Info Luttes : FACE A LA CASSE DU PAYS ET DES DROITS SOCIAUX, UNE RIPOSTE NATIONALE S’IMPOSE PLUS QUE JAMAIS ! N°9 février 2016 semaine 9

FACE A LA CASSE DU PAYS ET DES DROITS SOCIAUX, UNE RIPOSTE NATIONALE S’IMPOSE PLUS QUE JAMAIS !

Poing IC Luttes info lutteL’attaque sans précédent contre les salariés, avec «la Loi travail » d’EL Khomri-Macron, les atteintes aux libertés syndicales et à la répression des syndicalistes de classe, exige d’utiliser tous les moyens qui seront nécessaires pour faire reculer ou éjecter ce gouvernement de casseurs de droits sociaux, y compris par la grève générale avec une grande manifestation à Paris.

De grèves, des luttes, partout : la colère gronde

En ce mois de février 2016, 2754 grèves se sont déroulées en France. La tendance à la hausse se confirme donc toujours, avec plus du double du nombre de luttes qu’aux mois de septembre ou d’octobre et le quadruple du mois de juin. Ce qui est le plus notable pour ce dernier mois de luttes, c’est d’une part l’augmentation significative du nombre de conflits de longue durée et d’autre part que ces conflits peuvent avoir d’autres causes que l’opposition à des fermetures d’entreprises. Les grèves et luttes sur les salaires commencent à apparaître dans le privé avec toujours l’argument des profits considérables opposés au blocage des salaires (PSA Mulhouse). Leur nombre pour le moment encore modeste devrait augmenter fin février et au mois de mars avec l’annonce des négociations annuelles obligatoires dans les plus gros groupes. La question des salaires va être aussi à nouveau ré-ouverte dans la fonction publique après la réussite de la journée du 26 janvier 2016.

assez de reculs, assez d’accompagnement, assez de partenariat, assez de soumission au MEDEF, à l’UE, assez de compromission avec le pouvoir. L’heure est au tous ensemble, en même temps

Pour les militant(e)s du PRCF, assez de reculs, assez d’accompagnement, assez de partenariat, assez de soumission au MEDEF, à l’UE, assez de compromission avec le pouvoir. L’heure est au tous ensemble, en même temps. Il ne suffit plus d’une journée par-ci, une autre par-là dans la dispersion et sans perspective. Il faut désormais tendre vers une riposte nationale d’ampleur qui fédère toutes les luttes aujourd’hui éparpillées. Oui la convergence des luttes est possible! Mickaël Wamen, syndicaliste de Goodyear, disait à la manif du 4 février :

« On ne peut pas continuer à faire croire que le peuple accepte. On est dans une situation nouvelle : ou on se rassemble à des millions et des millions sans attendre, ou on se laisse écrabouiller. On pleure, ou quoi ? Il y en a ras le bol. Arrêtons de reculer. Faisons plier ce gouvernement et ceux qui l’accompagnent. » (pour écouter l’intégralité du discours de M Wamen à Paris, cliquer ici)

C’est pourquoi le PRCF propose une manifestation nationale à Paris contre l’ensemble de la politique du pouvoir et de l’UE, pour l’emploi, les salaires, le produire en France et les liberté syndicales et démocratiques.

Jo Hernandez – Secteurs luttes du PRCF


 

Ceux qui vivent sont ceux qui luttent !

Urgence sociale en Ariège

La Dépêche, 21 février 2016 :

Pour une fois, les manifestants avaient déserté le centre-ville de Pamiers : décidément, ce pauvre centre ne fait plus recette ! C’est au rond-point de la zone commerciale de la Bouriette, que 400 à 500 personnes se sont retrouvées hier à l’appel de l’intersyndicale (CGT-FSU-Solidaires, etc) pour manifester en situation «d’urgence sociale». L’actualité récente dans le département porte témoignage des craintes exprimées par les syndicats autour des licenciements annoncés (Johnson Controls, La Moulasse) ou des menaces qui pèsent sur les structures administratives appelées à évoluer, notamment dans le cadre de la mise en place de la Loi NOTRe. Crainte aussi sur le maintien des structures de santé.

Derrière Didier Mezin, secrétaire générale de l’union départementale CGT, une vingtaine d’orateurs avaient pris place sur la butte qui marque le rond-point à l’intersection, érigée en haut lieu de la lutte «anti-casse» et bastion de la résistance, un peu à l’image de la butte Montmartre refusant de rendre les canons, où du Pog de Montségur.

