CRISE DE L’U.E. ATLANTIQUE ET MARCHE A LA FASCISATION, par Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF

brisons les chaines de l'UE WebSi euro-béats qu’ils soient, les zélotes « socialistes » et « républicains » de l’UE ne peuvent plus cacher que leur « machin » favori, pour parler comme De Gaulle, est en crise grave : disputes au sommet concernant le sort des migrants chassés de chez eux par les guerres sous influence occidentale (écrasante responsabilité de BHL, Sarkozy, Fabius, dans la déstabilisation planifiée de la Libye, puis de la Syrie…), tentative honteuse d’étouffer le peuple grec pris en tenaille entre Juncker et Cruella Lagarde (FMI), départ possible de la Grande-Bretagne, rejet massif de l’UE en France (62% des électeurs voteraient Non à la constitution européenne si le vote se tenait aujourd’hui, dont 80% des ).

La réponse des eurocrates, ces fondés de pouvoir politiques du grand capital et de la haute finance, est clairement la . Et celle-ci n’est pas seulement portée par l’extrême droite traditionnelle, elle est désormais affichée par les jeunes gens bien de la haute société néolibérale: il n’est que de lire l’appel peu discret lancé par Leparmentier, éditorialiste du Monde, à « putscher » discrètement Tsipras (cf ci-dessous l’édito de Jack Dion, de Marianne). On savait que l’UE était antinomique de progrès social et de souveraineté nationale; chacun voit qu’elle est également antinomique de la plus élémentaire démocratie…

Décidément, l’UE est le maillon faible de la chaîne impérialiste mondiale et, comme le disait Lénine, une chaîne vaut que vaut son maillon le plus faible. Déjà le 30 mai, plusieurs organisations communistes ont appelé ensemble la France à sortir de l’UE atlantique. Plus que jamais faisons grandir cette exigence à la fois patriotique et internationaliste: sa réalisation, en faisant voler en éclats la monstrueuse « construction » euro-atlantique, permettrait, non dans les mots mais dans les faits, d’ouvrir une situation révolutionnaire en France et en Europe en posant, et remettrait de fait le socialisme au cœur de la problématique politique concrète.

Plus que jamais, militants franchement communistes, syndicalistes de lutte, véritables républicains patriotes, prcf_logointernationalistes conséquents, agissons ensemble NATIONALEMENT ET INTERNATIONALEMENT pour que la France sorte de l’euro, de l’UE, de l’OTAN dans une perspective franchement antifasciste, anti-impérialiste et anticapitaliste !

Quant au journal Le Monde, il faut seulement s’étonner que ce titre soit encore pris pour un journal d’information, voire pour un journal de « gauche » ou « républicain » par quelques lecteurs VRAIMENT peu avertis.


 

Ci-dessous, article de Marianne, dont nous regrettons seulement qu’il s’autorise – mais cela semble être une condition pour pouvoir être employé dans certains journaux ! – une pique gratuite et hors-sujet contre l’URSS (alors que la monstrueuse UE est le produit direct de l’implosion contre-révolutionnaire du camp socialiste). Tant que l’  « antifascisme » de certains continuera de donner des gages à l’anticommunisme, la fascisation avancera. PAS D’ANTIFASCISME CONSEQUENT SANS RESISTANCE A L’ANTICOMMUNISME !

 

Source : Jack Dion, pour Marianne, le 22 juin 2015.

Quand « Le Monde » rêve d’un putsch contre Tsipras 

Markus Schreiber/AP/SIPA

Markus Schreiber/AP/SIPA

Si les Grecs ont inventé la démocratie, d’autres ont en tête de leur appliquer la technique du coup d’État soft, histoire sans doute de leur faire oublier la version hard expérimentée du temps des colonels.

La chose a été explicitée de manière sereine par Arnaud Leparmentier, éditorialiste du Monde connu pour ses penchants néolibéraux décomplexés. Ayant expliqué que tout le mal venait non de la Troïka mais des Grecs eux-mêmes (air connu) et que l’Europe courait au désastre en cas de « Grexit » (ce qui n’est pas exclu), Leparmentier en arrive à la conclusion suivante : « La Grèce doit trouver un accord avec les Européens. Signé par Alexis Tsipras ou un autre, peu importe ».

