plus modique de la carte, le gros des clients consommant cependant des repas dépassant les 400€. Le virus et la fameuse crise économique qui lui serait corolaire, invoqués pour réduire les et revenir sur les droits sociaux des travailleurs, ne toucheraient donc visiblement pas toutes les classes sociales…

Quant aux ministres actuellement en fonction qui participeraient à ces dîners illégaux, si Jean-Pierre Chalençon s’est par la suite rétracté devant le scandale déclenché par le reportage, se murmureraient les noms de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot et du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

On peut aussi conjecturer que cela ne concerne pas que la République en Marche, le mondain Chalençon n’hésitant pas à s’afficher avec des personnalités sulfureuses d’extrême-droite, de Jean-Marie Le Pen à Florian en passant par Dieudonné, ce qui lui avait d’ailleurs valu il y a quelques mois des accusations d’antisémitisme.

La répression de classe, une constante du système capitaliste

En réalité, cette information n’est que le dernier exemple d’une injustice de classe qui ne date pas d’hier.

Après la fermeture des bars, si la presse nationale s’indignait vivement qui de la fréquentation du Canal Saint Martin par la petite bourgeoisie bobo parisienne, qui de celle du marché de Saint Denis par les classes populaires, pas un mot n’était prononcé sur la fréquentation de bars sur la voie publique, dans des gobelets en plastique, dans les beaux quartiers parisiens par une jeunesse dorée.

Le couvre-feu et le rationnement, censés être généraux pendant l’Occupation, ne concernaient pas la haute bourgeoisie collaborationniste et mondaine, qui mangea toute la guerre à sa faim, comme le montre très bien l’excellent film La traversée de Paris.

Pendant le siège de Paris, qui précède la Commune dont nous fêtons cette année les 150 ans, si les et manœuvres devenus gardes-nationaux avaient la chance de ne pouvoir se payer avec leur solde journalier qu’une laitue ou une cervelle de chien et que les morts de malnutrition s’amoncelaient dangereusement dans la Capitale, les riches qui deviendront bientôt les Versaillais se régalaient des animaux du jardin zoologique.

Ce deux poids deux mesures insupportables n’est donc pas imputable qu’à l’arrogance macronienne, il est inscrit dans l’ADN de la société de classe et du capitalisme. Tant qu’elle durera, la bourgeoisie se gobergera en toute impunité pendant que nous aurons faim et les lois qu’elle prétend édicter pour l’intérêt général ne s’appliqueront qu’à nous, les classes populaires.

Le PRCF, s’il refuse l’apathie et l’abandon du combat politique auxquels le gouvernement nous enjoint hypocritement, appelle quant à lui au respect des règles sanitaires par toute la population, travailleurs comme bourgeois, lesquels, ne leur en déplaisent, doivent rester soumis à l’autorité de la loi. Il espère aussi que la prise de conscience de ces inégalités criantes fera ressentir à tous la nécessité d’en finir avec le capitalisme, comme le préconise notre programme des 4 sorties. Que la Commune vous inspire, camarades !

par Shannon pour www.initiative-communiste.fr