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Accueil articles 4-EUROPE: en sortir, s'en sortir !

Portugal la CGT et le parti communiste avec deux grèves générales et 11 mois de lutte font échec à la réforme du code du travail

23 juin 2026
Temps de lecture18 mins de lecture
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Le syndicaliste ouvrier Tiago Oliveira est mécanicien et secrétaire général de la Confédération Générale des Travailleurs au Portugal. Il a mené deux grèves générales et après 11 mois de lutte ininterrompue, les travailleurs portugais sont parvenus à faire tomber la réforme du travail néolibérale du gouvernement de droite. Une comparaison évidente à faire avec la CGT de Sophie Binet, qui depuis deux ans n’organise aucune mobilisation générale.

Portugal : une victoire ouvrière contre la réforme du Code du travail, fruit de onze mois de lutte unitaire

El sindicalista obrero Tiago Oliveira es mecánico y secretario general de la Confederación General de Trabajadores en Portugal. Ha liderado dos huelgas generales y tras 11 meses de lucha ininterrumpida han logrado tumbar la reforma laboral neoliberal del gobierno derechista. pic.twitter.com/52Ve7HphBf

— Fonsi Loaiza (@FonsiLoaiza) June 20, 2026

Lisbonne, juin 2026. Le Parlement portugais a rejeté le « Pacote Laboral », ce vaste projet de réforme du droit du travail porté par le gouvernement de droite minoritaire de Luís Montenegro (PSD/CDS). Ce recul, obtenu après 330 jours de mobilisation intense, constitue une victoire majeure des travailleurs portugais. Comme l’a souligné Paulo Raimundo, secrétaire général du Parti communiste portugais (PCP), lors de la marche « Luta, caminho da Vitória », cette défaite du patronat et de ses relais politiques démontre que « ce qui était jugé impossible est devenu possible » grâce à la lutte organisée.

Depuis le 24 juillet 2025, date à laquelle le gouvernement a déclaré « la guerre aux travailleurs », la Confederação Geral dos Trabalhadores Portugueses – Intersindical Nacional (CGTP-IN) a conduit une campagne d’une ampleur remarquable. Deux grèves générales ont été organisées : la première le 11 décembre 2025, la plus massive depuis des décennies avec plus de trois millions de participants selon la centrale syndicale, et la seconde le 3 juin 2026. Des manifestations nationales ont rythmé le calendrier : 20 septembre, marche nationale du 8 novembre, 13 janvier 2026 avec la remise de plus de 190 000 signatures d’un below-assinado, 28 février, 17 avril, 1er Mai et concentration du 18 juin devant l’Assemblée de la République. Des milliers de plenários dans les entreprises et les services ont permis de construire la conscience et l’unité interprofessionnelle. C’est une démonstration de force des outils de mobilisations auxquels sensibilisent depuis des années les militants communistes du PRCF : assemblée générale interprofessionnelle à la base pour construire et conduire la lutte, manifestation nationale pour la coaliser, la dynamiser et faire grandir la consicence de classe ainsi que le rapport de force.

Le texte visait à flexibiliser le marché du travail au profit du capital : facilitation des licenciements sans juste cause, notamment dans les PME, élargissement du recours à l’externalisation, déséquilibre du banco de horas, restrictions sur les droits parentaux, affaiblissement de la négociation collective, allongement des horaires et atteinte à la liberté syndicale et au droit de grève via l’extension des services minimums. Il s’agissait d’une offensive classique pour baisser les salaires, précariser l’emploi et affaiblir les acquis issus de la Révolution des Œillets.

Une réforme dictée par l’agenda de Bruxelles

Cette offensive ne surgit pas du vide. Elle s’inscrit directement dans les recommandations du Semestre européen 2025 de la Commission européenne. Celles-ci insistent sur la nécessité d’accroître la flexibilité du marché du travail, d’améliorer la « compétitivité » et la productivité, de réduire la « segmentation » tout en promouvant une plus grande adaptabilité des entreprises aux chocs économiques. Derrière le langage technocratique de Bruxelles se cache l’exigence permanente d’aligner les législations nationales sur les intérêts du grand capital européen : affaiblir les protections collectives, faciliter les licenciements, limiter le coût du travail.

