Après le premier tour des élections au Brésil… par Antoine Manessis

Comme nous l’avions laissé entendre, mais avec encore plus d’ampleur que prévue, le candidat fasciste arrive largement en tête des présidentielles avec 46,03% contre 29,2% pour le candidat du PT Haddad.
Le devient un danger immédiat et nos camarades du PCB (Parti Communiste Brésilien) apportent pour le second tour un soutien critique à Haddad pour barrer la route au fasciste Bolsonaro (voir la déclaration du CC du PCB du 7 octobre) dont le programme s’articule ainsi :

  • sur le plan économique ultra-libéralisme , destruction ds droits sociaux, réduction drastique des salaires,réduction des investissements publics, liquidation des programmes sociaux, privatisations massives et dénationalisations, pillage des ressources naturelles.
  • Sur le plan politique casse des libertés démocratiques, violence armée contre le mouvement populaire, les travailleurs, les femmes, les LGBTs, les indigènes, la jeunesse pauvre et noire, corruption, milices patronales, militarisation de la vie politique, adorateur de la dictature militaire terroriste, obscurantisme religieux.
  • Sur le plan alignement anti-national sur les Etats-Unis et casse des maigres marges d’indépendance, mort du B des BRICS.

Bref la victoire fasciste dans cet immense pays de 208 millions d’habitants serait une catastrophe politique non seulement pour le mais aussi pour le continent latino-américain et aurait de conséquences néfastes sur le rapport de forces mondial.
Le PRCF tout en souhaitant la défaite du fasciste Bolsonaro dans le cas présent, souligne la responsabilité historique de la social-démocratie dans la situation actuelle. La politique de collaboration de classe, de compromissions de classe du PT a largement préparé le terrain au fascisme. De même que la politique de la droite de Michel Temer qui a engagé un processus de fascisation du Brésil après le coup d’Etat contre la président e élue Dlima Roussef.

Le grand capital industriel, les marchés financiers, les grands propriétaires terriens et les églises soutiennent ouvertement et massivement le candidat fasciste. Mais c’est l’abstention des masses populaires qui favorise aussi Bolsonaro. Abstention qui est la conséquence directe de la politique de conciliation avec le grand capital et le FMI mené par le PT.
Une fois encore rappelons aux opportunistes et autres “conciliateurs”, à ceux qui “oublient” la lutte des classes, à ceux qui “oublient” que les intérêts de travail et du capital sont antagoniques l’avertissement d Saint-Just :” Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau”

Au Brésil comme partout, tant qu’à faire d’être progressiste, insoumis ou communiste, autant l’être franchement.

Antoine Manessis, secrétaire de la Commission Internationale du PRCF – 9 octobre 2018