Epidémie de COVID-19 : quelques chiffres pour mesurer la situation

Où en est-on de l’épidémie de covid-19 ? quelques chiffres pour mesurer de façon objective la situation.

COVID-19 :Une épidémie bien plus meurtrière que la grippe

Dans un article précédant nous avions eu l’occasion de mener cette comparaison montrant que le COVID-19 pouvait être trente fois plus mortel que la grippe. Les chiffres actuels permettent de préciser les choses

Le nombre de personnes mortes de la grippe durant la saison 2018-2019 est estimé à 9900 morts. Ce n’est là qu’une estimation, car le chiffre de morts recensés à l’hôpital est de 289 morts. A l’heure actuelle celui des morts hospitalier du Covid-19 est de 20 222 personnes soit 70 fois plus!

Par comparaison le décompte officiel des morts par accidents du travail en France était de 551 morts en 2018. Celui des morts par accident de la circulation était de 3488 morts.

La mortalité du COVID-19 en France comparée à d’autres pays : catastrophique !

Le site https://www.worldometers.info/coronavirus/ calcule pour chaque pays la mortalité officielle résultant du COVID-19 rapporté à la population, indiqué en morts par millions d’habitants. Voici donc la situation pour plusieurs pays et nous indiquons entre parenthèse le nombre de morts que nous aurions eu si on avait le même taux de mortalité que les pays cité.

France : 30 724 morts – 471 morts / million d’habitants

Vietnam : 0.4 morts/millions d’habitants (correspondant à 26 morts en France)
Chine : 3 (195)
du Sud : 6 (390)
Cuba : 9 (585)
Japon : 10 (650)
Venezuela : 14 (910)

Il apparait que les conséquences de l’épidémie de covid-19 sont particulièrement dramatique en France.

Une deuxième vague touche-t-elle la France ?

Au cours de l’été, chacun peut constater l’augmentation exponentielle du nombre de cas enregistrés officiellement. Ces derniers jours le nombre de cas quotidiens a ainsi dépassé la barre des 8000 !

source https://www.worldometers.info/coronavirus/country/france/

La situation est très différentes selon les départements, la région PACA et notamment les Bouches-du-Rhône, l’Ile de France ou la Gironde étant les plus touchées.

Si durant un moment l’augmentation du nombre de cas a pu être le résultat de l’augmentation du nombre de tests PCR réalisés – enfin accessible pour la population générale – il apparait désormais que l’augmentation du nombre de cas traduit désormais une augmentation de la proportion de la population touchée par le virus. En effet le taux de positivité – c’est à dire le nombre de tests positifs divisés par le nombre de tests réalisés – augmente plus vite que le nombre de test. Il atteint désormais les 7% dans les Bouches du Rhône par exemple.

De fait la proportion de malades dans la population générale augmente, traduisant bien la réalité d’une dynamique de croissance de l’épidémie, dont il faut se préocupper.

A partir des estimations réalisées par l’institut Pasteur de l’ampleur réelle du nombre de cas aux printemps rapportés au nombre de cas officiellement confirmés, O Berruyer a retracé une estimation de la dynamique de l’épidémie en France.

La plus grosse part des personnes testés positives, pour l’instant, sont les personnes de 20-29 ans et 30-39 ans ce qui doit expliquer le fait que l’augmentation n’entraine fort heureusementpas forcement de séjour à l’hôpital. Cependant il faut remarquer que lors des secondes vagues au Japon, Israël, Iran il y a eu un déphasage de 20-30 jours entre l’augmentation du nombre de nouveaux cas et le nombre de morts. Par ailleurs toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne certaines régions voient comme la Réunion une grosse augmentation du nombre de personnes hospitalisées. Qui plus est, au-delà des cas graves nécessitant une hospitalisation, les témoignages sont nombreux de malades souffrant dans la durée de symptômes très génant du covid-19, parfois durant plusieurs mois.

Ci-dessous un graphique de la tranche d’âge la plus touchée ainsi qu’un autre sur la tranche d’âge la plus à risque de 60 ans à 90 ans et plus.

On voit que l’augmentation sur cette tranche à risque est bien là. De plus le nombre de personnes en réanimation est passé de 375 personnes à 440 en 7 jours soit 17% d’augmentation en 1 semaine. On est certes encore loin des 7019 personnes en réanimation le 8 avril mais la tendance à l’augmentation semble se confirmer.

Le régime Macron MEDEF tarde à réagir ! à nouveau…

Même cause, mêmes effets. Le régime Macron annonce ainsi la réouverture avec des précautions très minimales des écoles. En à peine une semaine, c’est déjà des centaines de classes qui ont du fermer, et ce alors que le ministre Blanquer avait dit que cela n’arriverait pas… rappelant ainsi les déclarations du mois de mars. Tandis que le ministre de la Santé Véran ose toute honte bue affirmer que si le régime Macron avait interdit aux français d’avoirs accès aux masques chirurgicaux dans les difficiles mois de mars à mai ce n’est pas car la France n’en avait pas suite à la destruction des stocks et la fermeture des usines accelérée par Macron… mais car l’OMS ne l’aurait pas recommandé !

La question posée est donc bien de savoir si la réaction du gouvernement est adaptée et suffisante, et si elle ne tarde pas – sous la pression du MEDEF par exemple qui n’a de cesse de réclamer à ce qu’il n’y ai aucune mesures pouvant « faire peur » ou « atteindre l’économie – pour assurer la sécurité sanitaire du pays. Rappelons, comme l’a démontré le confinement de mars à mai, qu’une nouvelle perte de contrôle sur l’épidémie aura des conséquences sanitaires, mais aussi économiques dramatiques.

A titre d’exemple, on peut observer que le taux d’incidence dans les Bouches du Rhône est de 186.3/100 000hab. Pour comparaison les cubains qui sont face à une seconde vague viennent de mettre en place des mesures restrictives à la Havane pour 15 jours depuis le 1 septembre. Le taux d’incidence à la Havane était alors de 114,8/100 000 habitants.

Pour le moment, on ne peut que constater que le gouvernement s’est précipité pour annoncer de façon tapageuse des mesures d’obligations du port du masque… en extérieur – invalidés par les tribunaux -, rechignant avant le 1er septembre à l’imposer dans les lieux clos, sous la pression patronale. Et ce alors qu’il est désormais établi que la transmission de ce virus respiratoire se ferait principalement dans les lieux clos mal ventilés.

Inquiétant constat aussi, malgré les annonces d’un accès pour tous gratuit, des difficultés d’accès non seulement aux tests mais l’augmentation des délais pour obtenir les résultats. De fait, le régime Macron, dogme capitaliste oblige, se repose en effet complétement sur les laboratoires privés et l’initiative individuelle. Sans planification de la mise en oeuvre des moyens matériels et humains pour réaliser les tests, sans stratégie de dépistage, et avec une industrie en voie de disparition, on ne peut qu’assister à cet engorgement. Plus de 9 mois après le début de l’épidémie, grâce au capitalisme le pays n’est toujours pas prêt… tandis que la Chine a elle a réussi à éradiquer l’épidémie.

D et C pour www.initiative-communiste.fr

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