La Commission Agriculture et Écologie du PRCF partage ce communiqué de la CGT a l’issue du congrès de la nature de l’UICN. La CGT a la vertu de rappeler la nécessité des services publics en la matière, et pointe du doigt l’incompatibilité du capitalisme avec la préoccupation de l’environnement. Toutefois, nous déplorons l’absence de critique vis a vis de l’UE.

Passer des vœux pieux à l’action : mobilisation sociale et mise en cause de l’UE

Cette absence de critique tend a transformer les souhaits de la CGT en simple vœu pieux. Dommage ! Est-il utile de préciser que l’Union Européenne  à travers l’ensemble de ses directives – paquets énergie et ferroviaire tout particulièrement –  à travers sa politique agricole commune et plus largement  à travers ses objectifs fondamentaux  n’a pour but que d’exploiter les travailleurs et d’épuiser la nature pour gonfler toujours plus les profits de la classe capitalistes ? Sortir de l’Union Européenne, instrument de sacralisation systémique « de l’économie de marché où la concurrence est libre et non faussée »,  est bien un impératif de « développement durable » c’est-à-dire social et écologique pour sortir du dumping social et environnemental qu’elle organise, pour sortir également de l’euro-austérité au nom de laquelle les services publics de l’équipement et de l’environnement sont désormais tout simplement en voie de disparition.

À l’opposé du peinturlurage en vert antiécologique, des propositions pour l’environnement et les travailleurs, y compris en matière de transports et de réindustrialisation

Plus spécifiquement, sans porter ici la critique sur les propositions des tracts de la CGT, on attirera également l’attention sur la prudence qu’il convient d’adopter quant à la politique du tout voiture individuelle, revendiquant la possession par chaque ménage d’une voiture dite propre. Y compris au motif que ces voitures seraient tout ou partiellement électrifiées. Y compris en matière de revendication de défense de l’industrie. Le groupe Stellantis (ex-PSA- Peugeot) n’est-il pas ainsi en train de fermer sa principale usine (et seul centre de production de moteurs thermiques) qu’est la Française de Mécanique à Douvrain dans le nord de la France au motif du tout voiture électrique, alors que moteurs et batteries sont importés au prix bien souvent de la pire exploitation de travailleurs et de la nature de pays en voie de développement, participant ainsi directement de la désindustrialisation  ? La politique de réindustrialisation, d’efficacité sociale et écologique n’est-elle au contraire pas celle du développement des transports en commun et tout particulièrement des transports ferrés les plus efficaces énergétiquement et accessibles économiquement pour tous, par ailleurs revendiquée légitimement par la CGT ?

pour tous ceux que ces questions intéressent on ne pourra que recommander la lecture de la brochure établie par le PRCF concernant les questions environnementales.


CGT : congrès mondial de la nature, des actes plutôt que des discours

https://www.cgt.fr/actualites/france/environnement/congres-mondial-de-la-nature-des-actes-plutot-que-des-discours

En ouverture du congrès de l’UICN sur la biodiversité, le président de la République a annoncé vouloir placer 5 % des eaux méditerranéennes françaises sous protection forte et promis de faire avancer la réduction des pesticides.

Les organisations environnementales dénoncent le manque de moyens réellement alloués à la protection de la nature.

Cet été, un nouveau rapport du Groupe international d’experts sur le climat (GIEC) a confirmé que le système de production capitaliste est directement responsable de la fonte des glaciers, de la montée du niveau des mers, des feux qui se multiplient.

« Vu la place ridicule accordée à la transition écologique dans le plan de relance du gouvernement et la tonalité de la loi “Climat résilience”, on va être très loin de ce qui serait nécessaire pour inverser la tendance… » déplore Véronique Martin, chargée des questions environnementales au bureau confédéral.

Les politiques d’affaiblissement des services publics montrent le désengagement de l’État : le ministère de la Transition écologique est démembré, l’ONF privatisée…

Pour la CGT, la solution ne peut venir que d’une rupture franche avec nos modes de production et de consommation actuels.

Le Forum syndical international des transitions écologiques et sociales, co-organisé en juin par 130 organisations venues des 5 continents, dont la CGT, a adressé un appel unitaire à l’ensemble des forces sociales engagées dans la construction d’une transformation écologique et sociale.

Ce rapport appelle à s’appuyer sur l’expérience et les connaissances des travailleurs et citoyens pour mettre en œuvre une transition juste.

Une maîtrise publique de la production et des activités qui ont un impact sur l’environnement est nécessaire à la préservation de l’intérêt général, ainsi que la propriété publique des ressources et de l’énergie, surveillées par le contrôle démocratique.