Le gouvernement de droite de Lisbonne n’a fait qu’appliquer cette feuille de route. Comme le rappelle le PCP, il s’agit de la « Europe du capital » et de ses orientations rétrogrades que la lutte des travailleurs portugais a contribué à battre, avec une portée internationale. Le Portugal illustre ainsi comment les institutions européennes exercent une pression continue sur les gouvernements, de droite comme de centre-gauche, pour démanteler les acquis sociaux au nom de la « modernisation » et de l’attractivité pour les investisseurs.

CGTP-IN et PCP : le moteur des victoires de la lutte de classe

Au cœur de cette victoire se trouve la CGTP-IN, grande centrale syndicale de classe des travailleurs portugais, en lien étroit et historique avec le Parti communiste portugais. La CGTP n’a pas seulement appelé aux grèves et aux manifestations ; elle a construit pas à pas l’unité interprofessionnelle, du privé à la fonction publique, en passant par les entreprises du secteur public. Des milliers de réunions, de contacts et d’actions de terrain ont permis d’isoler le gouvernement et ses soutiens (Chega et Iniciativa Liberal).Le PCP, de son côté, a joué un rôle politique décisif : dénonciation sans relâche des objectifs patronaux, clarification des enjeux de classe, mobilisation des consciences. Comme l’affirme Paulo Raimundo, cette lutte a réaffirmé « le rôle décisif de la CGTP-IN dans la promotion de la lutte et de l’unité ». Le parti communiste portugais, avec son ancrage de plus d’un siècle dans la classe ouvrière et sa fidélité aux valeurs d’Avril, apparaît ici comme l’outil indispensable pour transformer la résistance syndicale en offensive politique. Sans ce parti de classe, la mobilisation, aussi puissante soit-elle, aurait manqué de perspective stratégique.La victoire est totale : le Pacote Laboral a été rejeté par le Parlement le 19 juin 2026. Sous pression populaire, l’extrême droite et le PS n’ont plus été en mesure de soutenir le gouvernement minoritaire de droite.

Le gouvernement de droite essuie un revers sévère. Cette défaite empêche, pour l’instant, une nouvelle vague d’attaques contre les salaires, les droits parentaux, la Sécurité sociale et les services publics.

Ce que le Portugal révèle des faiblesses en France

Cette victoire portugaise met en lumière ce qui manque cruellement en France depuis plusieurs années. Au Portugal, la CGTP-IN et le PCP ont su construire un rapport de force durable, interprofessionnel, dans la durée, en combinant grèves générales, manifestations de masse, travail de terrain et perspective politique claire. En France, depuis 2023, et comme le confirme le 54e congrès de cette confédération, la CGT dirigée par Sophie Binet semble plus préoccupée de courir au sein de la Confédération européenne des syndicats (CES) à la suite de la CFDT que de construire un agenda de lutte sociale offensif et unitaire.

Pourtant, les attaques pleuvent : baisse massive des salaires réels face à l’inflation, précarité généralisée, démantèlement exponentiel des services publics. Le gouvernement Macron, avec l’appui actif et complice du Rassemblement national et du Parti socialiste, a imposé la contre-réforme des retraites de 2023. Tournant le dos aux mobilisations massives, Sophie Binet a célébré comme une victoire l’ajout de pécadilles permettant à Macron d’enteriner cette réforme dictée par Bruxelles et un besoin massifs d’économies pour financer l’économie de guerre. Des mobilisations qui historiques comme au Portugal auraient permis de vaincre, si elles n’avaient été détournées d’une stratégie de rapport de force par une CFDT résolue uniquement vers l’accompagnement du recul de l’age de départ à la retrait, elle qui avait soutenu la version précédente de la contre réforme en 2019. Aucune stratégie de rapport de force interprofessionnel « tous ensemble » n’a été construite depuis lors pour inverser la vapeur. Surtout, la France manque d’un parti communiste à la hauteur de l’histoire et des besoins de la classe ouvrière, contrairement au Portugal où le PCP reste un acteur central de la lutte de classe. Sans outil politique capable de donner une perspective de rupture avec le capitalisme et les diktats de l’Union européenne, les mobilisations syndicales, même combatives, peinent à se transformer en victoires durables. Le Portugal montre le chemin : une centrale syndicale de classe ancrée dans les entreprises, un parti communiste qui assume pleinement son rôle de direction politique, une stratégie de mobilisation construite dans la durée et l’unité interprofessionnelle, et une volonté de rompre avec l’agenda néolibéral dicté par Bruxelles. C’est à ce prix que les travailleurs peuvent arracher des victoires et rouvrir la perspective des conquêtes sociales.

