Sur la politique militaire française ! #14juillet alternative #rougetricolore

DÉCLARATION DU SECRÉTARIAT NATIONAL DU P.R.C.F. SUR LA POLITIQUE MILITAIRE FRANÇAISE

NON AU VIRAGE EURO-ATLANTIQUE BELLICISTE DE MACRON ET DE L’ÉTAT-MAJOR FRANCAIS, OUI À UNE ARMÉE NOUVELLE CENTRÉE SUR LA DÉFENSE DE LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE, À L’ACTION POUR QUE LA FRANCE SORTE DE L’O.T.A.N. BELLICISTE ET DE SON « PARTENAIRE STRATÉGIQUE » OFFICIEL, L’UNION EUROPÉENNE!

proposition de Georges Gastaud et Fadi Kassem – 11 juillet 2021

Coïncidant avec la décision unilatérale subite d’Emmanuel Macron de cesser l’opération Barkane au Mali pour lui substituer une opération militaire de portée plus réduite où l’intervention française se place elle-même sous la supervision politico-militaire de l’UE et de l’OTAN, le remplacement inattendu à la tête de l’état-major du Général Lecointre, jusqu’alors premier responsable militaire français (C.E.-M.A.), par le Général Burkhard, officier de la Légion étrangère connu pour sa dureté, opère un virage dangereux au sujet de la doctrine militaire française et de l’usage à venir des forces armées françaises. Toute la presse souligne en effet que les armées françaises, jusqu’ici principalement destinées à intervenir sur des théâtres d’opération africains, méditerranéens et proche-orientaux situés dans l’aire néocoloniale française traditionnelle (au motif, voire au prétexte, de la « lutte antiterroriste » ; en réalité, surtout pour sauvegarder les intérêts des monopoles français dans leurs néo-colonies), vont désormais devoir se recentrer sur la préparation d’un « conflit de haute intensité ». Dans les conditions actuelles, cela ne peut signifier qu’une chose : la grande bourgeoisie personnifiée par Macron accroît de manière décisive la vassalisation de l’armée française à l’égard du bloc euro-atlantique, mondialement dirigé par Washington et régionalement de plus en plus régi par Berlin. L’oligarchie « française » de plus en plus euro-mondialiste et « post-nationale » s’inscrit ainsi de manière peu discrète dans la perspective, potentiellement suicidaire pour la France, pour la paix mondiale, pour l’Europe et pour l’avenir même de l’humanité, d’une guerre dévastatrice du bloc euro-atlantique avec la Russie et la Chine populaire. Déjà, la Marine française, pourtant talonnée en Méditerranée orientale comme au large de la Libye par la marine turque néo-ottomane d’Erdogan (et cela, dans l’indifférence absolue de Washington et Berlin, qui ont alors totalement « lâché » Paris face aux menées d’Ankara, elle aussi membre de l’O.T.A.N….), participe en position subalterne aux manœuvres provocatrices conduites par l’US Marine en Mer de Chine, à quelques encablures des eaux territoriales chinoises…

Cette reconversion précipitée de l’armée française en supplétive pure et simple de l’O.T.A.N. dominée par Washington et de l’UE pilotée par Berlin va de pair avec la volonté de Paris, de plus en plus affaibli (militairement, politiquement, diplomatiquement, financièrement et économiquement) par son alignement ravageur pluri-décennal sur les politiques maastrichtiennes de l’U.E., de transformer peu à peu la « Françafrique » prédatrice et ses outils traditionnels de domination (au rang desquels le franc C.F.A.) en « Franc-Europ-Afrique » ou en « Europ-Afrique », cela sans aucun gain d’émancipation prévisible pour les peuples africains abandonnés aux super-prédateurs de l’impérialisme euro-atlantique et du djihadisme poussé en sous-main par Riyad et Ankara de la Syrie à l’Ouest africain.

Dans le même temps, et tout en continuant à acheter ses avions de la Bundeswehr à la firme étasunienne Boeing tout en contournant les constructeurs français, l’Armée allemande est en phase de réarmement galopant. Ce renforcement militaire continu n’en donne que plus de poids à Berlin pour exiger que le siège français au Conseil de Sécurité de l’O.N.U. soit cédé gracieusement par Paris à l’U.E., ce faux nez de l’impérialisme à nouveau triomphant (1). Or, non seulement Macron ne dit pas « M….! » à cette exigence exorbitante qui tente de réviser les résultats de la Seconde Guerre mondiale, mais le locataire de l’Élysée, « Prix Charlemagne » et cosignataire avec Angela Merkel du Traité franco-allemand léonin d’Aix-la-Chapelle (2), liquide la doctrine gaulliste de la dissuasion nucléaire faisant de la force de frappe française la couverture « tous azimuts » d’une contre le territoire français : désormais, la force de frappe française devrait « couvrir » l’ensemble de l’U.E., ce qui mettrait la France à la merci de n’importe quelle provocation antirusse des fascisants et délirants gouvernants russophobes lettons, estoniens, lituaniens ou polonais, sans parler des agissements provocateurs permanents des dirigeants grossièrement antirusses de Kiev. Ajoutons que les dirigeants des 27 pays de l’U.E. viennent d’accorder aux troupes européennes de l’O.T.A.N. – c’est-à-dire, pour l’essentiel, aux troupes nord-américaines – le « droit » exorbitant de se mouvoir à leur guise de Gibraltar à Vilnius en cas de « conflit » : c’est la liquidation définitive, sans un mot ni une action de protestation des « gaullistes » de L.R., des « insoumis » de L.F.I., des « communistes » du P.C.F.-P.G.E. et des « écolos » d’E.E.L.V. (lesquels sont plus soucieux de liquider E.D.F. et le nucléaire civil français que de combattre la course aux armes atomiques relancée par l’O.T.A.N. et accélérée par Macron !) de la juste décision arrêtée en 1966 par Charles de Gaulle, avec le soutien public du P.C.F. d’alors, d’exiger le départ de France des troupes de l’O.T.A.N...

