Ukraine-UE : deux déclarations communes des organisations constituant les Assises du Communisme

Samedi 24 mai

Liste des signataires:                                                

CRISE EN  : NON AUX FASCISTES ET AU PROJET DE GUERRE DE L’OTAN !

nazis-ukraineLes propagandistes de Droite ou Socialistes répètent à tout instant que l’Union européenne garantit la paix et la démocratie : le drame ukrainien démontre au contraire qu’elle favorise la renaissance de l’extrême droite fasciste en Europe, et les dangers de guerre.

  1. En tant que communistes fidèles à leur idéal de fraternité et d’égalité entre les peuples, nous sommes indignés par la désinformation organisée par les médias français, publics et privés, sur les événement d’Ukraine. Ils se font les porte-paroles exclusifs d’une version dictée par les dirigeants de l’OTAN, de l’ et des dirigeants de Washington, toujours favorables aux putschistes pro-occidentaux de Kiev. Ils cachent ce qui leur est défavorable, y compris des faits pourtant reconnus par la presse internationale:ainsi le massacre à Odessa de manifestants par des miliciens d’extrême droite, et la présence à Kiev de « conseillers » de la CIA organisant la répression en Ukraine orientale. Ils ressassent un discours anti-russe aussi xénophobe et irrationnel que l’anti-soviétisme de jadis.
  2. Utilisant les difficultés économiques et sociales subies par le peuple ukrainien et répandant l’illusion que le rapprochement avec l’Union européenne permettrait de les résoudre, la droite et les fascistes d’Ukraine ont installé à Kiev un « gouvernement » grâce à coup d’ état armé. Il est formé de « ministres » des partis de droite « libéraux » et de partis néo-nazis. Le plus important de ces derniers, Svoboda, revendique ouvertement l’héritage des Ukrainiens qui ont combattu sous l’uniforme de la SS nazie contre l’armée rouge en 1944. Un autre groupe fasciste, Pravy Sektor, qui fut le plus actif dans le putsch de Kiev, prône l’élimination physique des Communistes et des Juifs. Il est l’organisateur des groupes armés qui sont allés début mai massacrer plusieurs dizaines de personnes dans la Maison des Syndicats d’Odessa avant d’y mettre le feu. Ces crimes commis en Ukraine orientale sont la signature du fascisme qui participe au pouvoir de fait à Kiev, cette fois-ci avec l’assentiment des USA et de l’Union européenne.
  3. Depuis le début, l’ingérence inacceptable de l’impérialisme occidental, au service des milices de Kiev, alimente la crise : responsables états-uniens, allemands, « européens », de l’OTAN, du Fonds Monétaire International, tous expriment leur soutien politique et matériel. Les dirigeants français Hollande et Fabius, persistant à jouer les « Messieurs Plus » de l’impérialisme occidental, sont allés faire des discours provoquant la Russie jusque dans le Caucase, et ont envoyé des « Rafales » en Pologne pour y « protéger » la frontière d’une menace imaginaire.
  4. Le 13/12/2012,le parlement européen qualifiait encore l’extrême droite ukrainienne « d’antisémite, xénophobe et infréquentable ». Aujourd’hui elle est soutenue par tous les dirigeants de l’impérialisme occidental. C’est la traduction du plan d’encerclement militaire de la Russie élaboré aux USA par Brezinski il y a déjà 20 ans : les putschistes de Kiev projetaient de livrer à l’OTAN les bases militaires russes de la Crimée. Certains groupes armés qui sont allés depuis Kiev mitrailler les manifestants russophones des villes industrielles de l’est du pays cherchent en fait de provoquer une intervention militaire russe, pour justifier une riposte armée occidentale. Ce scénario peut aboutir à une guerre nucléaire. La menace de dérive guerrière ne sera définitivement levée que par une solution négociée et pacifique entre les seuls Ukrainiens, le désarmement des groupes armés prévu par l’accord de Genève, que les Docteurs Folamour de Kiev ont réduit à néant, et par la fin de l’ingérence occidentale en Ukraine. Les évènements d’Ukraine nous amènent à exiger plus que jamais que la France sorte de l’OTAN, et de l’Alliance atlantique et de l’UE, machines de guerre au service d’autres intérêts que ceux du peuple français et des autres peuples d’Europe.

