Bolivie La junte donne l’impunité aux militaires pour augmenter la sanglante répression. Le peuple résiste et bloque les routes ! #GolpeDeEstadoEnBolivia

Plus de 30 morts, près d’un millier de blessés, mais le peuple bolivien résiste et agit pacifiquement pour faire échec au coup d’état. C’est ainsi que de très nombreuses routes, des usines, sont occupés et coupées par des manifestations populaires. Les boliviens exigent le départ de la putschiste et présidente autoproclamée Jeanine Anez, ainsi que la justice pour les dizaines d’assassinés par la junte et ses milliers de blessés.

D’après le reporter de Telesur en , Freddy Morales, au soir du 22 novembre 2019, le blocus de La Paz se poursuivait. Dans la région de Cochabamba, toutes les routes sont bloquées, tandis que dans d’autres zones, les barrages ont été temporairement levés.

Soutenue par Washington et l’Union Européenne, ainsi que le régime Macron, Anez et sa junte se lance dans l’escalade de la répression violente. Une escalade de l’ignoble. Jeudi 21 novembre, à La Paz, c’est un cortège funéraire pour l’enterrement de plusieurs victimes de la répression qui a été attaqué par les soldats de la dictature.

La junte veut poursuivre Evo Morales

Alors que le peuple bolivien s’est soulevé pour faire échec au coup d’état, occupant pacifiquement les routes pour stopper l’économie et obliger les militaires et les putschistes d’extrême droite à partir et à respecter les résultats des urnes, l’autoproclamé ministre de l’intérieur de la junte arturo Murillo a déclaré qu’il allait poursuivre Evo Morales. Un procès grotesque pour terroriste.
D’autant plus scandaleux que la junte n’a engagé aucun procès pour les 30 assassinats et les milliers de blessés victimes de la sanglante répression militaire lancée par la Junte..

Bien au contraire :

En Bolivie, le gouvernement illégitime cherche à entériner l’impunité pour les forces armées

Un décret adopté par le gouvernement de la « présidente par intérim » autoproclamée Jeanine Áñez protège les membres des formes armées de toute responsabilité pénale.
20 novembre 2019, par Tanya Wadhwa – Source : peoplesdispatch.org

Au milieu d’une répression accrue des Forces de sécurité boliviennes contre les manifestants opposés au coup d’État, le gouvernement de fait de la « présidente par intérim » de la Bolivie Jeanine Áñez a adopté un décret qui, selon les manifestants, donnera encore plus de poids aux Forces de sécurité.

Le Décret suprême No 4078, adopté le 15 novembre, stipule que les membres des Forces armées boliviennes « participant aux opérations de restauration de l’ordre et de la stabilité publique » seront « exemptées de responsabilité pénale » lorsqu’elles auront agi « conformément à leurs fonctions constitutionnelles, en cas de légitime défense ou de nécessité ».

L’ordonnance autorise également les forces de sécurité de recourir à une force extrême pour réprimer les manifestations sociales. « Les Forces armées doivent encadrer leurs actions comme prévu dans le Manuel sur le recours à la force (…) et peuvent faire usage tous les moyens disponibles proportionnels au risque opérationnel », peut-on lire dans le décret. Ce décret a été publié le jour même du massacre perpétré à Cochabamba, dans lequel plus de 9 manifestants ont été tués par les forces de sécurité et des centaines ont été gravement blessés. Il a été largement condamné, au niveau national et international.

Condamnation nationale du décret

Le décret a été amplement dénoncé dans tous les secteurs sociaux de Bolivie. La classe ouvrière, les peoples indigènes, les mouvements sociaux et les organisations de défense des droits de l’homme qui sont descendus dans les rues pour défendre Evo Morales et dénoncer le coup d’État ont condamné le décret, non seulement parce qu’il protège les forces de répression mais aussi parce qu’il encourage la répression violente. Ils l’ont baptisé « le décret de la mort ».
Le retrait immédiat du décret et la démission de la « présidente » autoproclamée Áñez sont devenus les revendications centrales dans les manifestations quasi quotidiennes auxquelles participent des milliers de Boliviens dans tout le pays.

Le 18 novembre, des milliers de gens venant des 20 provinces du département de La Paz et des 14 districts de la municipalité d’El Alto ont organisé des marches impressionnantes vers la capitale pour rejeter « le décret de la mort ». D’importantes manifestations du même type, rejetant l’usage excessif de la force contre les gens qui manifestent pacifiquement, ont été organisées dans le département de Santa Cruz et d’autres département du pays.

Les organisations paysannes, indigènes et sociales ainsi que les syndicats, tout comme les Six fédérations du Tropique de Cochabamba, la Fédération des conseils de quartier d’El Alto (FEJUVE), le Comité exécutif de la Confédération syndicale unie de Bolivie (CSUTCB), la Confédération syndicale des communautés interculturelles de Bolivie, la Fédération des ouvriers agricoles « Ponchos Rojos », entre autres, ont également condamné le décret mentionné ci-dessus, le massacre à Sacaba et la violation des droits humains par le gouvernement de facto.

Le 17 novembre, les organisations ont posé à la présidente autoproclamée un ultimatum de 48 heures pour démissionner de son poste. Elles ont aussi exigé l’expulsion du pays de Carlos Mesa, Luis Fernando Camacho et d’autres auteurs du coup d’État pour incitation à la violence entre Boliviens.

