#europe Il ne saurait y avoir de bons États Unis d’Europe ! #ICWPE

 Le 10 décembre 2016 était organisé à Ahtène un séminaire internationale sur le thème ” Un siècle après la publication du travail de “Sur le slogan des Etats Unis d’ ” par la délégation du parti communiste grec (KKE) au parlement européene, en réponse à l’appel du Plenum des Partis de “l’Initiative Communiste Européenne ” dont le PRCF est membre pour la France.

A la demande de nos camarades du P.C. de Grèce, l’article ci-dessous a été adressé en plusieurs langues à nos camarades en vue du colloque d’Athènes sur le centenaire de l’article fameux de Lénine : « A propos du mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe ».

Voici la première publication sur internet de l’analyse produite à ce sujet par la commission internationale du PRCF. (Read in english below / Leer en español a continuación )
Les délégations de 20 partis communistes et ouvriers ont participé à ce séminaire qui a mi en lumière les problèmes actuels sérieux et complexes posés aux travailleurs par les unions et accords supranationaux capitalistes. (Parti des travailleurs d’autriche, parti communiste du Venezuela, Nouveau Parti Communiste de Grande Bretagne, Parti Communiste unifié de Géorgie. Parti Communiste du Danemark, KKE, Parti des travailleurs d’Irlandes, Parti Communiste des Peuples d’Espagne, Parti Communiste Italie, Mouvement socialiste du Kazakhstan, Parti communiste des ouvriers de Biélorussie. Front socialist populaire de Lituaniie? Parti Communiste Mexicain, Parti Communiste Norvégien, Parti des travailleurs de Hongrie, Union des Communites d’Ukraine, Parti Communiste des ouvriers russes, Nouveau parti communiste de Yougoslavie, Parti communiste de Suède, Parti Communiste Turquie)
L’ensemble des contributions sont disponibles sur le site de l‘Initiative communiste européenne.

Il ne saurait y avoir de bons États Unis d’Europe

Lors du premier conflit mondial, l’opportunisme et le social-impérialisme prirent deux formes d’allure contradictoire, mais en réalité complémentaires et aussi contre-révolutionnaires l’une que l’autre.

D’une part, pas l’adhésion pseudo-patriotique des partis socialistes occidentaux à l’ « union nationale » avec leur bourgeoisie impérialiste respective pour envoyer les prolétaires s’entretuer pour le partage impérialiste du monde. Anatole France, le premier écrivain français à rallier le jeune PCF-SFIC, fit justice de ce courant « social-patriote » quand il déclara : « on croit mourir pour la patrie et l’on meurt pour les industriels ».

Le social-impérialisme s’est également traduit par un courant d’apparence internationaliste, qu’ont personnifié à des degrés divers Kautsky, Martov ou Trotski. Ce courant proposait de sortir de la guerre impérialiste par la mise en place des « États-Unis d’Europe » ou – pour mieux farder de rouge ce projet pseudo-pacifiste – par la constitution des « États-Unis socialistes d’Europe ». Cette perspective moins internationaliste que supranationaliste, était surtout portée par les dirigeants « centristes » de la II ème Internationale ; celle-ci prétendait en effet – à défaut d’appeler au défaitisme révolutionnaire cher à Liebknecht et à Lénine – arbitrer le conflit inter-impérialiste en proposant la « solution » hyper-impérialiste d’une Europe fédérale (déjà !), en entendant par là l’unification prétendument pacifique de l’Europe capitaliste sur le modèle de la Suisse ou des États-Unis d’Amérique.

D’emblée, Lénine vit clair sur cette diversion européiste ; dans son fameux article de 1916, le dirigeant bolchevik expliqua qu’ « en régime capitaliste, les États-Unis d’Europe ne sauraient être qu’utopiques ou réactionnaires ». Quant à l’unification politique à venir des peuples d’Europe et du monde, elle ne pourrait résulter que de la révolution prolétarienne, si bien que proposer les E.-U.E. revient, soit à enjoliver les cartels de type hyper-impérialiste entre États capitalistes, soit à proposer une pseudo-solution progressiste qui, au mieux, présente comme une issue révolutionnaire ce qui est précisément le problème à résoudre : celui du passage révolutionnaire au socialisme de plusieurs pays européens s’unissant entre eux à l’instar de ce que firent, après Octobre 17, les Républiques soviétiques qui s’associèrent à la Russie rouge.

Sans revenir sur le détail de l’argumentation léniniste, on est frappé par la modernité de sa critique des « États-Unis d’Europe ». Depuis toujours en effet, le social-européisme ignore un fait majeur souligné par Lénine : l’impérialisme est inséparable de la tendance aux guerres mondiales pour le repartage du monde, quand ce n’est pas pour le repartage du sous-continent européen lui-même comme nous l’avons vu avec la récente guerre qui conduisit au dépeçage impérialiste de l’ex-Yougoslavie. Certes Lénine admet la possibilité, toute relative et subordonnée, de phases dites « hyper-impérialistes » dans lesquelles les puissances capitalistes s’agrègent provisoirement pour combattre le socialisme, pour faire contrepoids à d’autres puissances capitalistes ou opprimer de concert des pays plus faibles ; mais Lénine souligne aussi que ces cartels d’États prédateurs ne peuvent être qu’instables et transitoires, la tendance principale restant aux antagonismes insurmontables entre grands États fauteurs de guerres. Lénine souligne aussi – et là réside la base objective de la possibilité pour le prolétariat russe de faire sa révolution puis d’engager la construction du socialisme dans un seul pays – que le développement capitaliste est toujours inégal. En conséquence, aucune construction supranationale s’effectuant dans le cadre capitaliste ne saurait sérieusement limiter l’oppression d’un pays par un autre, ni a fortiori accélérer le fusionnement progressiste des nations dans le cadre d’une marche au communisme porteuse de mille diversités nationales, linguistiques, etc.

