“La situation au Mali s’aggrave” Oumar Mariko et le parti SADI alertent !

Le récent et dramatique crash de deux hélicoptères de l’armée française le 25 novembre a ramené un court moment les feux de l’actualité sur la situation au : 13 soldats sont morts. Le plus jeune avait 22 ans. Le régime Macron fait assaut de communication, pendant que les familles des soldats pleurent. Et le courage de ces soldats, mobilisés au nom de la lutte antiterroriste, ne peut effacer les questions : pourquoi l’opération dure-t-elle depuis plus de 5 ans et pourquoi des soldats français y meurent ils ? Comment se fait il que l’armée malienne n’est toujours pas en mesure de défendre la paix dans son pays et continue de subir de lourdes pertes ? Pourquoi les massacres de civils ? Quels sont ces résultats si ce n’est de maintenir des milliers de soldats français au Sahel … dans quel but ? Des questions qui doivent être posées, en France, comme au Mali !

Ils combattaient dans la cadre de l’opération Barkhane, qui dure depuis le 1er aout 2014, mais qui n’est que le changement de nom de la même guerre, démarrée en janvier 2013 dans le cadre de l’opération Serval et utilisant les forces du corps expéditionnaire Epervier et Manta (intervention débutée en 1983 au Tchad). De fait, la présence militaire de l’ français au Sahel est ininterrompue depuis la décolonisation, et ce bien avant que ce ne soit au nom de la lutte antiterroriste.

Ce crash porte à 17 soldats français morts au Mali en 2019, 44 depuis 2013.

D’autant qu’aux dizaines de soldats français tués s’ajoutent les morts par centaines des soldats de l’armée malienne. Le 1er novembre, alors que la ministre des armées françaises F. Parly s’apprêtait à rejoindre le Sahel, l’armée malienne a subi une lourde attaque à Indelimane dans le nord du pays, revendiquée par Daesh, sur une fortification établie par l’armée française en mars 2018. Le bilan est de 53 soldats et un civils tués. Le 30 septembre c’est 40 soldats de l’armée malienne qui avaient été massacrés. Le 18 novembre, 30 autres soldats étaient tués dans une embuscade à la frontière nigérienne dans la vallée de Tabankort au sud de Menaka.

Des dizaines de soldats français morts et des années après, l’intervention massive de la France n’a pas permis de sécuriser le pays. Au contraire, en 2019 la situation s’est à nouveau dégradée avec des massacres. De fait l’Etat malien a perdu sa souveraineté sur le nord et l’est du Mali et l’armée malienne n’apparaît toujours pas en capacité de défendre de façon autonome l’indépendance et la sécurité du pays. Selon un rapport de l’International Crisis Group de décembre 2017, “l’armée malienne n’existe que sur le papier” avec un sous équipement chronique.

Les manifestations se multiplient dans le pays et la colère contre l’opération Barkhane et la Minusma, mission des Nations Unies pour la stabilisation du Mali, augmente.

De fait, de nombreuses voix au Mali, à l’image du chanteur Selif Keita dénoncent l’instrumentalisation du conflit par la France pour maintenir sa présence militaire dans la région, aux confins d’un Niger riche en uranium (30% de l’approvisionnement de la France).

Au Mali, le appelle au départ du président, homme lige de Paris, et à défendre l’indépendance et l’unité du pays, en refusant la recolonisation et l’impérialisme.

En France dès 2013, les communistes avec le PRCF avaient été les premiers à s’opposer à cette intervention militaire, qui comme prévu ne débouche sur aucun résultat pour la paix et la Lutte des classes antiterroriste.

C’est au peuple malien et rien qu’à lui de forger son destin et d’imposer sa souveraineté contre l’action de groupes fondamentalistes qui se sont armés grâce à l’intervention de Sarkozy en Libye. Si Hollande voulait réellement aider le Mali, il commencerait par mettre fin au pillage du Mali par les monopoles capitalistes français.