Sous un soleil retrouvé, on sentait bien que les organisateurs auraient souhaité une mobilisation plus forte pour cette journée d’action départementale, mais ils y voyaient le point de départ d’un mouvement appelé à croître. «Il nous faut convaincre, montrer qu’il y a d’autres choix que ceux qui sont proposés aujourd’hui, le fatalisme et l’injustice sociale ne sont pas la seule solution dans un pays comme le nôtre qui est la 5e puissance économique mondiale ! Nous, Ariégeois, nous condamnons la logique du profit, et nous condamnons en Ariège les licenciements boursiers et douteux !» s’écriait Didier Mezin. Avant lui, plusieurs orateurs s’étaient succédé sur cette tribune engazonnée, un «plateau» voulu par les organisateurs car chacun des intervenants représentait un secteur d’activité, public ou privé. D’où d’ailleurs un glissement au niveau de l’horaire, car emportés par leur détermination, la plupart ont fait plus long que prévu. Au final, des témoignages riches sur la vie des entreprises ou des administrations, et sur les préoccupations des salariés, ou même des parents d’enfants placés dans les centres d’accueil pour handicapés. Et surtout un réquisitoire contre la politique gouvernementale avec en point d’orgue ce cri de l’un des orateurs : «Mais que fait notre Président ?» C’est derrière les banderoles comme «Ariège terre chômage» et en reprenant des slogans répétés avant la manif que les manifestants ont ensuite défilé en cortège, vers le rond-point du pavillon, où devait avoir lieu la dispersion.

Leur vécu en «état d’urgence sociale»

  • Pierre (pour les retraités) : «Non au gel des pensions et oui au maintien de la protection sociale. De l’argent, pour financer notre système, il y en a partout, sans parler de celui qui disparaît dans la fraude fiscale !»Romuald (CERAS) : «La direction vient de détruire chez nous 25 emplois, on attend maintenant la phase suivante, la guillotine du tribunal. On est sans travail et la direction a confié notre travail à des sous-traitants !»
  • Lenie (agent de Pôle emploi) : «Un salarié sur quatre est au chômage dans notre département. Et les personnes privées d’emploi doivent maintenant s’inscrire obligatoirement sur Internet à Pôle emploi ! C’est une situation délirante, les personnes qui viennent chez nous ne sont plus reçues que sur rendez-vous et les conseillers qui ont en charge les demandeurs d’emploi ont près de 250 dossiers à gérer chacun !»
  • Myriam (pour les territoriaux) : «La loi NOTRe a un fort impact sur les agents. C’est toute l’homogénéité de notre édifice national qui va être détruit. Et que l’on n’oublie pas : les entreprises ne s’installent dans nos territoires que si les services publics existent !»
  • Laurent (EDF production) : «Attention à la privatisation des barrages, c’est un risque sur l’emploi avec la mise en concession. N’oublions pas qu’EDF est le premier contributeur du département à l’économie locale.»
  • Jean-Paul (Johnson Controls) : «On est victime d’un licenciement boursier avec un milliard de bénéfices ! Et notre site à Laroque a réalisé lui aussi sa part de profits !»

L’assurance chômage est excédentaire

Alternative Economique, 22 février 2016 :

Lundi 22 février, les » partenaires sociaux » ont entamés les négociations sur l’avenir de l’assurance-chômage. Le gouvernement, relayé ces derniers jours par l’Association française des entreprises privées (AFEP), oriente le débat depuis plusieurs semaines vers la nécessité de réduire l’aide aux chômeurs en mettant en avant l’idée de dégressivité des allocations. En clair : les chômeurs nous coûtent trop cher. Un constat complètement erroné : contrairement à ce que racontent la vulgate gouvernementale et patronale, le régime français d’indemnisation du chômage est excédentaire.

Les négociations pourraient pourtant être utiles si elles prenaient pour base la nécessité de remettre en cause la multiplication de contrats de travail de plus en plus courts. Ce sont eux qui nous coûtent le plus.

Un système en excédent

Le débat sur l’avenir de l’Unedic est ravivé chaque année lors de la publication des comptes qui mettent en avant une montée de la dette de l’institution : 25,9 milliards d’euros pour 2015, entre 30 et 35 milliards attendus pour 2018 selon que l’on se fie aux projections du gouvernement ou de l’Unedic.

On pourrait souligner que cette dette ne représente qu’un peu plus de 1 % de la dette publique française. Au moment où la France emprunte jusqu’à un horizon de 6 ans à des taux négatifs, cela signifie que les investisseurs sont prêts à payer pour financer les chômeurs français !

L’Unedic ramenée à la seule indemnisation des chômeurs dégage un solde positif. Y compris depuis la crise

Mais puisqu’il faut tout de même faire attention à maîtriser la dette, plongeons nous dans les comptes de l’Unedic. C’est ce qu’a fait dans une étude récente pour l’Institut de l’entreprise le spécialiste du sujet Bruno Coquet. Il a étudié la contribution à la dette de toutes les activités de l’Unedic et sa conclusion est sans appel : le régime d’indemnisation des chômeurs (droits communs + intérim + intermittents) est excédentaire.