Dans ces conditions, la question objectivement posée n’est aucunement : s’unir de manière apparemment internationaliste ou s’affronter sur des bases nationales ?. En effet, les guerres impérialistes ne sont pas plus nationales que les paix impérialistes ne sont internationalistes. En réalité, la question de classe que doivent soulever des marxistes, c’est-à-dire des matérialistes, est bien : qui unit qui et contre qui ? En clair, quelle classe s’unit contre quelle autre classe. Si bien que l’union n’est nullement un but en soi tant il est vrai que l’unité des États capitalistes n’est pas moins redoutable pour les peuples que ne l’est leur division car en définitive, elle vise à aggraver, et non à liquider, l’exploitation capitaliste, le pillage des colonies et des néo-colonies, tout en aggravant l’oppression des nations faibles par les nations fortes. Dit en un mot, la paix et l’ entente cordiale entre États capitalistes sont la continuation par d’autres moyens de leurs guerres passées ou à venir. C’est pourquoi, face à l’internationalisme quelque peu abstrait d’une Rosa Luxemburg, Lénine défendait le droit des nations à disposer d’elles-mêmes. Sans cesser de cultiver la « fierté nationale des Grands-Russes », Oulianov aimait citer le propos foncièrement anticolonialiste d’Engels : « un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre ».

Ajoutons une dernière chose, qui concerne la territorialisation de nos luttes de prolétaires européens : s’il est loisible d’envisager, comme le font nos camarades cubains, vénézuéliens, boliviens, etc., qu’une intégration du continent latino-américain traversé par toute une histoire anti-impérialiste puisse être porteuse de progrès universel, comment envisager sérieusement que la cartellisation des vieux États européens plus impérialistes les uns que les autres puisse nous apporter une « Europe sociale et pacifique » ? Croire que la territorialité politique est indifférente, s’imaginer que l’on puisse construire le socialisme dans n’importe quel cadre historique, c’est ignorer la dialectique matérialiste de l’histoire et de la géographie. Ignorer par exemple que la restauration du capitalisme à l’Est est passé par tout un processus de reterritorialisation réactionnaire : dissolution du camp socialiste, Anschluss de la RDA, décomposition de l’URSS, voire de la Russie, éclatement de la République fédérative socialiste de Yougoslavie, etc. Comment par exemple les Européens progressistes pourraient-ils construire le socialisme en s’enfermant dans l’euro-territorialité à tendance transatlantique ? Ce serait se couper suicidairement de la Russie majoritairement asiatique, du bouillonnement des luttes de l’Afrique et du monde arabe, voire de Cuba et de nos frères latino-américains en nous confinant dans un espace hégémonisé par l’axe Washington-Berlin… Pour ne prendre qu’un exemple, n’est-il pas évident que les communistes français sont mille fois plus proches des anticolonialistes africains, dont beaucoup sont francophones, des communistes est-européens, des travailleurs du Sud et de l’Est européen, et bien entendu, des prolétaires allemands, notamment de ceux qui ont été colonisés en 1990, qu’ils ne le sont des Européens friqués qui gravitent autour de la Banque de Francfort, du Parlement de Strasbourg et de la « City » londonienne ? Dis-moi dans quelle carte du monde tu rêves, et je te dirai à quelle classe tu appartiens vraiment !

Aujourd’hui que voyons-nous en Europe et spécialement en France ? Le principal syndicat patronal, le MEDEF, a publié en 2011 un Manifeste typiquement impérialiste puisqu’il s’intitule – sur la base d’un jeu de mots intraduisible – Besoin d’aire, c’est-à-dire à la fois, soif d’oxygène et faim de territoires, “d’espace vital” eût-on dit en 1933… Dans ce texte, le MEDEF proclame qu’il faut en finir avec l’État-nation français, incurablement façonné par plusieurs siècles de luttes révolutionnaires paysannes, bourgeoises-jacobines puis communardes et prolétariennes. En particulier, le MEDEF a par ailleurs sommé les politiciens à son service de « démanteler le programme du Conseil National de la Résistance », en particulier les avancées démocratiques mises en place en 1945 par les ministres communistes : Sécurité sociale, retraites par répartition, nationalisations, services publics, Code du travail, statuts des mineurs et des fonctionnaires, etc. Devenu chef de file du syndicat patronal européen « Businesseurope », l’ex-président du patronat français a également conseillé ses pairs de faire de l’anglais la langue unique de l’entreprise et des affaires…

En conséquence, le manifeste Besoin d’aire appelle sans détour à démonter la République française par en haut et par en bas :

  • par en bas, en la régionalisant au maximum sur le modèle des Länder allemands et en liquidant les communes au profit des « euro-métropoles » ;
  • par le haut en transférant la souveraineté de la nation vers les « États-Unis d’Europe », en bâtissant l’ « Union transatlantique » pilotée par Washington et en alignant les normes sociales de notre pays sur le prétendu « modèle » allemand : vieille tradition de la réaction française qui, des émigrés nobles ralliant les Habsbourg pour abattre la Révolution française au maréchal Pétain collaborant avec Hitler en passant par Thiers s’alliant à Bismarck pour écraser la Commune, s’est toujours cherché de puissants tuteurs étrangers pour réprimer un peuple français jugé incurablement frondeur.