La leçon est claire : là où existe une force communiste organisée et une centrale syndicale combative qui refusent la soumission, la lutte peut vaincre. En France, rétablir ces conditions est la condition sine qua non pour que reviennent les temps des victoires ouvrières. La victoire portugaise n’est pas un épiphénomène ; elle est un exemple à méditer et à reproduire. Elle démontre que l’engagement politique dès maintenant avec le PRCF pour faire avancer ce chemin, c’est construire les prochaines victoires en ouvrant les perspectives de mobilisations et de luttes gagnantes.


Résolution – Rejetons le projet de loi sur le travail ! | Le combat continue CGTP

Le succès retentissant de la grève générale du 3 juin a confirmé le rejet croissant par les travailleurs du contenu du programme de réforme du travail, a prouvé la pertinence de cette journée de lutte et a démontré que les travailleurs ne se résignent pas à la situation , qu’ils exigent l’abandon du programme de réforme du travail et qu’ils sont déterminés, dans ce combat, à mettre fin à la politique qui compromet l’avenir du pays.

Cela démontre également que, même à une époque marquée par d’énormes difficultés dues aux bas salaires et à l’augmentation continue et brutale du coût de la vie, aggravées par de nouvelles hausses des taux d’intérêt sur les prêts immobiliers, les travailleurs n’ont pas baissé les bras et ont pris le relais , ce qui a entraîné une participation massive dans tous les secteurs.

Les travailleurs savent que le projet de loi sur le travail actuellement examiné par l’Assemblée de la République aggrave une législation déjà très défavorable aux travailleurs . Ce texte vise à perpétuer les bas salaires, à imposer des licenciements abusifs, à aggraver et à maintenir la précarité de l’emploi, à déréglementer davantage le temps de travail et à l’allonger, à restreindre les droits à la maternité et à la paternité, à anéantir la négociation collective et les droits qu’elle garantit, et à porter atteinte à la liberté syndicale et au droit de grève.

La programmation du débat général et du vote aux 18 et 19 juin, avant même la fin de la période de consultation publique, ainsi que la tentative de masquer cet objectif par une manœuvre parlementaire consistant à retirer une date prévue à la dernière minute, révèlent la fragilité de la position d’un gouvernement qui ne peut justifier la poursuite de ce processus .

Nous n’acceptons pas les reculs ; nous exigeons une autre voie dans laquelle les travailleurs soient valorisés, avec une politique qui défende et renforce les services publics et les fonctions sociales de l’État, et qui garantisse une vie digne à tous ceux qui travaillent et ont travaillé, fondée sur les droits d’avril, inscrits dans la Constitution, et qui doivent être respectés.

Par conséquent, les travailleurs présents à ce rassemblement protestant contre le rejet du paquet travail exigent :

– Le rejet sans équivoque du Paquet Travail par les partis politiques représentés à l’Assemblée de la République lors du prochain vote général, respectant ainsi la volonté des travailleurs, clairement exprimée dans la lutte qu’ils ont menée ;

 – Voter contre le paquet travail ou tenter de le renvoyer en commission sans vote est inacceptable , car l’abstention reviendrait à permettre au paquet travail d’aller de l’avant, et ceux qui le font, quelles que soient leurs rhétoriques, seront tenus responsables par les travailleurs de cet affront à leurs droits ;

Dans cette nouvelle phase de la lutte, que nous avons qualifiée d’exigeante, d’urgente et de prolongée, nous sommes prêts à poursuivre le combat pour faire échouer le Plan travailliste, en défense des droits et de meilleures conditions de vie.