Nous affirmons notre solidarité avec les antifascistes et les communistes d’Ukraine, qui résistent  vigoureusement en manifestant contre l’extrême droite néo-nazie ressuscitée par les impérialismes américain et européen, à Kiev comme à Donetsk ou Odessa souvent au péril de leur vie. C’est grâce à eux que le pire a été évité jusqu’ici, n’a pas eu lieu, et qu’une issue pacifique et antifasciste pourra être trouvée à la crise ukrainienne.

L’ U.E. DU CAPITAL NE S’AMENDE PAS, ELLE SE COMBAT !

560007_4902199631140_2023264767_nSouvenons-nous : lors du vote sur le funeste Traité de Maastricht (1992), Chirac et Mitterrand, la droite et le PS rabattaient ensemble pour le Oui. Ensemble, ils assuraient qu’avec la mise en place de l’U.E. et de l’euro, une ère de progrès social, de prospérité économique, de démocratie, de paix et de respect des peuples s’ouvrirait en France et en Europe.

A l’époque, le P.C.F. – dont les dirigeants n’avaient pas encore pris leur virage « euro-constructif » – avait avec raison appelé à voter Non. La C.G.T., et le P.C.F. démontraient que l’U.E. du capital n’apporterait que la concurrence déchaînée entre les peuples, la fin des souverainetés nationales et la mort des conquêtes sociales et démocratiques..

Aujourd’hui les peuples d’Europe, et spécialement la classe ouvrière et le monde du travail, tirent le bilan amer de leur expérience :

L’euro, c’est l’effondrement du pouvoir d’achat populaire, c’est la concurrence entre les travailleurs dans chaque pays comme entre les pays, c’est la guerre économique contre les coopérations mutuellement avantageuses, c’est aussi l’austérité sans fin pour la Sécu, les retraites et les services publics, c’est la mise en tutelle du budget de la Nation par la Commission de Bruxelles et par la Banque de Francfort.

L’ UE, c’est la récession, les délocalisations, les privatisations, le chômage de masse, la précarité, le moins-disant social et salarial imposé aux travailleurs de tout le continent. Et pendant ce temps, les milliardaires et les banquiers remplissent les paradis fiscaux des milliards prélevés sur le travail. En France, l’U.E. c’est le Pacte Valls-MEDEF, avec 50 milliards pris aux revenus du travail et aux services publics pour les donner aux banques et au MEDEF.

L’ UE, c’est la dictature de la finance, et c’est le viol des référendums – notamment du Non émis par le peuple français contre la constitution européenne, revenue sous la forme aggravée du Traité de Lisbonne et du Traité de gouvernance budgétaire exigé par Berlin. Pire, l’U.E. favorise la montée de l’extrême droite fasciste; à l’est, c’est la répression anticommuniste et le soutien scandaleux aux fascistes : on le voit en Ukraine où le gouvernement Hollande et l’UE appuient les nazis des partis Svoboda et Pravi Sektor qui ont pris le pouvoir à Kiev à l’issue d’un putsch favorisé par la CIA.

L’ UE, c’est le viol permanent des nations souveraines ; c’est la tutelle de fer sur la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie. C’est l’éclatement des Etats constitués, Belgique, Espagne, Italie, et prochainement, France avec l’engagement de Hollande de supprimer les départements au profit de dix grandes régions, sur le modèle des Länder. Que restera-t-il de la République française une et indivisible héritée de la Révolution française dans ce territoire où la loi et les acquis sociaux varieront d’un territoire à l’autre au seul bénéfice du grand patronat ?

Non l’UE, ce n’est pas l’ouverture sur le monde dans sa diversité. En fait, l’UE est soumise aux U.S.A. et au bloc agressif de l’OTAN. Au service des sociétés transnationales, l’UE atlantique est une source permanente d’agression : elle appuie des djihadistes en Syrie et s’ingère de cent façons en Afrique, au mépris du droit des peuples à décider de leur avenir. A ce propos notre impérialisme Français se révèle comme un des principaux fauteurs de guerre au profit des actionnaires de Total, Areva, etc..

Et les choses s’aggravent : secrètement et sans mandat du peuple, l’UE et Hollande ont lancé les négociations pour instaurer, sous la tutelle des U.S.A. un Pacte transatlantique qui porterait le coup de grâce aux productions industrielles nationales, aux cultures et aux langues nationales d’Europe, y compris le français, au profit d’une américanisation pire encore que celle que nous subissons déjà.

Dans ces conditions, opposons-nous sans concession au PS et à l’UMP, qui sous le masque de l’alternance, sont les deux piliers de la casse européenne de la France et des acquis sociaux et démocratiques.

