Nous sommes à deux mois du premier tour des élections présidentielles, il nous a semblé  nécessaire de rappeler le bilan économique et social du quinquennat Hollande et de ses ministres candidats, Emmanuel MACRON, banquier d’affaires chez Rothschild, secrétaire général adjoint de la présidence de la République, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du numérique, relais du tout-anglais et ennemi juré de la langue et de la culture françaises (dont il nie l’existence !), et Benoît HAMON, ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire et à la consommation, puis ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, l’homme qui veut accélérer la marche à l’Europe fédérale, au « gouvernement de la zone euro », aux 2% du PIB français pour l’OTAN, avec tout ce que cela comporterait d’austérité supplémentaire.

De 2012 à 2016, pas un jour sans que les institutions du capital, le MEDEF et l’UE, avec, comme exécuteur des hautes œuvres, les gouvernements Ayrault-Valls et leurs ministres MACRON – HAMON, ne légifèrent contre le monde du travail au seul bénéfice des entreprises du CAC 40 et de leurs actionnaires. Ainsi, l’ ANI « Pacte de responsabilité » qui a exempté le patronat des cotisations sociales, les millions de cadeaux au patronat avec le CICE sans contrepartie sur l’emploi, la loi Macron qui a sapé les dispositions protégeant depuis 1905 le repos dominical des salariés et qui a  porté un coup très rude à la SNCF en autorisant les transports en bus inter-cités, mais aussi la casse du code du travail, les attaques contre le statut de la fonction publique, le blocage des salaires et des pensions, les attaques contre la Sécu, la baisse du taux du livret A, la contre-réforme du collège, la purge mortelle des postes de l’équipement et de l’ONF, la désastreuse contre-réforme hospitalière, l’abandon d’Alsthom aux monopoles états-uniens, l’abandon du monde paysan aux magouilles de l’UE et de la FNSEA, le chantage à l’emploi contre le personnel navigant d’Air-France, la mise à mort du transport maritime français Transmanche et SNCM, la fermeture des gares, les suppressions d’emplois à la Poste et dans la fonction publique territoriale, le flicage accru des chômeurs, la répression contre les syndicalistes et les travailleurs qui défendent leur emploi, l’utilisation des forces de l’ordre contre les manifestations pacifiques, les condamnations par la justice de classe de militant(e)s syndicaux qui défendent les travailleurs, la privatisation des aéroports de Toulouse et Nice, le projet de vente des centrales hydrauliques. La liste est longue des attaques contre la souveraineté de notre pays et la protection des travailleurs.

Pendant cette campagne électorale, les Macron, Hamon, Fillon, vont vous faire des promesses mensongères car ils sont aux ordres de Maastricht et des banques. En ce qui concerne M. Le Pen, sous couvert de patriotisme et d’un faux programme pour les travailleurs, une fois  au pouvoir, elle mènera une politique au seul bénéfice des milliardaires et dressera les uns contre les autres les travailleurs français et étrangers. En outre, son appui politique aux flics barbares d’Aulnay, son slogan « La France en ordre », sont avant tout tournés contre la classe ouvrière : ouvriers qui vous apprêtez à voter pour elle, à votre insu, vous plantez un couteau dans le dos de votre classe et de la jeunesse populaire !

Quant à JL Mélenchon, nous continuons d’autant plus d’appuyer sa candidature que le PCF-PGE et le PS s’efforcent à présent, sous prétexte d’unité, de liquider sa candidature pour sauver la 1ère place du PS à gauche, et avec elle, le mensonge de l’« Europe sociale » et l’union de la « gauche » sans contenu aux législatives. Mais comme le PRCF l’a expliqué dans sa lettre ouverte au citoyen Mélenchon, le candidat « insoumis » ne résistera pas à la pression s’il ne met pas au premier plan, avec son slogan « l’UE on la change ou on la quitte », le débat sur le Frexit progressiste. Il est également nécessaire qu’il retire ses candidats face aux sortants du PCF, sous réserve évidemment, que ces derniers ne fassent  le jeu d’Hamon et qu’ils cessent tous de faire du mensonger « euro au service des peuples » un article de foi. Pour notre part, nous disons qu’une France Franchement Insoumise doit sortir au plus tôt par la porte de gauche de cette prison des peuples que sont l’euro, l’UE, l’OTAN, doit rompre avec les ruineuses guerres impérialistes menées par la France au Proche-Orient et en Afrique. Sans cela, sans l’union du drapeau rouge ouvrier et du drapeau tricolore de l’indépendance nationale, impossible d’« accrocher » la classe ouvrière et de « faire la différence » avec  la fausse gauche euro-dépendante et socialo-formatée…

Mais surtout et avant tout, il est urgent de dénoncer la politique euro-libérale des gouvernements de droite et de la fausse gauche, dénoncer les mensonges qui seront distillés pendant cette campagne électorale ne suffit pas. Le changement passera par la lutte de classes !

Bien sûr, il est utile que chaque métier défende ses revendications mais ce n’est que tous ensemble et en même temps, en UNIFIANT les luttes, en travaillant aux convergences interprofessionnelles, en ayant pour but, non pas de « témoigner de son mécontentement » par des journées d’action éparses comme c’est  le cas actuellement, que le camp des travailleurs gagnera le bras de fer avec les politiciens à la solde de Bruxelles et de ses commanditaires du MEDEF.

Jo Hernandez – Pour la commission Luttes du PRCF

Communiqué de la commission Luttes – ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE –  14 février 2017