Par G. Gastaud, directeur politique d’Initiative Communiste (11 novembre 2021)

NICARAGUA : VICTOIRE TRES LARGE DU CANDIDAT SANDINISTE

N’en déplaise aux médias français, presque tous acquis aux campagnes incessantes orchestrées par les Etats-Unis contre les pays de l’ALBA, qu’il s’agisse de Cuba, du Venezuela, de la Bolivie ou du Nicaragua, le candidat du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN), Daniel Ortega, l’un des dirigeants historiques de la populaire victorieuse de la dictature gorille de Somoza, vient de remporter haut la main la présidentielle nicaraguayenne. Et contrairement à ce qu’annonçaient les mêmes médias, véritables perroquets de l’Oncle Sam, Ortega ne s’est pas contenté d’obtenir plus de trois quarts des bulletins exprimés : il a pu compter sur un taux de participation de plus de 65% des Nicaraguayens qui ont bravé les consignes de boycott de l’opposition de droite et se sont rendus aux urnes. Tout cela malgré une politique de blocus qui ne dit pas son nom, le Nicaragua étant la cible d’innombrables « sanctions » des Etats-Unis, ce grand Etat « démocratique » qui se croit au-dessus des autres nations et de la Charte de l’ONU…

Même si l’avènement de Joseph Biden – dont un Fabien Roussel se demandait récemment s’il ne pourrait pas adhérér au PCF tant sa politique sociale paraît « progressiste » (sans commentaires) – n’a pas coïncidé avec une atténuation mais, au contraire, avec une nouvelle aggravation du véritable siège inavoué infligé par Trump aux pays de l’Alternative bolivarienne des Amériques, l’offensive impérialiste contre la gauche latino-américaine marque le pas et il faut s’en réjouir.

Malgré des contradictions qui ne laissent pas d’inquiéter, le Venezuela bolivarien harcelé par les Etats-Unis tient bon. Et il serait encore en meilleure posture si, de manière très préoccupante et contre-productive, le pouvoir de Nicolas Maduro ne harcelait pas le PC du Venezuela et qu’il écoutât davantage ses propositions constructives pour neutraliser la contra vénézuélienne, le grand patronat et aussi ce que les Vénézuéliens de gauche appellent la « boli-bourgeoisie ».

Contre offensive populaire et progressiste en Amérique Latine

Au Pérou, c’est le candidat progressiste qui a gagné la présidentielle.

Au Brésil, les affaires politiques du président fasciste Bolsonaro, qui a conduit son pays à la catastrophe sanitaire en choisissant le laisser-faire total face au virus, vont fort mal, nombre de Brésiliens prenant conscience de l’irresponsabilité sanitaire, sociale et environnementale proprement criminelle du pouvoir de Brasilia.

En Bolivie, les putschistes sanglants soutenus par Washington se sont effondrés, leur cheffe de file est en prison et la gauche populaire proche de Morales, l’ex-président renversé avec l’aide de Washington, est revenue au pouvoir.

Au Chili, les communistes sont la force dirigeante de l’insurrection populaire qui a déjà obtenu le renversement de la constitution héritée de Pinochet et ils font partie d’une alliance de gauche qui peut gagner la future présidentielle.

A Cuba, le Parti communiste soutenu par la masse de la population a réagi avec beaucoup de maturité aux manifestations soi-disant « spontanées » organisées par les médias proches de la mafia contre-révolutionnaire de Miami. Les Cubains patriotes ont occupé pacifiquement les rues en répondant au mot d’ordre du Parti « las calles son de los revolucionarios ! » (les rues appartiennent aux révolutionnaires). Certes, Washington et ses marionettes locales vont tenter de récidiver ce 15 novembre pour tenter de provoquer des incidents, justifier le durcissement du blocus (en pleine pandémie : admirons l’humanisme des Etats-Unis !) et si possible, légitimer en apparence ce dont rêvent depuis soixante ans les Yankees revanchards : une nouvelle tentative, d’avance vouée à l’échec, d’invasion de l’île révolutionnaire pour imposer du dehors une «  de couleur », c’est-à-dire la mise en place d’un régime favorable à l’impérialisme yankee. Inutile de dire que le PC cubain et tous ses amis en France et dans le monde sont en alerte maximale par rapport à cette nouvelle tentative d’ingérence de cet Oncle Sam que les peuples latino-américains, qui ont une longue expérience de sa cruauté multiséculaire, appellent « Tonton Crocodile », « Tio Caiman »…

Contrer l’impérialisme, ennemi principal des peuples

Décidément, l’impérialisme est l’ennemi principal des peuples et ceux qui opposent les « droits de l’homme » à la lutte pour le socialisme sont de dangereux manipulateurs. C’est pourquoi le PRCF réaffirme sa solidarité totale avec les combattants anti-impérialistes d’Amérique latine, du Nicaragua sandiniste à Cuba socialiste.

L’impérialisme états-unien décadent, qui sent que son hégémonie mondiale est menacée par la montée des pays émergents, Chine populaire en tête, n’en est que plus agressif. Dès lors, la solidarité avec tous ceux qui résistent en associant la bataille pour le socialisme et la défense de la souveraineté nationale, n’est pas une option : c’est une nécessité vitale pour tous ceux qui gardent au coeur la défense de la paix mondiale, les droits de l’homme travailleur et exploité, le droit de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes sans ingérence impérialiste.