Dénonçons le « rassemblement bleu marine » qui en bon serviteur des intérêts de classe bourgeois, dévoie l’attachement légitime du peuple français à sa souveraineté violée vers la xénophobie pour diviser les travailleurs et épargner le capital.

Refusons le mensonge de l’Europe sociale qui dissimule la nature de classe réactionnaire de l’ U.E. du capital. Non l’ U.E., non l’euro, non l’ O.T.A.N. ne se « réorientent » pas de l’intérieur. On n’amende pas une dictature supranationale, fascisante, anticommuniste, belliqueuse, qui mène une guerre sociale contre ses propres travailleurs et qui prépare la guerre contre la Russie, contre les peuples du Proche-Orient et la Chine! !

C’est pourquoi, dans l’esprit des Assises du tenues en juin 2013, nous appelons les travailleurs des entreprises et des quartiers populaires, et plus généralement tous les citoyens attachés à l’idéal d’une République sociale, souveraine et fraternelle à

  • Refuser le Pacte d’austérité Merkel-Valls-MEDEF, faire grandir l’action et l’opposition populaire contre Hollande et la droite !
  •  Sortir la France des broyeurs mortels que sont L’EURO, l’UE, l’ OT.A.N.. et le capitalisme fauteur decrises, de guerre, de fascisme et d’injustices.
  • Rejeter le piège mortifère des mensonges médiatiques qui présentent la démagogie de l’extrême droite comme une opposition à l’euro et à l’UE !
  • Agir avec les communistes franchement opposés à l’euro, l’ U.E. et l’OTAN pour faire renaître en France la lutte de classe pour la transformation révolutionnaire de la société !

Partout, les militants communistes que nous sommes s’engagent à aider par leur unité d’action les travailleurs et la jeunesse populaire à construire la résistance !

Commentaire de lecteur “Ukraine-UE : deux déclarations communes des organisations constituant les Assises du Communisme

  1. comaguer
    26 mai 2014 at 10:26

    http://comaguer.over-blog.com
    Bulletin n° 271 –Semaine 21 – 2014
    L’Europe n’existe pas ! (bis repetita !)

    Nous accompagnons la rediffusion d’un bulletin sur l’Europe publié en 2012 d’une représentation de l’enlèvement de la nymphe Europe par Zeus. Les représentations du mythe sont très nombreuses et la plupart donnent de l’évènement, qui est pourtant l’exercice d’un droit de cuissage brutal et permanent par le roi de l’Olympe, une image adoucie et édulcorée.
    De la même façon, la prise de contrôle de la partie occidentale du continent par les Etats-Unis après 1945 est le plus souvent présentée comme un acte amical, une « ingérence » , comme on dit aujourd’hui, positive. Pourtant de l’OTAN au Traité Transatlantique, l’animal, parfaite incarnation du capitalisme dominant, poursuit sa charge.

    http://comaguer.over-blog.com
    Bulletin n° 244 –Semaine 23 – 2012

    L’Europe n’existe pas !

    A force de propagande, de colloques, de corruption des milieux de la presse et de l’éducation, l’Europe a fini par faire croire qu’elle existait.
    Rien n’est plus faux !

    1- Géographie : cette péninsule du continent eurasiatique demeure un défi conceptuel pour les géographes.

    Si à l’Ouest l’Océan Atlantique constitue bien une frontière commune, ses limites à l’Est sont imprécises :
    – Les Dardanelles et le Bosphore? Mais alors la plus grande partie d’Istanbul et la Turquie de l’ouest sont en Europe et donc l’entrée de la Turquie dans l’UE devrait elle se faire en n’acceptant qu’une fraction du pays. Hypothèse ridicule.
    – L’Oural : c’est le sens de la célèbre formule gaullienne : « De l’Atlantique à l’Oural » Mais alors la Russie serait une entité artificielle mi européenne mi asiatique. Non sens : les populations sibériennes sont-elles asiatiques au même titre que les indonésiens, les birmans ou les japonais ? L’Asie elle-même est-elle une unité conceptuelle valable ? la réponse s’impose : dés l’instant où le géographe ou le géopoliticien fait un effort de précision il fait éclater le cadre et introduit des distinctions : Asie mineure (la pauvre !) Asie centrale, Asie du Sud-est, Asie orientale et pour brouiller encore les limites s’y surajoute le concept d’Orient : Proche, Moyen, Extrême sans oublier la plaque tectonique indienne collée au « continent » par les hasards de la dérive qui sera un « sous-continent » trop à l’Est pour être moyen-orientale, trop à l’Ouest pour être extrême-orientale. Cette particularité fera le bonheur des tenants de l’invasion aryenne et des nazis qui accrocheront l’Inde à l’Europe prenant ainsi le monde arabe en tenaille.

