Fabien Roussel, candidat déclaré du PCF-PGE, était l’invité de Natacha Polony sur BFM-TV ce 31 aout 2021. Après qu’il se soit posé en défenseur de la production – non sans de fortes ambiguités puisque tout en se déclarant comme le candidat du « pouvoir d’achat« , Fabien Roussel vante les grandes fortunes à qui il prête des mérites « de créativité et d’inventivité » justifiant de ne pas leur faire la chasse – le chef de file du PCF s’est vu poser la question de la compatibilité de ses promesses sociales avec les contraintes structurellement imposées par l’Union Européenne.

affiche du PRCF de 2005 pour le non à toute constitution européenne

Mais la journaliste ne s’est pas satisfaite de sa réponse se bornant à vanter la participation du Front de Gauche à la campagne contre le traité constitutionnel aboutissant au NON du 29 mai 2005, réponse d’autant plus ambigüe que l’on se souvient que contrairement aux communistes qui avec le PRCF faisaient campagne contre TOUTE constitution européenne, déjà en 2005 le PCF refusait de fermer la porte à la renégociation des traités, facilitant ainsi la forfaiture du traité de Lisbonne en 2009.

C’est pourquoi la journaliste a relancé le candidat PCF pour l’obligé à expliquer comment il comptait mettre en œuvre ses belles promesses dans le cadre de cette Union Européenne qui elle les interdit.

Malheureusement sans surprise et en continuité des Robert Hue et Pierre Laurent, Fabien Roussel a indiqué qu’il comptait renégocier les traités européens:

« Nous voulons remettre en cause les traités européens et en réécrire d’autres »… « avec Mme Merkel ».

Fabien Roussel, répondant à Natacha Polony – 31/08/2021

Refusant donc toute possibilité de sortie de l’Union Européenne, et affirmant bien au contraire vouloir rester au sein de l’Union Européenne et de l’Euro. Prétendant obtenir par sa seule demande, une modification des traités…

Comment M. Roussel, qui ne va même pas jusqu’à dire comme Mélenchon le faisait en 2017 (et plus guère maintenant, les européennes sont passées par là…) « l’UE on la change ou on la quitte », fera-t-il, s’il est élu (si…) avaler une réorientation sociale de l’UE à tous les gouvernants néolibéraux et fascisants qui dirigent les 26 autres Etats européens ? N’est-il pas évident, comme le lui fait remarquer Natacha Polony, que c’est impossible si l’on refuse, non seulement de claquer la porte de l’UE, mais même simplement d’en évoquer l’idée? Bref, le mensonge de la réorientation sociale de l’UE sur la base d’une gentille discussion d’un gentil communiste « euro-constructif » avec les gentils 26 Etats-membres de l’UE, tous plus réacs les uns que les autres, éclate à nouveau de manière tonitruante dans l’échange entre Fabien Roussel et Natacha Polony. Qui peut le plus peut le moins : comment Roussel, qui n’arrive même pas à imposer un virage eurocritique sérieux à son propre parti de peur de le faire éclater en mille morceaux (tant les euro-béats à la Pierre Laurent et autres dirigeants de l’Huma tiennent le « parti profond »), pourra-t-il l’imposer à la CDU et au SPD allemands, sans parler des gouvernements FASCISANTS des ex-pays socialistes ?

De fait, pour qui veut une alternative de progrès social, une alternative démocratique de souveraineté populaire, une alternative de coopération solidaire… la vraie alternative, crédible et sérieuse qui s’impose, c’est l’alternative rouge et tricolore, celle du Frexit progressiste. Observons que son porte parole, Fadi Kassem, qui mène avec l’ensemble des militants communistes du PRCF et des JRCF une campagne active et de terrain centrée sur des propositions politiques pour apporter des solutions et un avenir aux travailleurs de France est contrairement à Fabien Roussel pour le moment totalement interdit d’antenne. Il est vrai que son discours franc et direct n’hésitant pas à proposer et construire le Frexit progressiste est bien plus menaçant pour les milliardaires qui détiennent et contrôlent ces médias.