#Brésil, Bolsonaro : le fascisme, c’est la terreur et la guerre – Dossier spécial

Personne ne pourra dire qu’il se savait pas après ce discours prononcé par le 21 octobre à São-Paulo, dont nous publions quelques extraits édifiants, terrifiants . Le candidat fasciste ne cache pas ses intentions. Personne ne pourra être surpris. La terreur brune est revendiquée et annoncée. Pour réinstaller la dictature fasciste. Pour lancer la guerre en et notamment contre le Venezuela

Le 28 octobre sera pour le une date historique : soit un sursaut permettra d’arrêter la Bête, soit une page des plus sombres s’ouvre pour les ouvriers, les paysans et le peuple brésilien.

Rappelons que le Brésil et la France, à travers la Guyane partage la plus longue frontière terrestre de notre pays. Le au Brésil menace non seulement le peuple brésilien. Mais il menace toute l’Amérique latine, la France, la paix mondiale.

Bolsonaro : le fascisme, c’est la terreur et la guerre

Déclaration de la Commission internationale du PRCF.    25/10/2018

Après son discours de São Paulo publié par nos soins sur notre site, voici que le candidat fasciste aux présidentielles brésiliennes menace, avec ses nervis et sbires, le Venezuela bolivarien.

“La prochaine opération de paix du Brésil aura lieu au Venezuela. Nous allons libérer nos frères vénézuéliens de la faim et du socialisme Nous allons donner une leçon au “narco-dictateur” du Venezuela, Nicolás Maduro”. a proclamé le fils de Bolsonaro.

Le général Mourâo un nostalgique des années de la dictature militaire terroriste (1964-1984) co-listier pour la vice-présidence et fils d’un général hystériquement anti-communiste et putschiste – en a déjà parlé .

Ces propos ne font que confirmer les plans d’invasion du Venezuela planifiés par l’impérialisme étasunien  depuis quelques années, et ses vassaux du continent.

“Les Vénézuéliens meurent de faim pour la tyrannie d’un gouvernement qui va de pair avec la dictature cubaine. Via la BNDES (le Forum de Sao Paulo) et d’autres sources d’argent, le Brésil est un grand sponsor du socialisme qui massacre des millions de personnes dans le monde. Ça va changer!” annonce Bolsonaro.

La Commission internationale du PRCF appelle à la vigilance anti-fasciste et au renforcement de la solidarité internationaliste autour du Venezuela bolivarien et de Cuba socialiste.

La présence à Paris de Trump, chef de file de l’impérialisme mondial et à ce titre fauteur de guerres dans le monde, sera l’occasion pour le peuple français d’exprimer, lors de la manifestation du 11 novembre, son refus de la guerre et de l’impérialisme, et sa solidarité avec les forces démocratiques, progressistes et patriotiques d’Amérique Latine.

Message de la Commission internationale du PRCF aux camarades du PCB

Chers camarades,

Le PRCF exprime sa solidarité de combat avec ses camarades du Parti Communiste Brésilien.

Face à la menace fasciste de Bolsonaro, soutenu par le grand capital brésilien et l’impérialisme étasunien, nous savons que le PCB mène une lutte difficile et déterminée. L’anti-fascisme est constitutive de la l’identité communiste. La haine de classe que le fascisme porte au communisme en est la preuve évidente.

Nous sommes à votre disposition,  camarades du PCB, pour apporter notre aide politique quand et comme vous le souhaitez.

Nous informons les travailleurs et le peuple français des graves menaces qui pèsent sur les libertés démocratiques les plus élémentaires et la souveraineté du Brésil. Bolsonaro c’est le guerre sociale contre les ouvriers et les paysans, c’est la guerre contre les pays progressistes et socialistes du continent, c’est l’asservissement à l’impérialisme étasunien.

Votre présence à nos côtés le 4 novembre 2017 pour célébrer le 100e anniversaire d’Octobre a encore renforcé nos liens fraternels et a été pour nous un honneur et un encouragement pour faire renaître le parti communiste en France.

Vive l’internationalisme prolétarien !

Vive le PCB !

Vive l’amitié fraternelle entre le PCB et le PRCF !