    2- Histoire :
    Faute de limites géographiques réelles, la Manche, pas plus que les Alpes ou les Carpates ne constituent pas des obstacles à une importante circulation humaine l’Histoire de l’Ouest de l’Eurasie est, le plus souvent, une histoire de conflits entre européens. Plus rarement il s’agit de conflits entre européens et non européens (turcs ottomans ou mongols) mais dans ces cas la traversée d’est en ouest de l’Eurasie n’a été empêchée par aucun obstacle géographique et ces empires disparus ont été plus victimes de leur immensité que de transgression de fortes limites terrestres. L’empire romain ne s’étend par sur toute l’Europe du Nord et déborde largement sur le monde arabe et quand il éclate en deux parties l’empire d’Occident et l’empire d’Orient la coupure se fait en pleine Europe.

    3- Institutions :
    La situation contemporaine se caractérise par une énorme confusion (La Suisse, au cœur de l’Europe restant presque toujours un cas à part, comme elle s’est tenue à part des nombreuses guerres européennes)
    o L’Union Européenne est l’héritière à la fois de la CEE et de l’OTAN. Ces deux institutions d’origine sont le produit de la mise sous tutelle par les Etats-Unis au sortir de la seconde guerre mondiale de la partie la plus occidentale de la péninsule eurasiatique. Cette tutelle va continuer à s’exercer jusqu’à l’élargissement l’UE en 2004 et ne seront admis dans l’UE élargie à l’Est que des membres de l’OTAN. Aujourd’hui les écarts entre les deux groupes sont très peu nombreux. Quelques membres de l’UE ne sont pas membres de l’OTAN : Autriche Irlande, Suède, Finlande alors que l’ « orientale » Turquie en est un membre de poids.
    Au sein même de l’UE les sous-ensembles se sont multipliés : il y a les Schengen et les non Schengen, il y a les Euros et les non Euros il y a même les enclaves espagnoles en Afrique et les régions « européennes » ultramarines ou ultra périphériques, ces colonies françaises éparpillées sur tous les océans
    Dans les compétitions sportives européennes sont admises les équipes turques et israéliennes mais pas celle des deux Etats qui les séparent géographiquement : la Syrie et la Liban.
    La mise en tutelle de l’Europe de l’extrême ouest par les Etats-Unis s’est faite économiquement par le biais du plan Marshall dont les crédits étaient répartis par l’Organisation Européenne de Coopération économique : OECE élargie ensuite aux autres pays mis sous tutelle économico politique par les Etats-Unis : Mexique, Chili, Corée du Sud, Japon, Turquie, Australie, Nouvelle-Zélande, Israël : ce sera l’OCDE
    Un des objectifs des gouvernements des pays membres de l’UE est de faire croire que cette Union déjà bourrée de contradictions institutionnelles et prospérant sur le maintien voulu par les traités d’inégalités de revenus, de régimes fiscaux, de systèmes de protection sociale, est un bloc solide alors qu’il est en première instance un espace de libre circulation des marchandises et des capitaux et un lieu d’exercice de la concurrence libre et non faussée.

    L’autre objectif est de minimiser deux autres institution européennes elles aussi : l’Organisation pour la Sécurité Collective Européenne (OSCE) et le Conseil de l’Europe.
    o L’OSCE issue des accords d’Helsinki regroupe 56 Etats. Sa qualification d’européenne est discutée et discutable puisqu’en sont membres le Canada et les Etats-Unis d’une part et les républiques d’Asie centrale ex soviétiques d’autre part Contrairement à la propagande otanienne la paix qui règne depuis 1945 en Europe est le résultat non pas de la politique de paix de l’OTAN mais d’abord de l’équilibre des forces URSS/USA jusqu’en 91. Il a suffi que l’URSS disparaisse pour que l’OTAN mène une guerre en Europe contre la Serbie en 1997. Quant à la « politique européenne de défense » celle de l’UE elle n’est qu’une annexe de la politique de l’OTAN et intéresse plus les fabricants d’armes européens que les populations du « continent ». En pratique l’OSCE est affaiblie volontairement par les Etats-Unis qui Serbie mise à part ne se gênent pas pour mettre en cause la stabilité des régimes qui leur déplaisent bien qu’ils soient membres de l’OSCE. De ce fait l’OSCE n’est plus un outil de sécurité puisque, par le biais des révolutions de couleur un des membres de l’organisation s’ingère dans la vie des autres. Cette critique a été fortement exprimée par Vladimir Poutine en 2007 à la conférence de Munich et elle a toute sa place dans sa vision de l’avenir de l’Europe.

