Referendum en Nouvelle Calédonie : le long combat contre le colonialisme pour la souveraineté populaire .

Ce dimanche 4 novembre, la vote, pour répondre par referendum à la question posée au 174 000 électeurs : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? ». Une décision importante pour les 270 000 habitants de l’archipel, l’une des plus anciennes colonie française.

Au printemps 2018, dès la question du referendum déterminé, le PRCF s’est exprimé pour appeler à respecter le droit des peuples à disposer d’eux même.

www.initiative-communiste.fr republie ci-dessous l’article consacré au combat pour la souveraineté populaire en Nouvelle Calédonie que nous publiions le 7 mai 2018.

Le appelle à voter pour l’indépendance. Les sondages donnent le non largement gagnant

Nouvelle Calédonie : le long combat pour l’indépendance !

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est un principe léniniste.

En Nouvelle-Calédonie aussi. Et la population néo-calédonienne se prononcera par .

C’est Napoléon III qui colonisa la Nouvelle-Calédonie. Depuis, le combat anti-colonialiste n’a pas cessé. Le chemin a été sinueux et parfois violent, comme en 1878 lors d’une insurrection contre la qui s’est soldée par au moins 1 200 morts dans le camp de l’insurrection.

Ce n’est qu’en 1946 que la Nouvelle-Calédonie cesse d’être nommée colonie. Les rapports restent coloniaux dans la réalité sociale du pays. Les Kanaks obtiennent alors, grâce à leur lutte, la liberté de circulation, de propriété et leurs droits civils. Le droit de vote, également accordé en 1946, ne devient vraiment effectif qu’en 1957 !

En 1983 un “droit à l’indépendance” est reconnu aux Kanaks et une négociation débute pour l’autodétermination. En 1984, le Front de libération national kanak socialiste (FLNKS), met en place un “Gouvernement provisoire de Kanaky”. C’est le début de quatre ans d’un conflit politique qui a fait des dizaines de morts et qui ne prend fin qu’avec la prise d’otage sanglante de la grotte de l’île d’Ouvéa.

Le matin du 5 mai 1988, des forces spéciales françaises et le GIGN prennent d’assaut une grotte, sur l’île d’Ouvéa, où des indépendantistes kanak du FLNKS détiennent une vingtaine de gendarmes. Au terme de combats, dix-neuf ravisseurs patriotes kanak sont tués, certains froidement abattus. Sur les dix-neuf combattants indépendantistes, douze avaient une balle dans la tête. En 2008, Michel ROCARD déclarera avoir été au courant qu’« il y a eu des blessés kanaks et deux de ces blessés ont été achevés à coups de bottes par des militaires français, dont un officier ».

Ce dénouement sanglant, provoqué par le gouvernement de droite et le président socialiste en cohabitation, entraîne une prise de conscience de la gravité de la situation et déclenche des négociations qui aboutissent aux accord de Matignon dont le référendum de 2018 est une application. Il aura lieu le 4 novembre.

Parmi les composantes du mouvement indépendantiste soulignons la présence du Palika (Parti de la Libération Kanak) fondé par des militants marxistes des Foulards rouges, en hommage au foulard rouge offert par Louise Michel alors déportée en Nouvelle-Calédonie aux insurgés Kanak, et ceux du Groupe 1878, date de l’insurrection. Le Palika reste la composante la plus à gauche du front indépendantiste, proche des idées marxistes et se revendiquant du socialisme scientifique.

Déclaration de la Commission internationale du PRCF – 6 mai 2018

Bien entendu les milieux colonialistes de droite comme le PS local agitent les peurs.

Si les Kanaks représentent 40% de la population et les “Européens” 29% rien n’est joué du fait des craintes d’une partie de la population devant l’inconnu que représente l’indépendance.

Un sondage a posé la question qui sera celle du référendum « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante? ». 59,7% des personnes interrogées ont répondu « non » à cette question, 22,5% ont dit « oui » à l’indépendance et 17,8% ne savent pas ce qu’ils voteront.  On observe par ailleurs dans cette enquête que le « non » à l’indépendance atteint 67 % dans la province sud, dirigée par la droite anti-indépendantiste, où est située Nouméa. Dans la province nord, gérée par les indépendantistes, ce sont 42 % des sondés qui sont pour l’indépendance et 41% contre. Avec la méfiance raisonnable qu’il faut avoir vis-à-vis des manipulations sondagières, on voit que le résultat est difficile à prévoir. Les jeux sont donc ouverts. Tous les partis ont proclamé que la décision populaire sera respectée.Reste évidemment la question de l’attitude du pouvoir macroniste. Malgré d’hypocrites déclarations de neutralité, Macron s’est engagé contre l’indépendance. N’a-t-il pas déclaré qu’il voulait  « que la Nouvelle-Calédonie reste dans la communauté nationale. […] Je suis convaincu que la présence de la France est nécessaire pour garantir la paix civile et le développement. »
Détruisant la nation broyée entre l’Union Européenne et la constitution d’euro-régions qui balkanise le pays, la démolition des communes et des départements, la complicité avec les séparatistes corses, Macron ne souhaite le maintien de la Nouvelle-Calédonie que pour perpétuer l’exploitation coloniale de la Grande île.
Le PRCF, quant à lui, se tient aux côtés des colonisés, des exploités qui veulent leur indépendance. En luttant pour qu’un jour une République française populaire et démocratique noue des liens fraternels avec une Kanaky indépendante et socialiste.