Racisme et fascisation : Charlotteville la partie émergée de l’Iceberg USA – par Joe Kaye

Le 12 août, à , en Virginie, un État qui a autrefois servi de capitale de la rébellion confédérée du Sud, une violente confrontation a éclaté entre un rassemblement de l’extrême droite – membres du Ku Klux Klan, d’autres Supremacistes blancs, ainsi que néo -Nazis – et des contre-manifestants anti-racistes. Les néo-fascistes ont convergé de tous le pays, brandissant leurs armes, pour protester contre le retrait imminente de la statue de Robert E. Lee, commandant de l’armée de la Confédération (l’esclavocratie, comme Marx l’appelait). Dans la charge de cette troupe d’extrême droite, face à laquelle les forces de l’ordre sont est restée passive, une femme blanche de 32 ans, Heather Heyer, a été tuée lorsqu’un jeune néonazi a foncé avec sa voiture dans une foule de contre-manifestants un mode d’action terroriste habituel désormais.

Une campagne pour l’élimination des monuments aux héros de la Confédération a pris de l’ampleur dans tout le Sud en réaction à la nature manifestement raciste de la campagne présidentielle de . Les démocrates et certains médias libéraux ont soudainement découvert le racisme en , mais proposent de ne pas s’opposer à la suprématie blanche, mais uniquement en tant que club contre Trump, avec les élections de 2018 en tête.

Le racisme, l’histoire du Capitalisme américain

Pour saisir correctement les événements de Charlotteville, il faut une certaine connaissance de l’histoire des États-Unis, en commençant par les premiers Africains traînés de force sur les rives de la Virginie il y a 400 ans, suivies de millions d’autres enlevés et réduits en esclavage, servant de force de travail indispensable à l’économie de plantations en développement du Sud , Le travail des esclaves est à la base de toute l’économie américaine, créant ainsi d’énormes richesses pour les secteurs de la fabrication, du transport maritime, du commerce et de la banque du Nord. Plus profondément, c’était l’existence de l’esclavage racialisé qui a déterminé la structure politique fondamentale de la nation.

La victoire dans la Guerre Civile de la bourgeoisie du Nord en 1865 a conduit à la fin de l’esclavage légal et à une brève période de démocratie méridionale connue sous le nom de Reconstruction, dont la principale caractéristique était l’affranchissement des Noirs. Mais cela a pris fin avec une nouvelle entente nationale entre la classe de planteurs dans le Sud et les fabricants du Nord qui ont rendu le pouvoir régional au premier au détriment des Afro-Américains (ainsi que des Blancs pauvres). Ce qui a suivi dans le Sud a été le lancement d’une énorme campagne de propagande de la suprématie blanche visant à jeter les Noirs comme moins humains (période pendant laquelle de nombreux monuments de la Confédération ont été érigés) dirigés vers un nord réceptif et justifiant la création législative pour les cent ans suivant de l’apartheid américain (Jim Crow), le désaffranchissement des noirs (et celui de nombreux blancs pauvres) et un régime de terreur symbolisé de façon spectaculaire par la répression étatique périodique par les lynchages.

Le mouvement des droits civiques des années 1950 et 1960 a réussi à mettre fin à la ségrégation juridique dans le Sud, seulement pour être remplacé par la diversité de facto typique du Nord

Les nazis et suprématistes blancs de Charlotteville : la partie émergée de l’Iceberg

Les événements à Charlotteville ont forcé les médias traditionnels à reconnaître enfin l’existence de groupes armés de suprématistes blancs et de néo-nazis,  qui existent pourtant depuis des décennies. (Voir le Southern Poverty Law Center qui se spécialise dans le suivi de ces derniers). Ces groupes, dont certains sont engagés dans un entrainement militaire permanent, sont devenus de plus en plus actifs et de plus en plus hardi, trouvant prétextes sur prétextes pour améliorer leur visibilité, entre autres choses, en défendant les symboles à la gloire de l’ancienne organisation politique du Sud sous l’esclavage et Jim Crow, des symboles qui sont attaqués comme agressifs dans les villes et les campus du Sud, de plus en plus cosmopolites, désormais liés à l’économie néolibérale et non plus à une économie de plantation.

