Allemagne : les masques tombent en Thüringe, contre les travailleurs, la CDU et les FdP accélèrent la fascisation !

En , à nouveau la droite fait appel à l’extrême droite contre les rouges !

La déflagration a fait du bruit mais elle n’a rien d’inattendue, même si elle a provoqué une crise politique au sein du pouvoir Merkel en Allemagne. À la suite du scrutin qui a placé la gauche issue des communistes d’ex-RDA de Die Linke largement en tête dans les urnes en Thüringe, dans cet ex-länder de RDA, la droite de Merkel et son allié libéral (FDP) se sont empressés de s’allier avec l’extrême droite néo-nazie AFD. Afin de faire élire Thomas Kemmerich comme président de cet État, et interdire la réélection du président Die Linke de Thüringe. Ce n’est pas inédit. Après tout en Autriche, la droite n’avait-elle pas noué alliance avec l’extrême droite pour s’arroger le pouvoir dans une répétition de l’histoire. Après 24 h de scandale obligeant Merkel à condamner, Kemmerich a dû démissionner.

Cet acte n’est cependant pas isolé : il intervient après que 17 responsables de la en Thüringe ont publié un appel à se rapprocher du parti néo- nazi AFD.

Malgré ses coups de menton, la nouvelle présidente de la CDU et désignée héritière de Merlek, Mmme Kramp-Karrenbauer s’est heurtée au refus d’une large partie de la CDU d’établir une digue contre l’AfD. L’obligeant à la démission. Du côté des sociaux démocrates du SPD, qui depuis des années maintenant sont le principal allié de la CDU, les éclats de voix sont aussi forts que les actions faibles : à aucun moment il n’a été question pour le SPD de mettre en cause son alliance avec la CDU, elle-même désormais liée à l’extrême droite…

JBC pour www.initiative-communiste.fr

Insurrection ou gueule de bois ?

Eva Ruppert, Bad Homburg pour www.initiative-communiste.fr

Oui, l’élection du ministre-président en le 5 février 2020 a « violé un tabou », tout le monde est d’accord là-dessus, mais l’AfD, qui a sciemment provoqué ce résultat, en a été extrêmement satisfaite.

Pour la première fois en République fédérale allemande, un politicien a été élu ministre-président grâce au soutien d’un parti fasciste. Avec une voix de plus que le candidat du parti Die Linke. Selon une étude de Business-Insider, le résultat de l’élection n’a pas été aussi surprenant pour la direction du FDP (parti libéral-démocrate) qu’il n’y paraissait au départ, car Lindler, le chef du FDP fédéral, aurait discuté, avant les élections déjà, avec son collègue de parti Kemmerlich d’un éventuel appui électoral de l’AfD.

Mais comment de tels résultats ont-ils été possibles ?

Le résultat du vote avait probablement été calculé froidement par le parti du fasciste Höcke, qui peut aujourd’hui figurer dans la « pose du Führer » en première page du Neues Deutschland, car au troisième tour de scrutin, décisif, son parti n’avait plus voté pour son propre candidat – hors-parti.

Les parallèles avec les élections de 1930 en Thuringe sont évidents. Sauf que cette fois, un candidat bourgeois a été élu au poste ministériel, mais vu le triomphe de l’AfD, cela n’a été possible que parce qu’ils l’avaient décidé, dans le but de rendre le parti « présentable ».

Comment de telles constellations politiques ont-elles pu voir le jour ?

Tant que dans presque tous les journaux télévisés, ou dans leurs commentaires, ainsi que dans presque tous les débats (comme hier encore sur ARD avec Markus Lanz) la droite est assimilée à la gauche et qu’on parle, pour le banaliser, d’« extrémisme de droite » ou même de « populisme de droite » plutôt que de fascisme, le tabou que constitue le vote pour un parti de gauche perdure.

Un spectre hante l’

Le « spectre » continue à hanter le pays après la fin de la RDA et même parfois avec le consentement silencieux de certains électeurs de gauche. Leur tendance à loucher sur une participation au gouvernement bourgeois a contribué à faire perdre des voix. Que signifie le « centre bourgeois » qu’évoque de nouveau le FDP ?

Il ne peut y avoir de « centre » entre la démocratie et le fascisme. Comme le remarque Karl Marx en référence à Hegel dans son Dix-huit Brumaire, « tous les grands événements et les personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois, la première comme “tragédie”, la seconde comme “farce” ». Il reste à voir si cette fois il s’agit d’une farce. Si c’est le cas, cette farce pourrait influencer l’avenir et être très dangereuse.  

traduction depuis l’allemand DG pour www.initiative-communiste.fr