À l’arrière-plan de cette politique désastreuse pour la paix en Afrique, en Europe et dans le monde, destructive pour notre souveraineté, hyper-ingrate envers le peuple russe dont le Général de Gaulle reconnaissait jadis le « rôle principal » dans la défaite de Hitler (2), la politique intérieure française, sous le nom d' »intégration européenne », de « pacte girondin », de « saut fédéral européen », procède en tous domaines, économique, industriel, financier, social, institutionnel, linguistique même (3), à l’euro-dislocation et à l’humiliation  de notre pays. Tout cela, dans un contexte de fascisation galopante (manifestations policières soutenues par des ministres en exercice pour faire pression sur les juges et les députés, « tribunes » à répétition de généraux factieux appelant ouvertement à un coup d’État pour régler leur compte aux « musulmans » et à la gauche, lois liberticides s’empilant sans fin, répression illimitée des syndicalistes de classe, des étudiants en lutte et des Gilets jaunes…) et de désaffection de masse du peuple français, spécialement de sa populaire et de sa classe ouvrière, à l’égard d’une Vème « République » qui n’est plus que le masque institutionnel des diktats de Bruxelles et des intérêts de caste oligarchique : les régionales et les départementales, à l’occasion desquelles 4/5èmes des ouvriers et 4/5èmes des 18-25 ans se sont abstenus, prouvent l’immense décrochage des forces vives de notre peuple à l’égard de cette « république » confisquée par l’U.E. et l’oligarchie, de même qu’elles montrent que notre peuple n’adhère absolument pas, dans sa masse, aux « Grandes Régions » à l’allemande qui ont été autoritairement instituées à l’époque de François Hollande avec l’accord des Macron et autre Sarkozy.

Dans ces conditions, le PRCF, à commencer par ses dirigeants anciens Résistants patriotes et fils et filles de Résistants,

  • condamne catégoriquement le nouveau tournant euro-atlantique, belliciste et antinational imposé à l’armée française par Macron à l’occasion du changement de chef d’état-major des armées. Il faut plus que jamais à notre pays une armée nouvelle, citoyenne, liée au monde du travail, une armée patriote et républicaine passionnément attachée à l’indépendance nationale et uniquement centrée sur la défense citoyenne du territoire national, de la République une et indivisible et de la souveraineté populaire.
  • appelle à refuser tout abandon par Macron et Cie de la maîtrise de la France sur ses forces armées – spécialement sur sa force de frappe – et sur ses moyens d’intervention diplomatiques, spécialement sur son siège au Conseil de Sécurité de l’O.N.U.. Plus que jamais, face à l’unilatéralisme américain, il faut militer pour la refondation radicale d’une O.N.U. démocratiquement dirigée par son Assemblée générale sur la base du principe « un État égale une voix » et de sa Charte reposant sur le respect du droit de chaque peuple à s’autodéterminer sans ingérence impérialiste;
  • appelle les militants communistes, les patriotes républicains, les syndicalistes fidèles à l’internationalisme prolétarien à militer ardemment pour que la France sorte au plus tôt de l’O.T.A.N., dans l’intérêt des travailleurs, de la Nation et de la paix mondiale, sans crainte de refuser aussi l' »armée européenne » qui ne peut être tournée, à l’extérieur, que contre la paix européenne et, à l’intérieur des frontières européennes, contre les mouvements populaires. En particulier, le P.R.C.F. appelle les militants de la paix et de l’indépendance nationale à manifester ensemble le 21 août à Toulouse, avec les camarades espagnols du Parti Communiste des Peuples d’Espagne (P.C.P.E.) contre l’implantation du nouveau « Centre d’excellence spatiale » de l’O.T.A.N. – Que l’O.T.A.N. garde son « excellence » de mort : nous nous battons, nous, pour la vie, contre le surarmement, pour le progrès social, pour des moyens décents alloués aux hôpitaux, à l’enseignement public, au ministère de l’Écologie (ex-Équipement), à l’Office National des Forêts, à la relance et à la reconstruction du « produire en France » sous l’égide d’un puissant secteur public industriel et bancaire démocratisé, à la transition écologique, etc.
  • appelle tous les militaires et officiers fidèles à la République, c’est-à-dire au peuple souverain dont le monde du travail constitue le cœur, à la plus grande vigilance contre ceux qui, dans l’armée ou ailleurs, spécialement à l’extrême droite et dans ses follicules comme « Valeurs actuelles« , veulent dévoyer l’engagement patriotique et le courage des soldats et des officiers à des fins de guerre civile, de pseudo « choc des civilisations » ciblant les travailleurs « musulmans », et de mise au pas ultraréactionnaire d’une partie de la population, mouvement ouvrier en tête.
  • s’agissant de l’Afrique, le P.R.C.F. condamne avec la même vigueur la Françafrique néocoloniale et la tentative euro-atlantiste et macroniste de lui substituer une « Europafrique » ou une « Américafrique » non moins prédatrices. Dans l’intérêt du peuple français, dont l’ennemi principal est précisément cet impérialisme du grand capital qui exploite l’Afrique, il faut militer, y compris avec les Africains vivant en France, non seulement pour le départ définitif des troupes françaises d’Afrique, mais pour une nouvelle République française souveraine, sociale, fraternelle et vers le socialisme qui cultivera l’égalité et la solidarité avec toutes les nations de tous les continents, qui fera de la souveraineté des peuples la base de la coopération internationale mutuellement profitable et de la sauvegarde de la paix mondiale, qui érigera la Francophonie internationale en creuset des fraternités intercontinentales, et qui combattra sans relâche ce capitalisme-impérialisme fascisant, prédateur et exterministe qui porte en lui la menace permanente de l’ingérence néocoloniale, de la destruction des nations libres, d’écrasement des acquis sociaux et de la guerre d’extermination à l’encontre de tous les peuples.