L’extrême-droite s’est associée à une aile informelle du Parti républicain, baptisée «Tea Party», qui comprend maintenant la base sociale la plus loyale de Trump, forte dans les zones rurales et les petites villes brisées par le néolibéralisme, par la financiarisation de l’économie par Wall Street ainsi que par une désindustrialisation qui a transformé de nombreuses régions en villes fantômes. Le coup de grâce est venu il y a une décennie sous la forme de la plus grande catastrophe financière depuis la Grande Dépression des années 1930, conséquence d’une fraude extraordinaire même selon les normes de Wall Street, principalement couverte par un président noir. Aussi conservateur qu’était Obama , ne menaçant ni le capitalisme ni la suprématie blanche, néanmoins  il est un affront purement symbolique à la norme raciale et a fait enrager des dizaines de millions de personnes qui l’ont rendu responsable de leurs épreuves, y compris la perte d’emplois et de leur maison,   ainsi que de la recrudescence des immigrants de couleur (principalement d’Amérique centrale, et en particulier du Mexique), auquel il avait (faussement) prétendu ne faire  payer aucune taxe et accaparer en parasites les services sociaux du pays. À ces ressentiments, il faut ajouter la présence d’une population musulmane de peau plus foncée perçue comme des sympathisants terroristes au mieux, constituant une menace grave pour la sécurité, protégée par les libéraux / gauchistes (les deux étiquettes étant utilisées de façon interchangeable). Pendant ce temps, la riposte contre les meurtres policiers d’hommes noirs non armés a entraîné une recrudescence de l’activisme (le mouvement “La vie des vies noirs compte – Black Lives matter”) que la droite qualifie également de terroriste.

En plus du racisme omniprésent, en particulier le racisme anti-noir, un terrain fertile pour la droite est assuré par la crise économique continue. Il y a un taux de chômage élevé (sous-estimé dans les statistiques gouvernementales), une stagnation des salaires (officielle) depuis des décennies (en réalité une détérioration), un évident effondrement de la classe moyenne, une intensification de l’insécurité générale (un pourcentage croissant d’emplois étant  à faible salaires /temps partiel et / ou temporaire), et une répartition obscène de la richesse qui n’a pas enrichi  le un pour cent, mais le centième du un pour cent.

Par ailleurs  ce qui a apporté du grain au moulin de la droite (en particulier la droite des chrétiens évangéliques) a été les gains de groupes sociaux traditionnellement discriminés – les homosexuels, lesbiens et autres non conformistes aux genres, y compris la légalisation du mariage gay, leur participation à l’armée, etc., que beaucoup de la classe dirigeante trouvent utile de soutenir comme une distraction des problèmes de lutte des classes – certains gains réalisés par le mouvement féministe pour les femmes de la classe moyenne, même si le chômage a augmenté chez les hommes, une visibilité accrue d’un nombre symbolique d’Africains -Américains dans des postes de prestige et de pouvoir, par exemple, Barack Obama, son secrétaire à l’éducation et son procureur général, ainsi qu’une présence médiatique et dans le monde du divertissement plus importante, ainsi que des changements démographiques qui entraîneront que les États-Unis ne seront plus une nation majoritairement blanche dès le milieu du siècle – tous contribuant au sentiment que les hommes blancs sont assiégés.

Trump symbole de la fascisation des classes dirigeantes américaines

Parallèlement à la croissance d’une base sociale fasciste, le “du haut” progresse également. Les lois sur les armes à feu ont été libéralisées dans de nombreux États, même en autorisant la possession d’armes de qualité militaire, en prévoyant le port d’arme sur la voie publique des armes, y compris les armes d’épaules, comme on l’a vu à Charlottesville, et  les lois de “défense de votre terrain”, ce qui rend plus élastique la définition d’autodéfense (déjà extraordinairement interprété pour la police dans le traitement des hommes noirs non armés). La défense fanatique du «droit de porter des armes» (il y a 300 millions d’armes dans les ménages américains) n’est pas tant le reflet d’un besoin de protection de la maison que la préparation à la course vers la guerre que de nombreux Blancs croient être inévitable.

