Info luttes – propagande médiatique au service exclusif de Macron ! – n° 52 – décembre 2018

Depuis le début de la colère des gilets jaunes qui s’est traduite par des blocages et filtrages sur les ronds-points de nos villes et villages de France et des parisiennes, les médias du privé et du service public ressassent à longueur d’antenne les pertes financières des commerces et de la restauration qui atteindraient des millions d’euros.

Les gilets jaunes ont parfaitement ciblé le talon d’Achille du système capitaliste à savoir, l’économie marchande. Par contre, à part quelques interviews de gilets jaunes, il n’y a eu aucun chiffrage sur les pertes financières subies par les ménages dues aux hausses des matières de première nécessité, de taxes sur l’essence, le gazole, l’électricité, le gaz et le blocage des salaires et pensions de retraite, etc.

Par contre, il y a eu de la part des médias (FR2, FR3, France info, BFM TV, CNEWS, etc.) une propagande médiatique visant à faire croire aux téléspectateurs que le mouvement des gilets jaunes aller mener notre pays à la récession et à l’augmentation du chômage. C’est en permanence que défilent sur les plateaux de télévision des soi-disant experts en économie, des députés de la majorité, de journalistes politiques venus expliquer que l’on ne peut pas satisfaire les revendications des gilets jaunes qui mettraient notre pays en situation catastrophique, en mettant en avant les milliards que cela coûterait à l’État donc aux contribuables et que l’on ne peut pas rétablir l’impôt sur la fortune ( ISF) parce que les riches quitteraient la France, etc., etc.

Mais, ce qu’ils cachent volontairement, c’est que la récession et le chômage existaient bien avant le mouvement des GJ, que la pauvreté a bondi depuis que Bruxelles impose aux pays de l’Union des politiques d’austérité, qu’il y a actuellement en France 9 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté et que des petits commerçants et petits paysans rentrent de plus en plus dans cette catégorie de citoyens lâchés par tous les pouvoirs qui se sont succédé depuis des décennies. La raison de l’entrée en résistance des gilets jaunes est aussi la remise en causes des conquêtes sociales et politiques arrachées depuis la Révolution et notamment celles de 1945 et plus près de nous, des traités supranationaux européens d’essence réactionnaire.

Face au mouvement des gilets jaunes, Macron a donné l’illusion de reculer en lâchant quelques miettes, mais en réalité, sourd aux revendications et à la colère populaire, c’est à coups de matraque et de grenades lacrymogènes qu’il a répondu aux manifestations pacifiques non seulement des gilets jaunes, mais aussi des lycéens et étudiants qui se sont mobilisés contre la contre-réforme du bac et la plate-forme Parcours Sup.

Pour le PRCF, il n’y a qu’une alternative, en sortir pour offrir à notre peuple une perspective populaire de changement de société ou y rester pour nous engloutir dans les eaux nauséabondes du capitalisme. Pour en sortir, pour s’en sortir, nous proposons la constitution d’un front antifasciste, patriotique, populaire et écologiste, associant les couches moyennes au monde du travail pour isoler l’oligarchie capitaliste.

Jo Hernandez – Animateur du secteur luttes/syndicalisme du PRCF

Revue de presse :

Des luttes gagnantes :

A – Arjowiggins – une vraie victoire

Source : NVO -décembre 2018

Jour de fête à la papeterie Arjowiggins de Wizerne (Pas de Calais). Les ex-arjo ont célébré leur victoire, le 17 novembre dernier, après 1 615 jours d’occupation du site. Le projet de reprise pour lequel ils se sont battus pendant plus de quatre ans a été approuvé. Et c’est tout naturellement que les travailleurs ont organisé une soirée festive, avec pièce de théâtre , concert et prises de parole, pour remercier leurs troupes, mais également les élus de la région et la population locale ;

« Au départ, ce n’était pas gagné, se souvient Franck Saillot, délégué syndical central CGT, mais les camarades étaient déterminés et ont entretenu leur outil de travail pendant tous ces mois. Les élus -de tout bord – se sont impliqués. Et la solidarité de tous les acteurs locaux nous a permis de garder le moral. » L’usine qui s’appelle désormais Wizpaper, fabriquera des cartons d’emballage et devrait à terme embaucher 120 personnes.

B – Atelier de Janves : Un succès sur toute la ligne

Source : NVO décembre 2018

La victoire remonte au 22 novembre. Le tribunal de commerce de Paris validait alors l’offre de reprise du groupe ardennais, Atelier des Janves (320 salariés), par Walor, premier fabricant européen de pièce automobiles. Après plusieurs années de mauvaise organisation de l’entreprise qui avaient poussé la CGT, premier syndicat, à déclencher un droit d’alerte économique et social en 2016 ; après la cessation de paiement, fin juillet, puis le redressement judiciaire, fin août, ce rachat par une entreprise familiale française marque un soulagement pour les salariés du numéro un de la bielle en France. « c’est une bonne nouvelle, car notre repreneur conserve tous les emplois et nos acquis actuels qui ont même été améliorés », explique Norbert Malicet, délégué CGT des ateliers des Janves…..

C – CGT Cheminots St Brieuc

Source : CGT – 17/12/2018
Belle journée d’action interprofessionnelle avec une belle réussite pour les cheminots, avec 100% de grévistes et deux vendredis noirs, l’équipe escale de St Brieuc obtient le remplacement d’un agent muté dernièrement, la qualification d’un agent sur un niveau supérieur, un poste de contrôleur supplémentaire ainsi que la création d’un poste de réserve qualification D.
Le tout après une AG qui s’est tenue le 14 décembre dans le hall de la gare.

D – 1ère  victoire à l’hôpital de chalon sur Saône.

Source : CGT – 19/12/2018

Alors qu’un plan d’économie devait entrer en vigueur le 1er janvier prochain sans avoir été validé par les organisations syndicales, elles obtiennent un sursis.

L’action de la CGT et de  FO a payé. Le 17 décembre à l’appel des syndicats  le conseil d’administration de l’hôpital de Chalon sur Saône a été envahi en début d’après-midi en menaçant le conseil d’administration de camper la nuit si c’était nécessaire.

Au final ils ont enfin réussi à décrocher un rendez-vous avec Directeur de l’ARS Bourgogne-Franche Comté le 3 janvier,  un rendez-vous attendu depuis très longtemps.

Une première victoire pour le personnel qui a d’ores et déjà planté le décor pour un rendez-vous qui s’annonce chaud pour l’Agence Régionale de Santé.

En attendant, le bloc opératoire a fait savoir qu’il entrait en grève à partir de lundi, en dehors des urgences et de la partie cancérologie.

E – la cour d’appel annule le licenciement des ex salariés de Gayral peinture

Source : CGT – 20/12/2018

C’est une « victoire » pour les salariés et pour la CGT qui s’est lancée il y a plusieurs mois dans la chasse aux liquidations frauduleuses dans le secteur du bâtiment.

En octobre dernier, la cour d’appel de Toulouse a annulé le licenciement de vingt ex-salariés de Gayral Peinture, opéré en 2013 dans le cadre d’une procédure collective devant le tribunal de commerce.

Dans leur décision, les juges ont pointé les « agissements délibérés » de la part de la direction de l’entreprise, « manifestement contraire à l’intérêt de la société » et qui « ne relevait pas de simples erreurs de gestion » mais bien « d’agissements frauduleux ».

L’entreprise s’est débarrassée de trente-cinq salariés sans que cela lui coûte un centime. Les employés ont gagné mais ce ne  sont pas les fraudeurs qui vont payer, c’est le régime de garantie des salaires (AGS), c’est-à-dire tous les travailleurs à travers leurs cotisations sociales.

La CGT pointe la responsabilité du mandataire judiciaire en charge du dossier qui aurait dû selon lui engager une extension de procédure aux autres sociétés du groupe et aux biens personnels de ses dirigeants.

Les mêmes qui ont conduit en mars 2017 l’Etablissement Gayral à la liquidation.

La procédure a été confiée au même mandataire judiciaire, vingt-cinq salariés ont été licenciés dont huit ont saisi les prud’hommes de Toulouse.

Cette nouvelle affaire suit son cours…..

Des et manifestations :

1 – La FSU Réunion appelle à la grève et à la manifestation mardi 18 décembre

Plusieurs manifestations de lycéens ont eu lieu. Certaines ont parfois dégénéré:

la FSU dénonce ” les violences et les humiliations commises à l’encontre des lycéens “.

Ils manifesteront devant le rectorat à Saint-Denis, dès 9h, mardi 18 décembre. Le syndicat FSU Réunion appelle les personnels de l’Éducation nationale à rejoindre les lycéens et les étudiants pour se mobiliser contre Parcoursup, les réformes des lycées, de la voie professionnelle et du bac.

Un appel à la grève et à la manifestation pour protester contre la politique “ antisociale du gouvernement Macron-Philippe “, explique-t-il, et pour soutenir les lycéens qui expriment leur colère depuis plusieurs semaines, partout dans le pays.

 

2 – Toulouse. 500 Gilets Jaunes en Assemblée Générale déterminés à poursuivre le mouvement

Source : Révolution permanente – 17/12/2018

Ce dimanche 16 décembre, au lendemain de l’acte V des Gilets Jaunes, une assemblée générale était appelée à Sesquières (Toulouse). Malgré la pluie, et alors que les médias ne cessent de clamer que le mouvement s’éteint, ce sont 500 gilets jaunes qui se sont retrouvés pour organiser les prochaines échéances de mobilisation !

En début d’AG, ce sont différents secteurs qui ont pris la parole, revendiquant la convergence avec le mouvement des gilets jaunes et la volonté d’un tous ensemble contre Macron. Ainsi, du côté de la jeunesse, ce sont Anna (étudiante) et Christophe (personnel Biatss) du Mirail qui ont pris la parole, mettant en avant les points de convergence entre les revendications de l’Université et celles du mouvement des gilets jaunes. Pour Sciences Po Toulouse, qui s’est également mobilisé massivement avec plus d’une semaine d’occupation, Florian (étudiant), s’est lui aussi exprimé, énonçant les revendications démocratiques votées en AG (fin de la V° République, dissolution du Sénat, fin des privilèges pour les représentants, justice et vérité pour l’ensemble des victimes des violences policières, etc.). Enfin, Ondine, lycéenne, a elle aussi pris la parole, alors que les lycées ont été un des secteurs à la pointe de la mobilisation, subissant au passage une effroyable répression policière, dans cette première moitié du mois de décembre.

La Coordination des Intermitant-e-s et Précaires (CIP) était également représentée par Hégoa, ainsi qu’une délégation des street médics, qui ont évoqué leur rôle dans les manifestations et la répression qui va crescendo contre le mouvement des gilets jaunes avec quelques 130 à 170 blessés sur Toulouse, uniquement sur la journée d’hier. Maître Dujardin s’est également exprimée sur la répression qui touche les manifestants dans la période.

Déterminés et en colère, les gilets jaunes toulousains s’organisent pour la suite de la mobilisation…

3 – Marseille : grève dans les organismes de Sécurité sociale

Source : france3 – régions. Provence – alpes-cote-d-azur/ – 18/12/2018

La vie chère, la baisse du pouvoir d’achat, le manque de personnels, on pourrait presque se croire au milieu des gilets jaunes. Les 160.000 salariés des organismes de Sécurité sociale étaient appelés à se mettre en grève mardi 18 décembre, partout en France.

L’intersyndicale (CGT, FO, Sud, CFTC, CFE-CGC) a appelé les 6000 salariés des Bouches-du-Rhône à cesser le travail et à se rassembler devant la préfecture.

Nous demandons une augmentation des salaires pour l’ensemble des salariés. Nos revenus ont augmenté de 0,5% en trois ans,

indique Christian Carbonel, secrétaire départemental Force Ouvrière et ajoute :Il y a un manque croissant de personnels dans toutes les organismes, nous demandons des embauches et des titularisations.

 Au milieu de la manifestation, Edith Giroux, responsable FO Carsat, explique que les premières victimes sont les assurés :On en a marre d’avoir des assurés en pleurs au téléphone parce qu’on n’arrive pas à répondre à leurs besoins. Il y a des ruptures de paiement des retraites et les gens ne peuvent plus payer leur loyer et se nourrir.

Plus généralement, l’intersyndicale indique se mobiliser pour la pérennité du régime général de la Sécurité sociale. Bien que n’étant pas partie prenante de l’intersyndicale, la CFDT appelle aussi à la grève sur les salaires et la revalorisation de la valeur du point.

4 – Grève des cantines à Marseille : Grand pique-nique “bruyant” des parents d’élèves à midi devant la mairie

Source : france3- régions. Provence -alpes-cote-d-azur/ – 18/12/2018

Combien d’enfants seront une fois de plus privés de cantine aujourd’hui ? Combien pourront quand même apporter un pique-nique ?
Depuis une semaine et sûrement jusqu’aux vacances de Noël, les parents doivent quitter leur travail précipitamment pour récupérer leurs minots à 11H30 devant l’école.

Hier, selon les chiffres de la mairie de Marseille, sur 340 écoles, 68 cantines seulement étaient ouvertes et 87 ont permis aux enfants d’apporter un pique-nique. 289 restaurants scolaires étaient fermés.

Les agents municipaux ont peut-être des revendications légitimes, la mairie affirme qu’elle a déjà apporté beaucoup, mais les parents d’élèves veulent exprimer leur ras-le-bol, ras-le-bol de l’absence de cantine, ras-le-bol de la surdité de la ville de Marseille. Le collectif Superminots sans cantine organise, à midi, un pique-nique géant devant la mairie et appelle tous les parents à se joindre à cette manifestation. 

Un pique-nique géant que le collectif (sans étiquette syndicale ou politique) veut “très bruyant” pour se faire entendre du maire, Jean-Claude Gaudin. Les parents d’élèves demandent à la mairie de prendre ses responsabilités en trouvant des solutions pour mettre fin aux grèves de cantine, rapidement, sans pénaliser ni les enfants ni les parents.

Cette année, les enfants n’auront pas de repas Noël, c’est triste indique une maman devant l’école Azoulay.

5 – Les syndicats de policiers obtiennent une revalorisation salariale

A l’issue d’une journée de protestation des policiers, le ministère de l’intérieur a accepté, mercredi 19 décembre au soir de revaloriser leurs salaires, eux qui réclamaient plus de moyens après leur mobilisation pendant près d’un mois lors des manifestations de « gilets jaunes ».

Depuis le début de la semaine, le gouvernement cherche à désamorcer un éventuel mouvement social dans la police et avait promis de s’attaquer au « chantier » du paiement des millions d’heures supplémentaires en souffrance et de verser une prime exceptionnelle de 300 euros.

Sous pression à la suite des fermetures « symboliques » de commissariat dans plusieurs villes, le gouvernement est finalement allé plus loin en concluant un accord de revalorisation salariale à l’issue de négociations tendues avec les trois principaux syndicats de la profession.

Modernisation

« Cet accord (…) ouvre la voie à une amélioration et une modernisation des conditions de travail et de rémunération des policiers », ont affirmé dans un communiqué le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, et son secrétaire d’Etat, Laurent Nuñez, précisant qu’une première revalorisation de 40 euros par mois aurait lieu dès le 1er janvier. « C’est ce qu’on voulait, on voulait une amélioration immédiate du pouvoir d’achat », s’est félicité le secrétaire général d’Unité-Syndicat général de la police (SGP), Yves Lefebvre.

Selon le syndicat, l’augmentation des salaires sera ensuite graduelle et devrait aboutir au bout d’un an à une hausse en moyenne de 120 euros net par mois pour les gardiens de la paix et qui pourrait aller jusqu’à 150 euros pour les plus hauts gradés.

Le coût pour les finances publiques n’a pas été communiqué alors que le gouvernement a déjà annoncé plusieurs milliards d’euros de mesures destinées à faire retomber la colère des « gilets jaunes ».

« Reconnaissance matérielle »

Conséquence de cette revalorisation, la prime exceptionnelle de 300 euros, durement critiquée par des policiers qui y voyaient une proposition « méprisante », voit son périmètre drastiquement réduit : elle ne sera versée qu’aux personnels techniques, scientifiques et administratifs, et aux employés de préfecture mobilisés par la crise des « gilets jaunes » depuis le 17 novembre, a ajouté M. Lefebvre.

Le chantier des heures supplémentaires, qui porte sur quelque 275 millions d’euros, reste en revanche ouvert et sera « traité » à partir de janvier, a assuré le syndicaliste. « C’est la reconnaissance de l’Etat, c’est la reconnaissance matérielle que nous avions exigée », s’est réjoui son homologue du syndicat Alliance, Jean-Claude Delage, qui évoque une avancée « conséquente » à l’issue des négociations et rend hommage à la mobilisation des policiers mercredi.

Confronté à sa première crise en interne depuis son arrivée il y a deux mois à Beauvau, Christophe Castaner s’était voulu rassurant mardi, en affirmant que les policiers n’étaient pas des « gilets jaunes » et qu’ils ne bloqueraient pas les commissariats, « parce qu’ils ont le sens du service public »