Bien entendu cela ne gêne nullement le MEDEF de soutenir les interventions impérialistes de la France officielle en Afrique, en Ukraine ou au Proche-Orient : tant il est vrai que l’on peut à la fois utiliser ce qui reste de l’État-nation français pour imposer l’ordre néocolonial en Afrique et, que l’on n’a aucun état d’âme pour, du même mouvement, détruire les bases de l’existence nationale française. C’est ainsi que notre oligarchie s’emploie depuis 1968 à liquider le « produire en France » industriel et agricole, de manière à déstabiliser la classe ouvrière et la paysannerie française rouge, et qu’elle sacrifie la langue française au tout-anglais transatlantique pour se faire une place au soleil de l’élite mondialisée…

Face au cynisme antinational de la grande bourgeoisie « française », l’attitude du PCF, désormais totalement décommunisé et affilié à la « Gauche européenne », est indigne de l’héritage patriotique et internationaliste du grand parti communiste qui dirigea l’insurrection nationale contre Hitler. En effet, le PCF actuel a rallié le mensonge social-maastrichtien de « l’Europe sociale, pacifique et démocratique » ; il défend désormais, sur le principe sinon sur les modalités, la construction européenne et son euro maudit qui strangulent tous les peuples européens, prolétariat allemand inclus. Pourtant l’euro n’est rien d’autre qu’une construction instable, une entente prédatrice de type hyper-impérialiste, qui vise à consolider l’hégémonie de l’Axe Washington-Berlin, à favoriser le retour en force de l’Allemagne réunifiée en permettant à la fois la domination mondiale du dollar et l’hégémonie étouffante du deutschemark sur les peuples de France et de l’Europe du Sud. Irréversiblement infecté par trente années de dérives eurocommunistes, le PCF-PGE a abandonné la défense de l’indépendance nationale aux fascistes du FN qui dévoient vers le racisme le patriotisme légitime des ouvriers livrés aux euro-délocalisations. Le PCF se condamne ainsi à suivre le PS maastrichtien discrédité au lieu de forger le rassemblement indispensable pour sortir la France de l’UE par la voie progressiste : c’est ce rassemblement anti-oligarchique que le PRCF nomme le « FR.A.P.P.E. » (Front Antifasciste, Patriotique, Populaire et Écologique, dont l’acronyme français signifie : « frappe »). Car pour construire un tel front, il faudrait associer dialectiquement le patriotisme populaire à l’internationalisme prolétarien pour contrer à la fois le chauvinisme lepéniste et l’euro-cosmopolitisme bourgeois. Comment par exemple peut-on confondre la solidarité internationale des travailleurs et la tâtonnante Europe des luttes avec ce supranationalisme bourgeois cher au PGE qui étend le nationalisme bourgeois aux limites de l’Europe blanche, atlantique et pseudo-chrétienne dont rêvent Aube dorée et Marine Le Pen ?

En réalité, la grande bourgeoisie « française » garde deux fers au feu : pour diviser et prendre en tenaille le peuple français, elle cultive à la fois la xénophobie, en ciblant notamment les travailleurs « musulmans », et l’auto-phobie nationale, nos « élites » préférant à l’héritage de Robespierre les USA de Reagan, l’Allemagne de Schäuble et l’Angleterre de Thatcher. Quant au FN des Le Pen père, fille et nièce, il n’est pas plus national que le PS maastrichtien n’est internationaliste. Par exemple, Marine Le Pen n’appelle pas à sortir de l’UE et de l’euro de manière unilatérale, comme devrait le faire une patriote n’ayant que faire de l’autorisation de Frau Merkel pour rendre à son pays sa souveraineté, par définition inaliénable. Non, le FN propose seulement une « sortie concertée de l’euro » qui soumet le retour de la France à sa souveraineté monétaire et budgétaire à l’impossible feu vert de Berlin… Au fond, c’était là la position de David Cameron qui voulait seulement, en brandissant la menace du BREXIT, obtenir de Bruxelles quelques concessions de surface pour valider ensuite, au moyen d’un référendum à haut risque, l’ancrage définitif de la Grande-Bretagne dans l’Empire euro-atlantique… N’oublions pas en outre que l’UE de Maastricht est la fille affichée de la contre-révolution à l’Est. Des États-Unis d’Europe où le communisme historique est par avance criminalisé, où nombre de PC sont d’ores et déjà interdits, où l’extrême droite nostalgique de Hitler trône dans plusieurs capitales, présentent d’ores et déjà un caractère fascisant, libéral-fascisant voire social-fascisant : libre au PGE de prétendre démocratiser l’euro-maccarthysme, mais libre aussi à Marine Le Pen ou à Orban de juger que l’Europe supranationale n’a décidément rien d’effrayant pour les nostalgiques de l’ « europ », premier nom de la monnaie unique que voulait mettre en place… Adolf Hitler !

