#COVID19fr : Un premier bilan sanitaire du déconfinement : 10 000 nouveaux malades depuis le 11 mai, le virus circule moins, mais toujours !

Avec le déconfinement, le gouvernement s’était engagé à augmenter le nombre de PCR du . Santé Public France publie depuis le 13 mai 2020 un nouveau jeu de données, le nombre de tests et le nombre de tests positifs quotidien dans chaque département, et ce sur la base des remontées effectuées par les laboratoires hospitaliers et de ville. À la rédaction d‘Initiative Communiste, on a décidé de se pencher sur ces données pour tirer un premier bilan du déconfinement puisque désormais 2 semaines de recul permettent de le faire.

Rappelons que ces données de tests ont jusque là fait défaut, le régime Macron ayant décidé – contre l’avis de l’OMS ou des spécialistes français des épidémies tels l’équipe de l’IHU à Marseille – de ne pas permettre l’accès de la population aux tests, mais de les réserver aux seuls malades en urgence vitale admis aux urgences des hôpitaux. Ne permettant ainsi pas de suivre au plus près de la déclaration des niveaux cas la propagation de l’épidémie et la circulation du virus. Encore plus grave, cette interdiction d’accès aux tests a conduit à refuser la mise en place d’une prise en charge complète en terme de soins, les suspects malades étant simplement renvoyés chez eux sans soins, si ce ne sont ceux que pouvaient tenter de leur prodiguer des médecins généralistes désemparés. Interdits de pouvoir prescrire certains médicaments, sans accès à d’autres en pénurie, et qui sans moyen de protection avaient un accès difficiles aux malades quand ils ne l’étaient pas eux-mêmes.

Les 700 000 tests promis par semaine ne sont pas là !

C’était la promesse de Véran, Macron et Philippe, tester 700 000 personnes à compter du 11 mai pour sécuriser le déconfinement.

Force est de constater que les chiffres publiés par Publique France à travers son système d’information SIDEP montre que l’on en est très loin. Et encore, il n’est pas précisé s’il s’agit des tests PCR identifiant la charge virale, ou si les chiffres publiés comprennent les tests de sérologie.

Voici le bilan :

  • semaine du 11 au 17 mai : 53 011 tests
  • semaine du 18 au 24 mai : 42 421 tests

La montée en charge n’a pas eu lieu. Alors bien sûr cela s’explique probablement par la baisse de la dynamique épidémique qui génère moins de consultations de personnes symptomatiques. Mais compte tenu du fait qu’un nombre significatif de malades sont asymptomatiques, et peuvent tout à la fois rester contagieux et également présenter des atteintes en raison de la maladie (par exemple des cas d’atteintes aux poumons détectés par scanner sont rapportés notamment à l’IHU de Marseille), il y a lieu de s’inquiéter de l’absence de réalisation de tests durant ce déconfinement.

La courbe suivante décrit le nombre de tests quotidien suivant les chiffres publiés par le gouvernement. Observons qu’il n’y a pas forcément correspondance avec le nombre de personnes testés, une personne pouvant être testées plusieurs fois et ce point n’étant pas explicité par les fiches descriptives des données communiquées par Santé Publique France.

Sur la période du 10 mars au 26 mai, la France a pratiqué en moyenne 5427 tests par jour soit environ 81 tests par million d’habitants chaque jour.

Le maximum atteint le 15 avril 2020 a été de 12608 tests. Au total, sur cette période moins d’un demi-million de tests au total a été pratiqué d’après Santé Publique France, soit moins que la promesse hebdomadaire prise par le régime Macron à compter du 11 mai… La question lancinante depuis le début de cette crise demeure : où sont donc les tests ?

La publication de ces chiffres permet d’ailleurs de confirmer que le nombre de tests réalisés en France est très inférieur, d’un facteur 10 à celui conduit en Allemagne.

L’Allemagne a réalisé 4 millions de tests entre les semaines 11 et 21, là où le régime Macron n’en a fait réaliser que 400 000. 10 fois moins. L’Allemagne a ainsi réussi à détecter – et donc soigner et isoler – plus de 200 000 malades, la France que 40 000…

À une autre échelle, soulignons que la Chine vient de finir en une dizaine de jours de tester les 11 millions d’habitants de Wuhan. Ce qui lui a permis d’identifier 300 porteurs, tous asymptomatiques du virus.

Pour sécuriser le pays, il est certain que des tests massifs, notamment dans les activités stratégiques, dans les lieux de travail les plus exposés, permettraient d’avancer dans la sécurité pour éradiquer l’épidémie et permettre de reprendre rapidement une vie totalement normale. La stratégie du régime Macron est toute autre : débrouillez-vous, achetez-vous des masques en tissu, non certifiés, et allez travailler. Tout en prenant prétexte du covid-19 pour interdire les manifestations.

Un début de baisse du nombre de nouveaux cas dans la dernière semaine de mai

C’est une nouvelle positive et encourageante: le nombre de tests positifs est en diminution depuis le début de la dernière semaine de mai. Et ce malgré le déconfinement massif et organisé sans vraies mesures de protection des personnes, aucune stratégie de tests avant retour sur les lieux de travail et dans les milieux scolaires n’ayant été mise en place ou essayée tandis que les masques filtrant et aux normes médicales n’étaient toujours pas disponibles. D’environ 1000 par semaine, le nombre de cas confirmés par des tests positifs a chuté à entre 500 et 700 d’après les données du SIDEP.

Sur la première semaine de déconfinement, le R0 était toujours proche de 1 (en moyenne 1.04 sur la période du 14 au 20 mai en excluant les chiffres des tests positifs des week-end moins représentatifs). Mais il est passé sous cette valeur seuil caractérisant la poursuite de la reproduction de l’épidémie avec une valeur moyenne de 0.90 entre les 22 et 28 mai.

Espérons que ces résultats se confirment, ce qui signifierait la fin de l’épidémie de covid-19.

En attendant, il faut rester prudent, depuis le 11 mai, 10 377 tests positifs sont décomptés. 3000 depuis lundi 25 mai.

La circulation du virus selon les départements en France

Les données sont publiés quotidiennement par département. Ce qui permet d’identifier le nombre de cas par département, ce que nous avons représenté sur la carte ci-dessous :

Sans surprise, ce sont les départements les plus peuplés et ceux de l’Est qui présentent le plus de cas. Mais pour avoir une meilleure représentation de l’activité de l’épidémie, il est utile de les rapporter à la population totale de chacun de ces départements, en calculant par exemple le taux d’incidence pour 1 million d’habitants. C’est ce que représente la carte ci-dessous.

Il apparaît que les départements de Mayotte et de la Meuse sont ceux où la circulation du virus reste la plus intense. Mais la circulation du sars-cov-19 est encore significative dans la plupart des départements de France avec des incidences non négligeable dans toute la région parisienne, dans tous l’Est, dans le Loiret, les Côtes d’Armor, la Vienne ou le Gers. Ainsi qu’en Guyane très menacée par l’épidémie qui fait rage dans le Brésil voisin. Les départements urbains présentent également des circulations plus intenses.

Le 29 mai dans 71 départements au moins un test était positif.

Ce qui confirme que même si les beaux jours sont là et que pour relancer la production de profits le régime Macron impose le déconfinement des activités productives et commerciales tout en confinant toujours les loisirs et surtout tout en interdisant les manifestations, la circulation du virus n’a pas stoppé. La vigilance reste donc de mise, et la deuxième vague survenant en Iran doit nous le rappeler.

JBC pour www.initiative-communiste.fr