affiche PCF 200 famillesQue ce soit sur le marché, dans les réunions de famille, dans les bistros, on est confronté aux commérages malveillants véhiculés par les médias du style : « ils » sont trop assistés, « ils » n’ont qu’à travailler, retourner dans leur pays… » et suivent des propos anti-chômeurs, anti-immigrés, anti-fonctionnaires. Beaucoup de gens qui  ont parlé  comme cela se croyant à l’abri, mais quand fut venu leur tour de connaître le chômage, la pauvreté, et toutes les conséquences qui en découlent, ils ont vite changé d’avis.   Quand on n’est  jamais concerné personnellement  et que l’on est individualiste, il est clair que c’est plus facile de s’attaquer aux victimes, aux plus fragiles, qu’aux responsables…

Le sujet de l’assistanat divise les Français entre ceux qui ont un emploi et ceux qui n’en n’ont pas et qui vivent des allocations. Des millions de personnes cherchent un emploi à plein temps en France et leur nombre ne cesse de grandir au rythme des licenciements, des délocalisations, des et des suppressions d’emploi dans la fonction publique ! QUI PEUT PENSER QU’IL ECHAPPERA TOUJOURS LUI-MEME A CELA ? Et si ce n’est lui, ses proches ou ses enfants?

Les politiques libérales nationales et internationales menées en faveur de la finance depuis des décennies – sous l’égide de l’UE du Capital – ont conduit le pays au marasme économique. La solidarité nationale s’est tournée uniquement vers les banques et les entreprises du CAC 40. Aucune mesure concrète n’a été prise contre les voyous, les spéculateurs, les politiciens véreux. Au contraire, sous les ordres de l’Union Européenne, institution créée par les capitalistes, pour les capitalistes, et sous couvert d’une concurrence libre et non faussée, les entreprises nationales, créées au lendemain de la guerre par le Conseil National de la Résistance (EDF-GDF, France Telecom/La Poste, SNCF,…), les acquis du Front Populaire et du mouvement social de 1968 sont démantelés, un à un, pour être remplacés, sur proposition du MEDEF, par des monopoles privés.

Qui sont les vrais assistés en France ?

Dans notre pays, les minimas sociaux sont peu généreux même si on inclut les aides au logement, ils ne représentent que 39 % du salaire médian. Les allocations familiales ne relèvent pas ces minimas. D’après une étude de l’association ATD Quart Monde, plus une famille au RSA a d’enfants, plus son revenu s’enfonce sous le seuil de pauvreté.

Autre constatation, la valeur relative des distribuées en France n’a cessé de diminuer ces dernières années. Le RSA ne représente plus que 38 % du SMIC, contre 43 % pour le lors de sa création, en 1988. qui plus est, près de 50% des ayants droits ne font pas la demande du RSANon les travailleurs privés d’emplois ne sont pas des assistés !

Concernant les immigrés, on ne le dit pas assez, mais une condition de résidence sur le territoire français s’applique aux minima sociaux. Il faut un titre de séjour depuis cinq ans pour toucher le RSA. Pour le minimum vieillesse, dix ans de résidence sont nécessaires. De quoi tordre le cout aux idées véhiculé, a savoir que les étrangers viennent pour profiter de notre protection sociale. Par contre, contrairement aux idées développées par le FN, l’immigration ne coûte pas forcément cher à la France. Les immigrés consomment moins d’assurance vieillesse et de prestations d’assurance maladie et ils contribuent beaucoup en termes de cotisations sociales, de TVA et de CSG. Des économistes comme Xavier Chojnicki et Lionel Ragot ont fait le compte : avec une charge de 68 milliards et des recettes de 72 milliards, l’immigration rapporte 4 milliards d’euros par an au pays.

Les cadeaux faits au patronat, sous forme d’aides directes et de crédits d’impôts, se montent annuellement à 230 milliards d’euros.

Les cadeaux faits au patronat, sous forme d’aides directes et de crédits d’impôts, se montent annuellement à 230 milliards d’euros. Et que fait le patronat de cette manne financière accordée sans aucun contrôle ? Il délocalise, pour accroître ses profits dans les pays à bas salaires et dont les contraintes étatiques sont moindres. C’est l’une des causes de la désindustrialisation de la France, 700 000 emplois industriels ont disparu en 10 ans. En 2013, il s’est fermé plus d’entreprises qu’il ne s’en est créé. En 2000, les entreprises françaises ont versé 42 milliards de dividendes, en 2012, cette somme est passée à 82 milliards. En pleine « crise » : les capitalistes se sont octroyés 100% d’augmentation. Les entreprises du CAC 40, quant à elles, ont engrangé 48 milliards d’euros de profits en 2013. Ces profits ne servent pas à la création d’emplois mais, ils alimentent les fortunes personnelles des actionnaires et des dirigeants d’entreprises. Les actionnaires des entreprises du CAC 40 et leurs dirigeants ont placé leurs profits et leur fortune personnelle dans les paradis fiscaux afin de les faire fructifier. BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale disposent de 361 filiales dans les paradis fiscaux ce qui leur permet d’échapper à l’impôt. Ces avoirs ainsi dissimulés au Fisc par les entreprises sont évalués à 400 milliards d’euros.. Les particuliers auraient dissimulé 200 milliards d’euros. Ces 600 milliards d’euros (valeur estimée en 2009) représentent plus de 2 fois les recettes du budget de l’Etat et plus de 11 fois le produit de l’impôt sur le revenu.

Cette politique destructrice, au nom de la compétitivité des entreprises, crée un chômage massif, la précarité, la sous rémunération, la dégradation des conditions de travail et de vie. Pour en finir avec ce système capitaliste, il faut s’affranchir de la domination des grands groupes capitalistes sur la société. Pour cela, il faut en premier revenir à la  nationalisation des établissements financiers français qui participent à la dérégulation financière (BNP Paribas, Crédit agricole, Société Générale) imposer à la banque centrale nationale d’avoir un contrôle strict sur les mouvements de capitaux. Prendre le contrôle par la nationalisation des entreprises françaises clé (EDF – GDF Suez, Alstom, l’industrie automobile, VEOLIA, AREVA…) Ces premières mesures  permettront dans un premier temps la mise en œuvre d’un plan de relance de l’activité industrielle avec la création de milliers d’emploi.

La sortie de l’Union Européenne et de l’ sont les conditions pour que notre pays retrouve toute sa liberté pour mettre en œuvre une véritable politique sociale et économique dans l’intérêt des travailleurs, véritables créateurs de richesses, et pour notre pays. La sortie de l’OTAN, véritable machine de guerre, permettra d’économiser des vies prises dans les conflits impérialistes et d’ économiser des millions d’euros  qui serviront à relancer notre économie.

Jo Hernandez

Secrétaire national du secteur Luttes du PRCF