Conseil de classe – Blanquer pris la main dans le sac : démission !

Au sommaire :

  • pris la main dans le sac
  • La triple mort de Samuel Paty

télécharger, partager, imprimer et diffuser le Conseil de Classe, le bulletin de la commission éducation du PRCF

201203 conseil de classe


BLANQUER PRIS LA MAIN DANS LE SAC D’UNE MANIP D’ÉTAT VISANT LES SYNDICATS LYCÉENS !

DÉMISSION DE CE MINISTRE ARROGANT, INCAPABLE ET DESTRUCTEUR !

BLANQUER UN “ÉDUCATEUR DE LA NATION” ou un FRANC CORRUPTEUR DE LA JEUNESSE?

L’enquête menée par Médiapart et Libération établit que, sur fonds d’État, le ministre Blanquer a créé de toutes pièces et financé sans compter sur fonds d’État un syndicat jaune appelé “Avenir lycéen”. Si cette information s’avère exacte, l’ensemble des organisations progressistes de jeunesse, des syndicats enseignants, lycéens et ouvriers qu’humilient  et tentent de discréditer de semblables méthodes, doivent réclamer la démission immédiate de Blanquer dont l’attitude corruptrice à l’égard de la jeunesse soulève l’écœurement tant elle est  indigne des fonctions qui lui sont confiées.

À CONTRE-RÉFORMES DESTRUCTIVES, MÉTHODES MALHONNÊTES!

Le fond de l’affaire n’est pas seulement éthique, il est aussi politique: chargé par Macron d’aligner l’Éducation nationale sur les normes régressives de la RFA (où le bac national n’existe pas et où l’apprentissage patronal domine dans le second degré) et sur celles du monde anglo-saxon (où l’entrée à l’université se fait sur dossier et sur la base de droits d’inscription exorbitants écartant les jeunes de milieu populaire), Blanquer a littéralement cassé le lycée à la française en cassant le groupe classe, en démantelant et en privant de sens l’enseignement des disciplines, en affaiblissant les concours de l’enseignement public, en précarisant comme jamais les professeurs et leur statut, en liquidant le bac national anonyme premier grade universitaire et en laissant Parcoursup – c’est-à-dire en fait, les présidences d’université – organiser à leur guise le tri scolaire et social entre les candidats à l’inscription sur la base d’un pseudo-bac délivré localement, inégalitaire et socialement dévalué. 

Tout cela a été entrepris avec le plein concours de la ministre LREM des universités dont les réformes néolibérales et liberticides sont en train de liquider ce qui subsistait de l’Université et de la Recherche publique à la française tout en tentant de rendre de facto illégales les luttes étudiantes (énormes sanctions prévues contre les étudiants en lutte occupant un amphi: NOS GOUVERNANTS ONT PEUR D’UN NOUVEAU 1968!). 

Le but final de ces contre-réformes d’orientation maastrichtienne et clairement anti-républicaine est de substituer à l’Éducation nationale transformée en garderie un système éducatif totalement éclaté, ne délivrant plus des diplômes de valeur nationale à durée indéterminée, mais des “compétences” rechargeables et payantes: ce qui permettrait au patronat de dynamiter les qualifications nationales et à travers elles, les grilles salariales de branche de dizaines de millions de travailleurs.

LA GESTION BLANQUER DE L’ÉCOLE, OU LE MÉPRIS DE FER pour la SANTÉ et pour la DIGNITÉ DES MAÎTRES et des ÉLÈVES

Par ailleurs comment tolérer encore la présence au ministère de l’Éducation nationale d’un personnage qui a si mal et si IRRESPONSABLEMENT géré la crise sanitaire en laissant les professeurs et les lycées affronter l’épidémie dans des conditions désastreuses pour la santé et pour l’enseignement lui-même? 

Comment laisser rue de Grenelle un ministre (…) qui par ailleurs, a tout fait pour réduire à rien l’hommage à Samuel Paty, l’enseignant qu’avait d’abord odieusement sermonné sa hiérarchie ( scandaleusement, l’institution a initialement préféré “dialoguer” avec des fanatiques!) et qui, de manière très générale, ne manifeste que mépris envers les enseignants et pour le climat scolaire général au risque que ne s’installe un décrochage lycéen de masse nuisible à l’immense majorité des lycéens désireux de travailler dans des conditions décentes, d’apprendre, de s’ouvrir aux “lumières” et de réussir leurs études?

BLANQUER DÉMISSION ! ENSEMBLE BALAYONS LES CONTRE-RÉFORMES SCOLAIRES et toutes celles et ceux qui les orchestrent !

