Dans un pays qui vit dans un Etat d’urgence prolongé, il faut s’attendre à une dégradation rapide et irréversible des institutions politiques » Giorgo Agamben ( Le Monde du 24 décembre 2015 )

Sur la fascisation et l’état d’urgence,

Boursouflant chaque jour un peu plus sa fonction
De Chef d’Etat jouissant d’une Institution
Qui lui permet de fait, sur le plan juridique,
D’exercer son pouvoir de façon monarchique
Martial, le Président ordonne l’inscription
Constitutionnelle et, dès lors, sans réplique,
Reniant le droit du sol, bafouant la République,
D’un déchoir national frappant de suspicion,
Nombre de citoyens comportant la mention
D’être binationaux et du coup susceptibles,
Fussent-ils nés français, de devenir les cibles
D’une enquête traquant de près leur quotidien
Dont on présumerait, musulman, quelque lien
Avec une entreprise à l’odeur terroriste,
Quitte à ce que bientôt figure sur la liste
L’état d’urgence aidant, l’ennemi intérieur
Ayant le mauvais goût de se montrer frondeur
A  l’Etat policier installant son emprise.

Mais quoi ! ne sommes-nous en guerre, sarkozyse
A l’envi Manuel Valls, affichant son dédain
De ces ‘’ grandes valeurs morales ‘’ dont demain
Il saura pour de bon cette fois se défaire,
Œuvrant sournoisement à son dix-huit Brumaire.

Soudain le Nouvel An devient un couvre-feu ;
Une sourde torpeur s’installe peu à peu
Avec l’assentiment dit-on du plus grand nombre
Qu’on conditionne à vivre en se mettant à l’ombre
D’un Ordre protecteur d’allure bon enfant,
Chaque jour les medias nous y encourageant.

Et tandis qu’au FN l’on tend ainsi la perche,
Daech exulte ayant obtenu ce qu’il cherche !

Yves Letourneur – 3 décembre 215