Inutile de dire que le PRCF est diamétralement opposé à cette politique biface de l’oligarchie française et de ses appendices nationalistes, sociaux-démocrates et eurocommunistes, voire euro-trotskistes. Refusant à la fois l’union des gauches derrière le PS pro-UE et le gauchisme infantile, qui célèbre l’insurrection sans jamais la faire et qui envoie la classe ouvrière dépourvue d’alliés à l’écrasement militaire par l’État bourgeois en voie de fascisation, le PRCF propose de lutter sans retard pour la sortie immédiate de l’UE/OTAN sur la base d’un programme antifasciste, patriotique et progressiste comportant la nationalisation des secteurs-clés de l’économie dans la perspective d’une coopération égalitaire et d’État à État avec tous les pays de tous les continents. Non seulement il ne s’agit pas d’une « troisième voie » ou d’on ne sait quelle étape réformiste entre capitalisme et socialisme, mais dans les conditions de notre temps qui ne sont plus celles de 1945, ce programme susceptible d’unir les couches populaires et moyennes autour de la classe ouvrière, conduirait certainement à un affrontement national, voire international sans précédent avec l’oligarchie capitaliste : tant il est vrai que la construction euro-atlantique, l’euro, l’UE, le Pacte transatlantique, l’OTAN sont le cœur de stratégie de notre ennemi principal.

A l’encontre des incantations gauchistes qui font en paroles du socialisme le préalable à toute avancée démocratique, la stratégie du PRCF propose les quatre sorties (euro, UE, OTAN, capitalisme) autour des deux drapeaux, le drapeau national et le drapeau rouge du prolétariat mondial, et cela dans la perspective stratégique de la révolution socialiste pour la France. Dans le cadre de ce rassemblement anti-monopoliste, la socialisation des moyens de production et le pouvoir des travailleurs n’apparaissent plus comme des rêves inaccessibles mais comme le terme logique d’une dynamique où la classe travailleuse est de bout en bout la force motrice du processus transformateur. Contrairement au gauchisme, qui dissimule son attentisme sous une phraséologie ronflante, le saut qualitatif vers le pouvoir des travailleurs n’est plus une icône posée sur la cheminée à côté des quarante tomes jamais ouverts d’ Oulianov, mais l’effet voulu et agi des luttes populaires ciblant ici et maintenant les diktats européens, les proconsuls nationaux de l’UE, l’UE elle-même et le maudit euro, ces deux monstres que haïssent d’ores et déjà la majorité des prolétaires d’Europe alors qu’à l’inverse, la grande majorité des travailleurs d’Europe, sans parler des couches moyenne, n’est pas encore en état, dans les très régressifs rapports de forces idéologiques actuels, de saisir d’emblée la nécessité de la dictature du prolétariat.

C’est pourquoi notre attachement au texte de Lénine dénonçant les E.-U.E. n’a rien de passéiste : au moment où Berlin et son piteux suiveur Hollande veulent profiter du BREXIT pour créer la « défense européenne » et le « gouvernement économique de la zone euro », au moment où la « relance de l’idée européenne » passe ouvertement par une militarisation de l’économie visant le peuple russe ami, il faut se souvenir de la métaphore léniniste du « maillon faible ». Loin d’attendre à la manière social-démocrate, une aberrante démocratisation de l’UE en voie de fascisation, loin d’espérer une bien improbable « révolution européenne » singeant à contretemps le Printemps des peuples de 1848, il faut briser la chaîne impérialiste euro-atlantique en son maillon le plus faible. La France pourrait devenir ce maillon tant la construction européenne est contraire à toutes ses traditions, voire à son existence pérenne en tant qu’État-nation, et si l’opposition patriotique et progressiste à l’UE n’est pas brandie par les militants de la classe ouvrière, ce sera Le Pen ou Fillon, qui ne vaut pas plus cher que l’autre, qui souilleront le drapeau des Sans Culotte pour déshonorer notre pays en le livrant aux affrontements sanglants entre racistes et fanatiques religieux. Mais bien entendu, si d’autres peuples, d’autres classes ouvrières, conduits par d’autres partis communistes, pouvaient s’évader les premiers de la prison euro-atlantique des peuples , nous Français serions heureux de les suivre et de passer par la brèche qu’ils auraient ouverte pour tous. Pas pour « refonder l’UE », comme le psalmodie Pierre Laurent, mais pour construire de novo une union des peuples souverains résistant à l’impérialisme, coopérant pour la construction du socialisme, refusant le repli sur la petite péninsule de l’Eurasie et s’ouvrant planétairement à toute l’humanité progressiste.


Encuentro de Atenas por invitación del KKE-Enero de 2017

NO PUEDE HABER « BUENOS  » ESTADOS-UNIDOS  DE EUROPA.

Contribución del Polo de Renacimiento Comunista en Francia (PRCF)

Durante el primer conflicto mundial, el oportunismo y el social-imperialismo tomaron dos formas de aspecto contradictorio, pero en realidad complementarias y tan contra revolucionarias una como la otra.

Por una parte, por la adhesión seudo-patriótica de los partidos socialistas occidentales a la « unión nacional » con su burguesía imperialista respectiva para enviar a los proletarios a entrematarse por el reparto imperialista del mundo. Anatole France, el primer escritor francés quien se juntó con el PCF-SFIC, hizo justicia de esa corriente « social-patriótica » al declarar : « uno cree morir por la patria y uno muere por los industriales ».

