JOHNSON, BOLSONARO, TRUMP… À qui le tour ? Par Georges Gastaud …

Tous ils ont nié la gravité de l’épidémie ; tous ils ont traité de “femmelettes“, ou peu s’en faut, les personnes qui prenaient quelques précautions ; tous ils ont joué les surhommes invulnérables et nargué les chefs d’État “mauviettes” qui osaient confiner À TEMPS leur population, comme à Cuba, ou les fourbes “dictatures” à la chinoise qui dépistaient à tour de bras et qui isolaient les personnes contagieuses le temps nécessaire.

Dame, nos grands néolibéraux chefs de file du “monde libre” voulaient absolument privilégier l’ “économie”, entendez “les profits capitalistes” et, comme il était expressément écrit sur les pancartes des manifestants trumpistes (ces nazis qui s’ignorent) contre le confinement “les faibles doivent mourir!”. Bref, le sauvage mot d’ordre “libéral” de toujours “laissez-faire, laissez passer”, se révélait dans toute sa barbarie crue et proprement exterministe : “laissez faire, laissez crever!“. On a vu ce que cela a notamment donné en France avec la gestion des EHPAD, souvent catastrophique d’inhumanité.

Boris , lui, a failli mourir pour du bon et, apparemment, il en a tiré quelques leçons tardives à propos des mesures-barrières qu’il met désormais en place, bien trop tard, en Grande-Bretagne : mais le mal est fait là-bas car le système public de santé anglais a été détruit de longue date par Thatcher et par son clone social-libéral Anthony Blair. 

Le libéral-fasciste brésilien déclaré s’en est tiré et se contente, entre deux prières “évangéliques” et deux appels à tuer les communistes, de voir mourir les pauvres entassés dans les favellas, les États brésiliens fédérés abandonnés par l’État fédéral faisant ce qu’ils peuvent pour protéger les populations. 

Et voilà maintenant que “l’homme fort” par excellence, l’homme qui racontait encore récemment que le masque était la marque des faibles, le super-beauf à la mèche orange qui déclarait qu’avec le bon air, un peu de sport et quelques injections d’eau de javel le “virus chinois” passerait vite, l’apprenti putschiste qui envoyait ses milices “républicaines” en gilets pare-balle investir les Sénats “démocrates” optant pour le confinement,  suffoque à son tour à l’hôpital dans un état incertain. Du moins a-t-il eu la chance d’être diagnostiqué, transféré de nuit à l’hôpital par un hélicoptère de l’armée, avec désormais une armada de spécialistes à son chevet et un traitement de choc hautement coûteux (et d’ailleurs risqué) que n’auront pas reçu les 200 000 Américains (!!!) qui sont décédés du corona, après avoir subi une agonie particulièrement angoissante, en trois mois.

Nous ne souhaitons la mort de personne, même pas de celle des salauds car nous sommes marxistes et la devise de Marx, empruntée à Térence, était “Homo sum, et nihil humani a me alienum puto”(1). Mais on nous excusera de réserver notre compassion au million de familles endeuillées de par le monde dont beaucoup n’auront même pas pu assister leurs proches dans leurs derniers moments, ni même les accompagner dans leur dernier voyage. Pas seulement à cause d’un virus inconscient de ses propres effets, mais à cause, sur le fond, de cet immense multiplicateur de morts qu’est, en son fond, l’euro-mondialisation virale que le PRCF a dénoncé dès le début du mois de mars. Une euro-mondialisation portée par les traités européens supranationaux qui organise la casse austéritaire des systèmes de santé, qui substitue à la planification rationnelle les conflits d’intérêts entre mandarins rivaux liés aux laboratoires privés, et dont l'”économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée” (traité de Maastricht) ne laisse le choix à l’humanité qu’entre un confinement généralisé mortifère (avec toutes les mesures liberticides que les gouvernements capitalistes ne se privent pas de prendre par la même occasion), et des échanges commerciaux uniquement guidés par la course au profit maximal.