Certains individus qui se réclament du trotskisme, et qui feraient mieux de prendre conscience des gravissimes errements politiques de Trotsky, s’acharnent mesquinement sur la mémoire de Georges Marchais dans le but de salir globalement l’héritage communiste français et international.

Certes le bilan politique de Marchais est contrasté. C’est en effet sous sa direction que, cédant aux campagnes antisovietiques et anticommunistes menées de conserve par la réaction et par la social-démocratie, et suivant, parfois à reculons les éléments pseudo-renovateurs du PCF, ce parti a engagé le grand effeuillage idéologique (abandons statutaires successifs de la dictature du prolétariat, du marxisme-léninisme, de l’internationalisme prolétarien, de la référence au marxisme, à la classe ouvrière, au socialisme et au centralisme démocratique) et la rupture ostentatoire avec l’URSS qui a ouvert la voie à la « mutation » finale du PCF. C’est à dire à son ralliement irrémédiable au réformisme et à la funeste « construction » européenne (eurocommunisme). 
Ces glissements destructeurs, les fondateurs du PRCF les ont combattus pied à pied, d’abord à l’intérieur du PCF, puis, quand ils furent devenus irréversibles et deshonorants (notamment par la participation sans principe du PCF au gouvernement de privatisation, de mise en place de l’euro et de bombardements sur Belgrade présidé par Jospin), en fondant le Pôle de renaissance communiste en France.

Mais Marchais, ce fut aussi un dirigeant ouvrier fier de sa classe, un patriote défendant le produire en France et l’indépendance nationale face au traité de Maastricht, un militant auquel ses concessions idéologiques aux conceptions réformistes ne permit pas, quand il s’y essaya, de résister efficacement à l’entreprise anticommuniste déterminée de Mitterrand et de ses relais refondateurs au sein du PCF. 
C’est néanmoins contre les aspects encore communistes, prolétariens et patriotiques du PCF marchaisien que s’acharnent minablement et DE DROITE les roquets idéologiques qui confortent l’anticommunisme sous un habillage d’extrême gauche.

Porter une critique marxiste-leniniste de l’héritage marchaisien est indispensable. Mais ce droit d’inventaire est indissociable d’un refus déterminé de laisser salir l’histoire du PCF de manière globale et injuste comme s’y emploient sans honte les anticommunistes de droite, de « gauche » et, de plus en plus, d’extrême droite.

par Georges Gastaud