PRCF 13 Janvier 2013 – https://www.initiative-communiste.fr/articles/international/le-prcf-condamne-lintervention-de-limperialisme-francais-au-mali/

Le président du parti SADI l’explique, la motivation principale de l’intervention militaire française n’est pas la paix !

“Les soldats français ne peuvent pas faire du bien au Mali car l’armée française est sous le contrôle d’une vision politique. La vision politique actuelle en France c’est de soumettre d’avantage les pays africains, de re-coloniser les pays africains, de liquider les Etats Nations et de faire place nette au capital financier français.”

(…)

“Nous ne faisons pas d’amalgame avec le peuple français, car des Français se sont opposés à la colonisation”.

– président du parti SADI – Mali

“La situation au Mali s’aggrave avec la banalisation de la mort et la répression du peuple “

La situation au Mali s’aggrave avec la banalisation de la mort et la répression tous azimuts du peuple sur toute l’étendue du territoire par les forces de sécurité nationale. Tous les instincts sauvages enfouis en l’homme malien montent à la surface et se manifestent dans toutes les régions du Mali avec une férocité inégalée sur notre terre.

Le peuple malien n’a pas courbé l’échine devant ces rudes épreuves, quoique momentanément vaincu. Malgré tant d’atrocité, de répression et de mépris de l’Etat à son égard, le peuple malien a répondu massivement à l’appel des chefs religieux le 10 février 2019 et le 5 avril 2019.

Le président Ibrahim Boubacar KEÏTA a lâché du lest en faisant démissionner le Premier Ministre ; les leaders religieux et ceux de certains regroupements politiques de partis et d’associations ont mordu à l’hameçon du dialogue national dit inclusif.

Ces leaders ont replongé le peuple malien dans la confusion. L’accord politique signé par les mêmes dans l’opposition et le gouvernement tente de brouiller les pistes et de plonger le peuple dans davantage de confusion et de fatalisme.

1- L’accord tente de sauver un régime aux abois, responsable de la crise structurelle que le pays connait ;

2- L’accord politique signé entre le gouvernement et certains partis politiques et regroupements de l’opposition :

a) Place le dialogue politique sous la haute autorité du Président Ibrahim Boubacar KEÏTA ;

b) Accepte le remaniement ministériel pour faire participer des partis et mouvements associatifs à un gouvernement dit de mission, faisant d’Ibrahim Boubacar KEÏTA le garant des résolutions du dialogue politique ;

c) Sabote la grève des travailleurs de la fonction publique par la conjugaison des efforts du pouvoir, des nouveaux ministres et leurs appareils politiques qui proposeront aux travailleurs un moratoire.

3- L’accord politique obéit aux injonctions des autorités françaises à changer la constitution du 25 février 1992 conformément à leur vue, s’appuyant sur ceux-là même qui, à travers les regroupements d’associations et de partis politiques, s’étaient opposés à la révision constitutionnelle de 2011 à nos jours. Or cette révision constitutionnelle ouvre la voie à la partition effective du Mali.

Devant cette situation, le parti SADI s’est opposé à la signature de l’accord politique et a tenu une conférence de presse le 22 mai 2019. Le Parti SADI a, lors de la conférence de presse, indiqué ceci : ‘’ En attendant le début d’un vrai processus inclusif, le SADI ne sera complice d’aucun faire semblant de dialogue sans aucune véritable implication dans tout le processus de préparation, de choix du médiateur (coordinateur du dialogue qu’il veut irréprochable et impartial) et de mise en œuvre ; ceci étant, le SADI n’a participé ni à l’élaboration de la thématique, ni à l’organisation de la tenue du dialogue’’.