Comment ça « peu importe » ?  Il y aurait donc un autre représentant du peuple grec que l’on pourrait sortir de sa manche et installer à la place de celui qui a été dûment élu ? On a beau se frotter les yeux, telle est l’hypothèse envisagée par le vénérable éditorialiste d’un journal qui aime à faire des leçons de démocratie à la planète entière.

Lisons le plus avant : « Il existe des précédents peu reluisants. C’était en novembre 2011, au G20 de Cannes, au plus fort de la crise de l’euro : le Premier ministre grec Georges Papandréou et l’Italien Silvio Berlusconi avaient comparu au tribunal de l’euro devant Sarkozy, Merkel et Obama. Bien sûr, ils ne furent pas putschés comme de malheureux démocrates sud-américains victimes de la CIA. Mais de retour dans leur pays, ils ont comme par miracle perdu leur majorité. Papandréou fut remplacé par le banquier central Loukas Papademos et Berlusconi par l’ex-commissaire européen Mario Monti. » Au passage, on appréciera la notion de « tribunal de l’euro », digne des procureurs de l’URSS, avec Obama, le roi du dollar, dans le rôle du juge suprême.

Les Grecs ne jouent pas au poker : ils jouent leur peau, leur souveraineté, leur dignité et leur place dans une Europe qui a tendance à les oublier

Arnaud Leparmentier continue son rêve à voix haute et à plume libérée : « Imaginons donc un scénario de crise : 30 juin, constat de défaut de la Grèce : 1er juillet, panique bancaire et instauration d’un contrôle des changes par Tsipras, contraint et forcé ; 2 juillet, mise en minorité du gouvernement Tsipras par les irréductibles de Syriza ; 3 juillet, constitution d’un gouvernement d’union nationale, avec ou sans Tsipras ; 4 juillet, retour des négociateurs à Bruxelles-Canossa. Odieusement antidémocratique ? Les Grecs jouent au poker. Pourquoi pas nous ? »  Fin de la leçon d’éducation civique.

Bref, dans un journal qui sermonne quotidiennement la Russie, un éditorialiste de renom propose de traiter la Grèce avec la délicatesse de Poutine en Ukraine. On a les modèles qu’on peut.

Jusqu’à preuve du contraire, les Grecs ne jouent pas au poker : ils jouent leur peau, leur souveraineté, leur dignité et leur place dans une Europe qui a tendance à les oublier. C’est déjà beaucoup. Comme l’écrit l’économiste américain Jeffrey Sachs, peu suspect de dérive gauchisante puisqu’il fut l’un des instigateurs de la « thérapie de choc » dans la Russie de Boris Eltsine : « Les exigences de l’Europe sont fondamentalement autodestructrices. En les rejetant, les Grecs ne jouent pas. Ils essaient de survivre ».

Sauf à demander à Alexis Tsipras de se suicider pour le plaisir des banquiers, nul ne peut décemment lui suggérer de poursuivre une politique qui a produit une catastrophe humanitaire et économique vérifiable par tous, à l’exception des esprits taquins qui considèrent que la Grèce ne vaut que par les îles ensoleillées où les bobos vont se dorer la pilule pendant les mois d’été. Quant à le menacer d’un complot pour le déstabiliser, comme dans un roman de John Le Carré, c’est la confirmation que les eurocrates les plus fous sont prêts à tout, y compris au pire.

L’étonnant, dans cette affaire, n’est pas que certains préparent une Grèce post-Tsipras imposée par la volonté de créanciers se rêvant en apprentis putschistes. Non, l’étonnant est qu’une telle hypothèse puisse être imprimée noir sur blanc dans un journal comme « Le Monde » sans susciter de réactions indignées, comme si la démocratie était devenue un passager encombrant.

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