Info luttes – le PRCF propose une manifestation nationale de combat contre le 49.3 n°4 – mars 2020

Le PRCF et sa commission Luttes s’élèvent avec force contre l’utilisation de la disposition constitutionnelle dite du (article 49 alinéa 3 de la Constitution) pour faire passer en force la loi sur la contre-réforme des à points. En fait ce n’est qu’un diktat de l’UE . Cette disposition est certes constitutionnelle mais elle est anti-démocratique. 

La décision de recourir au 49.3 démontre la faiblesse de l’Exécutif, son mépris pour la représentation nationale et sa peur de la pression populaire.

Alors que plus de 60 % des Français se prononcent dans tous les sondages contre la suppression de la retraite par répartition, le pouvoir préfère obéir aux ordres de l’oligarchie européenne et patronale, du MEDEF et de l’UE.

De son côté, LE « SYNDICALISTE » JAUNE, LAURENT BERGER, EST PRIS À SON PROPRE PIÈGE : sera-t-il le dernier à porter à bout de bras le projet UE/Macron, avec sa « conférence de financement » bidon, alors que de toutes parts, l’autoritarisme gouvernemental suscite l’indignation ? 

La riposte doit être à la mesure de l’attaque.

Le PRCF et sa Commission Luttes appellent à participer à toutes les manifestations annoncées contre l’utilisation du 49/3, mais aussi à organiser une riposte nationale de grande ampleur. C’est pourquoi, nous proposons une manif nationale de combat qui mette en cause le pouvoir, l’Union Européenne et le grand capital.

Revue de presse :

Les brèves :

§ – À travers un communiqué, quatre organisation syndicale (CGT, FSU, Solidaire, Unef) ont dénoncé l’interdiction du Préfet de manifester en centre-ville de Lille le 11 janvier. « Pendant les soldes, le Préfet brade la démocratie », ont-ils écrit. De son côté, la Ligue des droits de l’homme a regretté que la préfecture ait confiné les manifestants dans les secteurs isolés de la cité.

§ – Les salarié-e-s de Trelleborg à CLERMONT FERRAND ont décidé de poursuivre leur mouvement de grève à l’occasion des négociations annuelles obligatoires pour obtenir satisfaction à leurs légitimes revendications. Ils organisent un repas de lutte en présence de la presse à partir de 11h00 et invitent les camarades de l’interpro à partager ce moment convivial.

§ – Puy-de-Dôme : À Luxfer, la colère monte et la situation est explosive.

Après 10 jours d’occupation d’usine 24h/24 et 14 mois de PSE, les salarié-e-s n’ont aucune avancée ou rendez-vous qui pourrait empêcher la direction de Luxfer de casser illégalement leur outil de travail. Les engagements n’ont pas été tenus et il n’y a plus de contact avec le Ministère de l’Économie et des finances pour la revitalisation du site et le reclassement des salarié-e-s. Plus de retour du Ministère du Travail pour le motif économique. Il n’y a plus d’interlocuteurs. De plus, trois salarié-e-s Luxfer ont reçu une convocation au commissariat de Gerzat pour y être entendus sur des faits de dégradation au sein de l’usine. Le 31 janvier il est prévu une manifestation à Gerzat en soutien aux salarié-e-s de Luxfer… Pour obliger l’État à se positionner immédiatement sur leur dossier. La fatigue et la colère accumulées des salarié-e-s de Luxfer risquent de devenir incontrôlables.

§ – Le Conseil d’État a confirmé l’annulation du plan social de 2017 en rejetant le pourvoi formé par les mandataires de GM&S considérant que la Cour de Bordeaux n’avait pas commis d’erreur de droit. La Cour Administrative de Bordeaux avait donné raison aux salariés en se prononçant pour l’annulation de la décision de la DIRECCTE d’homologuer le plan social. Après des mois de lutte, si les salariés de GM&S ont, de par leurs actions, évité la fermeture de leur usine suite au plan social mis en œuvre en 2017, ils n’avaient pas réussi à stopper le plan de licenciements de 157 salariés. La détermination est restée intacte ce qui a amené les salariés et le syndicat CGT à saisir les instances juridiques afin de contester le plan social. Si cette décision du Conseil d’État ne donne pas droit à la réintégration des salariés, elle va leur permettre, pour ceux qui ont saisi les prud’hommes, d’obtenir des indemnisations.

§ – Depuis le 1er janvier, l’hôpital du Mans a fermé les quatre lits de son unité de réanimation pédiatrique, faute de réanimateurs. Entre 60 et 80 enfants de 3 à 15 ans y étaient soignés chaque année. Dorénavant, ils devront être transférés à Angers, Nantes, Tours ou Paris. « si la situation perdure, le CH du Mans peut perdre sa chirurgie pédiatrique ainsi que son niveau 3 qui l’autorise à prendre en charge les nouveau-nés », s’inquiète la CGT de l’établissement.

§ – Pour la 29e semaine consécutive, une centaine de manifestants à l’appel de la CGT et des « Gilets jaunes » se mobilisait pour exiger la réouverture des urgences de Sisteron la nuit. La ville n’est pas un cas isolé. À Saint-Vallier, dans la Drôme, les urgences sont fermées la nuit depuis plus d’un an. Le collectif en a profité pour dénoncer les atteintes aux services publics et aux retraités, actuels et à venir.

§ – Les salariés de l’usine Perrier de Vergèze (Gard) se joignent aux temps fort de la mobilisation contre la retraite à points. « Sur treize lignes d’embouteillage, deux tournent avec des intérimaires. Les salariés sont prêts à s’inscrire dans la grève, chacun a pris conscience d’un changement de société », témoigne une élue CGT du site.

Grèves et manifestations :

1 – Pas touche à nos syndicalistes ! Ludovic de Baecker, centrale thermique Didier Manca, fonctionnaire territorial, Sandie Pascal, hôpital de Martigues

Source : La Marseillaise du 28/02/2020

De la lutte contre les retraites, au droit de manifester, à l’appel de l’union départementale CGT, environ 350 personnes ont défilé à Gardanne hier contre la répression accrue du mouvement syndical.

Après les fracassés et les éborgnés dans la rue : gros coup de pression sur les syndicalistes. Et ça commence à faire beaucoup pour Stéphan Dainotti, de l’UD CGT, qui égrène : «La multiplication des arrestations, gardes à vue, convocations au commissariat pour de nombreux militants et responsables syndicaux.» Certains sont «passés à tabac» par les CRS lors d’une manifestation contre le Bastion Social à Marseille, la BAC est appelée pour interpeller et arrêter des dirigeants syndicaux, deux autres sont arrêtés et mis en garde à vue pour un simple tractage… Il y a «criminalisation de l’action syndicale».

En riposte hier, à l’appel de l’UD CGT 13, ils étaient environ 350 à battre le pavé à Gardanne, avant un meeting de lutte à la centrale thermique. Malgré une pluie fine mais incessante et un hiver enfin au rendez-vous – 6 petits degrés à midi.

« On veut faire taire la colère des travailleurs »

Le choix du lieu ne doit rien au hasard. La centrale thermique est engagée dans une triple lutte : celle des retraites et de la survie de leurs emplois, menacés par la fermeture des centrales à charbon en 2022. Celle de la liberté syndicale, aussi. Profitant des débrayages pour rejoindre le cortège contre la à Marseille, les autorités sont venues plusieurs fois ces dernières semaines tenter de démonter les piquets de grève. Un certain nombre de salariés et syndiqués CGT ont fait directement les frais de relations tendues avec le nouveau propriétaire du site, le Tchèque GazelEnergie. Ludovic de Baecker (lire son témoignage ci-contre), encore éprouvé 15 jours après les faits, se remet doucement. Florian Sotto s’est retrouvé plus tôt ce mois-ci, placé en garde à vue pour des allégations de menaces de mort sur la direction – qu’il nie. Pendant sa garde à vue à Aix, les CRS sont venus tenter de perquisitionner le local syndical.

Il est le premier à prendre la parole au meeting, et pointe la «gravité» de la situation, où «gouvernement et patronat utilisent la répression pour essayer de faire taire la colère de celles et ceux qui créent les richesses de notre pays». À sa suite, Didier Manca pour les territoriaux (lire ci-contre, Jean-Michel Aubry du Grand port maritime de Marseille, et Stéphan Dainotti, UD CGT13, tiennent le même discours : celui d’un «capital qui depuis des décennies, avec la complicité des différents gouvernements, cherche à imposer toujours plus sa dictature à l’ensemble des salariés. Toute forme de contestation sociale doit être réprimée». souligne Didier Manca. «La répression qui a touché le mouvement des Gilets jaunes un an plus tôt devient la norme», ajoute-il. Jean-Michel Aubry y voit «un gouvernement aux abois, qui ne sait comment se sortir d’une situation inextricable dans laquelle il s’est mis lui-même, à force de manque de dialogue social et d’incompétence flagrante».

« On veut juste travailler »

Stéphan Dainotti rappelle l’histoire des conquêtes sociales et les oppose aux chiffres effarants d’une économie à deux vitesses en passe de bannir la solidarité du système français. 60,2 milliards de dividendes versés aux actionnaires du CAC40 en 2019, 90 milliards d’exonérations patronales, 41 milliardaires en France, dont la fortune a augmenté de 34,8 % depuis fin 2018. «De l’argent, il y en a», dit-il. «Nous, on veut juste travailler», confie Ludovic de Baecker.

Pour regrouper ses forces et décider des suites des mobilisations, l’UD CGT se réunira mardi 3 mars à 14h à la maison des syndicats de Martigues

2 – Malaise social sur les sites varois de Pizzorno

Source : La Marseillaise 28/02/2020

TOULONà l’appel de la CGT et de la CFTC, un piquet de grève s’est mis en place hier à 5h30 pour bloquer l’accès à l’usine d’incinération gérée par Pizzorno.

Après l’action de blocage lancée par la CGT le 3 février pour s’opposer aux sanctions qui menaçaient des syndicalistes de Pizzorno, société en charge du ramassage des ordures ménagères ainsi que de la gestion de l’usine d’incinération, les salariés étaient à nouveau en grève hier matin pour dénoncer «une politique managériale de la terreur».

«Sur les sites de Toulon et de La Seyne, ça se passe à coups de menaces, d’injures», résume Patrice Moulun pour l’UD-CGT. «Les salariés avaient prévu de bloquer dès 4h30 la sortie des camions de leurs entrepôts », poursuit-il. Mais la direction avait pris les devants en sortant les véhicules la veille. Les grévistes ont donc opéré un repli stratégique sur l’usine d’incinération étant bien entendu que pour assurer les rotations dans le ramassage des ordures ménagères, les camions sont obligés de venir vider les bennes pour poursuivre leurs tournées. Résultat : plus aucun camion ne rentre ni ne sort du site depuis 5h30.

Des pratiques ordurières

«Le préavis est reconductible. La balle est dans les mains de la direction de Draguignan», conclut Patrice Moulun. Mais plus question de négocier avec le responsable local, précise-t-il, qui ne respecte aucun de ses engagements et qui est directement responsable de ce climat délétère.

«Non seulement ça ne s’est pas arrangé, mais ça a empiré. Il y a encore eu un nouveau dépôt de plainte depuis le 3 février. Des menaces, des injures, la mise à pied conservatoire d’un salarié parce qu’il a dit qu’il faisait grève. Là on est à bout, on en a marre. C’est pour ça qu’on bloque», lance David Hatier, délégué syndical CGT de la boîte.

Olivier Vicaire, agent de maîtrise, témoigne : «Les salariés subissent un management plus qu’agressif, qui va jusqu’à des violences physiques de l’ordre de l’étranglement, du coup de poings… Des actes innommables, on n’est plus au temps des maîtres de forge ! », s’insurge-t-il. «Ici, on considère les salariés comme des moins que rien, on ne les respecte pas, ils sont traités comme de la merde, on leur marche dessus. Ce sont eux pourtant qui sont au quotidien dans les rues avec un travail excessivement dur et on se permet en plus de les martyriser», reprend celui qui est témoin et victime de ce type de pratiques. «J’ai été agressé physiquement 3 fois, on a tenté de me forcer à démissionner parce que je n’acceptais pas de voir des gens se faire abîmer en exerçant leur travail, c’est une violence gratuite.»Et de conclure : «Il est intolérable de voir une société qui a été nommée sur le magazine Capital comme une des meilleures en matière de bien-être au travail, accepter tout ce qui se passe sur les sites de Toulon et La Seyne.»

L’alerte a été entendue par la direction de Draguignan, qui a passé l’après-midi à négocier avec les syndicats.à suivre, donc.

3 – Perpignan : 13 salariés de Babou mis à pied et menacés de licenciement pour « fautes »

Source : l’indépendant – 22/02/2020

Chacun a reçu sa convocation en main propre ou par courrier lundi dernier. Et la notification a systématiquement été assortie d’une mise à pied conservatoire avec effet immédiat, “compte tenu de la gravité des faits qui vous sont reprochés”, stipule la missive signée par le gérant de la société, Fabrice Duvinage. “On ne comprend pas, on ignore ce qu’il a contre nous, on a tous entre 10 et 20 ans d’ancienneté, lui vient d’arriver”, brandit Nathalie Lemaitre, une des destinataires de l’assignation.

Le magasin gentiment pris d’assaut par les manifestants CGT

 En liquidation judiciaire début janvier dernier, le commerce discount a en effet changé de main au 1er février. “On ne sait même pas à qui on appartient réellement sur la franchise de Perpignan, ce qui est sûr c’est que depuis le rachat de la chaîne par le groupe B&M Europan Retail Value en 2018, on sent une chute d’activité. On tourne aujourd’hui à une moyenne de 15 000 euros par jour en semaine et entre 20 et 30 000 euros le dimanche. Avant, on faisait beaucoup plus et on était 35 personnels”, concèdent les employés mis à pied. Tous persuadés qu’un plan social se cache sous les convocations. Le dirigeant local s’affiche surpris. “Il y a des faits, les salariés en auront connaissance lors des entretiens et là ils comprendront”, justifie-t-il sans autre commentaire. “Les fautes invoquées datent d’avant l’arrivée de ce gérant mandataire, avant donc la liquidation judiciaire, on attend de les connaître”, complète Charlotte Thillien, secrétaire générale de l’union locale CGT de Perpignan sud.

Le syndicat est venu motivé. Sono à fond, drapeaux au vent, le convoi stationne sur le parking tandis qu’au mégaphone un militant propose l’invasion. La ruée dans Babou n’attend pas. Les manifestants forcent l’entrée et opèrent une poussée en mêlée face à deux vigiles qui tentent de leur barrer la route. Peine perdue, le cortège s’engouffre dans les rayons en chantant à tue-tête sous les yeux d’une clientèle abasourdie. Mi-amusée, mi-gênée par les slogans qui fusent au détour des allées, interpellant notamment les consommateurs sur le “prix humain” des licenciements.

Soumis à l’interdiction de pénétrer sur leur lieu de travail, les treize salariés mis en cause attendent dehors. Médusés. Ils seront successivement reçus par le gérant de l’enseigne Babou Perpignan entre ce lundi 24 et le vendredi 28 février. La CGT promet d’être là.

4 – Une manifestation au flambeau contre la répression

Source : La Provence 28/02/2020

Hier soir, la CGT et quelques « gilets jaunes » ont défilé du théâtre antique jusqu’à l’arc de triomphe. Contre la retraite par points, ils ne lâchent rien

Leurs slogans, discours et détermination restent intacts. Cheminots, agents territoriaux, fonctionnaires, enseignants, centre hospitalier de Montfavet et d’Avignon ou encore gilets jaunes, le noyau dur des manifestants CGT ont répondu présent à l’appel de cette nouvelle mobilisation organisée par l’ensemble des unions locales du Vaucluse.« Le combat n’est sûrement pas terminé. On continue, le CPE a été adopté et pourtant il a ensuite été retiré. Nous avons rencontré une bonne partie des députés du département. L’objectif consiste à dialoguer avec nos élus, il y a aussi des pétitions qui tournent pas mal » indique David Tésio secrétaire général de la CGT en Vaucluse. Une succession d’initiatives sur le département de la part des syndicats qui a pour but d’éveiller les consciences : « Nous avons l’ambition de tenir, même si c’est dur. Déjà dans les entreprises où les responsables syndicaux sont remis en cause. Et puis aussi dans la rue. Certains de nos camarades sont au tribunal aujourd’hui. Le gouvernement est réduit à réprimer. Non pas nous convaincre, il tente de nous vaincre » confie Franck Manté, représentant de l’union locale de Bollène. Ce rassemblement au flambeau était organisé aussi en cette journée des « libertés syndicales » sans cesse bafouer selon la CGT : « Ce n’est pas un hasard si nous sommes à Orange. C’est la seule commune du Vaucluse qui nous a expulsés de notre local. Les mairies sont censées nous mettre à disposition à titre gracieux un local. C’est le cas dans 11 communes mais pas à Orange. Oui on s’oppose à Emmanuel Macron dans son projet de loi contre les retraites, mais à quelques semaines des municipales, il ne faut pas se tromper de cible, en premier, c’est l’extrême droite » affirme David Tésio. La procession au flambeau s’est terminée vers 19 h 30 devant l’arc de triomphe. La CGT mais aussi l’ensemble des syndicats prévoient d’ores et déjà une action le 31 mars à Avignon, similaire à la journée du 5 décembre dernier.

5 – Les robes noires bloquent le tribunal de Paris 

Source : l‘Humanité du 25/02/2020

Mobilisés contre la réforme des retraites depuis début janvier, les avocats ont interdit, hier matin, l’entrée du palais de justice de Paris. Une action inédite et symbolique. Les audiences de la matinée, comme le procès Fillon, ont été reportées. 

Un blocage historique. « C’est la première fois depuis mille ans que le tribunal de Paris est fermé pour cause de grève »,scande un avocat devant l’entrée du palais de justice de Paris, porte de Clichy, barrée par une cinquantaine de ses collègues, lundi matin. Si l’action a abouti au report du médiatique procès Fillon (lire l’encadré), ce n’était pas son objectif. « C’est une nouvelle étape dans notre mouvement contre la réforme des retraites,explique Me Hervé Tourniquet, avocat au barreau des Hauts-de-Seine.En prenant le tribunal, on montre que la justice ne peut pas fonctionner sans nous. » En « grève dure » depuis le 6 janvier, provoquant le renvoi de milliers d’audiences partout en France, les avocats craignent la disparition programmée de leur régime spécial et la hausse de leurs cotisations – jusqu’au double pour ceux ayant le moins de revenus – qui pourrait se répercuter sur les justiciables les plus précaires. « Nous avons de nombreux clients qui ont de faibles ressources, quidépendent de l’aide juridictionnelle,explique Me Sabine Puisset-Dhumerelle.Si demain tous nos gains doivent passer dans les cotisations et les charges, beaucoup d’entre nous seront contraints de n’accepter que les clients capables de payer des honoraires plus élevés. La justice sera dans l’impasse. »

L’amendement déposé vendredi à l’Assemblée et vanté par Nicole Belloubet, hier sur RTL, n’a pas calmé la colère des robes noires. Celui-ci « prévoit d’instaurer un dispositif de solidarité des avocats, géré par la Caisse nationale des barreaux français »,détaille la garde des Sceaux. Financé par les droits de plaidoirie, ce dispositif « prendra en charge toute la hausse de cotisations pour les avocats dont le revenu est inférieur à 80 000 euros »,argumente-t-elle. « Une proposition que nous avons déjà refusée,déplore Me Tourniquet.Ces droits de plaidoirie permettent de garantir le paiement des pensions pour les générations nées avant 1975, on reporte le problème. »

« Dans l’ensemble, les magistrats et les greffiers nous soutiennent »

La ministre de la Justice s’est laissée tenter par l’adage diviser pour mieux régner, au micro de RTL, en adressant son soutien « aux magistrats et aux greffiers qui voient le fonctionnement de la justice compliqué par la grève des avocats ». « Le mépris, c’est tout ce qu’ils nous proposent depuis le début du projet »,réplique Me Tourniquet. Si, devant le tribunal de Paris, hier matin, un magistrat a tenté de forcer le barrage humain, allant jusqu’à empoigner une avocate, dans une rare violence, « dans l’ensemble, les magistrats et les greffiers nous soutiennent »,assure Me Xavier Sauvignet, témoin de la scène. Hormis cet incident, le blocage du tribunal s’est déroulé dans le calme. Toutes les audiences prévues dans la matinée étant reportées, des avocats sont allés à la rencontre de la centaine de personnes présentes dans la file d’attente. « On va voir ceux qui devaient comparaître ce matin, les victimes aussi, pour leur expliquer la procédure à suivre,dit Me Sabine Puisset-Dhumerelle. C’est difficile pour eux, ils attendent ce jour depuis longtemps et c’est nous, dont le métier est de les défendre, qui les empêchons d’assister à leurs audiences. C’est contre-nature pour nous de bloquer la justice, mais il le faut. »

6 – Quand les avocats font de la pédagogie aux prud’hommes 

Source : Humanité du 26/02/2020

Les robes noires se sont rassemblées hier devant le conseil prud’homal de Paris pour informer le public des raisons de leur grève et contester la déconstruction des droits des salariés. 

Jus d’orange et cacahuètes sur un plateau, sourires aux lèvres et tracts du Syndicat national des avocats (SAF) sous le bras. C’est dans la bonne humeur que les robes noires se sont installées, hier, devant le Conseil prud’homal de Paris. Objectif : informer les justiciables des modalités d’une réforme des retraites qui menace leur accès à la justice du travail. « Avec la réforme, mes charges vont doubler. Cela veut dire que je vais avoir beaucoup plus de mal à prendre des dossiers d’aide juridictionnelle. Du coup, les gens qui en auront besoin ne pourront plus en bénéficier, alors que beaucoup des salariés licenciés que je défends sont sans ressource »,explique Me Ghislain Dadi.

La réforme va toucher en premier lieu les cabinets qui font peu de bénéfices. Elle inverse la logique jusque-là en vigueur d’une cotisation progressive en fonction des revenus. Désormais, ce sont ceux qui gagnent moins de 40 000 euros par an qui cotiseront le plus (28 %, contre 14 % aujourd’hui). Pour ceux dont les revenus sont entre ce plafond et 120 000 euros, la cotisation sera de 12 % et de seulement 2,8 % pour la tranche supérieure. Les avocats du droit du travail, qui défendent des salariés aux revenus limités ou inexistants, sont au premier rang des victimes. Ils dénoncent une « paupérisation ». « On est en train de créer un plan social de 20 000 personnes qui ne dit pas son nom »,résume Me Rachel Saada, élue du SAF au Conseil national des barreaux.

Vers des procédures complexes

Dans le hall du Conseil, les justiciables sont compréhensifs, et le personnel du tribunal approuve discrètement. « Je suis embêté pour les justiciables, mais je comprends. Beaucoup de ces avocats ne roulent pas sur l’or »,explique Pascal Quinton, un conseiller prud’homal.

Cette réforme arrive, de plus, après des années de régression en matière de droit du travail. « La loi a cessé d’être faite pour protéger les salariés. Maintenant, l’objectif est la sécurisation des employeurs »,explique Hervé Tourniquet, en grève depuis le 6 décembre. Depuis 2017, saisir le Conseil prud’homal est bien plus compliqué. Au lieu d’un simple formulaire qui pouvait être rempli par le salarié, c’est désormais une procédure complexe, qu’un avocat met plus d’une demi-journée à boucler. « Cette mesure a rempli ses objectifs : éloigner les classes moyennes et populaires »,déplore Me Saada. Le nombre de procédures est en baisse… sauf pour les cadres.

D’autres réformes ont contribué à éloigner les salariés des prud’hommes. La restriction du délai de prescription – passé de 30 ans à 1 an pour la contestation d’un licenciement et de 5 à 3 ans pour un salaire non payé –éloigne ceux qui attendent de ne plus être en poste pour entamer une procédure. Le coup de grâce a été rendu avec les « barèmes Macron » qui plafonnement les indemnités depuis mi-2018. « Résultat : avec moins de 6 ans d’ancienneté, les montants à gagner sont trop faibles pour que ça vaille la peine de lancer une procédure. » L’efficacité de cet appareil de dissuasion se traduit dans la faible affluence observée au Conseil. Malgré tout, un avocat se réjouit. « C’est bien de parler à tous ces gens différents. C’est un peu comme dans les manifs, ça nous permet de voir qu’on est tous dans le même bateau.

7 – Exposés à l’amiante les salariés d’Eau de Paris en grève illimitée 

Source : l’Humanité du 27/02/2020

Au contact de la substance toxique durant plusieurs années, les employés de la régie municipale réclament une meilleure compensation des risques encourus. Ils dénoncent un « scandale sanitaire » insuffisamment pris en compte. 

Ils occupent la place de l’Hôtel-de-Ville depuis le 25 février. Les salariés d’Eau de Paris – opérateur assurant la gestion de l’eau dans la capitale – ont démarré une grève reconductible, à l’appel d’une intersyndicale (CGT, Solidaires, FO et CFTC). Depuis 2011, plusieurs rapports ont mis en évidence leur exposition à l’amiante, mais les salariés accusent la direction de ne pas faire assez pour compenser les risques. « C’est un scandale sanitaire, mais comme cela se déroule sous terre, tout le monde s’en fout,peste Henri Bousquet, délégué CGT.En 2014, à la suite d’une précédente grève, on nous avait promis une réparation du préjudice. Des choses ont été faites depuis, mais nous revendiquons surtout la possibilité de partir plus tôt à la retraite. Depuis 1989, un congé de fin de carrière nous permet de cesser le travail un an et demi avant l’âge égal, après quarante ans de carrière. Nous réclamons le doublement de ce congé. »

Un tiers des 2 000 kilomètres du réseau est truffé d’amiante

Environ 200 salariés d’Eau de Paris s’occupent régulièrement de l’inspection des canalisations de la capitale, placées pour la plupart dans les égouts. Problème : un tiers des 2 000 kilomètres de ce réseau est truffé d’amiante, ce qui est sans conséquence sanitaire pour les usagers de l’eau potable mais peut représenter un risque pour les travailleurs. Un rapport de la cour régionale des comptes notait, en juillet 2017 : « De l’amiante a été découvert en mai 2011, dans le glutinage protégeant de la corrosion les conduites d’eau potable installées dans les égouts de Paris. Le glutinage est un revêtement bitumineux en brai de houille contenant de l’amiante dans environ 60 % des cas, ces deux composantes étant des cancérigènes reconnus. »

Nul besoin d’intervenir sur les canalisations pour être exposé : la simple circulation en égout peut être aussi dangereuse. « Lorsque le glutinage recouvrant les conduites est en bon état, le risque est très faible,poursuit le rapport.Mais il peut à certains endroits se détacher et tomber en plaque ou en poussière, au moindre choc de la tête avec le casque ou par frottements, lorsque les agents passent le long d’une grosse conduite dans une galerie étroite. »

Contactée parl’Humanité,la direction d’Eau de Paris (filiale à 100 % de la Ville) assure suivre l’affaire de près : « Dès 2012, nous avons mis en place des protocoles d’intervention dans les égouts. Nous avons fait évoluer l’équipement des salariés (ports de masques, notamment), et nous avons réduit le nombre de jours de descente, par la mise en place d’écoutes acoustiques en surface, qui permettent d’identifier les fuites sans avoir à pénétrer dans le réseau. »

Toujours pas de déclaration de maladies professionnelles

Le problème, c’est que de nombreux salariés ont pu être exposés à l’amiante avant 2012. Selon Eau de Paris, une centaine de salariés encore en activité étaient déjà présents dans l’entreprise à l’époque. « Aujourd’hui, nous n’avons toujours pas de déclaration de maladies professionnelles avec des cancers fléchés amiante »,assure la direction.

Dans son style technocratique inimitable, la Cour des comptes notait, en 2017 : « Les conséquences sanitaires très retardées de l’exposition à l’amiante (20 à 40 ans) font courir à la régie publique, du fait d’une découverte tardive et donc d’une prise en compte retardée de cet élément dans la gestion des risques professionnels, un risque financier difficilement évaluable. Il serait lié à d’éventuels recours contentieux, dans lesquels la responsabilité d’Eau de Paris pourrait être engagée. »

8 – Sarthe. 200 personnes manifestent devant la fromagerie Bel à Sablé-sur-Sarthe

Source : Ouest France 27/02/2020

Sarthe. 200 personnes manifestent devant la fromagerie Bel à Sablé-sur-Sarthe

Environ 200 militants syndicaux, venus de tout le département, se sont réunis devant la fromagerie Bel, à Sablé-sur-Sarthe, jeudi 27 février 2020. Ils répondaient à l’appel de la CGT 72 et de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière (FNAF), pour défendre les libertés syndicales et protester contre la réforme des retraites.

D’autres actions prévues

« On appelle à une amplification du mouvement contre la réforme et on souhaite également dénoncer les pratiques discriminantes du gouvernement et du patronat envers les syndicats », détaille Didier Jousse, secrétaire général de la CGT Sarthe.

Une mobilisation qui s’inscrit dans le contexte de contestation contre le projet de réforme des retraites. « Le choix du lieu de rassemblement s’est fait en soutien à un délégué syndical, engagé dans un conflit avec la direction de la fromagerie », selon la CGT.

D’autres actions sont prévues dans le département. « Un rassemblement aura lieu le 5 mars, devant l’université du Mans, à l’appel de la CGT, avant la mobilisation nationale intersyndicale prévue pour le 31 mars », annonce Didier Jousse.

En décembre, 200 personnes avaient défilé dans les rues de Sablé pour protester contre la réforme des retraites.