Donald Trump a remporté la présidence avec sa projection démagogique de préoccupation pour le travailleur moyen (que les médias traditionnels appellent faussement «populisme», son mépris apparent pour l’Établisshment de Washington, populairement partagé, son habileté à saisir le sentiment raciste anti-immigrant, et son succès en faisant valoir qu’il vaut mieux être un milliardaire plutôt que de leur être redevable. Mais surtout, il a gagné en raison d’un système électoral intrinsèquement antidémocratique qui lui a permis de gagner malgré qu’il soit minoritaire de près de 3 millions de voix.

Trump a été dépeint comme “anti-établissement”. S’il est vrai qu’il ne vient pas des rangs des politiciens professionnels, il représente très bien les intérêts du Big Business, en particulier les intérêts énergétiques et manufacturiers. Ce qui le distingue, c’est son plaidoyer pour un retour à l’ère pré-néolibérale, une approche plus unilatérale du commerce extérieur et de la politique militaire, en s’appuyant sur la position des États-Unis d’une supériorité militaire et économique accablante et rejetant une stratégie «globaliste» qui dans l’esprit du camp de Trump, s’est traduit par des concessions inutiles de l’impérialisme américain ont porté sur les intérêts des accords généraux d’entente qui sont l’essence même du néolibéralisme. En d’autres termes,  la politique de Trump “America First” (l’amérique d’abord) c’est permettre aux États-Unis de se tailler une part beaucoup plus grande dans le gateau mondial. Son défi pour l’OTAN, l’UE, les accords commerciaux multilatéraux, etc en sont la conséquence. Cela permet également une expression plus grossière du jingoisme-qui défie la sensibilité d’un monde multi-colore.

Dans la Maison Blanche de Trump, la dissension entre les représentants des deux factions divergentes du Parti républicain a causé un désordre considérable. Au fil du temps, les néolibéraux, aussi bien démocrates que républicains, ont réussi à dégager les principaux membres du Tea Party, dont le plus important était le gestionnaire d’extrême droite de campagne de Trump. Mais les espoirs de dompter Trump ont clairement été douchés. Sa première réponse aux événements de Charlotteville a été de s’incliner vers sa base du Tea Party. Sous la pression, il s’est désavoué lui même, avant de faire volte face à nouveaux, pour soutenir encore plus ouvertement les suprématistes blancs.

Les politiciens orthodoxes dans le Parti Républicain sont dans une position difficile. Il y a une menace implicite des forces du Tea Party de former un parti indépendant qui serait dévastateur pour les Républicains au niveau national. Il y a aussi la menace de candidature du Tea Party contre les Républicains traditionnels dans les primaires, le moyen de déterminer qui irait contre les démocrates lors des élections générales. Un nombre important de titulaires Républicains seraient vaincus si cette menace était menée à exécution. Parallèlement, la coopération est essentielle pour mettre en place les mesures importantes pour les monopoles sur lesquelles ils sont tous d’accord: réduire les taxes sur les entreprises et les particuliers riches, et se débarrasser des vastes réglementations financières, environnementales et commerciales

Les membres des deux partis, avec le Parti Démocrates en tête, dans une mise en scène d’indignation morale, dénoncent maintenant les commentaires incendiaires de Trump sur Charlottesville, même s’ils ont collaboré pendant plus d’un siècle dans l’oppression des Afro-Américains et des autres communautés de couleur, en serviteurs zélés des intérêts du grand Capital, pour qui la suprématie blanche est à la fois très rentable et une condition cruciale de son pouvoir.

Le racisme problème de classe N°1 aux Etats Unis

La plupart des segments de la gauche considèrent Trump comme l’incarnation du fascisme, et considèrent son administration comme un régime fasciste. Lors de son élection, ils ont fait le serment grandiose de rendre le pays ingovernable et se sont joints à d’énormes manifestations de protestation dont ils n’ont pas réalisé qu’elles étaient été orchestrées dans les coulisses par le Parti Démocrate dont le but n’était pas la démocratie mais simplement la victoire lors des élections de mi mandat au Congrès en 2018. Dans leur empressement à se débarrasser de Trump (une possibilité de plus en plus forte dans le cadre d’un processus de mise en accusation), ils ont avalé et promu le récit d’une collusion traitresse entre Trump et une Russie diabolisée.

