Belgique : succès de la grève générale. Le monde du travail revendique ses richesses

Le 13 février, les trois principales confédérations syndicales de avec le soutien du , ont lancé une journée de . La grève a été suivie, la participation aux manifestations, aux piquets de grève et aux blocages très forte. Pour l’augmentation des salaires, pour la défense des retraites, au fond les revendications des travailleurs en Belgique sont les mêmes qu’en France. Même causes mêmes effets. Refuser l’euro exploitation et l’euro et réclamer tous ensemble, quelle que soit la couleur du gilet, que les richesses reviennent à ceux qui les produisent : la classe des travailleurs

La mobilisation et cette journée de grève générale expliquées par les camarades du Parti des travailleurs de Belgique, premier parti d’opposition

Augmenter le pouvoir d’achat


Unir les gilets
Les politiciens de droite tentent d’opposer climat et pouvoir d’achat. Ils veulent nous faire croire que plus de climat est égal à moins de pouvoir d’achat. Ils ont en réalité une peur bleue que le mouvement pour la justice sociale et la justice climatique se rencontrent et remettent en cause les seuls responsables de la misère sociale et climatique : les multinationales et les grandes entreprises. Celles dont le seul moteur est le profit. Pas le bien-être, la santé ou le climat.
Et ils ont raison d’avoir peur. Car c’est dans la lutte que les rencontres se font, que les énergies se libèrent, que le ciment se crée et que les lignes peuvent bouger. Le mouvement des gilets jaunes et la mobilisation syndicale ont amené le débat sur la justice sociale dans le mouvement climatique. Et inversement, la mobilisation climatique amène à de nouvelles prises de conscience dans le monde du travail.
On a ainsi vu quelques délégations de jeunes écoliers et étudiants actifs dans les mobilisations pour le climat, rendre visite à des piquets de grève.

PTB

La mobilisation du monde du travail pour la grève générale de ce 13 février est impressionnante. Cela faisait très longtemps qu’elle n’avait pas été aussi forte. Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB : « Flamands, Wallons, Bruxellois ont parlé d’une seule voix aujourd’hui : celle du monde du travail. L’expression “sans travailleurs et travailleuses pas de richesses” s’est vérifiée de manière éclatante dans tout le pays. Maintenant, il est temps que ces richesses leur reviennent. »

Des métallos aux travailleurs de la pétrochimie en passant par les salarié.e.s des grands magasins, des homes, des blanchisseries, des crèches, des transports publics, des ports et aéroports, du marchand et du non marchand, des services et de la productions, du privé et du public, des grandes et moins grandes entreprises, d’Ostende à Arlon, d’Anvers au Hainaut… Ce 13 février, les travailleurs et les travailleuses ont parlé d’une seule voix à travers le pays.

« On se tue la santé pour des cacahuètes »

Peter, ouvrier chez Van Hool : « D’abord, ils suppriment les prépensions et les crédits-temps de fin de carrière. Puis il y a toutes ces taxes. Et les bénéfices des grandes entreprises qui battent des records. Et nous devrions ne pas demander une augmentation de salaire ? »

« 1500 euros net à temps plein, en sous effectif, avec des cadences qui augmentent, des procédures minutées, un saut d’index et je ne sais plus à quand remonte notre dernière vraie augmentation… raconte Sonia, aide soignante d’une maison de repos gérée par la multinationale Orpea. Ce n’est pas normal. Avec mes collègues, on se tue la santé pour des cacahuètes. »

La liste des témoignages que nous avons reçu est longue et va dans le même sens. Le pouvoir d’achat est au centre des préoccupations chez beaucoup de gens. Pourquoi 0,8 % d’augmentation de salaire en deux ans, alors que les profits ont doublé l’année passée ? Pourquoi 0,8 % alors que les taxes et les factures s’empilent ? Voilà les questions qui revenaient sur de nombreux piquets du pays. Dans les secteurs avec des plus petits salaires (blanchisserie, ateliers protégés, nettoyage, chauffeurs…), les salarié.e.s demandent notamment un salaire minimum de 14 euros.

« La pression au boulot est de plus en plus forte, explique Fatiha, travailleuse chez Swissport. Il faut nettoyer des avions avec de moins en moins de monde en un temps de plus en plus réduit. Aspirer, nettoyer, ramasser les crasses, s’assurer que tout est nickel, décharger le matériel, les essuies, les plateaux, charger les nouveaux… Le tout, en 45 minutes. Avant, ça pouvait être le double. Mais c’est fini. Il faut être “compétitif”, nous dit la direction. Sinon, on perd les contrats et il y a des licenciements. » Et d’ajouter: « Le travail est tellement pénible que certaines se bloquent le dos en plein travail, et doivent être évacuées du tarmac en ambulance. Et le gouvernement nous supprime les crédits-temps à 55 ans et nos prépensions ? Je ne sais pas comment on va tenir. »

Le PTB visite 600 piquets et propose cinq mesures clés pour le pouvoir d’achat

Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB, réagit : « Pouvoir d’achat, pression au travail et casse des fins de carrière : c’est le cocktail qui met le monde du travail en colère à travers le pays et les secteurs. Patrons et gouvernement ne font même pas preuve du minimum de respect pour celles et ceux qui font tourner ce pays. Il est temps d’inverser de logique. C’est pourquoi nous défendons cinq mesures clés pour le pouvoir d’achat. À commencer par rendre la liberté d’arracher des augmentations de salaire. Notre service d’études a calculé qu’il y avait la marge pour au moins 3 % d’augmentation de salaire interprofessionnelle. »

Bien entendu, le PTB n’a pas manqué de marquer activement sa solidarité avec les grévistes du pays. Ce ne sont pas moins de 600 piquets qui ont reçu une visite de soutien de la part de délégation de soutien du parti de gauche. « La présence sur le terrain et le soutien actif à la lutte sociale, c’est notre ADN, explique Raoul Hedebouw. Si l’énergie rencontrée aujourd’hui sur les différents piquets continue à s’exprimer dans les semaines qui viennent, le gouvernement et le patronat seront obligés de reculer. Il est temps que ces richesses reviennent à celles et ceux qui les produisent, à la fois pour augmenter les salaires et le pouvoir d’achat et à la fois sur les fins de carrière, pour permettre à chacun.e de souffler un peu après une vie à travailler dur. »