 (1)  Et à nouveau persécutant ses communistes: le DKP est actuellement visé par une procédure administrative visant à lui interdire de se présenter aux élections fédérales. Autant le P.R.C.F., continuateur des luttes antifascistes communes menées sous l’égide de Thorez et de Thälmann au cours des années 1920/1930, combat l’impérialisme résurgent et ses nouveaux collaborateurs « français », autant le Pôle est solidaire de l’Allemagne rouge et démocratique que la prétendue « réunification » des années 1990 a constamment réprimée en s’acharnant sur la R.D.A. et sur quarante années de construction du socialisme sur le sol allemand. 

(2) Traité léonin qui donne à Berlin une sorte de droit d’ingérence permanent dans la politique française et vice-versa, sauf que les énormes excédents commerciaux allemands et les énormes déficits français montrent très bien dans quel sens jouera l’ingérence : « qui paie les musiciens choisit la musique ».

(3) En 1944, De Gaulle rendant visite à Staline dans le cadre d’une visite d’Etat, déclarait « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans notre libération« . En 1953, alors que l’O.T.A.N. préparait une guerre nucléaire mondiale antisoviétique, Maurice Thorez déclarait au nom du P.C.F. d’alors: « le peuple de France ne fera jamais la guerre à l’Union soviétique ». Plus que jamais il convient de combattre la russophobie, la sinophobie, l’antisoviétisme à retardement, d’en dénoncer les racines de classe et d’en montrée la signification profondément belliciste et fascisante.

(4) Le gouvernement lui-même promeut l’anglais comme langue officielle bis de l’Université, de l’enseignement et… de l’armée (cf le décret ultra-ségrégatif de Frédérique Vidal obligeant tout étudiant désireux de s’inscrire en licence à posséder un diplôme d’anglais de haut niveau au mépris de l’article II de la Constitution disposant que « la langue de la République est le français »). D’ores et déjà, des prises d’armes de l’armée française opérant dans le cadre de l’OTAN s’opère en anglais au mépris, par les officiers qui se prêtent à cette forfaiture, de toute forme de dignité nationale. 

POUR LE SECRÉTARIAT NATIONAL du P.R.C.F., Georges Gastaud, Fadi Kassem, co-secrétaires nationaux, Aymeric Monville, secrétaire de la commission International du P.R.C.F., Gilliatt Destaërck, responsable national des J.R.C.F. – Auxquels se joignent: Léon Landini, président du PRCF, ancien officier des F.T.P.-M.O.I., Grand Mutilé de Guerre, Médaille de la Résistance, Officier de la Légion d’honneur, Décoré par l’U.R.S.S. pour faits de Résistance – Pierre Pranchère, président de la Commission International, ancien maquisard F.T.P.F., ancien député de Corrèze, Combattant Volontaire de la Résistance – Hermine Pulvermacher-Landini, ancien officier F.T.P.-M.O.I., ancienne secrétaire générale du Groupe communiste à l’Assemblée nationale