Règlement de compte en Corse : L’U.E descend la S.N.C.M.

Saisie par la Corsica Ferries (bien joué le nom en anglais, cela aurait manqué !), la cour de justice européenne vient  d’exiger le remboursement de 205 millions d’euro d’aides publiques reçues par la au moment de sa privatisation par N. Sarkosy en 2006.

Si l’on ajoute à cela la précédente tranche de remboursement exigée par l’U.E , cela porte à 440 millions d’euro le remboursement du à l’Etat par la SNCM… Déjà mise en difficulté par une privatisation en forme de dépeçage et de guerre aux syndicalistes (Où sont passées les N.G.V ?), la compagnie française se voit ainsi « suicidée » de quatre balles dans la tête tirées à bouts portants par les cerbères européens non élus, garants de la Main invisible du Marché et de la Concurrence « libre » et « non-faussée » inscrite dans le marbre des traités européens avec lesquels les différents dirigeants français asservissent leur propre pays depuis soixante ans.

Dans ce jeu de dupe l’U.E ne fait qu’avancer des pions permettant de pousser un peu plus la S.NC.M vers une liquidation ou un redressement judiciaire que l’actionnaire principal transdev (ex Veolia ex compagnie générale des eaux…le serpents des privatisations est décidemment bien long !) et Manuels Valls, l’homme des Marchés et de la Finance mondialisée appelaient de leurs vœux mais n’avaient pu obtenir face à la combativité des marins S.N.C.M.

Pourtant c’est de la continuité du territoire français et de la sécurité des passagers qu’il est question.

En effet, est-il préférable d’effectuer la traversée sur un bateau dans lequel on est accueilli par un marin sous pavillon français avec les garantis de formation et de sécurité qui vont avec ce pavillon plutôt que sur un navire à l’équipage précaire et multinational ne parlant pas la langue des passagers qu’il est censé être capable d’évacuer?

Est-il préférable de faire la traversée avec une compagnie qui bénéficie d’une délégation de service public, et d’aides publiques pour garantir la continuité territoriale, ou de traverser sur une compagnie qui n’hésite pas à poursuivre les rotations d’un bateau qui prend l’eau suite à un talonnage ? (Mega express five à la sortie de l’Ile Rousse) pour ne pas nuire à sa rentabilité.

Poser ces question c’est déjà y répondre.

Au delà de la question de ces aides publiques, c’est la question de la renationalisation de la S.N.C.M qui doit être posée. La continuité territoriale, le maintien du pavillon français et des garanties tant sociales pour les marins que de sécurité pour les passagers sont à ce prix. Alors c’est sur, soit on baisse le nez devant les exigences de la Finance et de la dérégulation dont la commission européenne est le bras armé, soit on (re)construit une compagnie de navigation qui répond aux vrais besoins de la population française, qu’elle soit corse ou continentale.

Non au diktat des pantins qui de Baroso à Valls en passant par Tucs qui chantent TINA (There is no alternative) sur tous les tons. Exigeons la renationalisation de la SNCM, et la remise à niveau de sa flotte.

Corsica Ferries : questions après le talonnage du « Mega Express 5 »

Le « Mega Express 5 » a talonné le 31 mai en sortie d’Île-Rousse et a continué à naviguer deux jours avant de passer en cale sèche. (Photo : Thibaud Teillard)

Selon Corsica Ferries, l’équipage du ferry italien Mega Express Five a ressenti une « vibration » le 31 mai à l’appareillage d’Île-Rousse, alors que le pilote venait de débarquer. Selon un témoignage anonyme recueilli par le marin, le bruit a été cependant conséquent.

Après une rotation sur Toulon, le navire se présente à Bastia le 1er juin au matin. À l’entrée du port, black-out. Selon la préfecture maritime de Toulon, le navire, pilote à bord, a évité des pêcheurs avant de rejoindre le quai avec un remorqueur paré.

Après une heure trente d’intervention sur les générateurs, il repart pour Île-Rousse et effectue une dernière rotation pour Toulon avec un peu plus de 1 000 passagers et 87 membres d’équipage. À bord, affirme Corsica Ferries, c’est à ce moment-là seulement que l’équipage découvre une « légère » entrée d’eau dans une soute à combustibles. À l’arrivée à Toulon, des plongeurs mandatés par la société de classification Rina attendent le Mega Express 5 et découvrent une éraflure sur 50 mètres de long avec une fissure de 4 cm. Le navire part à vide dans la soirée même pour La Spezia où il reste en cale sèche du 2 au 9 juin.

Questions : Corsica Ferries n’a-t-il pas joué avec la sécurité de ses passagers, d’abord, et avec l’environnement marin, ensuite ? Informé par le marin des détails de l’incident, la préfecture maritime de Toulon s’interroge. « Le black-out total de 10 minutes est l’unique information transmise au CrossMed, indique le porte-parole de la Prémar à Toulon. À aucun moment nous n’avons été informés d’un talonnage. Le contrat de confiance entre le capitaine d’un navire et le centre opérationnel de l’État côtier prévoit pourtant d’être prévenu de manière sincère et complète. La sécurité de la navigation et le respect de l’environnement marin sont au-dessus de tout. »

Selon Corsica Ferries, le black-out n’est pas lié à la présence d’eau salée dans les réservoirs de gas-oil mais «  à une baisse de pression de l’air de contrôle sans rapport avec l’événement précèdent », les fameuses « vibrations » ressenties le 31 mai. L’armateur est formel : « Il n’y avait pas de risque de pollution car l’entrée d’eau était dans un « void space » », d’où, selon lui, l’absence de nécessité de prévenir le CrossMed.

Le commandant du Mega Express 5, âgé de 65 ans, a « effectué quelques saisons sur ces lignes » et « était à bord depuis le 16 mai pour une relève d’un mois », justifie Corsica Ferries.

Le centre de sécurité des navires des Affaires maritimes n’a pas pour l’instant eu consigne de diligenter d’enquête particulière. « L’affaire va se traiter entre les deux BEA (NDLR bureau enquête accident) français et italien », se contente de dire Bruno Célérier, directeur adjoint de la direction interrégionale des Affaires maritimes de Méditerranée.

Corsica Ferries affirme avoir remis l’enregistrement VDR (boîte noire) « aux autorités italiennes qui ont effectué une visite ISM additionnelle avant la remise en service qui a eu lieu le 9 juin ». La Prémar aura néanmoins peut-être la curiosité d’écouter les enregistrements VHF du Cross.