El social-imperialismo se ha traducido también por una corriente aparentemente internacionalista, que han personificado en grados diversos Kautsky, Martov o Trotski. Esa corriente proponía salir de la guerra imperialista creando los « Estados-Unidos de Europa » o- para pintar mejor de rojo ese proyecto pseudo-pacifista-por la constitución de « los Estados socialistas de Europa ». Esa perspectiva menos internacionalista que supranacionalista, estaba sobre todo sostenida por los dirigentes « centristas » de la IIa Internacional ; en efecto, ésta pretendía –en vez de llamar al derrotismo revolucionario que les gustaba a Liebknecht y a Lenin- arbitrar el conflicto inter-imperialista proponiendo la « solución » hiper-imperialista de una Europa federal (¡ya !), entendiendo así la unificación supuestamente pacífica de la Europa capitalista según el modelo de Suiza o de los Estados-Unidos de América.

Inmediatamente Lenin percibió claramente esa diversión europeista ; en su famoso artículo de 1916, el dirigente bolchevik explicó que « en régimen capitalista, los Estados-Unidos de Europa solo podrían ser utópicos o reaccionarios ». En cuanto a la futura unificación política de los pueblos de Europa y del mundo, solo podría resultar  de la revolución proletaria, por lo que proponer los E.-U.E. equivale sea a embellecer los cárteles de tipo  hiper-imperialista  entre Estados capitalistas, sea a proponer una seudo-solución progresista que, a lo mejor, presenta como una salida revolucionaria lo que precisamente es el problema por resolver : el del paso revolucionario al socialismo de varios países europeos que se unan entre ellos, como lo hicieron, después de octubre de 1917, las Repúblicas soviéticas que se asociaron con la Rusia roja.

Sin volver sobre los detalles de la argumentación leninista, a uno le impresiona la modernidad de su crítica de los « Estados-Unidos de Europa ». En efecto, desde siempre el social-europeísmo ignora un hecho capital subrayado por Lenin : el imperialismo va parejo con la tendencia a las guerras mundiales para volver a repartirse el mundo, cuando no para volver a partirse el subcontinente europeo mismo como lo hemos visto con la guerra reciente que condujo a la desmembración imperialista de la ex-Yugoslavia. Por cierto Lenin amite la posibilidad muy relativa y subordinada, de fases llamadas « hiper-imperialistas » en las que las potencias capitalistas se incorporan provisionalmente para combatir el socialismo, para hacer contrapeso a otras potencias capitalistas u oprimir conjuntamente a países más débiles ; pero Lenin subraya también que esos cárteles de Estados depredadores no pueden ser sino inestables y transitorios, la tendencia principal vigente siendo la de antagonismos insuperables entre grandes estados alteradores de la paz. Lenin subraya también –y en todo esto reside la base objetiva de la posibilidad para el proletariado ruso de hacer su revolución y de emprender la construcción del socialismo en un solo país-que  el desarrollo capitalista siempre es desigual.

Por consiguiente ninguna construcción supranacional que se efectúe en el marco capitalista podría seriamente limitar la opresión de un país por otro ni a fortiori acelerar la fusión progresista de las naciones en el marco de una marcha al comunismo prometedora de mil diversidades nacionales, lingüísticas, etc.

En estas condiciones, la pregunta planteada objetivamente no es en absoluto : ¿ unirse de manera aparentemente internacionalista  o enfrentarse sobre bases nacionales ? En efecto, las guerras imperialistas  no son más nacionales que las paces imperialistas son internacionalistas. En realidad, la cuestión de clase que deben plantear los marxitas o sea los materialistas, sí que es : ¿ quién une a quién y contra quién ? Claramente, ¿ qué clase se une en contra de qué otra clase ? Por lo tanto la unión no es en absoluto una meta en sí por quedar claro que la unidad de los Estados capitalistas no es menos temible para los pueblos que lo es su división ya que al fin y al cabo persigue la meta de agravar, no de liquidar, la explotación de las colonias y de las neo-colonias, agravando la opresión de las naciones débiles por las naciones fuertes. En pocas palabras, la paz y la Entente Cordial entre Estados capitalistas son la continuación por otros medios de sus guerras pasadas o por venir. Por eso, frente al internacionalismo algo abstracto de una Rosa Luxemburg, Lenin defendía el derecho de las naciones a disponer de sí mismas. Sin parar de defender « el orgullo nacional de los rusos -grandes[1]» Ulianov gustaba de mencionar la declaración profundamente anticolonialista de Engels : « un pueblo que oprime a otros no puede se libre ».

Añadamos otra cosa más, que concierne la territorialización de nuestras luchas de proletarios europeos : si es posible imaginar, como lo hacen nuestros camaradas cubanos, venezolanos, bolivianos etc, que una integración del continente latino-americano  atravesado por toda una historia anti-imperialista conlleve progreso universal ¿ cómo concebir seriamente que la cartelización de los viejos Estados europeos más imperialistas unos que otros pueda traernos  una « Europa social y pacífica »? Creer que la territorialidad política es indiferente, imaginar que se pueda construir el socialismo en cualquier marco histórico, es ignorar la dialéctica materialista de la historia y de la geografía. Ignorar por ejemplo que la restauración del capitalismo en los países del Este pasó por todo un proceso de nueva territorialización  reaccionaria : disolución de los países socialistas, Anschluss de la RDA, descomposición de la Unión Soviética, incluso de Rusia, dislocación de la República federativa  socialista de Yugoslavia, etc. ¿ Cómo,  por ejemplo,  podrían los europeos progresistas construir el socialismo encerrándose en la euro-territorialidad de tendencia transatlántica ? Sería separarse de modo suicida de Rusia mayoritariamente asiática, de la efervescencia de las luchas de Africa y del mundo árabe, e incluso de Cuba y de nuestros hermanos latino-americanos encerrándose en un espacio hegemónico por el eje Washington-Berlin…Para tomar solo un ejemplo, ¿ no es evidente que los comunistas franceses están mil veces más cercanos a los anticolonialistas africanos, de los que muchos son francófonos, a los comunistas de Europa del Este, a los trabajadores del Sur y del Este europeo y claro, a los proletarios alemanes, en particular  a los que han sido colonizados en 1990, que lo son a los europeos adinerados que se mueven alrededor del Banco de Frankfurt,  del Parlamento de Estrasburgo y de la « City » de Londres ? ¡ Dime con qué mapa del mundo sueñas y te diré a qué clase perteneces de verdad !

