Du Proche-Orient au Sahara Occidental, dénoncer les grandes manœuvres impérialistes.

Par la Commission “International” du PRCF – 13 janvier 2021 

Sous l’égide peu discrète de l’impérialisme nord-américain et de l’UE/OTAN, et avec le soutien pour le moins indirect du régime Macron, très actif du Proche-Orient au Sahel en passant par la Libye, une offensive impérialiste de grande envergure est engagée contre le mouvement de libération nationale des pays arabes et des autres pays de culture musulmane. Une analyse géopolitique approfondie de ces grandes manœuvres impérialistes est indispensable, et la commission “International” du PRCF y travaille ; mais d’ores et déjà, sur la base de ses mandats politiques, la Commission « International » du PRCF …

a) constate que, du Proche-Orient au Sahara occidental en passant par la Syrie martyrisée, par le Liban en décomposition et par la Palestine colonisée, humiliée et dépecée, Washington et ses vassaux européens ont lâché la bride à l’État colonial israélien pour tenter de liquider les Palestiniens en tant que peuple (reconnaissance de la colonisation israélienne de la vallée du Jourdain et de Jérusalem/Al Qods comme “capitale” d’Israël…), et, faisant d’une pierre deux coups, ils s’efforcent maintenant de liquider la lutte nationale du Front Polisario au Sahara occidental. Tout cela s’opère avec la collaboration indécente des régimes pétromonarchiques saoudien, qatari et émirati et de la Turquie du fascisant Erdogan. En effet, ces derniers, tout en se réclamant pour la vitrine de la foi musulmane, collaborent de manière éhontée avec les États-Unis et Israël pour réprimer violemment les communistes turcs, déstabiliser l’État national syrien, détruire les forces progressistes et patriotiques libanaises, écraser les Palestiniens et les Kurdes – en particulier le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) – et liquider le droit à un État national pour les citoyens du Sahara occidental. Il s’agit aussi, avec l’ de la très réactionnaire monarchie marocaine, d’aggraver la pression sur l’Algérie et, avec l’aide des forces néocoloniales de la Françafrique, d’utiliser contre elle et contre l’État malien uni le séparatisme touareg allié à certains courants islamistes se réclamant de Daesch. 

Ainsi, une forme de Sainte-Alliance revancharde se met en place pour éradiquer les forces de libération nationale et socialistes arabes et/ou de culture musulmane dans le but de liquider tout ce que ce mouvement d’orientation principalement laïque avait pu apporter de positif après 1945 (Irak, Syrie, Palestine, Égypte, Libye, Algérie…), à une époque où les fronts de libération nationale pouvaient prendre appui sur le soutien du camp socialiste, sur des partis communistes arabes actifs et sur un grand Mouvement ouvrier et communiste mondial. Rester indifférent à propos de ces questions serait gravissime, y compris pour le peuple français qui ne peut ignorer son environnement maghrébin, africain, méditerranéen et proche-oriental, tant nos destins sont inextricablement liés. 

b) condamne les manœuvres impérialistes et la collusion des monarchies arabes réactionnaires qui n’évoquent la religion que pour manipuler les peuples tout en les trahissant de manière honteuse au profit d’Israël et des États-Unis. Il faut souligner en particulier le rôle néfaste de l’Arabie saoudite qui : mène une véritable guerre génocidaire au Yémen depuis près de 6 ans tout en étant abreuvée d’armes par les Sarkozy – qui estimait que la monarchie wahhabite ultra-réactionnaire promouvait un « islam modéré » ( !) –, Hollande et Macron, de surcroît non avares en remise de légions d’honneur envers les dignitaires du royaume saoudien ; pousse à la guerre avec l’Iran, dont les dignitaires sont la cible des drones états-uniens et israéliens ; finance et/ou soutient les fanatiques terroristes, comme ce fut le cas en Afghanistan dans les années 1980 ou en Syrie dans les années 2010 ; combat avec acharnement depuis 1945 les régimes panarabes laïques et/ou socialistes du Moyen-Orient, à commencer par l’Égypte de Nasser, la Syrie et l’Irak.

c) rappelle son soutien indéfectible au peuple palestinien, au peuple sahraoui et à son Front polisario, aux peuples et aux communistes libanais, égyptiens et syriens, et appelle à prendre toutes les dispositions pour renforcer la solidarité avec eux, sans oublier la solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste et patriote indûment maintenu dans les geôles françaises sur la double pression d’Israël et des États-Unis, et avec Marwan Barghouti, parlementaire palestinien condamné à la perpétuité après avoir été torturé . Ce soutien est d’autant plus nécessaire que les peuples arabes et de culture musulmane résistent à l'”ordre néolibéral” mondial : les Palestiniens et les Kurdes ne baissent pas pavillon ; l’Armée nationale syrienne, aidée par la Russie, a vaincu les séparatistes islamistes financés par les pétromonarchies ; le peuple libanais et son Parti communiste manifestent contre la classe politique corrompue ; les forces patriotiques reprennent vie en Libye ; le Front Polisario vient d’appeler à relancer la lutte contre la monarchie réactionnaire marocaine ; la jeunesse algérienne défie par ses manifestations la clique compradore qui a trahi les idéaux de la guerre d’indépendance ; et les partis communistes du Moyen-Orient (du Liban, de Turquie, de Syrie, d’Iran, etc.) résistent tant bien que mal aux pressions impérialistes extérieures et/ou à la répression réactionnaire intérieure.

d) renouvelle son à la cessation et au retrait des opérations néocoloniales de l’impérialisme français, les forces françaises de Barkane devant être subordonnées à l’ONU comme l’ont réclamé ensemble le Parti SADI du Mali et le PRCF. C’est indispensable pour que les opérations militaires au Mali soient exclusivement tournées contre le terrorisme islamiste ; cela exclut toute ingérence dans les affaires du peuple malien en lutte pour la souveraineté, la paix civile et la démocratie, et toute pression néocoloniale sur l’Algérie, pays frontalier du Mali.