L’ “Education Nationale” : la régression en marche vers le totalitarisme A.C.I.E.R. ! à propos d’une épreuve de brevet

Que « l’ » (en réalité, Inéducation territoriale) soit progressivement détruite et devienne le fer de lance de la d’Etat et de l’idéologie A.C.I.E.R – c’est-à-dire l’idéologie atlantiste-capitaliste-impérialiste-européiste-réactionnaire –, cela ne fait aucun doute depuis très longtemps : l’ambition est clairement affichée dans l’ de l’Europe contemporaine de Pierre Milza et Serge Berstein, lorsque ce dernier se prononce pour que « le système éducatif prenne en charge la création d’une identité européenne en enseignant l’ de l’Europe ». Mais plus les jours passent, plus la mutation de l’-Géographie-Enseignement moral et civique (HGEMC) en véritable récit hagiographique et moralisateur s’effectue à grande vitesse. La publication du sujet zéro du diplôme « national » du brevet sur le site Eduscol laisse à ce sujet franchement pantois (le sujet est consultable ici : http://cache.media.eduscol.education.fr/file/DNB_2018/60/3/Sujet0_DNB2018_HGEMC_Serie_GEN_880603.pdf).

Sujet zéro du brevet d’Histoire Géographie : 100% propagande, le diplome national du brevet au service du totalitarisme A.C.I.E.R.

Passons l’ambition « intellectuelle » toujours plus proche du néant, qui est relayée par la parole d’une (grande) partie des inspecteurs pédagogiques régionaux (IPR) et des inspecteurs généraux (IG) ne cessant de proclamer la désuétude des connaissances et le fait de privilégier les « compétences ». Comprenez : maîtriser la langue française, disposer de la plus large culture humaniste possible (aussi bien en HGEMC qu’en mathématiques, littérature, philosophie, SES, science physique ou encore éducation musicale et artistique), réfléchir et exercer son esprit critique, tout ceci ne constitue pas des « compétences » utiles, prioritaires et indispensables aux futurs citoyens de plus en plus transformés en sujets de Sa Majesté.

Abordons de plus près en revanche l’analyse du « sujet zéro » (vraiment zéro pour le coup…), et en particulier l’épreuve d’EMC dont l’intitulé même de la matière ne laisse déjà aucun doute sur l’objectif de domestication des cerveaux et de désidéologisation – qui masque en réalité le désir d’imposer le totalitarisme A.C.I.E.R. L’exercice, noté sur 10 points, comprend des questions sur deux documents, le premier étant… un tweet du Ministère de l’Intérieur du 14 mars 2015 à 18, avec le message « Oui je vote, 22 et 29 mars » (en référence aux élections départementales de l’année 2015). L’opération de propagande est bel et bien en marche… et se confirme en observant précisément la construction de l’exercice.

1) Un titre mensonger digne d’une « fake news »

D’emblée, le titre de la situation constitue une manipulation et un mensonge énormes : « L’exercice de la citoyenneté dans la démocratie : le vote, droit et devoir ». Faut-il rappeler que LE VOTE EST UNIQUEMENT UN DROIT ET NULLEMENT UN DEVOIR ??!! Il n’existe en effet aucune loi – contrairement à un pays comme la Belgique qui sanctionne financièrement l’abstention – faisant du vote une obligation légale et juridique. Cependant, il suffit de constater la stupeur des élèves lorsqu’une telle vérité (peut-être « fake news » pour Sa Majesté et le gouvernement Philippe ?…) est énoncée en cours, eux qui sont convaincus que le vote est un devoir. Alors est rabattu l’argument classique : « c’est un devoir moral et civique » ! Loin de nous l’idée de contester l’utilité du vote, transformé de fait en rituel mystique, une véritable démonstration de foi pour montrer que l’on est un bon citoyen uniquement en votant (et le reste des cinq années, ne surtout rien faire car « ce n’est pas la rue qui gouverne ! » et « le Président a été légitimement et démocratiquement élu ! »).

