Depuis une semaine le peuple macédonien manifeste massivement contre l’adhésion à l’UE et a l’OTAN imposée par la classe dominante et ses avatars politiques. Comme pour la France, l’élite locale foule au pied le rejet populaire par l’abstention massive dans les urnes lors du référendum pour l’adhésion à l’UE. Il est clair pour les Macédoniens que l’UE est une prison étouffant toute souveraineté et démocratie tout en imposant les ténèbres d’une austérité perpétuelle amenant à la ruine des nations. Et que dire de l’OTAN ? Bras armé des États-Unis, véritable fabrique des guerres depuis des décennies qui a déjà amené tellement de misères aux Balkans et aux peuples fédérés de l’ex-Yougoslavie, particulièrement aux Serbes et aux Macédoniens. Personne ne sera surpris qu’elle ne soit pas en odeur de sainteté.

C’est que dans le contexte de guerre impérialiste lancée par les USA et leur vassal qu’est l’Union Européenne contre la Russie, via Ukraine interposée, la Commission européenne a décidé d’accélérer l’élargissement de l’Union Européenne. Après avoir validé la candidature de Kiev, elle vient d’annoncer accepter les candidature de l’Albanie – un État notoirement corrompu et qui d’après Europol l’une des principale mafia en Europe, ce que confirme un récent rapport du Sénat – et de la Macédoine. Soufflant à nouveau sur les braises balkaniques, en intensifiant l’encerclement de la Serbie. Depuis l’explosion de la Yougoslavie provoquée par Berlin et Bruxelles, y compris par des guerres menées par l’OTAN, la situation de la Macédoine est si terrible que selon les statistiques de la Banque mondiale, un quart de la population s’est exilée ces dix dernières années.

Rappelons que le peuple macédonien a en mémoire sa violente et sanglante occupation par le régime fasciste bulgare, partie du IIIe Reich en 1943.


Revue de presse : Le compromis pour l’adhésion à l’UE de Skopje est vu comme une «soumission», selon Alexis Troude

Alexis Troude, chercheur en géopolitique spécialiste des Balkans indique que l’accord signé entre la Macédoine du Nord et la Bulgarie  en vue de lancer l’adhésion de Skopje à l’UE, est rejeté par l’opposition et le peuple.
Selon le diktat de l’UE, pompeusement intitulée « proposition française » en raison de la présidence de l’UE par la France,  la Macédoine du Nord doit notamment s’engager à modifier sa Constitution afin d’inclure les Bulgares dans les groupes ethniques reconnus, et de «mettre en œuvre» un traité d’amitié de 2017 visant à éradiquer les discours de haine.
«Pour le peuple macédonien, c’est une compromission, une soumission aux Bulgares, et c’est l’acceptation d’un diktat de l’Union européenne», explique le chercheur.
Rappelons que l’UE et le gouvernement grec avaient obligé la Macédoine a changé le nom de son État en Macédoine du Nord en 2018. Visiblement l’UE n’a pas fini d’allonger la liste des ses diktats au peuple macédonien.
Soulignons également que le « compromis » a également été imposé par l’UE à la Bulgarie.