Il est clair pour le parti SADI que les causes des soulèvements des masses populaires, les revendications syndicales, les créations des milices et leurs exactions contre les populations des régions de Mopti, Ségou ainsi que les exactions des forces de sécurité nationale et de l’armée sur les populations civiles, qui s’ajoutent aux conflits intra ethniques sous le label de l’esclavage ou des pratiques coutumières qui altèrent la cohésion sociale et les fondements de la nation, sont de la responsabilité exclusive du régime d’Ibrahim Boubacar KEÏTA. L’accord politique et le dialogue national inclusif ne changeront rien à cette situation de malaise généralisé sur un fond de pauvreté extrême. En lieu et place d’un partage de responsabilités autour d’un programme politique minimal des crises actuelles du pays, les signataires ont préféré l’accompagnement d’Ibrahim Boubacar KEÏTA dans son programme de destruction nationale. Or, les maliens ont fortement besoin :

– Du retour de la paix et de la sécurité par l’établissement du dialogue sur la base de la confiance entre citoyens impliqués dans les mouvements de rébellion, les milices et les forces politiques engagées dans le combat pacifique, démocratique et populaire pour dépasser tous les accords y compris celui d’Alger par l’entente grâce à la confiance retrouvée entre maliens. Etablir sur cette base un nouveau type d’Etat Indépendant, Souverain qui se préoccupe des problèmes des populations laborieuses.

– De l’établissement d’un système de défense qui règle les questions du type d’armée et de forces de sécurité engagées dans la protection des citoyens et de la défense de l’intégrité territoriale.

– Du respect des domaines publics, établissements et services pour lesquels justice doit être rendue au peuple.

– De trancher définitivement le problème du fichier électoral, permettre l’accès de tous les citoyens aux documents administratifs et d’arrêter la distribution de l’argent lors des élections, d’exiger l’impartialité de l’administration dans les processus électoraux.

De connaître l’audit économique et financier du pays avec une attention particulière sur les fonds alloués au Mali par les ressources internes et externes pour la paix ; du pacte national aux aides actuelles. Entre autres besoins.

– De mettre fin aux ingérences extérieures et à la présence des forces armées étrangères.

Devant une telle situation, le parti SADI se pose la question, à savoir que faire ? Des appels aux rassemblements des forces politiques ont fusé et fusent incessamment. Le SADI a répondu présent à plusieurs de ces appels et s’est impliqué à la construction de rassemblements parfois au détriment de ses intérêts partisans.

Force est de constater que ces rassemblements ont été et sont à présent des lieux d’intrigues, de grandes magouilles, de remise en question sans principe des engagements pris. Les convictions patriotiques sont de plus en plus rares dans ces milieux. Ainsi, il convient pour le parti SADI de recadrer son orientation politique, idéologique, socio culturelle. Il nous faut continuer à aller vers les forces sociales victimes du système, participer à l’élévation de la conscience politique et nous débarrasser de tous les opportunismes.

Pour le SADI, tous les regroupements associatifs qui travaillent à l’élévation du niveau de conscience politique des masses, les syndicats qui revendiquent leur dû au pouvoir, les mouvements en lutte pour l’amélioration du cadre de vie des citoyens ou qui revendiquent le retour des services publics, les mouvements qui revendiquent l’indépendance et la souveraineté du Mali etc. doivent se rendre compte d’une évidence : l’incapacité congénitale du régime d’Ibrahim Boubacar KEÏTA qui est l’incarnation du système politique de trahison des idéaux de mars 1991, à répondre aux attentes du peuple malien. Les forces patriotiques doivent tirer la conclusion que le régime d’Ibrahim Boubacar KEÏTA est l’obstacle à la paix, et à l’épanouissement de notre pays et de notre peuple. Il n’est pas fécond de vouloir construire une Union Sacrée autour d’un tel régime pour soi-disant sauver la nation.

Ainsi donc, les forces patriotiques doivent reconnaitre, aujourd’hui, que le Parti SADI a de tous temps été constant dans la défense des intérêts nationaux en général de ceux des travailleurs et de la souveraineté et l’indépendance de notre patrie.

Il convient, dès lors, de s’allier au Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance pour opérer le changement à travers un vaste mouvement populaire pour faire démissionner le régime d’Ibrahim Boubacar KEÏTA et instaurer une véritable démocratie au service du Peuple Pour la Paix, le Pain et la Liberté.

Bamako, le 14 octobre 2019 LE BUREAU POLITIQUE du Parti SADI