Certes, la démission de Blanquer ne réglerait rien par elle-même, tant est grand le nombre d’arrivistes malfaisants dont disposent Macron et l’oligarchie capitaliste pour dissoudre l’Éducation nationale et l’université à la française dans l’acide d’une “construction” européenne entièrement tournée vers le profit capitaliste. Mais du moins l’exigence unitaire montant de partout, écoles, collèges et lycées, facs, parents d’élèves, syndicats ouvriers, lycéens et enseignants,  BLANQUER DÉMISSION, BLANQUER AU CHOMEDU !, s’accompagnant des mots d’ordre “RETRAIT TOTAL DES CONTRE-RÉFORMES DU LYCÉE, DU BAC et de l’UNIVERSITÉ”, RETRAIT DES LOIS LIBERTICIDES!, montrerait que le monde enseignant et le monde lycéen sont prêts, bravant la répression et le découragement, à exiger avec le monde ouvrier une ÉDUCATION NATIONALE DE QUALITÉ POUR TOUS!

La triple mort de Samuel Paty

par Fructidor

Le vendredi 17 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie au collège du Bois d’Aulne de Conflans Saint-Honorine, était victime d’un ignoble attentat perpétré par un terroriste biberonné par l’islamisme. Face au choc du crime barbare, le sinistre Blanquer et le Tartuffe de la République Macron ne tarirent pas d’éloges pour les professeurs, qu’ils ne cessent pourtant d’attaquer depuis des années en arasant le baccalauréat, en promouvant les Etablissements publics locaux d’enseignement international (EPLEI) qui préparent à un « baccalauréat européen » avec le « concours de l’Union européenne ou d’autres organisations internationales ainsi que des dons et legs » (le MEDEF et les multinationales états-uniennes sont ravies !)1, en instaurant un jour de carence (valable également si les enseignants contractent le coronavirus) pour les enseignants, en confirmant le gel du point d’indice des fonctionnaires, en accroissant la contractualisation au détriment des postes de titulaires par la voie du concours, en imposant la contre-réforme des retraites qui se traduirait par la perte de jusqu’à 900 euros de revenu par mois pour les futurs retraités enseignants, etc. ; en somme, en démantelant petit à petit l’(In)Education de moins en moins « nationale », transformée en « service d’intérêt général » conformément au vocable et aux objectifs de l’ obsédée par la « concurrence libre et non faussée » (surtout pour les forces du Capital).

Mais après l’ignoble tragédie de Conflans Sainte-Honorine, un « Nouveau Monde » était promis pour les enseignants. Spécialiste de la tragicomédie, Emmanuel Ier se lança dans un nouveau numéro d’illusionniste à la Sorbonne, récitant un discours d’un petit quart d’heure – on ne perd par les bonnes habitudes de Sciences Po et de l’ENA du plan en 10 minutes qui dit tout et en même temps son contraire – pour célébrer le rôle des professeurs. Et de citer Ferdinand Buisson puis Jean Jaurès – dont les idées sont complètement aux antipodes de l’ordre capitaliste euro-atlantique dont Macron est le principal représentant servile et illuminé en France –, avant de se lancer dans une opération-séduction envers des enseignants soudainement élevés au rang de « hussards noirs » :

« Alors, oui, dans chaque école, dans chaque collège, dans chaque lycée, nous redonnerons aux professeurs le pouvoir de « faire des républicains », la place et l’autorité qui leur reviennent. Nous les formerons, les considérerons comme il se doit, nous les soutiendrons, nous les protégerons autant qu’il le faudra. »

Message d’abord mal reçu par le sinistre Blanquer, qui annonça en grandes pompes une journée d’hommage dans les établissements scolaires : fut alors programmée la banalisation des premières heures de cours le lundi 2 novembre (celui de la rentrée) afin d’assurer une préparation concertée entre tous les collègues et offrir un hommage digne de ce nom à Samuel Paty ; quelle ne fut pas la surprise de découvrir que le vendredi 30 octobre, le ministère décida unilatéralement d’annuler tous les temps d’échange et de concertation, pour ne retenir que la minute de silence. Et se rendant certainement compte de l’énorme contradiction entre la politique macroniste et la lettre aux institutrices et instituteurs de Jean Jaurès à lire devant les élèves, Blanquer chercha à étouffer ladite lecture afin de supprimer les passages les plus embarrassants politiquement comme la lutte contre

« la racine de nos misères : l’égoïsme aux formes multiples »2.

Cela n’empêcha pas les chiens de garde médiatiques d’orchestrer la grande illusion et de ne pointer que les situations de non-respect – inexcusables – de la minute de silence, sans révéler la réalité de l’« hommage rendu ». Après la mort physique eut lieu la mort symbolique de Samuel Paty ; la troisième mort, celle de la déshumanisation, est arrivée.

Car à l’évidence, le message de Macron a également été mal compris par l’Académie de Versailles et sa rectrice, Charline Avenel, parachutée par la volonté de Sa Majesté dont elle fut une ancienne collègue d’études. A moins que la « formation » et la « considération » soient jugées comme revenant à… Pôle « Emploi » (ou plutôt Pôle Chômage). Car quelle surprise de découvrir la

petite annonce n°107WHPK sur le site de Pôle Chômage ce dimanche 29 novembre 2020, avec l’intitulé suivant :

« Professeur/Professeure d’histoire-géographie. 78 – Conflans Sainte-Honorine »3.

