“j’ai révélé la vérité au sujet de Président Erdogan et de la Syrie. Pour cela, il m’a emprisonné ” Can Dündar [Reprise]

erdogan obama turquie kurdistanPuisque la est un pays membre de l’ que l’Union Européenne vient de renforcer ses partenariats avec elle, lui apportant un soutien financier de plusieurs milliards d’euros et promettant d’accélérer son intégration au sein de l’UE, ce pays sous le pouvoir de fer de et de son parti islamiste est un pays de l’Axe capitaliste euro-atlantique. Camp occidental capitaliste autoproclamé défenseur des libertés et modèle de la démocratie. François Hollande n’a t il pas déclaré cet été en pleine offensive turque contre les kurdes “remercier son homologue [Erdogan] pour son action vigoureuse menée contre Daech” et vouloir renforcer la coopération avec la Turquie ?Le régime Turque est donc bien le visage du capitalisme : attaque militaire et répressions féroces contre les kurdes, répressions de la presse, répressions du mouvement social.

La Turquie d’Erdogan, le visage fasciste du capitalisme

Dans ce régime capitaliste, signer une pétition pour la paix peux conduire à votre licensiement ou à votre emprisonnement.

liberté de la presseLe gouvernement turc vient de lancer une véritable chasse aux sorcière contre les signataires d’une pétition réclamant la fin des attaques de l’armée contre les populations du Kurdistan, signé par 1200 universitaires et dénonçant «un massacre délibéré et planifié en totale violation des lois turques et des traités internationaux signés par la Turquie», provoquant la colère de l’autocrate Recep Tayyip Erdogan. La police a ainsi arreté à Kocaeli (nord-ouest) 14 universitaires signataire de cet «appel pour la paix». A Bolu (nord), les forces de l’ordre ont perquisitionné les domiciles de trois autres. Partout, des enquêtes judiciaires ont été ouvertes pour «propagande terroriste», «insulte aux institutions et à la République turque» et «incitation à violer la loi» contre les signataires de la pétition, qui risquent de un à cinq ans de prison. De quoi faire méditer dans notre France sous Etat d’urgence.

Après avoir décrété le couvre feu, l’armée d’Erdogan à lancé ses chars contre le Kurdistan, notamment les villes de Cizre, Silopi,  ainsi que le district de Sur à Diyarbakir, pour exterminer les partisansdu PKK. L’armée Turque mène depuis des mois au Kurdistan turc mais également en Irak – entrainant de vive condamnations du gouvernement irakien – des bombardements et des opérations militaires contre les kurdres. Ces combats ont causé la morts de très nombreux civils, forçant à l’exode des milliers et milliers d’habitants. Sans que cela ne provoque la moindre protestations officielles des USA, de la France ou de l’Union Européenne.

Dans ce régime capitaliste, être journaliste peut vous mener droit en prison.

www.initiative-communiste.fr se devait de publier cette tribune de Can Dündar rédacteur du quotidien turc laïc et progressiste Cumhuriyet, interdit par Erdogan, et qui croupi en prison pour avoir enquêté et publié des informations sur les liens entre le régime d’Erdogan et Daech. François Hollande a pourtant invité le premier ministre Ahmet Davutoglu de Erdogan a défiler en tête de la manifestation du 11 janvier 2015.

 

“j’ai révélé la vérité au sujet de Président Erdogan et de la Syrie. Pour cela, il m’a emprisonné”

C’est un cri pour la d’expression que je lance depuis une prison aux marges orientales de l’Europe. Un appel à l’aide venu d’un enfer pour les médias. Une main tendue d’un journaliste arrêté pour avoir fait son travail, et qui espère la solidarité de ses confrères à travers le monde.
En novembre, Reporters sans frontières (RSF) a remis à Cumhuriyet, le quotidien turc que je dirige, le prix de la Liberté 2015. Lors de la cérémonie, j’ai déclaré : « Mon bureau a deux fenêtres, l’une donne sur un cimetière. L’autre sur des tribunaux. Ce sont les deux lieux les plus visités par les journalistes en Turquie. » Peu de temps après, une troisième fenêtre a fait son apparition. Une fenêtre à barreaux de prison. Je m’y attendais.

Lorsque j’avais publié les photos prouvant que des camions appartenant aux services de renseignement turcs avaient transporté des armes vers la Syrie, le président, Recep Tayyip Erdogan, n’a pas nié ce commerce sulfureux. Mais il a dit : « C’est un secret d’Etat. » « Celui qui a écrit cet article paiera le prix fort », a-t-il menacé. Il en voulait déjà à Cumhuriyet : le quotidien avait publié, après les attentats du 7 janvier 2015, des reproductions de certaines caricatures parues dans Charlie Hebdo.