Leur réponse aux événements spécifiques à Charlottesville illustre la même confusion idéologique. Ainsi, il existe un courant qui défend les droits de parole et d’assemblée de l’Extrême-Droit, au nom de la cohérence logique («Nous le voulons pour nous-mêmes, nous ne pouvons donc pas gêner les autres, quelle que soit leur opinion détestable»). Certains dénoncent la violence des fascistes et des antifascistes. Il existe aussi un courant anarchiste prêt à combattre, mais indiscipliné, dont la tactique est souvent contre-productive.

Les événements de Charlottesville ont suscité un débat autour des nombreux monuments aux esclavagistes. Certains rejettent les efforts pour les démanteler en tant que détournement de la véritable lutte contre le racisme institutionnel. Certains s’inquiètent du fait que des monuments devraient être détruits jusqu’à ceux pour les «Pères fondateurs», tels que Washington et Jefferson, qui étaient des propriétaires d’esclaves. Il est en effet révélateur que 10 des 12 premiers présidents étaient des propriétaires d’esclaves. Bien sûr, la lutte contre la suprématie blanche ne devrait pas se limiter à une lutte contre ses symboles, mais devrait et sera on peut l’espérer être approfondie pour devenir une lutte contre les monuments vivants du racisme, ainsi que celui qui établit le lien inextricable entre la suprématie blanche et la Système capitaliste. En particulier, la notion populaire doit être combattue dans les cercles nationalistes de gauche et noirs que les travailleurs blancs bénéficient du système de suprématie blanche, qu’ils jouissent d’un «privilège de peau blanche» qu’ils doivent sacrifier pour le plus grand bien de la Révolution, reprenant comme des perroquets les prémisses diffusées par le KKK et d’autres groupes de la suprématie blanche. Notre tâche est plutôt de convaincre les travailleurs blancs de leur communauté d’intérêts avec les travailleurs noirs et de la necessité de leur participation à mettre fin à l’oppression des Afro-Américains et d’autres personnes de couleur – en d’autres termes, aider le travailleur blanc à devenir conscient de sa classe.

Il y a beaucoup de nouveaux venus à la lutte militante qui rejoignent la ligne de front dans l’esprit de No pasaran ! Malheureusement, la grande majorité de ces nouvelles forces perçoivent la menace fasciste comme émanant uniquement de Trump et / ou du Parti républicain, étant aveugle à l’érosion régulière des droits sous les gouvernements Démocrates, demeurant aveugle à la manière dont les guerres américaines d’agression, les changements de régime, le chantage économique , l’intimidation des nations plus faibles, qui ont été menées à parts égales par les deux principaux partis, ouvrent également la voie au fascisme. La plupart de la gauche n’a pas non plus apprécié le caractère fasciste de nombreuses politiques de l’administration Obama, qui a ouvert de nouveaux horizons dans la lutte contre les libertés civiles, renforcant l’état policier de surveillance, revendiquant le droit de procéder à des assassinats extrajudiciaires de citoyens américains, etc.

Surtout, il subsiste des illusions chez Bernie Sanders et sa marque de «socialisme» et la croyance naïve de la possibilité de réformer le Parti démocrate.

Toutefois, une éclat de lumière vient du réveil du radicalisme de nouveaux segments de la jeunesse – bien que essentiellement des classes moyennes. Leur ardeur antifasciste est admirable. Mais nous ne pouvons pas compter sur ce secteur soit pour prendre l’initiative de bloquer le fascisme, soit pour construire un véritable mouvement socialiste. Notre objectif devrait être d’éduquer et d’organiser la moitié inférieure de la classe ouvrière, dont une grande partie est constituée des travailleurs de la couleur, un effort dans lequel nombre d’entre nous sommes déjà engagés.

Pour comprendre Charlottesville et, en fait, tous les autres événements contemporains aux États-Unis, il faut comprendre que le capitalisme qui s’est développé dans ce pays sur la base de l’extermination des indigènes de peau plus foncée et de l’asservissement de l’Afrique, est plus profondément imbriqué avec la suprématie blanche que toute autre nation. Le racisme est notre problème de classe n ° 1. Et tout comme la lutte contre le racisme n’est efficace que dans la mesure où elle est en même temps une lutte contre le capitalisme (comme Martin Luther King l’a perçu dans les derniers jours de sa vie), la lutte contre le capitalisme pour les lendemains qui chantent d’un avenir socialiste, ne sera efficace que dans la mesure où il est inextricablement lié à la lutte contre la suprématie blanche.