    En vert les membres de l’OSCE, en orange les membres associés

    Le Conseil de l’Europe :
    Il se présente lui-même ainsi sur son site (www.coe.int)
    Le Conseil de l’Europe, dont le siège est à Strasbourg (France), regroupe aujourd’hui, avec ses 47 pays membres, la quasi-totalité du continent européen. Créé le 5 mai 1949 par 10 Etats fondateurs, le Conseil de l’Europe a pour objectif de favoriser en Europe un espace démocratique et juridique commun, organisé autour de la Convention européenne des droits de l’homme et d’autres textes de référence sur la protection de l’individu.
    Conçu lui aussi comme un instrument de la guerre froide et promu par le même homme qui en avait lancé le discours inaugural (Churchill – discours de Fulton) l’institution s’est progressivement élargie. Il est aujourd’hui l’institution européenne la plus large. Ainsi en sont membres des pays comme l’Islande la Suisse, l’Albanie, la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan qui ne font pas partie des découpages traditionnels. Il s’y ajoute deux observateurs : les Etats-Unis et le Canada dont la présence rappelle l’origine historique de l’institution et confirme le maintien d’une tutelle anglo-saxonne sur l’Europe. Le bannissement du Belarus, seul exclu du Conseil, illustre ce droit de veto otano-étasunien car aucun observateur honnête n’accepterait de dire que par exemple les performances de la Turquie en matière de droits de l’homme qui constituent le critère d’admission sont supérieures à celles du Belarus.

    Le Conseil de l’Europe s’est cependant ces dernières années illustré en produisant des documents accusant les atteintes aux droits de l’homme de l’OTAN ( en ex Yougoslavie par exemple) ou la complicité de certains Etats européens dans l’ouverture sur leur territoire de prisons de la CIA destinées aux séquestrés de la « guerre contre le terrorisme ». Mais ces Etats étaient trop liés aux Etats-Unis pour leur refuser ce service si peu conforme aux principes « européens » des droits de l’homme et le Conseil de l’Europe n’a pu aller au-delà d’une simple élucidation officielle de vilenies cachées.

    Bilan
    Ce bref survol démontre que l’EUROPE est un concept guimauve trituré de mille manières par les puissances du moment, que c’est un drapeau arboré depuis 1945 autant à Washington qu’à Bruxelles (siège de l’Otan et de l’Union Européenne) qu’à Strasbourg (siège du Conseil de l’Europe et du Parlement européen). La crise économique européenne qui affecte les pays de la zone Euro comme d’autres (la Grande-Bretagne par exemple) est le prétexte d’une grande offensive idéologique en faveur de l’Europe fédérale. Il s’agit évidement d’un château de cartes : Quelle Europe ? Qui ? Comment ?
    Laissant de côté le cas d’Etats centralisés préexistants qui se décentralisent en adoptant une constitution fédérale , comme par exemple le Brésil, s’il y a une leçon à tirer de l’application concrète de la doctrine politique fédérale : libre association de partenaires égaux qui délèguent à l’échelon supérieur les pouvoirs de défense et de représentation politique commune au niveau international , c’est qu’elle n’a été le plus souvent que la mise en œuvre d’une domination d’un partenaire sur les autres : le fédéralisme étasunien a été scellé par la guerre de Sécession et la défaite des confédérés, le fédéralisme allemand a été le fruit de la domination prussienne sur les autres principautés et régions.
    Quels pays et quels intérêts domineraient une Europe fédérale ? « L’axe franco-allemand », si à l’honneur dans le discours ici dominant, peut légitimement inquiéter les citoyens des petits pays de cette Europe incertaine qu’ils soient grecs, serbes, hongrois , portugais ou autres et il en inquiète déjà beaucoup.
    Etonnante contradiction du discours des puissants : la biodiversité serait à protéger impérativement chez les animaux et les végétaux et à combattre chez les humains, espèce unique mais culturellement et socialement extrêmement diversifiée, au nom de l’unité du mode de production et de consommation capitaliste, au nom de l’unicité du calcul bancaire.