Par conséquent, nous supposons à partir de ce point :

– Intensifier la lutte pour faire échouer le paquet travailliste , poursuivre la forte mobilisation exprimée lors de la grève générale, renforcer les revendications sur les lieux de travail , dans les entreprises et les services, en faveur d’augmentations de salaires, de droits, d’embauches et de négociations collectives, en créant les conditions permettant de progresser vers l’appréciation et la réalisation de meilleures conditions de vie et de travail ;

– La position sera prise demain , le jour où le paquet travail sera soumis au vote à l’Assemblée de la République ;

– Le développement d’ actions ouvrières dans les entreprises, sur les lieux de travail et dans les rues , dans divers secteurs et à travers tout le pays, pour s’opposer au paquet travail et le vaincre, et pour défendre les droits et les revendications des travailleurs ;

– La détermination à recourir à toutes les formes de lutte que la situation exige , en vue de faire échouer le projet de loi sur le travail, de défendre les droits des travailleurs et d’améliorer leurs conditions de travail et de vie, appelant tous les travailleurs à rester fermes dans ce combat, et toutes les structures syndicales et organisations de travailleurs à maintenir leur position , leur implication et leur convergence dans la lutte pour rejeter le projet de loi sur le travail.

Nous poursuivons donc la lutte contre la régression et l’exploitation, en commençant par le paquet travail qui défend les droits, pour l’abrogation des dispositions contraignantes de la législation du travail déjà en vigueur, pour des salaires plus élevés, plus de droits et de meilleurs services publics .

Le combat continue – Vers la défaite du programme travailliste !

Lisbonne, 18 juin 2026

Discours de Paulo Raimundo, secrétaire général du PCP, mars « Lutte, chemin vers la victoire »

La lutte, le chemin vers la victoire.

Quel voyage important nous entreprenons ici, et nous avons plus que de bonnes raisons de le penser. Voici la marche de la victoire, voici la célébration du travail, de la résistance, de la lutte. 

Nous avons dit : nous n’abandonnerons pas, le projet de loi va échouer, et il a échoué. Grande victoire pour les travailleurs ! Le projet de loi sur le travail a été rejeté. 

C’est le moment de saluer une fois encore les travailleurs et travailleuses pour leur lutte, leur persévérance, leur unité et leur force. C’est grâce à chacun d’entre eux, par leur détermination, leur fermeté et leur combativité, que cette victoire a été possible. 

Pour le Parti communiste portugais, ce grand événement, avec tous les enseignements qu’il comporte, est un encouragement et donne une grande confiance pour l’avenir, dans cette lutte continue pour les salaires, les retraites, les services publics, pour une nouvelle direction pour le Portugal. 

La lutte est la voie de la victoire, et cette victoire de la lutte ouvrière revêt une importance politique considérable. Elle représente une défaite pour les projets et le programme rétrogrades et antidémocratiques du gouvernement PSD/CDS et de ses alliés. Elle démontre l’immense force de la lutte organisée. Elle renforce la confiance dans les possibilités de résister et de vaincre, même dans des conditions défavorables. Elle prouve la justesse de maintenir la lutte comme élément décisif, de ne pas renoncer ni d’attendre ce que seule la lutte ouvrière pouvait et a décidé. Elle a également une importante portée internationale, avec la défaite des thèses, des orientations et des projets de cette Europe capitaliste. 

Depuis le 24 juillet 2025, les travailleurs n’ont pas cessé le travail un seul jour en réponse à la déclaration de guerre dont ils ont été victimes. Ce furent 330 jours de résistance et de lutte, de construction de l’unité et de démonstration de force, isolant le gouvernement et tous ceux qui ont œuvré sans relâche pour soutenir le programme syndical. Trois cent trente jours qui ont ébranlé les ambitions de ceux qui se croient propriétaires de tout et qui ont permis la victoire des travailleurs.

Les travailleurs ont fait entendre leur voix et leur force ; le projet de loi sur le travail a été rejeté, et ce, jour après jour. Cela s’est manifesté lors des milliers de séances plénières, de réunions ouvrières, de manifestations et de campagnes de sensibilisation. Dans les milliers de conversations, de réunions, de documents et de contacts, par tous les temps, de jour comme de nuit, et jusqu’aux aurores, cela s’est manifesté lors de la manifestation du 20 septembre, de la Marche nationale du 8 novembre, de la Grève générale du 11 décembre, de la manifestation du 13 janvier avec la remise de plus de 190 000 signatures. Cela s’est manifesté lors des manifestations des 28 février et 17 avril, des commémorations populaires du 25 avril, de la grande journée de lutte du 1er mai et de la Grève générale du 3 juin. Ce fut le cas lors du rassemblement du 18 juin devant l’Assemblée de la République, sous une chaleur accablante, et lors de la participation des dirigeants, des délégués syndicaux et autres représentants des travailleurs vendredi dernier dans les tribunes de l’Assemblée de la République, pendant le vote sur le paquet travail. 