Depuis New York USA – Joe Kaye, aout 2017 pour www.initiative-communiste.fr

traduction depuis l’anglais JBC pour www.initiative-communiste.fr


CHARLOTTESVILLE:  JUST THE TIP OF THE ICEBERG

Joe Kaye – August 2017

On August 12, in Charlottesville, Virginia, a state that once served as the capital of the Southern Confederate rebellion, a violent clash erupted between a gathering of the Far Right  – members of the Ku Klux Klan, other White Supremacists, as well as neo-Nazis —  and anti-racist counter-demonstrators.  The neo-fascists streamed in from around the country, weapons openly displayed,  to protest the city’s imminent removal of the statue of Robert E. Lee, the commander of the army of the Confederacy (the slavocracy, as Marx called it).  In the Right-instigated melee, during which “law enforcement” remained passive, a 32-year-old white woman, Heather Heyer, was killed when a young neo-Nazi drove his car into a crowd of counter-demonstrators in now familiar terrorist fashion.

A campaign for the removal of monuments to heroes of the Confederacy has been gathering momentum throughout the South in reaction to the blatantly racist nature of the Trump Presidential campaign.  The Democrats and some of the liberal-leaning media have suddenly discovered racism in America, but raise the issue not to oppose white supremacy  but only as a club against Trump, with the 2018 elections in mind.

To properly grasp the Charlottesville events requires some  knowledge of US history, beginning with the dragging of the first Africans onto Virginia shores 400 years ago, followed by millions more kidnapped and enslaved, serving as the indispensable labor force for the developing plantation economy of the South,   Slave labor lay the foundation for the entire US economy, creating enormous wealth as well for the manufacturing, shipping, merchant and banking sectors of the North.  Moreover, it was the existence of racialized chattel slavery that determined the nation’s fundamental political structure.

The Northern bourgeoisie’s Civil War victory in 1865  led to the end of legal slavery and a brief period of enhanced Southern democracy known as Reconstruction, the chief feature of which was Black enfranchisement.  But this came to an end with a new national bargain between the planter class in the South and the Northern manufacturers who returned regional power to the former at the expense of African-Americans (as well as poor whites). What followed in the South was the launching of a huge white supremacist propaganda campaign aimed at casting Blacks as less than human (during which period many of the monuments to the Confederacy were erected) directed toward a receptive North and justifying the legislative imposition  for the next 100 years of American apartheid (Jim Crow), Black disenfranchisement (and that of many poor whites), and a regime of terror, most dramatically symbolized by periodic state-sanctioned lynchings

The civil rights movement of the 1950s and ‘60s succeeded in ending legal segregation in the South, only to be replaced by the de facto variety typical of the North

The events in Charlottesville have forced the mainstream media to finally acknowledge the existence of armed white supremacist and neo-nazi groups, which have been around for decades.   (See the Southern Poverty Law Center which specializes in tracking them.)  These groups, some of whom have been engaged in continuous military training,  have been growing increasingly active and increasingly brazen, finding a pretext to enhance their visibility through, among other things, defending the glorious symbols of the old Southern way of life under slavery and Jim Crow, symbols which have come under attack as offensive in the increasingly cosmopolitan Southern cities and campuses, now tied to the neoliberal and no longer plantation economy.

The Far Right has allied itself with an informal wing of the Republican Party, dubbed the Tea Party, now comprising Trump’s most loyal social base, strong in rural and small town areas shattered by neoliberalism,  by Wall St. financialization of the economy, as well as by a deindustrialization which has converted many areas into ghost towns. The coup de grace came a decade ago in the form of the greatest financial disaster since the Great Depression of the 1930s, the consequence of fraud extraordinary even by Wall St. standards, mostly presided over by a Black President.   As conservative as Obama was, unthreatening either to capitalism or white supremacy, nevertheless  even his purely symbolic affront to the racial norm enraged tens of millions  whose hardships, including loss of jobs and homes, were blamed both on him and on the upsurge of immigrants of color (primarily from Central America, and particularly from Mexico) who it was (falsely) claimed pay no taxes and parasitically drain the nation’s social services.  To these resentments were added the presence of a darker-skinned Muslim population perceived as terrorist sympathizers at best, constituting a grave security threat, protected by liberals/Left-wingers (the two labels being used interchangeably).  Meanwhile,  the barrage of police killings of unarmed Black men have led to an upsurge of activism (the “Black Lives Matter” movement) which the Right also characterizes as terrorist.