Il est absolument stupéfiant de constater que sur un site officiel de l’Education nationale, un tel mensonge soit exposé au grand jour. Mais peut-on attendre autre chose de la part d’une grande partie des IPR, des IG et des rectorats lorsque leur fonction se résume avant toute chose à relayer la parole officielle de l’Etat (davantage que de la République d’ailleurs) en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes – que l’on songe au train de vie de certains recteurs – alors même que l’Education nationale manque de moyens humains, matériels et financiers ?…

2) Un document d’appui culpabilisant

Le choix du deuxième document est également très intéressant : alors que l’on insiste sur la nécessaire distance critique dans l’analyse, le chois se porte ici sur un témoignage faisant clairement office d’appel à la mobilisation pour… le vote. Ce document n’est cependant pas dénué d’intérêt, signalant notamment l’importance fondamentale de la « culture politique » (même si, bien entendu, ne nous attendons pas que soit valorisée la culture communiste par exemple). Mais mis en lien avec le premier document et les questions qui suivent, il devient très vite une opération de moralisation des personnes ne votant pas – et à vrai dire, faut-il s’attendre à autre chose ?

3) Quand le « citoyen » devient un sujet…

élection Portugal - 2016

Tout aussi « surprenant » est la définition de certains concepts proposés dans la 3e question – on notera au passage que demander aux élèves de définir eux-mêmes ces concepts de base semble devenu une ambition démesurée pour un « diplôme national »… Ainsi en va-t-il du « citoyen », auquel est attachée la définition suivante : « Personne, dans un Etat organisé, bénéficiant des mêmes droits civils et politiques et obéissant aux mêmes lois que les autres. » Curieusement, les droits se limitent aux aspects « civils et politiques », occultant sciemment les droits SOCIAUX ET ECONOMIQUES pourtant fondamentaux : Sécurité sociale ? Retraites ? Solidarité pour les chômeurs ? Syndicats ? Ne rêvez pas, il suffit de voter et respecter à tout prix les lois ! Et quid de la différence entre le sujet et le citoyen dans cette définition ?! Les citoyens forment ensemble une personne morale, à savoir la nation qui est SOUVERAINE : comment être souverain sans souveraineté ?! Cette notion de souveraineté a totalement disparu du discours de l’Education Nationale sur la démocratie, et on le comprend d’autant plus lorsque l’on sait que les programmes encensent la disparition de la souveraineté dans la « gouvernance mondiale » et dans la « construction européenne ». La définition proposée définit dès lors très bien le sujet d’une monarchie dans laquelle il y aurait égalité des droits entre les sujets.

4) Une question finale au service de « l’Ordre moral »

Achevons ce tour d’horizon avec la dernière question, véritable bijou de propagande moralisatrice au cas où l’élève de 3e n’aurait toujours pas compris qu’il faut voter (et d’ailleurs, voter pour quoi ? Car quitte à voter, autant savoir ce que l’on propose au citoyen ; mais ceci est très certainement secondaire aux yeux des concepteurs du sujet…). Voici le subtil (car il ne faut tout de même pas paraître trop directif) intitulé : « A la veille des dernières élections présidentielles, un membre de votre famille vous a annoncé qu’il n’irait pas voter. Imaginez un dialogue entre lui et vous au sujet de l’importance du vote dans une démocratie. » Et voilà l’élève transformé en avocat acharné de la nécessité absolue, autrement dit du DEVOIR, de voter ! On imagine déjà la teneur et l’intensité de l’échange dans ce dialogue constructif : « ne pas voter, ce n’est pas bien, tu n’es pas un bon citoyen » ; « tu devrais avoir honte, des gens sont morts pour avoir le droit de vote » ; « regarde les dictatures, on ne peut pas voter » (NDLR : ce qui d’ailleurs est faux puisque l’on vote chez les amis de Jupiter, dans l’Egypte de Sissi ou en Arabie saoudite par exemple), etc. Mais au fait, quels arguments un élève d’à peine 15 ans pourrait-il trouver pour justifier le choix de l’abstention ??!!