Et au cas où le doute régnerait encore parmi les esprits crédules (mais entre l’euro-fascisation, l’euro-dislocation de la République une, indivisible, sociale et laïque, l’euro-démantèlement des services publics ou encore l’euro-destruction des conquêtes sociales et démocratiques, la liste des crédules va sérieusement se réduire !) vis-à-vis de la macronie, du capitalisme, du MEDEF, etc., la petite annonce précise :

« L’Académie de Versailles recrute professeur/professeurs pour enseigner l’histoire-géographie au collège du Bois d’Aulne à Conflans Sainte-Honorine »,

avec un contrat à durée déterminée de dix mois pour 18 heures de cours hebdomadaires, salaire mensuel de « 1 900 € à 2 300 € sur douze mois » – brut, certainement –, débutant accepté au cas où on aurait du mal à recruter.

Face au tollé immédiat suscité par une telle annonce, l’Académie de Versailles a retiré l’annonce (mais pas assez vite pour empêcher la capture d’écran), se justifiant pitoyablement dès que l’« Etat impuissant » (« Fake State », Frédéric Farah4) crée une situation injustifiable :

 « Cette annonce inappropriée est une maladresse de nos services. Elle a été retirée. Deux enseignants expérimentés, titulaires et volontaires ont été nommés depuis deux semaines pour prendre en charge les élèves de Samuel Paty au collège du Bois d’Aulne. »

A croire que les « services » de l’Académie de Versailles ont aussi besoin de « formation » …

Une « maladresse » ? Une « annonce inappropriée » ? Plus certainement, une nouvelle (et pas dernière) preuve du visage proprement inhumain de la macronie, que cette dernière avait déjà spectaculairement démontré en janvier 2020 lorsque les députés godillots macronistes avaient refusé d’allonger le congé des parents endeuillés en rejetant une proposition de loi qui proposait un congé de 12 jours – au lieu de cinq – en cas de disparition d’un enfant, rejet qui indigna même le le MEDEF5. Une macronie qui, faut-il le rappeler, brille par sa haine du genre humain dans des proportions sans cesse croissantes : traque, matraquage et éborgnage des lycéen(ne)s et étudiant(e)s, des retraité(e)s, des gilets jaunes, des syndicalistes de classe et de masse, des travailleurs en lutte (français et étrangers) ; répression policière fascisante qui s’est déchaînée notamment contre les gilets jaunes et a pour dernière victime Michel Zecler – sauf pour le torchon réactionnaire Valeurs actuelles qui fouille les « antécédents judiciaires chargés » du « producteur de rap » ; destruction des services publics, du Code du travail et des retraites par répartition ; vote de l’infâmante résolution du Parlement européen le 19 septembre 2019 qui amalgame et nazisme, en compagnie des prétendus « Rassemblement national », « Républicains », « socialistes » et écologistes » – ces deux dernières familles ayant participé à la Marche des libertés samedi 28 novembre 2020, sans voir l’abjecte contradiction avec leur anticommunisme primaire… –, etc.

Tué par le terrorisme islamiste, Samuel Paty est donc mort deux autres fois, victime de la macronie et de l’ordre capitaliste euro-atlantique qui réduit le genre humain à une simple donnée bureaucratique et arithmétique, vulgaire donnée remplaçable par le premier venu grâce à une « armée de réserve des travailleurs » perpétuant la pérennité (de plus en plus fragile) d’un ordre voué à la seule recherche du profit maximal, au sujet duquel Marx affirmait déjà dans Le Capital :

« La production capitaliste ne développe la technique et la combinaison du procès de production social qu’en ruinant dans le même temps les sources vives de toute richesse : la terre et le travailleur ».

Car on aurait tort de réduire cet épisode à la simple macronie : comment oublier que la Commission européenne a « recommandé » aux Etats-membres de « réduire les dépenses de santé » (avec les résultats que nous connaissons pour les personnels enseignants et les hôpitaux saturés pour faire face au coronavirus et à toutes les autres maladies) à 63 reprises entre 2011 et 2018 ? comment oublier que Jean-Claude Juncker, ancien président de la Commission européenne, affirma sans vergogne en décembre 2019 que

« la politique n’est pas en charge du bonheur des peuples »6

– et Macron et ses sbires, laquais du MEDEF, de l’OTAN et de l’UE, appliquent parfaitement cet adage à la lettre ?

Plus que jamais, il est urgent d’en finir avec l’ordre capitaliste euro-atlantique et ses représentants en France (Macron et Le Pen qui partagent les mêmes haines et les mêmes combats, et leurs satellites respectifs7), donc de réaliser le Frexit progressiste. C’est finalement le meilleur hommage qui puisse être rendu à Samuel Paty, tué par l’islamisme fanatique, le macronisme inhumain et le capitalisme exterministe.