In addition to pervasive racism, especially anti-Black racism,  fertile ground for the Right is provided by the continuing economic crisis.  There is a high rate of unemployment (grossly understated in government statistics), decades-long wage stagnation (official) deterioration (real), a hollowing out of the middle class, an intensification of general insecurity, (a growing percentage of jobs being low-wage, part-time and/or temporary), and an obscene wealth distribution that has enriched not the 1 percent, but the one-hundredth of 1 percent.

Further bringing grist to the mill of the Right (especially the Evangelical Christian Right) have been the gains of social groups traditionally discriminated against – gay, lesbian and other gender non-conformists — including legalization of gay marriage, their participation in the military, etc., which many in the ruling class find useful to support as a distraction from class issues — some gains made by the feminist movement for middle class women, even as unemployment has risen among men, an increased visibility of a token number of  African-Americans in positions of prestige and power, e.g.,  Barack Obama, his education secretary and attorney-general, and a more prominent media and entertainment presence, as well as demographic changes which will result in the US no longer being a majority white nation by mid-century – all contributing to a sense that straight white men are under siege.

Alongside the growth of a fascist social base,  fascism “from above” is also progressing.  Gun laws have been liberalized in many states, even permitting possession of military-grade weapons, provision for the open carrying of weapons, including long guns, as was seen in Charlottesville, and “stand your ground” laws, which makes more elastic the definition of self-defense (already extraordinarily broadly interpreted for police in dealing with unarmed Black men).   The fanatical defense of the “right to bear arms” (there are 300 million weapons in US households) is not so much a reflection of a need for home protection as preparation for the race war many whites believe is inevitable.

Donald Trump won the presidency with his demagogical projection of concern for the average worker (which the mainstream media falsely call “populism,” his seeming contempt for the Washington “Establishment,” popularly shared, his skillful tapping into widespread racist anti-immigrant sentiment, and his success in arguing that it is better to be a billionaire than beholden to them.  But most important, he won because of an inherently undemocratic electoral system which awarded him the victory  despite polling almost three million fewer votes,

Trump has been portrayed as “anti-Establishment.  While it is true that he has not risen from the ranks of the professional politicians, he very much represents the interests of Big Business, especially the energy and manufacturing interests.  What sets him apart is his advocacy of a return to the pre-neoliberal era, a more unilateral approach to foreign trade and military policy,  relying on the United States’ position of overwhelming military and economic superiority, and rejecting a “globalist” strategy that in the mind of the Trump camp has resulted in unnecessary concessions by US imperialism to the interests of the comprehensive cartel arrangements that are the essence of neoliberalism.   In other words, Trump’s
“America First” policies, it is believed,  would obtain for the US a far bigger slice of the world pie.  Hence, his challenge to NATO, the EU, multilateral trade agreements, etc.  This also allows for a cruder expression of jingoism that defies the sensibilities of a multi-complexioned world.

In Trump’s White House the dissension between representatives of the two contending factions of the Republican Party has caused considerable disarray. Over time, the Neoliberals, both Democrats and Republicans,  have managed to force out key Tea Party people, the most important of whom was Trump’s ultra-Right campaign manager.   But hopes of taming Trump have clearly been dashed.  His`first  response to the Charlottesville events tilted toward his Tea Party base.  Under pressure, he reversed himself, only to reverse himself again, even  more openly supportive of the white supremacists.