Ce fut l’un des mouvements les plus intenses de la lutte des travailleurs portugais. Une lutte qui contribua à sensibiliser l’opinion publique à l’attaque que cette proposition représenterait contre les travailleurs et leurs droits. 

Une lutte qui a isolé le gouvernement PSD/CDS et ceux qui, comme Chega et IL, ont ouvertement soutenu cette attaque dès le début. 

Une lutte d’une telle force, à en juger par ce qu’elle avait affirmé pendant des mois, par son expression lors des débats et des votes à l’Assemblée de la République, et par ce qui était prévu pour sa suite, qu’elle a contraint certains à faire ce qu’ils n’avaient jamais voulu faire. Une lutte d’un tel impact qu’elle les a forcés, contredisant ce qu’ils avaient déclaré la veille, à n’avoir d’autre choix que de voter contre, même lorsque leurs propositions rejoignaient les attaques du gouvernement contre les travailleurs.

Une lutte qui s’est avérée décisive, menant d’abord au rejet du programme de réforme du travail, puis à son échec.

Une lutte qui a réaffirmé la CGTP-IN, principale confédération syndicale des travailleurs portugais, avec son rôle décisif dans la promotion de la lutte et de l’unité, et avec son intervention dans le processus remarquable qui s’est développé, comme une garantie solide pour la défense des droits et l’amélioration des conditions de vie des travailleurs.

Et de là, une fois de plus, nous saluons la CGTP-IN, le mouvement syndical uni, et tous les syndicats et structures qui se sont joints à cette lutte ; un grand salut à leur courage, leur détermination, leur persévérance et leur contribution à la construction de l’unité des travailleurs.

Nous avons fait échouer le projet de loi sur le travail, nous avons rendu possible ce que beaucoup considéraient comme impossible. Ils peuvent revenir avec de nouvelles mesures, tenter de bricoler ce qu’ils n’ont pas réussi à obtenir ensemble, utiliser de nouvelles manœuvres pour imposer des bas salaires, encourager les licenciements abusifs, généraliser la précarité de l’emploi et accroître l’insécurité, déréglementer davantage le temps de travail, promouvoir le travail non rémunéré et faire de la vie personnelle et familiale des travailleurs un véritable enfer, réduire les droits des mères et des pères, fondement des droits effectifs des enfants. Ils peuvent tenter de riposter en s’attaquant aux droits collectifs des travailleurs, en affaiblissant la négociation collective, en remettant en cause le droit de réunion, d’intervention et d’information des syndicats, et en limitant le droit de grève.

Ils peuvent réessayer, car ils retrouveront la force, l’organisation et l’unité des travailleurs, car cette lutte n’a pas seulement abouti à l’échec du programme de réforme du travail ; elle a constitué une immense victoire sur les plans social, politique et idéologique. La lutte et la force organisée des travailleurs ont ouvert la voie à la rupture et au changement nécessaires.

La voie de la rupture et du changement, avec une politique soumise à l’Union européenne et à l’impérialisme, d’une reprise monopolistique avec un programme rétrograde, néolibéral et antisocial, s’attaquant aux droits, aux libertés démocratiques et à la Constitution de la République portugaise. 

Les bouleversements et les changements qui permettront d’enrayer la hausse du coût de la vie, notamment celle des prix des produits alimentaires, du carburant et du logement.

Cela met fin aux attaques contre les services publics, avec le démantèlement accéléré du Service national de santé au profit des groupes privés dans le secteur de la santé, la dégradation des écoles publiques et l’élitisme croissant de l’éducation, l’attaque contre la sécurité sociale et le détournement de centaines de millions d’euros de cotisations syndicales vers les poches du grand capital, et la création d’une soi-disant prestation sociale unique qui réduit le soutien et stigmatise la pauvreté. 

La rupture et le changement qui nous sauvent d’une politique qui aggrave la crise du logement avec les hausses de taux d’intérêt décidées par la BCE, une politique qui entrave le réseau public de crèches et la réponse aux besoins des personnes âgées. 