La base de la démocratie, la souveraineté populaire niée

Le droit de vote est-il inutile ? Certainement pas, et nous refusons le slogan « Elections, piège à cons » qui permet de fait aux partis de l’A.C.I.E.R. de se succéder au pouvoir, épaulés en cela par une presse aux ordres et dont le grand combat n’est plus de mener un travail d’enquête – à l’exception bien entendu de réels journalistes comme au Monde diplomatique, à Fakir, Bastamag, Frustrations, Acrimed (liste non exhaustive au sein desquelles les journalistes se reconnaîtront) voire même de quelques émissions (curieusement menacées de disparition…) comme Cash Investigation – mais de partir à la chasse aux fake news, insupportable anglicisme entretenant le confusionnisme le plus total (et le plus cynique) entre le véritable complotisme et la critique nécessaire du pouvoir. Le droit de vote doit être une arme utilisée pour porter au pouvoir les représentants des travailleurs et empêcher l’OPEM de régner en maître. Mais cela ne saurait suffire et ne peut que s’articuler avec le combat à mener DANS LA RUE, c’est-à-dire en coordination avec les instances représentants les travailleurs et les citoyens – c’est d’ailleurs tout le sens d’une République des Conseils, ces derniers exerçant de fait un droit de contrôle véritable (et non fictif comme à l’Assemblée « nationale ») sur les élus ; à ce sujet, le droit de révocabilité et de contrôle des élus assurerait un véritable fonctionnement démocratique plutôt que de suivre aveuglément un(e) élu(e), au même titre que le droit à l’insurrection consacré dans l’article 35 de la Constitution de la Première République adoptée le 24 juin 1793.

Voter ? Oui… mais pas à n’importe quel prix !

C’est pourquoi si nous condamnons le slogan « Elections, piège à cons », NOUS REFUSONS TOUT AUTANT LA SACRALISATION [DU DROIT DE VOTE] DU VOTE ET [SA] LA TRANSFORMATION DU DROITE DE VOTE EN DEVOIR MORAL ET CIVIQUE. Après tout, faut-il rappeler que l’abstention constitue un acte EMINEMMENT CIVIQUE ET POLITIQUE par refus de cautionner une élection totalement illégitime, à l’image des « élections européennes » donnant le pouvoir aux députés de valider (de surcroît avec le Conseil de l’UE composé des ministres) les directives de la Commission et de satisfaire les desiderata des lobbies capitalistes (industrie pharmaceutique, agro-alimentaire, secteur bancaire…).

Faut-il également rappeler que, curieusement, le vote n’est toléré que lorsque le résultat attendu va dans le sens des partisans de l’A.C.I.E.R. ? Comment oublier que l’Irlande a été contrainte de réorganiser un référendum pour approuver le traité de Lisbonne que les Irlandais avaient rejeté dans un premier temps en juin 2008 ? Et comment oublier que la démocratie est MORTE EN FRANCE LE 4 FEVRIER 2008, lorsque les parlementaires réunis à Versailles (beau symbole pour la fin de la démocratie !), qu’ils soient de droite (cela va de soi pour les tenants de l’ordre sarko-fillonniste) mais aussi du « Parti » « socialiste » (que l’on se souvienne du futur Sinistre de l’Intérieur Manuel Valls…), ont majoritairement approuvé un texte REJETE PAR 55% DES FRANÇAIS LE 29 MAI 2005 ? Et que dire de la croisade en faveur d’un nouveau référendum au sujet du Brexit au nom des classiques et méprisants arguments « les Britanniques ont mal voté », « ils n’ont rien compris » voire même « 52%, ce n’est pas beaucoup » (parce que 51% de oui pour le traité de Maastricht en France en 1992, c’est BEAUCOUP ?…).

L’abstention, arme civique et politique essentielle

Enfin, faut-il rappeler que la sacralisation du [droit de] vote confère une telle légitimité à la personne élue, fusse-t-elle dans des conditions peu démocratiques (que l’on se souvienne de la propagande de la part de l’oligarchie politico-économico-médiatique (OEPM) afin de porter aux cieux son champion Jupiter, n’hésitant pas à mener une véritable guerre envers Jean-Luc Mélenchon – guerre qui se poursuit d’ailleurs de manière toujours plus grossière et caricaturale à l’encontre de la France insoumise – pour empêcher sa présence au second tour), que l’Elu(e), au sens presque divin du terme, peut se targuer de s’appuyer sur une forte légitimité : dès le soir du second tour de l’élection présidentielle, que n’a-t-on pas entendu les lieutenants de Jupiter expliquer à des personnes médusées que « 66% des Français ont approuvé le programme » par exemple… Comment expliquer cette réaction outrée des personnes ayant voté « par contrainte » pour Jupiter ? Naïveté politique ? Stupidité et inculture politiques et idéologiques ? Travail de sape abouti de l’OPEM et de l’Education nationale ? Un peu de tout !