Hoy en día ¿ qué vemos en Europa y especialmente  en Francia ? El principal sindicato patronal, el MEDEF, publicó en 2011 un Manifiesto típicamente imperialista ya que se titula-basado en un juego de palabras imposible de traducir- Necesidad de área, o sea a la vez sed de oxígeno y sed de territorios, de « espacio vital » se hubiera dicho en 1933…En ese texto el MEDEF proclama que hay que acabar con el Estado-nación francés, incorregiblemente modelado por varios siglos de luchas revolucionarias campesinas, burguesas-jacobinas y después de la Comuna y proletarias. Además el MEDEF ha ordenado  en particular a los políticos que están al servicio  suyo que « desmantelen el Programa del Consejo Nacional de la Resistencia », liquidando en particular los grandes avances democráticos llevados a cabo en 1945 por los ministros comunistas Thorez, Paul, Croizat, Billoux y Casanova : Seguridad social, pensiones de jubilación por repartición, nacionalizaciones, servicios públicos, Código del trabajo, estatutos de los mineros y de los funcionarios etc. Convertido en jefe de fila del sindicato patronal  europeo « Businesseurope », el ex-presidente del  patronato francés ha aconsejado también a sus semejantes que hagan del inglés la lengua única de la empresa y de los negocios…

Por consiguiente el manifiesto Necesidad de área llama  sin rodeos a que se desmonte la República francesa por arriba y por abajo :

  • por abajo, regionalizándola al máximo con arreglo al modelo de los Länder alemanes y liquidando las comunas en provecho de las « euro-metrópolis »,
  • por arriba transfiriendo la soberanía  de la nación hacia « los Estados-Unidos de Europa »,  edificando la « Unión transatlántica » pilotada por Washington y alineando las normas sociales de nuestro país con el supuesto « modelo » alemán : vieja tradición de la reacción francesa que, desde los emigrantes nobles que se adhirieron a los Habsburgos para derrocar la Revolución francesa hasta el Mariscal Pétain que colaboró con Hitler pasando por Thiers quien  se alió con Bismarck para derrotar la Comuna de París,  siempre buscó potentes tutores extranjeros para reprimir un pueblo francés incorregiblemente rebelde.

[1]  Los rusos « grandes » : los de Novgorod, núcleo histórico de la  fundación de Rusia. (Nota de la traductora)


Athens forum convened by the KKE and the Initiative.

Progressist” European United States is a myth

Contribution from the Pole of Communist Revival in France (PRCF)

 

On the occasion of the first world war, opportunism and social imperialism took two apparently opposite aspects, but both were in fact complementary and counter-revolutionary.

On one side, the pseudo patriotic support by the western socialist parties of their respective imperialist bourgeoisie, baptized “national unity”, sent the workers killing each other for the imperialist carving up of the world. Anatole France, the first French writer to join the newly-born FCP (French section of the Communist international) gave its due to this “social-patriotic” trend when he stated: “some think they die for the homeland and they die for the factory owners”.

Social imperialism also took an apparently internationalist aspect, embodied to various degrees by Kautsky, Martov or Trotsky. This tendency suggested moving out of the war by establishing “the United states of Europe” or rather – in order to paint this pseudo pacifist slogan in red: “the socialist United states of Europe”. This prospect, more supranational than internationalist, was mainly put forward by 2nd International centrist elements. They rejected Lenin’s and Liebnecht’s revolutionary defeatism and recommended to arbitrate the inter-imperialist war through a hyper imperialist “solution”: a federal Europe (already!). Hereby, they meant a so called peaceful unification, Switzerland or USA style.

Lenin understood at once this European diversion. In his well-known 1916 article, he explained that “under capitalism, United states of Europe can only utopian or reactionary”. Any future unification in Europe or elsewhere could only emerge through proletarian revolution. Thus, putting forward any “E.U.S”, could only imply two standpoints: either embellishing cartels between imperialist states, or falsely presenting as “progressist” a substitute to the key issue i.e. the revolutionary break to socialism in several countries which would come together, as did some soviet republics and red Russia after October 17.

Leaving out a detailed review of Lenin’s arguments, we cannot but be struck by the modern relevance of his criticism of “E.U.S”. Social Europe adepts have always discarded the key factor stressed by Lenin: Imperialism is intertwined with warlike reshuffles of the world, or even of a sub continent, as we’ve witnessed recently in the carving up of ex-Yugoslavia. Indeed Lenin admitted the possibility of contingent phases in which capitalist powers provisionally join in order to struggle against socialism,  operate as a counterweight to other powers or  jointly plunder weaker countries. But Lenin underlined that cartels between predators can only be unsteady and transitory. The main tendency being antagonistic relations between war-prone major states. Lenin also emphasized that capitalist development is always uneven (and that was the objective base for Russian proletariat to undertake the revolution and then embark on building socialism in a sole country). Therefore, no supranational scheme fostered in capitalist frameworks can possibly limit the oppression of a country by another one, leave alone speed up the progressive fusion of nations in the perspective of communism, which would nurture thousands of national, linguistic, cultural diversities.