Une rupture et un changement sont nécessaires pour rompre définitivement avec cette politique malheureuse qui accentue la contradiction entre la satisfaction des intérêts des travailleurs et du peuple et le développement du pays, avec la succession de profits réalisés ces dernières années par les principaux groupes économiques et les multinationales, approfondissant la concentration et l’accumulation du capital, ainsi que la fuite des capitaux à l’étranger.

Cette politique désastreuse alimente et ouvre la voie au transfert d’entreprises nationales à des capitaux étrangers, aux privatisations – comme celle de TAP ou des lignes ferroviaires CP – de dizaines de PPP anciens et nouveaux, à la spéculation immobilière, à la mise en œuvre d’avantages fiscaux favorisant des groupes économiques, à la cession d’actifs de l’État et d’autres ressources publiques, garantissant ainsi à de grands capitaux des milliards d’euros de loyers pour les décennies à venir, au détriment des intérêts nationaux.

Nous ne voulons pas, nous n’avons pas besoin de ce Portugal aux mains de grands groupes économiques, ni de cette politique de droite réaffirmée ces derniers jours au congrès du PSD. Nous ne voulons pas, nous n’avons pas besoin de ce plan de pillage des ressources du pays, nous ne voulons pas de ce programme réactionnaire de régression, de soumission et d’exploitation, ce programme partagé par CDS, Chega et IL et dont le PS ne se désolidarise pas.

Plus le pays sera entre les mains et au service de quelques-uns, plus l’exploitation sera grande et plus la vie de ceux qui travaillent, de ceux qui ont travaillé toute leur vie et des jeunes se dégradera.

Nous voulons, nous avons besoin et nous ne renoncerons pas à notre pays et à la vie à laquelle nous avons droit. Nous voulons, nous avons besoin et nous avons le droit à un pays où règnent les salaires, les pensions, les services publics et la souveraineté. Nous voulons et avons besoin d’un pays où les droits, la dignité, le temps de vivre, une vie meilleure pour les travailleurs, pour ceux qui sont essentiels, pour ceux qui créent la richesse, pour ceux qui font tourner le pays.

Le pays a besoin de progrès, pas de régression supplémentaire ; il a besoin d’une politique et d’une alternative patriotiques et de gauche. 

Voici le PCP et tous ceux qui souhaitent nous rejoindre sur la voie du progrès. Voici le PCP et tous ceux qui souhaitent nous rejoindre dans ce combat pour une vie meilleure, pour l’augmentation des salaires et des pensions, pour la défense des services publics, à commencer par le Service national de santé, pour un avenir meilleur pour le Portugal.  

Voici la revendication, voici la voie, voici le combat que nous menons. Et pour cela, le rôle du PCP (Parti communiste portugais) est décisif. Son histoire de plus d’un siècle le démontre, et en toute situation, à chaque tournant, dans les circonstances difficiles, quand d’autres hésitent ou abandonnent, le PCP est là, il est toujours présent. L’année écoulée l’a encore clairement montré. 

Le Parti communiste portugais (PCP) a été le parti essentiel dans la lutte pour vaincre le Paquet travailliste, contribuant de manière importante à dénoncer les objectifs du grand patronat et ses instruments, à informer et mobiliser les travailleurs, et à sensibiliser la population générale au lien entre cette lutte et l’offensive plus large contre leurs conditions de vie. 

Le Parti qui a montré la voie de la lutte, exigeant l’intervention et la confiance dans la victoire. Nous sommes le Parti indispensable. Un rôle indissociable de ses principes, de son action, de son intervention et de son lien avec les masses. Un rôle indissociable de son identification aux aspirations des travailleurs, de la jeunesse, du peuple, à la démocratie, à la souveraineté et à l’indépendance nationales, à la paix, aux valeurs d’Avril et à l’idéal et au projet du dépassement révolutionnaire du capitalisme par le socialisme.

Un PCP plus fort est nécessaire et possible. Forts d’une confiance inébranlable dans les masses, dans la force des travailleurs, dans la sagesse du peuple, dans l’audace et la joie de la jeunesse, nous poursuivons la lutte, voie de la victoire.

Tags: EuropePCPPortugal
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