 The orthodox politicians in the Republican Party are in a difficult position.  There is an implied threat by the Tea Party forces to form an independent party, which would be devastating to the Republicans on a national level.  There is also the threat of Tea Party candidates running against traditional Republicans in primaries, the vehicle for determining who will run against the Democrats in the general elections.  A significant number of Republican office holders would be defeated if that threat were carried out.   At the same time, cooperation is vital for putting through the measures important to the monopolies  on which they both agree:  slashing taxes on corporations and wealthy individuals, and getting rid of broad financial, environmental and business regulations

Members of both parties, with the Democratic Party in the lead, in a show of moral outrage, are now denouncing Trump’s inflammatory Charlottesville comments, even as they have collaborated for more than a century in the oppression of African-Americans and other communities of colort, dutifully serving the interests of Big Capital, for whom white supremacy is both hugely profitable and a crucial condition of its rule.  

Most segments of the Left consider Trump the embodiment of fascism, consider his administration a fascist regime.  Upon his election they made a grandiose pledge to render the country ungovernable and  joined huge protest demonstrations which they failed to realize were orchestrated from behind the scenes by the Democratic Party whose goal was not democracy but simply victory in the 2018 Congressional elections.    In their eagerness to get rid of Trump (an increasingly strong possibility under an impeachment process) they have swallowed and promote the narrative of a treasonous collusion between Trump and a demonized Russia.

Their response to the specific events at Charlottesville exemplifies the same ideological confusion.  Thus, there is a current that actually champions the free speech  and assembly rights of the Far Right, in the name of logical consistency (“We want it for ourselves; therefore we cannot bar others no matter how distasteful their opinions”.”  Some  decry the violence of both fascists and anti-fascists.  There is also an anarchist current prepared to do battle, but undisciplined,  whose tactics are frequently counter-productive.

The Charlottesville events have sparked a debate around the many monuments to slaveholders.  Some dismiss the effort to dismantle them as a diversion from the real struggle against institutional racism.  Some are concerned that monuments would have to be taken down even of our “Founding Fathers,” such as Washington and Jefferson, who were slave owners.  It is indeed telling that 10 of the first 12 Presidents were slave-owners.  Of course, the struggle against white supremacy must not be limited to a struggle against its symbols but should and hopefully will be deepened to become a struggle against the living monuments of racism, as well as one that makes the inextricable connection between white supremacy and the capitalist system.  Particularly the popular notion must be combated within Left and Black nationalist circles that white workers benefit from the system of white supremacy, that they enjoy “white skin privilege” which they must sacrifice for the greater good of the Revolution, thus parroting the underlying premises of the KKK and other white supremacist groups.  Rather, our task is to convince white workers of their community of interest with Black workers, and their stake in ending the oppression of African-Americans and other people of color – in other words, helping the white worker become class conscious.

There are many new to militant struggle who are putting their bodies on the line in the spirit of No pasaran!  Unfortunately, the vast majority of these new forces perceive the fascist threat as emanating only from Trump and/or the Republican Party, being blind to the steady erosion of rights under Democratic Administrations,  blind  to how US wars of aggression, regime changes, economic blackmail, bullying of weaker nations, which have been carried out equally by both major parties, are also paving the way to fascism.    Nor have most of the Left appreciated the fascist character of many policies of the Obama Administration, which broke new ground in curbing civil liberties, ratcheting up the surveillance state, declaring the the right to carry out extra-judicial assassinations of US citizens, etc.

Above all, there remain illusions in Bernie Sanders and his brand of “socialism” and the naïve belief in the possibility of reforming the Democratic Party.

Nevertheless, a bright note is the awakening to radicalism of new segments of the youth –although still  primarily middle class white youth.  Their anti-fascist ardor is admirable.  But we cannot rely on that sector either to take the lead in  blocking  fascism or building a real socialist movement.   Our focus should be on educating and organizing the lower half of the working class, a large proportion of whom are workers of color, an effort toward which some of us are now committed.

To understand Charlottesville, and in fact, all other contemporary events in the United States, one must appreciate that capitalism, having developed in this country on the basis of the extermination of the darker-skinned indigenous and the enslavement of the African, is more closely intertwined with white supremacy than that of any other nation.   Racism is our No. 1 class issue.  And just as the struggle against racism is effective to the extent that it is at the same time a struggle against capitalism (as Martin Luther King came to see in the closing days of his life), so the struggle against capitalism,  for the shining tomorrows of a socialist future, will be effective only to the extent that it is inextricably intertwined with the struggle against white supremacy.