J’ai travaillé comme reporter sous la dictature militaire. A l’époque, les généraux hésitaient à faire preuve aussi ouvertement d’une telle haine de la presse. Erdogan, au contraire, est allé jusqu’à déclarer à la télévision que « les livres sont plus dangereux que les bombes »
Des amis en France m’ont conjuré de ne pas rentrer en Turquie. La France pouvait me protéger. Je n’ai pas accepté cette proposition. Je n’avais fait qu’exercer mon métier de journaliste. Pourquoi devrais-je fuir comme un criminel ?

J’avais travaillé comme reporter sous la dictature militaire. A l’époque, les généraux hésitaient à faire preuve aussi ouvertement d’une telle haine de la presse, à montrer un tel goût pour la censure. Erdogan, au contraire, est allé jusqu’à déclarer à la télévision que « les livres sont plus dangereux que les bombes ». Il détestait la presse libre et les médias sociaux qu’il ne pouvait contrôler. Lors d’un meeting, il débordait de rage : « Twitter ou Trucmuche, ils seront tous éradiqués ! », avait-il éructé. Et il l’a fait.

En conséquence, la Turquie figure en bonne place parmi les pays qui censurent Internet le plus sévèrement. Quelque 52 000 sites Web ont été interdits. La Turquie a dégringolé à la 149e place dans le classement mondial de la publié en 2015 par Reporters sans frontières. Au cours de son règne hégémonique, Erdogan a réussi à effacer toute trace de ses opposants dans les médias. Qu’il ait pu réussir à parer cette censure d’oripeaux démocratiques – après tout, le pays est candidat à l’Union européenne (UE) – est un véritable tour de force !

Attaque et intimidations
Il a mis au point deux systèmes en parallèle. D’une part, il a exercé de fortes pressions sur les médias généralistes dont les articles risquaient de ne pas être à son avantage et, de l’autre, il a transformé ses supporteurs dans le monde des affaires en propriétaires de médias. Il a aussi demandé à ses adeptes de boycotter les journaux qu’il détestait. Et il a exigé la démission de journalistes dont il n’approuvait pas le travail.

Ayant désobéi, le quotidien Hürriyet a subi attaque et intimidations de la part des jeunes de son parti. Un éditorialiste rebelle a été roué de coups par les gros bras de son parti. Ces derniers ont été relâchés par la justice, elle aussi sous la coupe d’Erdogan. Les médias kurdes ont été particulièrement victimes de ces méthodes. C’est seulement à travers des chaînes d’information étrangères que les citoyens turcs ont pu suivre la guerre nauséabonde menée par les autorités dans le sud-est du pays et la révolte qui a embrasé Istanbul il y a presque trois ans.

Tout cela aurait dû satisfaire Erdogan. Il a pourtant décidé de punir le groupe de médias Dogan, qui refusait de se soumettre, en lui infligeant un redressement fiscal d’un montant astronomique (1,74 milliard d’euros), tout en le forçant à mettre en vente une partie de ses journaux et de ses chaînes de télévision. Il a ensuite incité des hommes d’affaires progouvernementaux à les acheter.

Mais alors que la police les avait mis sur écoute, dans le cadre d’une enquête concernant une affaire de corruption, elle a enregistré leur mauvaise humeur : Erdogan leur avait personnellement forcé la main, leur demandant de verser chacun 100 000 dollars (92 200 euros) pour l’opération. En outre, les enregistrements ont révélé que les hommes d’affaires avaient reçu en échange de leur « sacrifice » la promesse qu’ils gagneraient l’appel d’offres pour le troisième aéroport d’Istanbul.

Après la publication d’un article critique, l’un des patrons de presse inféodés demanda à Erdogan : « Est-ce que j’ai fait quelque chose qui vous a déplu ? », dans l’un des enregistrements. Que croyez-vous qu’il se soit passé une fois les enregistrements rendus publics sur le Web ? Les officiers de police et les enquêteurs chargés de l’affaire de corruption ont été arrêtés. Les journalistes, comme moi, qui ont publié des articles sur ce scandale, ont été poursuivis.

De ma fenêtre à barreaux, je peux voir où s’arrête l’Europe
Alors que cette affaire de corruption touchait Erdogan et ses proches, il avait réussi à l’étouffer. Et pour cause, il contrôlait désormais un pan entier de la presse turque, au point d’être considéré comme un « oligarque » des médias plus puissant que Berlusconi. S’il regardait la télévision et voyait un commentateur qui lui déplaisait, il appelait le patron de la chaîne pour demander l’arrêt du programme.