Si l’Unedic est bien, au final, en déficit, c’est le résultat de sa participation, imposée par l’Etat, au service public de l’emploi : aide à la création d’entreprises, approvisionnement de 10 % du budget de Pôle emploi, etc. Sans ces charges supplémentaires, l’Unedic ramenée à la seule indemnisation des chômeurs dégage un solde positif. Y compris depuis la crise : sur la période 2008-2015, l’excédent s’élève à 2,9 milliards d’euros. La soit disant générosité de l’indemnisation des chômeurs est une contre vérité au moment où moins de la moitié des chômeurs français reçoivent quelque chose.

Grève chez Arysta sur le bassin de Lacq

La République des Pyrénées, 22 février 2016 :

Les salariés de la production d’Arysta, une société de fabrication de produits phytosanitaires installée sur le bassin de Lacq, sont en grève depuis ce lundi matin cinq heures.

A l’heure de la relève et à l’appel de la CFDT, le personnel de production de la société Arysta, sur le bassin de Lacq, est sorti sur le parking, distribuant des tracts au personnel de journée pour expliquer le mouvement de colère du personnel en poste.

Pour les responsables CFDT, « ce sont avant tout les conditions de travail qui motivent cette colère, la pression permanente de la hiérarchie, le non remplacement des départs de l’entreprise (alors que celle-ci vient d’annoncer d’importants bénéfices) par des intérimaires »

Vers un durcissement de la grève ?

« S’il le faut, on durcira le mouvement dans les heures qui viennent », soulignent les délégués de la CFDT.

Dans l’attente d’un rendez-vous avec le directeur

« On travaille maintenant par campagne et en pleine production d’un produit, on se retrouve 35 salariés de l’entreprise avec 80 intérimaires, des conditions inacceptables avec des risques d’accidents du travail. Aussi nous avons décidé ce mouvement et nous sommes dans l’attente d’un rendez vous avec le directeur local Christophe Lonval qui n’a pas répondu à ce jour à notre demande » soulignaient les responsables CFDT David Bellandrade (secrétaire du CE) et Sébastien Lanyou (secrétaire syndical Chimie Energie).

« Des conditions de travail qui se répercutent aussi dans les bureaux et qui provoque un stress permanent », commente Annabelle Hoarau. Ce matin les salariés occupent le parking ou stationnent les camions, ces derniers sont autorisés à rentrer pour décharger leur cargaison, mais pas question de rentrer pour charger des produits finis de l’entreprise tant que la direction n’aura pas rencontrer les salariés en grève

Nice : les pompiers en grève

Département après département, la colère des pompiers grandie face à l’euro austérité qui ferme les casernes

Europe 1, 22 février 2016 :

Les pompiers ont mis le feu à des pneus sur l’A8, bloquant la circulation. Ils sont en conflit avec leur direction sur l’organisation du temps de travail.

La circulation était perturbée lundi matin sur l’autoroute A8 près de Nice par des pompiers en grève, qui manifestent à l’appel de la Fédération autonome, a-t-on appris de sources concordantes. Ils étaient environ 450 manifestants, d’après Nice Matin.

Des pneus incendiés. Peu avant midi, les perturbations étaient « en voie de résorption », a précisé Vinci Autoroutes sur son compte Twitter. Plusieurs dizaines de pompiers avaient auparavant bloqué les voies, d’abord dans les deux sens, puis en direction de l’Italie seulement, notamment en incendiant des pneus sur le terre-plein central.

Conflit sur l’organisation du temps de travail. La Fédération autonome des pompiers des Alpes-Maritimes est engagée dans un conflit avec la préfecture sur l’organisation du temps de travail et avait appelé début février à un mouvement social « illimité » à compter de samedi, selon un communiqué publié sur son site. « Nous devons négocier un nouveau régime de travail. Nous sommes prêts… avec TOUS les sapeurs-pompiers professionnels à nos côtés! », lance le syndicat dans ce communiqué.

ANNONAY Iveco bus : la grève se poursuit

Les salariés d’Iveco bus sont de nouveau rassemblés devant l’usine d’Annonay, depuis 7 heures, ce jeudi matin. « Jusqu’à 70 % » des 1 300 employés en CDI que dénombre le site du constructeur d’autobus et d’autocars seraient en grève illimitée, selon les syndicats.

Dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires), ils demandent 40 euros bruts de plus par mois pour tous, et la revalorisation de toutes les primes.

Hier, la direction annonçait avoir proposé, lors de la deuxième réunion : “Une augmentation générale de 0,2 %, une prime exceptionnelle de 75 €, des augmentations individuelles de 0,3 %, une revalorisation des primes de vacances, de rentrée et de fin d’année, une revalorisation des primes de conditions de travail.”