Les organisations ont aussi exigé un retrait immédiat des forces armées des rues et la libération immédiate des personnes détenues, des dirigeants et des autorités démocratiquement élues. Elles ont déclaré que leurs revendications n’étaient pas satisfaites, elles prendraient des mesures plus radicales, comme des grèves indéfinies dans toutes les parties du pays et la mise en place de barrages routiers à l’échelle nationale pour bloquer les 100 000 routes interdépartementales et interprovinciales.

Les députés du parti de Morales, le Mouvement vers le socialisme (MAS), ont également dénoncé le décret et déclaré qu’il accorde un « permis de tuer » aux Forces armées. Les dirigeants du MAS ont annoncé qu’ils déposeraient un recours en anticonstitutionnalité contre le décret devant la Cour constitutionnelle.

Condamnation internationale du décret

La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a averti que le décret 4078 « ignore les normes internationales sur les droits de l’homme et encourage la répression violente ».
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a aussi fait part de sa préoccupation sur l’usage superflu et disproportionné de la force en Bolivie, bien qu’elle ait été fortement critiquée pour ne pas avoir adopté une position plus ferme sur cette question.

Amnesty International a déclaré que le décret 4078 devait être abrogé immédiatement et qu’il est nécessaire de s’assurer que les forces de sécurité agissent conformément aux normes et règles internationales relatives au recours à la force. Elle a également déclaré que les forces de sécurité devaient protéger les droits humains de tous les gens qui manifestent, indépendamment de leur opinion politique. En outre, l’organisation internationale de défense des droits de l’homme a exigé que le décret soit immédiatement abrogé
Des mesures répressives accrues

Les forces de police et les Forces armées qui le soutiennent ont brutalement réprimé ceux qui manifestaient dans la rue contre ce coup d’État. Elles attaquent les multiples mobilisations avec du gaz lacrymogène, des armes à feu, frappant et arrêtant les manifestants et les gens suspects d’appartenir au parti de Morales, le Mouvement vers le socialisme (MAS) et faisant des descentes violentes dans les maisons.

Les manifestants ont dénoncé le fait que les mesures répressives ont été renforcées après l’adoption du décret.

Le 18 novembre, dans le département de Cochabamba, les responsables de la sécurité nationale ont réprimé brutalement une autre manifestation des cultivateurs de coca. Sur la route qui relie la capitale de Cochabamba à la municipalité de Sacaba, un contingent de la police militaire a attaqué les cultivateurs de coca et les ont empêché d’avancer vers la capitale. Les agents de sécurité ont fait usage d’une grande quantité de gaz lacrymogène, asphyxiant des douzaines de personnes. En plus, les agents ont tiré des balles de caoutchouc contre les manifestants, blessant une douzaine de personnes, et ont arrêté plus de 30 manifestants.
La veille, le 17 novembre, dans la ville d’El Alto, un jeune journaliste qui filmait en vidéo la manifestation contre le coup d’État été abattu par les autorités militaires. Le même jour, dans la capitale La Paz, un contingent policier et militaire a empêché une mobilisation pacifique importante d’entrer dans la capitale et a pulvérisé du gaz toxique contre les manifestants.
De même, dans la ville de Cochabamba, un groupe de manifestants a dénoncé le fait que les forces de sécurité nationales avaient bloqué pendant plusieurs heures dans un tunnel des manifestants brandissant des drapeaux blancs. Ils ont rapporté que les autorités avaient fermé l’entrée et les points de sortie du tunnel tandis que des centaines de gens étaient à l’intérieur. Les habitants de la ville de Villa Pagador, qui tenaient des barrages dans les rues de la ville, ont également dénoncé qu’ils avaient été attaqués par les forces policières et militaires avec du gaz lacrymogène tard dans la nuit.

Le gouvernement illégitime n’a pas seulement intensifié les mesures répressives contre les manifestations de soutien à Morales mais il a aussi menace de passer à la persécution institutionnelle des élus du MAS. Arturo Murillo, un ministre du « gouvernement » d’Áñez a annoncé qu’ils créeraient un « dispositif spécial du Parquet » pour procéder à l’arrestation des députés et des sénateurs qui s’opposent au coup d’État. Murillo a déclaré que plusieurs députés du MAS incitaient à la violence et que des poursuites judiciaires seraient bientôt lancées contre eux.

Solidarité internationale

Evo Morales et le peuple bolivien ont continuer à recevoir un immense soutien international. Le 18 novembre, une mobilisation massive a eu lieu à Buenos Aires, en Argentine, en soutien du gouvernement constitutionnel du MAS et d’Evo Morales. Des dizaines de milliers de gens ont rallié la Plaza de Mayo pour exprimer leur soutien à la résistance populaire contre le gouvernement illégal. La communauté bolivienne en Argentine a joué un rôle essentiel dans la victoire d’Evo lors des élections du 20 octobre dernier.

Il y avait une mer de wiphalas dans les rues de Buenos Aires, exigeant la fin de la violence raciste contre les communautés indigènes en Bolivie. Le wiphala, le drapeau indigène et le symbole officiel de l’État plurinational de Bolivie, est devenu le symbole de la résistance contre les secteurs conservateurs racistes blancs qui sont derrière le coup d’État.

Le 17 novembre, des mobilisations contre le coup d’État de droite et la violence ont eu lieu au Brésil et au Pérou. À São Paulo, des milliers de Boliviens vivant au Brésil ainsi que des dirigeants sociaux et politiques brésiliens se sont mobilisés au centre de la ville pour rejeter le coup d’État de droite en Bolivie. De même, dans la région de Junín au Pérou, des membres du parti politique de gauche, Peru Libre, avec le dirigeant du parti, Vladimir Cerrón, ont organisé une marche de solidarité avec Morales et avec la lutte du peuple bolivien contre le gouvernement fasciste.

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