Brésil, menace fasciste : pourquoi ?

Antoine Manessis, secrétaire de la Commission Internationale du PRCF.

“non au coup d’état au Brésil”; grafiti sur un mur en Uruguay par les communiste

Un « manifeste international contre le fascisme au Brésil » a été publié par Folha de São Paulo, signé par Bernie Sanders, leader de la gauche aux États-Unis, le réalisateur Costa-Gravas, François Hollande et Dominique de Villepin, l’ancien président du Parlement européen l’Allemand Martin Schulz, Pablo Iglesias, leader de Podemos en Espagne ou Yanis Varoufakis (Grèce). « Entre démocratie et fascisme, il ne peut y avoir de neutralité ! », conclut le manifeste.

Le touchant œcuménisme de ce “Manifeste” peut enchanter certains. Ceux qui pensent que les faits politiques sont des phénomènes issues de la génération spontanée, qu’ils n’ont pas de causes. C’est-à- dire les naïfs ou les escrocs.
Le fascisme n’est pas un virus tombé de Mars.
Le fascisme a une origine et une nature de classe, “un ventre encore fécond”.
Quel est ce ventre ? Georges Dimitrov et l’Internationale communiste ont répondu à cette question en définissant le fascisme comme” la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier.”
C’est bien le capitalisme en crise qui génère le fascisme.
Et celui-ci arrive après une période de transition entre démocratie bourgeoise et fascisme que nous appelons la fascisation.  En Allemagne dans les années 1930 il y eut des gouvernements qui légiféraient à coup de décrets-lois, qui baissaient les salaires, qui faisaient payer la crise aux travailleurs et aux couches moyennes, qui limitaient les libertés démocratiques. Avant Mussolini en Italie il en allait de même. Au Brésil hier la droite a balisé la route du fascisme en pratiquant un “coup d ‘État juridique” pour renverser la présidente élue et mettre en prison l’ ancien président Lula () et mener une violente politique anti-sociale et cela après les compromissions de la social-démocratie. En Italie avant le gouvernement fascisant actuel, c’est le social-démocrate Renzi (PD) qui a mené une politique profondément anti-sociale et européiste. Comme le PCI s’était transformé en parti social-démocrate (PD) il n’y avait plus rien à gauche ayant la masse critique permettant d’offrir une alternative progressiste. Ce furent donc la Ligue (fasciste) et le M5S (fascisant) qui occupèrent l’espace de contestation déserté par la “gauche” acquise au capitalisme. Contestation purement verbale et démagogique mais qui a trompé bien des Italiens.
La fascisation est le produit d’une situation où le capital ne peut mener sa politique anti-sociale et anti-patriotique sans recourir de plus en plus à des méthodes autoritaires face au mécontentement populaire. Et cela aboutit soit à la constitution d’un vaste Front populaire et patriotique qui par la lutte obtient des avancées et en tous les cas le recul du capital (comme en 1936 en France), soit au fascisme, recours ultime du capital comme en Allemagne en 1933.
Soit à la combinaison des deux comme au Chili en 1973, où le gouvernement d’Unité populaire est écrasé par un putsch militaire initié par la Maison Blanche et l’oligarchie chilienne.
Dans tous les cas retrouver dans cette pétition, aux côtés de vrais progressistes,  ceux qui concrètement, par leur politique, contribuent ou ont contribué à la fascisation est tout de même culotté.
Le fascisme est une des formes de la domination du capitalisme et ne pas mettre en cause le capitalisme empêche au véritable anti-fascisme de faire son œuvre de salubrité démocratique.

 

Brésil. Bolsonaro promet la terreur et la mort aux forces progressistes et démocratiques. Par Smaïl Hadj Ali

« Ce sera un nettoyage jamais vu dans l’histoire du Brésil ». Discours de J. Bolsonaro, dimanche 21 octobre 2018.

Dans un discours, imprégné de formules et de termes assassins, retransmis en direct par vidéo sur l’Avenida Paulista, la principale et immense artère de São Paulo, dans l’après-midi du dimanche 21 octobre, le candidat fasciste s’est adressé à une foule, chauffée à blanc, formée par ses adorateurs, nervis et autres nazillons, confirmant sa volonté de mettre à feu et à sang le pays, d’ensanglanter, réprimer, et emprisonner les forces progressistes et démocratiques, une fois au pouvoir. Cynique, ce psychopathe fasciste, a proclamé « son amour pour la liberté et la démocratie » et appelé ses troupes « à continuer de se mobiliser et à participer de manière démocratique pour les élections », en proclamant : « Ce sera un nettoyage jamais vu dans l’histoire du Brésil ». Voici quelques extraits de ce discours pousse-au-crime de cet « amoureux de la liberté et de la démocratie », ainsi qu’il se définit.

Nous sommes la majorité.

Nous sommes le vrai Brésil.

Ensemble avec ce peuple brésilien, nous construirons une nouvelle nation.

Ils ont perdu hier, ils ont perdu en 2016 et vont perdre à nouveau la semaine prochaine.

Mais le nettoyage qui vient sera beaucoup plus large.

Cette classe, si elle veut rester ici, devra se soumettre à notre loi.

Ou alors, quitter le pays, ou aller en prison.

Ces déchets rouges seront bannis de notre patrie.

Nous croyons en l’avenir de notre Brésil.

Ensemble, nous construirons l’avenir que nous méritons.

Je suis ici parce que je crois en toi, tu es là parce que tu crois au Brésil.

Personne ne quittera ce pays, car cette patrie est la nôtre.

Elle n’est pas celle de ce gang au drapeau rouge et au cerveau endoctriné.

Le Brésil sera respecté à l’étranger. Le Brésil ne fera plus l’objet des moqueries du monde.

Il n’y aura plus de place pour la corruption.

Et, vous Lula da Silva, si vous espérez que devienne président pour signer le décret de grâce, je vous dis une chose : vous allez pourrir en prison.

Bientôt, vous aurez la compagnie de Lindberg pour jouer aux dominos et aux échecs. -NDT Lindberg ancien député du PT-

Haddad vous rejoindra aussi. Mais ce ne sera pas pour vous rendre visite, non. Ce sera pour rester quelques années à vos côtés.

Puisque vous vous aimez tellement, vous allez pourrir en prison. La place d’un bandit qui vole les gens est derrière les barreaux.

Vous pensiez que tout était fini ?

Ce sera un nettoyage jamais vu dans l’histoire du Brésil.

Vous verrez des forces armées hautaines, qui collaboreront à l’avenir du Brésil.

Vous verrez une force de police civile et militaire, et un arsenal juridique pour leur briser le dos.

Bandits du Mouvement des sans-terre (MST), voyous du mouvement des travailleurs sans toit (MTST), vos actions seront qualifiées de terrorisme. Vous n’exercerez plus la terreur à la campagne, ou à la ville.

Amis de tout le Brésil, ce moment n’a pas de prix. Ensemble, j’ai dit ensemble, nous ferons un Brésil différent. Un grand merci à tous les Brésiliens qui m’ont fait confiance au premier tour. Nous n’avons pas encore gagné les élections, mais le cri de victoire qui est dans nos gorges sera lancé le 28 octobre.

Nous vous appelons tous à continuer à vous mobiliser et à participer activement aux élections de dimanche prochain, de manière démocratique.

Pas de mensonges, pas de fausses nouvelles, pas de Folha de São Paulo.

Nous allons gagner cette guerre.

Nous voulons que la presse soit libre, mais dans la responsabilité. La Folha de São Paulo est la plus grande fake-news du Brésil. Vous n’aurez plus de publicité du gouvernement.

Presse libre : bienvenue. Presse vendue : toutes mes condoléances.

Nous sommes des amoureux de la liberté, nous voulons la démocratie et nous voulons vivre en paix. Nous aimons nos familles, nous respectons les enfants, toutes les religions, nous ne voulons pas de socialisme. Amis de l’Avenida Paulista et de tout le Brésil. Un grand merci à vous tous. Ensemble, nous allons travailler pour que le cri qui nous tient à la gorge dimanche, qui symbolise tout ce que nous sommes, soit lancé le 28 octobre.

Le Brésil et Dieu avant tout. En avant pour la victoire. Merci beaucoup.

Traduction : Smaïl H.A.