In these conditions, the real alternative is by no way neither unity on a phoney internationalist stance nor confrontation on a nationalist position. Indeed, neither imperialist wars can be  national ones, nor imperialist “peace” can be internationalism. The class issue which Marxists, ie materialists have to raise is: who unites with whom and against whom? In other words, which class unites against which other class? It follows that Unity is by no means a goal in itself. A union of capitalist states is not less hazardous for the peoples than their division: both aim at reinforcing, not at liquidating, capitalist exploitation, the plunder of colonies and neo-colonies, while worsening the oppression of weak nations by strong ones. In a word, peace and friendly cooperation between capitalist states are the continuation, through other means, of their previous wars and are paving the way for wars to come. That is why, differing with Rosa Luxemburg’s somehow abstract internationalism, Lenin advocated the right of nations to self disposal. While cultivating “Russian national pride”, he was keen on quoting Engels’s anti colonialist words “a people oppressing another one cannot be a free people“.

One last point concerns the geographic extension of European proletarian struggles. It makes sense, as our Cuban, Venezuelan, Bolivian…comrades think, that an integration of a Latin-American continent, nourished by a prolonged anti imperialist history, could generate world scale steps forward. But how could one seriously imagine that uniting states, each one being more imperialist than the others, would give birth to a “social and peaceful Europe”? Believing that the geographic location is pointless, that we could build Socialism regardless of concrete historical-geographical conditions is disregarding materialist dialectics of time and place. For example, this means discarding that the restoration of capitalist in Eastern Europe went though a complete range of reactionary territorial reshuffles: disbanding of the socialist camp, Anschluss of the GDR, decomposition of the Soviet Union and even of Russia, tearing apart the federal socialist republic of Yugoslavia and so forth. How could progressive Europeans build socialism while remaining in this Euro transatlantic iron collar? That would mean drastically parting from mostly Asiatic Russia, from our Latin American brothers. Isn’t it obvious that French Communists are close to anti colonialist Africans (many speak French), to Communists and workers from southern or eastern Europe, and to German proletariat (particularly those annexed in 1990); We cannot be close to those well-off specimens orbiting around Frankfurt bank, Strasbourg parliament and the “City. Tell me the world map you dream of, I’ll tell you which calss you really belong to.

What can we witness in Europe and specifically in France? The main Bosses organization, the MEDEF, published in 2011 a manifesto entitled “change of era & area”. This manifesto required to end with the French nation-state, shaped by centuries-long class struggles (peasants against feudalism, Jacobin bourgeoisie against aristocracy, Commune-inspired proletariat against Capitalism).It also it  summoned the politicians who serve monopolies to “dismantle the program of the national resistance council”, particularly the social  and democratic conquest set in 1945 by the Communist ministers: the social security system, the redistributive retirement scheme, the labour code, public services including the statute of civil servants, the statutes of miners…having turned into a prominent leader of the European Bosses union  “business Europe”, this ex-leader of French bosses also advised his fellows to make English the only language of enterprises and business.

The “change of era & area” manifesto clearly calls to dismantle French republic upwards and downwards:

– Downwards, though extensive German Länder style regionalization, plus the selling of local communities for the benefit of “Euro metropolitan areas”

– Upwards, by transferring national sovereignty to a “European United States”, by setting a “transatlantic union” led by the USA, by bringing down our country social standards to the so-called German pattern. Such is the inborn tradition of French reactionary factions: the aristocratic emigrants rallying the Hapsburg monarchy in order to fight the French revolution; Marshall Pétain, Hitler’s  partner in crime; Thiers allying with Bismarck in order to crush the 1871 Commune, and now the ruling circles begging powerful foreign masters to help them hold back the too often impertinent French people.

Indeed, it poses no problem to the bosses to back imperialist involvements under official French label, as in Africa, Near East, Ukraine. They have no mood in using what remains of French national state to implement neocolonial order in Africa and at the same time strive to destroy the bases of French reality. Hence, since 1968, they endeavored to end with “produce in France” be it industry or agriculture, in order to destabilize the pugnacious working class and peasantry, and sacrificed French language to promote a transatlantic “English above all” craze which will help make room for them among  the world élites.