Si un rapport critique à l’égard du gouvernement était publié, il exigeait que l’auteur soit licencié. Malheureusement pour lui, toutes ces instructions ont été enregistrées par la confrérie religieuse Gülen et relayées sur Internet, une fois le divorce consommé entre ce mouvement et le gouvernement.

Pourtant, rares sont les personnes qui ont voulu s’intéresser au sujet. Grâce à cette guerre de propagande, la population, privée de son droit à l’information, a voté à près de 50 % en faveur d’Erdogan aux élections législatives de novembre. Un résultat qui lui a permis de liquider les dernières poches de résistance dans la presse.

L’UE a choisi d’ignorer la politique d’oppression que mène Erdogan en échange de l’accueil et du maintien des réfugiés sur le sol turc. De là où je suis, en isolement presque total dans une prison stambouliote, risquant deux peines de prison à vie pour la publication de faits avérés, je peux, de ma fenêtre à barreaux, voir où s’arrête l’Europe. C’est un lieu assez sombre.
source de la traduction

I revealed the truth about President Erdogan and Syria. For that, he had me jailed

In Turkey, a debate as old as government itself is on the agenda again. This time, it is the Turkish government’s secret arms transfer to Syria that has revitalised the subject.

Early in 2014, a truck understood to belong to the Turkish intelligence service (MIT) was stopped near the Syrian border. The gendarmerie and the intelligence officials in control of the convoy pulled guns on each other. This was the moment the two blocks vying to rule the state came face to face. The truck was searched. Beneath the camouflage composed of medicines boxes, weapons and ammunition were found. The truck was held for a while, but following the intervention of government officials a safe passage into Syria was granted.

The government immediately discharged the prosecutor and gendarmerie who stopped the convoy and had them arrested. It was declared that the trucks contained humanitarian aid. This incident, which fuelled allegations that President Recep Tayyip Erdoğan’s government was intervening in the Syrian civil war, was rapidly covered up.
Turkish journalists charged over claim that secret services armed Syrian rebels
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In May 2015, however, Cumhuriyet Daily, the newspaper I serve as the editor-in-chief, acquired the footage of this incident. It was clearly visible that the truck was loaded with arms. It was thus documented that the intelligence service was illegally carrying arms into the civil war raging in a neighbouring country. This was big news. We published details of the operation with photos, and uploaded the video to our website.

Erdoğan was in a fix. He couldn’t refute the story, so instead chose to censor the publication and threaten the journalist responsible, who was me. In a live broadcast on a state TV channel, he said: “The person who wrote this story will pay a heavy price for it; I won’t let him go unpunished.” He added that the footage was a “state secret”, and that publishing it was an act of “espionage”. Furthermore, as if to confirm that this was not the state’s secret but his secret, he filed a personal complaint to the prosecutor’s office.

The punishment he demanded for me was two life sentences – for “treason” and for “acquiring and publishing classified information for the purpose of espionage”. This signalled the arrest of those of us who were well aware that the president of the republic’s wishes are received as orders by the judges of the criminal court. Thus, on 26 November I was arrested along with Erdem Gül, our Ankara bureau chief, who published the gendarmerie’s “Yes, the trucks had guns” report. Just 10 days before my arrest, I received a Reporters Without Borders press freedom award on behalf of Cumhuriyet.
Will Erdoğan allow greater press freedom in Turkey? Don’t count on it
Roy Greenslade
Roy Greenslade
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Following criticism of the arrests from domestic and international press and human rights organisations, the minister of justice declared that “every country is sensitive on security” and cited Julian Assange and Edward Snowden as examples. The US ambassador to Turkey responded: “We chased after those that leaked the information, not those that published it.”

This was yet another blow for the oppressive Erdoğan regime, which has plummeted in the press freedom rankings. It also sparked questions that have surfaced time and time again in many scandals, from Iran-Contra to Watergate, from the Pentagon Papers to the Clive Ponting affair. When the state’s need for security contradicts the public’s right to information, which carries a higher priority? Can the threat to security be an excuse for government attempts to muzzle the media? When the stamp of “state secret” has turned into a veil concealing the dirty dealings of administrations, is it not the duty of a journalist to tear it away? Who determines what is in the best interests of the society?

As a journalist detained in solitary confinement in a prison in İstanbul, faced with accusations of “espionage”, I have been seeking answers to these questions. My conclusion is that no label of “state secret” and no rationale for “state security” permits a state crime. Thus I defend myself with Winston Churchill’s words: “The Official Secrets Act was devised to protect the national defence … and ought not to be used to shield ministers who have a strong personal interest in concealing the truth.”