Une chose est certaine : il eut été beaucoup plus cohérent et rationnel d’appeler à une ABSTENTION MASSIVE DE LA PART DES CLASSES POPULAIRES, dont on était certain que leur vote avait plus de chances de se tourner vers l’épouvantail du FN – fausse alternative qui constitue bel et bien un parti de classe profondément hostile aux classes populaires et obsédé par la chasse aux immigrés et musulmans, mais aussi aux « assistés » et aux « fraudeurs » – que vers le candidat représentant de l’A.C.I.E.R., comme l’a immédiatement fait le PRCF, plutôt que de s’empresser à appeler dès 20h02 le dimanche 23 avril 2017 à « faire barrage au FN » en votant pour celui qui accentue la fascisation du pays. Et dire que ce choix a été fait de la droite jusqu’au sein même du PCF-PGE ou dans L’Humanité, où l’on jurait qu’après le 7 mai 2017 le combat aurait lieu dans la rue et que Macron n’avait qu’à bien se tenir ; le même raisonnement fut d’ailleurs mené par les responsables des syndicats, CGT comprise. Nous voyons aujourd’hui le désastreux résultat de cette pitoyable orientation (pour ne pas dire de cette trahison) : fort de sa (pseudo) « légitimité » de « 66% », Jupiter règne, détruit le Code du travail, traque les syndicalistes, massacre les services publics, menace la liberté d’expression et la démocratie, accélère la soumission de la France à l’UE et à l’OTAN, casse davantage la République, fait de l’école une succursale de l’idéologie A.C.I.E.R, et cela avec parfois la complicité (pour ne pas dire la collaboration…) des syndicalistes jaunes ou en profitant d’une stratégie de manifestations « saute-moutons » totalement contre-productive et démobilisatrice pour les travailleuses et les travailleurs. Voilà l’efficacité du DEVOIR de voter !

Se mobiliser pour sauver l’Education nationale et l’humanisme !

Nous voyons donc comment l’Education nationale poursuit son œuvre d’abrutissement de notre jeunesse, de mise en conformité avec l’A.C.I.E.R totalitaire, à la fois par son écriture de l’histoire qui criminalise la Révolution française et le communisme, passe sous silence les effets exterministes du capitalisme, la Terreur blanche envers les sans-culottes et les Jacobins après l’exécution de Robespierre, l’exploitation du prolétariat sous la merveilleuse « révolution industrielle », le massacre de la Commune de Paris ou encore la collaboration de classe entre les élites économiques françaises et l’Allemagne nazie – et qui transforme l’UE en grand projet politique (et non en objet d’histoire) –, mais aussi par son Enseignement MORAL ET CIVIQUE totalement contraire à l’idée d’une réflexion critique et d’une véritable culture citoyenne, qui vise à transformer les citoyens en sujets accomplissant leur DEVOIR en votant (« votez, votez ce que vous vous voulez, votez n’importe quoi [et c’est d’ailleurs souvent le cas…], mais votez ! ») et à se taire une fois les élections passées.

Plus que jamais, le combat pour sauver les sciences humaines et sociales, la Culture au sens large du terme, et donc notamment l’HISTOIRE-GEOGRAPHIE-PHILOSOPHIE (terme préférable à l’assujettissant EMC), est non seulement un combat pour l’intelligence humaine, mais aussi un combat profondément politique et idéologique, dont les communistes doivent s’emparer IMMEDIATEMENT et sans attendre que soit proposée, comme c’est le cas à l’heure actuelle en Belgique, la suppression de l’histoire dans l’enseignement secondaire. Ce combat est donc bel et bien à la fois national ET international, il nécessite par conséquent d’exprimer notre pleine et entière solidarité et fraternité à toutes et tous ceux luttant contre la mise à mort programmée des sciences humaines et sociales et de l’école publique – la réforme Blanquer constitue une étape majeure en ce sens, accélérant les destructions opérées depuis tant d’années à tous les niveaux d’enseignement –, qu’ils soient élèves du primaire ou du secondaire, étudiants, parents d’élèves, professeurs, personnels d’éducation, administratifs et techniques, citoyennes et citoyens, travailleuses et travailleurs. Car comme le disait si bien Karl Marx : « Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre » !