Par Floréal
En 1848, alors qu'il n'existait encore formellement aucun parti communiste national ou international, le Manifeste du Parti communiste commençait par le célèbre incipit de Marx et d'Engels : « Un spectre hante le monde: le spectre du communisme ». Hantant l'inconscient des rares bourgeois sensibles à la culpabilité, et surtout celui des réactionnaires redoutant les insurrections prolétariennes à venir (au moment où le Manifeste paraissait dans quelques librairies éclatait, drapeau rouge en tête, la Révolution française de février 1848 aux cris de « Vive la Sociale ! »…), le communisme prolétarien, auquel le marxisme allait donner sa forme classique, entrait en grand sur la scène de l'Histoire…
Bien entendu, la victoire de la contre-révolution en RDA et en URSS a pu faire croire aux sots, et aussi aux renégats du communisme de France, de Russie et d'ailleurs, à la « mort du communisme », voire à la « fin de l'histoire » chère à certain crétin philosophique étasunien. Comme si l'exploitation capitaliste, donc la lutte des classes menée, en l'occurrence à l'initiative du camp bourgeois, n'allait pas nécessairement s'aggraver avec la disparition du camp socialiste et l'auto-liquidation des partis communistes livrés à ce que le philosophe italien Losurdo appelait l' »autophobie communiste »…
Eh bien nous semblons arriver au début d'un nouveau cycle historique puisque D' Trump, le chef de file mondial de l'hyper-reaction, vient de commémorer le 250eme anniversaire de l'indépendance américaine en tonnant contre le communisme à Cuba, dans le monde… et dans son propre pays où, il est vrai, le mot socialisme connaît une nouvelle fortune dans la jeunesse (à l'égal du soutien au peuple palestinien), où des grèves ouvrières de masse ont eu lieu récemment dans diverses entreprises majeures, où un maire se déclarant socialiste a gagné à New York et où la gauche a le vent en poupe dans le Parti démocrate américain alors même que, à l'échelle mondiale, l'hégémonisme euro-israelo-atlantique peine à subjuguer la majorité mondiale représentée par les BRICS et aspirant à des rapports internationaux moins inégalitaires. Cela d'autant plus que, à la tête de cette majorité mondiale se trouve un pays, la Chine populaire, que dirige un parti qui se réclame de Marx et du communisme…
Bien entendu une hirondelle, ou plutôt un vautour comme Trump ne fait pas à lui seul le printemps des révolutions et il ne faut pas surestimer la « menace communiste » en partie fantasmée par le cerveau malade du megalo qui dirige le camp occidental en proie aux dérives bellicistes. Il n'en reste pas moins que le prolétariat mondial n'a jamais été aussi nombreux, que des milliards de jeunes n'acceptent pas l'avenir de surexploitation, de crises climatiques et de guerre mondiale que le capitalisme débordant d'hubris leur réserve, que des millions de Russes ont compris que l'URSS, défauts inclus, était le rempart mondial de la paix et des acquis sociaux. Et que, face à cet exterminisme ravageur, qui semble bien être la vérité suprême du capitalisme à bout de souffle, de plus en plus de gens comprennent ou comprendront que l'heure est venue pour un socialisme-communisme de nouvelle génération remettant le monde du travail au centre de la vie nationale et internationale pour construire des conditions d'existence enfin vivables et justes pour le genre humain en pleine crise existentielle…
Bref, les imprécations anticommunistes du fascisant Trump (car le fond du fascisme a toujours été l'anticommunisme) ne doivent pas faire rêver passivement d'un monde meilleur qu'il suffirait d'espérer, mais nous inciter tous, en France à reconstruire un Parti franchement communiste, au niveau mondial à faire renaître une Internationale Communiste et Ouvrière dont le prolétariat mondial aura grand besoin pour assumer victorieusement les tâches vitales que lui assigne notre époque hautement tempétueuse.