Conflit UE/Biélorussie: un deux poids, deux mesures au service de la nouvelle guerre froide

Conflit UE/Biélorussie: le doute méthodique s’impose à propos du « deux poids, deux mesures » médiatique entièrement au service de la nouvelle guerre froide

Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, Aymeric Monville, secrétaire de la commission International, 25 mai 2021

Incapables d’aborder les questions internationales autrement qu’à travers le prisme déformant du narcissisme occidentaliste, de la russophobie débridée et de l’antisoviétisme ringard, les médias occidentaux, antennes hexagonales en tête, endossent fort peu professionnellement leur rôle systémique habituel: celui de chambres d’écho puissantes, mais passives et totalement acritiques, des communiqués bravaches des chancelleries euro-atlantiques diabolisant l’éternel « ennemi venu de l’Est » pendant que s’accélèrent la course aux armements et les préparatifs de guerre à l’encontre de la Fédération de Russie et de ses alliés. 

LE VRAI « CRIME » DU PRÉSIDENT BIÉLORUSSE 

C’est ainsi que, en tout « pluralisme »… à sens unique, les médias privés et d’État obéissant directement ou indirectement aux oligarques capitalistes qui dominent notre pays, font chorus pour criminaliser la République de Biélorussie et son président élu, Anatoli Loukachenko. En effet, il ne sera jamais pardonné à cet ancien président de kolkhoze d’avoir choisi de préserver l’amitié traditionnelle avec la Russie et de n’avoir pas soutenu les néonazis qui ont fait main basse sur l’Ukraine avec l’aide de l’UE. Loukanchenko est également inexcusable d’avoir osé préserver de la privatisation l’agriculture collective et la grande industrie de l’ex-République socialiste soviétique de Biélorussie, cette partie de l’ex-URSS qui a le plus souffert de l’exterminisme nazi et qui a le plus contribué à vaincre la méga-tyrannie génocidaire hitlérienne.

« BONS » et « MAUVAIS » DÉTOURNEMENTS D’AVION 

Nous n’avons certes pas qualité pour juger de la régularité de l’atterrissage imposé à un avion survolant la Biélorussie et transportant entre autres un opposant biélorusse. Bien évidemment nous souhaitons, comme tout un chacun, que les règles internationales de la navigation aérienne ne soient jamais violées par quiconque. Rappellons cependant aux chaînes occidentales si promptes à condamner la Biélorussie et à appeler à « durcir les sanctions » sans le moindre souci de la paix européenne et mondiale, qu’elles ont été bien moins regardantes sur le droit international quand les Occidentaux tentèrent de détourner, sur pression des USA et avec la complicité de la France macroniste, un avion transportant un président bolivien de gauche en exercice, le camarade Evo Morales (https://fr.wikipedia.org/wiki/Atterrissage_forc%C3%A9_de_l%27avion_pr%C3%A9sidentiel_bolivien_en_2013 ) ou quand le grand lanceur d’alerte Edgar Snowden fut enlevé à Londres pour être expédié manu militari aux États-Unis,  ou quand Hollande s’est vanté, dans Un président ne devrait pas dire ça d’avoir commandité des exécutions extrajudiciaires et extraterritoriales, ou encore quand tout l’Occident ou presque applaudit chaleureusement à ce crime de guerre que constitue l’assassinat d’un officier iranien, le général Solemaini, abattu à l’étranger sur ordre américain (https://www.lopinion.fr/edition/international/l-assassinat-soleimani-etats-unis-qualifie-d-illegal-l-onu-219933 ).. En outre, si bien-pensants que soient devenus nombre d’entre eux, les historiens n’ont peut-être pas encore complètement oublié comment le gouvernement français avait lui-même provoqué un détournement d’avion de ligne en vol vers Tunis pour capturer des dirigeants du FLN algérien en pleine guerre coloniale… 

RESPECT DU DROIT INTERNATIONAL ET INSTAURATION D’UN CLIMAT DE GUERRE FROIDE NE PEUVENT FAIRE BON MÉNAGE! 

Nous observons aussi que nos donneurs de leçons de déontologie journalistique si avides ordinairement de « contextualiser », de « relativiser » et de « renvoyer impartialement dos à dos les protagonistes » quand il s’agit de mettre dans le même sac le colonisateur israélien et l’opprimé palestinien, l’assiégeant yanqui et l’assiégé cubain, l’envahisseur étasunien et l’envahi irakien, etc. « oublient » de rappeler que la Biélorussie est actuellement pressée et menacée par les troupes de l’OTAN sur toute sa frontière Est*, que l’ensemble de ses voisins occidentaux s’ingèrent copieusement dans ses affaires internes pour la forcer à un renversement d’alliances, que le président constitutionnel Loukachenko a récemment fait l’objet de complots visant à l’assassiner (selon les bonnes vieilles méthodes diligentées dans le monde entier par les services occidentaux: faut-il fournir une liste des assassinats ou des tentatives d’assassinats de chefs d’État en exercice fomentées de manière récurrente par la CIA en Amérique latine ou par la « Françafrique » dans l’ancien pré-carré français?) et que l’on ne peut pas à la fois sanctionner un gouvernement, lui « mettre à fond la pression » et le sommer « en même temps » d’être tout sourire et tout consentant face aux tentatives de renversement soutenues depuis l’étranger, notamment depuis ces Pays baltes si bien vus de Washington, de Bruxelles, de Berlin et de Paris, où les anciens SS paradent chaque année pendant qu’on discrimine les citoyens russophones et que l’on interdit les partis communistes…

Encore une fois, nous souhaitons que, partout où c’est nécessaire, la lumière soit faite sur les entorses au droit international, y compris à celui qui régit le international, et qu’en conséquence, l’ensemble des affaires que nous avons signalées ci-dessus, et pas seulement celle sur laquelle le Quai d’Orsay et ses habituelles « Voix de son maître » médiatiques mettent l’accent actuellement, retienne l’attention des médias, de l’ONU et des juristes internationaux pour que soient effectifs la liberté de voyager, le respect du droit d’asile, la non- dans les affaires intérieures d’autres pays, le respect de la paix et de l’amitié entre tous les peuples d’Europe, le droit de vivre sur son sol natif sans en être chassé par la colonisation et l’expulsion, etc. Avant tout, malgré les fauteurs de guerre froide pouvant à tout moment devenir franchement chaude, nous souhaitons que soient préservés l’amitié et le respect entre le peuple français, le peuple biélorusse et l’ensemble des peuples de l’ex-URSS car il y va de la paix, et in fine, de la possibilité de VIVRE en Europe. À ce sujet, chacun devant se remémorer le mot de Charles de Gaulle déclarant en 1944, à l’occasion de sa première visite d’État à Moscou: « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération ». La Russie et l’ensemble des peuples soviétiques, dont le peuple biélorusse, faut-il le dire!   Alors, à défaut d’avoir un minimum de mémoire, faites preuve d’un minimum de décence, MM. les médiacrates otaniens de la nouvelle « presse embarquée »!

*Que diraient les USA si des troupes russes surarmées patrouillaient tout au long de leurs frontières canadiennes ou mexicaines?