Confronted to the “French” high bourgeoisie cynical antinational trend, French Communist Party’s behaviour is totally unworthy of the glorious FCP’s patriotic and internationalist legacy: while the latter led the national insurrection against Hitler; the former, wholly disconnected from this legacy and now affiliated to the “European left group” has rallied the social Maastrichtian lie about “social, peaceful and democratic Europe”. It now defends, if not the methods, but the principles of the European supranational formation and its damn currency which strangle the European peoples, German proletariat included. Yet, the € is nothing but an unstable machinery, an imperialist predatory scheme aiming at strengthening the Washington-Berlin axis after the annexion of the GDR and boosting at the same time $ world supremacy and the deutschmark stiffening hegemony over the peoples of France and Southern Europe. The FCP, irreversibly infected by thirty years of Eurocommunist drift has given up the national independence issue to the fascist “national front”. The latter is misleading the workers’ rightful patriotism when confronted to off shoring towards chauvinism and racism. Consequently, the FCP is doomed to follow the discredited Maastrichtian socialist party instead of contributing to the required gathering in order to get our country out of EU by the progressist door. This anti-oligarchic gathering should link dialectically the people’s patriotic stance to proletarian internationalism in order to challenge both Le Pen’s racist chauvinistic and bourgeois Euro cosmopolitan stances. How can ELP mistake worker’s international stance and hesitant common struggles for bourgeois supranationalism? The latter is merely an Atlantic, pseudo Christian and “whites only” extension of the frame which Golden dawn, Lepen and their kind dream of?

In fact resorts to two weapons: one is xenophobia, targeting “Muslim” workers, in order to divide our people; the other is national auto-phobia, since our “elites” bow down not before Robespierre but before Schäuble’s Germany or Thatcher’s Britain. As the “national front” it is no more national than the Maastrichtian socialist party is internationalist. For example, it does not wish France to move unilaterally out of the UE. That’s what any real patriot would call for, without asking Frau Merkel’s permission, given that country sovereignty is, by definition, an indefeasible right. What the NF puts forward is an “agreed upon way out of the Euro” .That subordinates French recovery of its finances and budget sovereignty to an out of the question green light from Berlin…In fact, that was David Cameron’s position who, by brandishing the BREXIT, just looked forward to minor concessions from Brussels in order to validate through an uncertain referendum, Great-Britain ultimate role in the Euro Atlantic empire. Besides let’s not forget that Maastricht EU is a proclaimed daughter of counter revolution in the East. These E.U.S, where historical communism is beforehand criminalised, where numbers of Communist Parties are already illegal and persecuted, where Hitler-nostalgic extreme right are in power in several capitals, have already a fascistic feature. No objection to a  supranational Europe are raised by the Orbans, Le Pens and other nostalgic of Hitler’s “Gros Europa” and its “Europ” currency which was his first intended name. Let ELP fantasize around a Euro-McCarthyism democratisation!

Needless to say that the PRCF is wholly opposed to this two-faced policy of French oligarchy and its appendixes, be they national chauvinists, social democrats and Euro communists or even Euro Trotskyites. We reject at the same time the “wide left” union behind the pro EU socialist party and infantile leftism, amateurishly chitchatting about insurrection, carefree about sending an isolated working class to be crushed by a bourgeois state with fascistic trends. We struggle for an immediate way out of EU & NATO, based on an antifascist patriotic and progressist programme, including renationalisation of the key economical sectors condition of fair cooperation between countries of all continents. It is by no means à “third way” or a make-believe reformist step between capitalism and socialism. In our present historical conditions which are not 1945 ones, such a program able to unite popular and middle strata around the working class, would certainly lead to an unprecedented  nation wide, maybe larger, confrontation with monopoly capital, since the euro Atlantic scheme, NATO, UE, TAFTA/CETA, €  are the core of our main enemy’s strategy.

Unlike leftists’ incantations, in which they appoint some verbal Socialism as a prerequisite to any democratic step forward, the PRCF puts forward the four ways out (€, UE,NATO, Capitalism) around both flags, the national one and the proletarian red flag, in the strategic perspective of socialist revolution in our country. In the background of anti-monopolist alliances, socialisation of the means of production and worker’s power do not appear anymore as an out of reach dream but as the logical outcome of a process comprehensively lead by the working class. Unlike leftists who hide their wait-and-see approach under high sounding tirades, the qualitative step towards workers power ceases to be an icon set aside above the fireplace together with the 40 never opened Lenin’s volumes, but becomes the assumed consequence of popular struggles against the enemy which the majority of the European peoples already hate. Targeting European treaties and their drastic impacts on everyday life, the local EU string-puppets, the EU itself and its dammed € would help all  the workers, let alone intermediate strata, who do not yet understand, in the present degraded ideological background, the necessity of proletarian dictatorship.

That is why our reference to Lenin’s denunciation of the E.U.S is in no way a trip into the past: At this very moment, Berlin and its pitiful follower, Hollande, strive to take advantage of BREXIT in order to boost aggressive “European economic governance” and “European defence”. When    stepping up the “European Idea” means militarization of the economy, targeting brother Russian people, it is time to keep in mind Lenin’s theory of the “weakest link”. Far from social-democrats’ daydreams of an European democratization while semi fascistic trends take place, far from naïve expectations of an 1848 style “European revolution“, breaking the Imperialist Euro Atlantic chain at its weakest link is a requirement. France could become this weakest link as this chain contradicts its history and even its future existence as a nation. If this chain wasn’t challenged in a patriotic and progressist way by the working class, then the Le Pen and Fillon tandem would jump on the occasion, bring dishonour to genuine France which gave birth to the 1793 “sans-culotte”, the 1871 “communards”, the 1939 resistants… and hand it over to bloody confrontations between racists and religious fanatics. Indeed, if any other country would escape first from the euro Atlantic jail, our people would be glad to follow it’s example and scramble through the breach it would have opened for all. Then the issue would not be a “EU refoundation” as psalmodized by P.Laurent, but the peoples’ unified struggles against imperialism, their cooperation to build socialism,a corner  not confined to a small corner of the Euro Asiatic peninsula, but opened worldwide to all the progressist mankind.