Une proposition jugée insuffisante par les salariés grévistes.Une nouvelle réunion pour les NAO se déroule ce matin.

CHÂTEAUDUN – Les salariés de la Paulstra dans la rue

Débrayage à la Paulstra de Châteaudun, vendredi. Les salariés vont stopper le travail dès 5h. Les négociations annuelles obligatoires ont échoué. Les propositions sont “insuffisantes” selon les employés de la société spécialisée dans les supports moteurs automobiles. La « direction ne veut rien lâcher » affirment les syndicats. La mobilisation devrait être forte. Le Boulevard Peringondas sera bloqué jusqu’au lendemain 5h.

Airbus : débrayages contre le pointage en bleu de travail

L’Echo de la Presqu’Ile, 22 février 2016 :

Ce lundi matin, près de 200 salariés étaient rassemblés devant les locaux de la direction d’Airbus à l’appel des syndicats CGT et CDFT. Les manifestants s’opposent au projet de badgeage en tenue de travail dans les ateliers de production souhaité par l’avionneur en quête de compétitivité. Près de 1 500 personnes sont concernées sur les 2 800 employés sur le site nazairien. Jusqu’à aujourd’hui, le temps d’habillage et de déshabillage, estimé à 20 minutes, fait partie du temps de travail. Une pratique que souhaite voir disparaître la direction.

Le projet doit être présenté au comité d’hygiène et de sécurité et des conditions de travail mardi 23 février à Saint-Nazaire et devrait être signé mercredi lors du comité central organisé à Toulouse, les syndicats FO (majoritaire), CGC et CFTC n’y étant pas opposés. Cette nouvelle mesure doit s’accompagner pour les salariés de trois jours de récupération et d’une prime d’environ 60 €.

Pour la CFDT, « Ce sont, une fois de plus, la rentabilité et la productivité qui priment sur la qualité de vie des salariés, alors qu’ils ont toujours tenu les objectifs demandés et ce malgré les conditions de travail de plus en plus difficiles, un manque récurrent de moyens et de ressources humaines… ».

Et d’assurer que « la direction gagnerait plus à résoudre les problèmes sur le terrain. Il manque des moyens humains et matériels ».

Pour la CGT, également vent debout contre le projet, « le message de la direction est clair : intensification du travail, productivité et flexibilité ». « Faire travailler 1 500 salariés 20 minutes de plus par jour sur une année, c’est 64 emplois en moins ».

Les deux syndicats demandent des embauches, et prioritairement des intérimaires, plus de 500 sur le site, évoquant un plan de charge à 10 ans.

Trente salariés en grève à la clinique Saint-Christophe à Soissons

Une trentaine de salariés de la clinique Saint-Christophe, du groupe Courlancy, sur la cinquantaine que compte l’établissement, étaient en grève tôt ce lundi 22 février, dès 9 heures. Ils réclament une harmonisation des salaires avec ceux de leurs homologues de Reims (le groupe basé à Reims, y possède deux autres cliniques ). Ils regrettent l’annualisation de leur temps de travail. Ils craignent, de ce fait, que le recours aux personnes en CDD ou en intérim ne soit supprimé. Les salariés attendent la reprise des négociations avec leur direction.

Wignehies : grève à la Polyclinique de la Thiérache

La Voix du Nord,

Un comité d’accueil a reçu, lundi matin à 6 h 30, le directeur des ressources humaines de la Polyclinique de la Thiérache, à Wignehies. Alors que le cadre était venu pour entamer des discussions avec le personnel mécontent, il a pu constater que 75 % des quelque cent salariés étaient en grève illimitée. Dans leur collimateur : la prime d’assiduité (représentante un 13e mois) supprimée au 1er juillet et « des sous-effectifs chroniques dans les services ».

Lannion : les conducteurs de bus en grève

Ouest France, 22 février 2016 :

Les quinze conducteurs de bus de Lannion Trégor communauté sont en grève ce lundi. Ils demandent une NBI, nouvelle bonification indiciaire de 46€/mois.
« On est en grève parce que la direction ne reconnaît pas qu’on fait de l’accueil au public sur nos heures de travail » expliquent les conducteurs de bus de Lannion Trégor communauté. « Pourtant, on renseigne, on vend des tickets… Quand on transporte à la demande les personnes à mobilité réduite on les embarque, on dialogue avec elles, etc… »

Ils se sont mis en grève ce matin à l’appel de la CGT. La NBI (nouvelle bonification indiciaire) que réclament les 15 agents représente 46 € de plus par moi sur le salaire. Elle les ferait aussi grimper de 10 points sur l’indice comptant pour la retraite.

S’il le faut, les agents envisagent de reconduire leur grève. Voire d’attaquer LTC au tribunal administratif.


 

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