Enfants de la Creuse : Quand le gouvernement français déportait les enfants de la Réunion en Métropole !

reunion-enfants-de-la-creuseEntre 1963 et 1980, selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), publié en 2002, 1.630 enfants et adolescents réunionnais, âgés de 7 à 14 ans, ont été envoyés en métropole, plus particulièrement dans des départements touchés par l’exode rural. Arrachés à leur familles, la plupart sert alors de mains d’œuvre gratuite dans des fermes des départements ruraux en proie à l’exode rural. Dans une logique esclavagiste qui a tout à voir avec le et le racisme de l’ du pouvoir capitaliste français.

Déclaration du Parti Communiste Réunionnais après le reportage “Les enfants perdus de La Réunion”

“Nous sommes à moins de trois semaines de l’élection présidentielle, à l’occasion de laquelle les Réunionnais doivent et peuvent faire de 2012 l’année du commencement d’un profond changement politique, qui marquera notre Histoire. Le peuple réunionnais prend d’autant plus conscience de l’importance de ce changement qu’il analyse la dégradation actuelle de notre société et qu’il tire des enseignements de notre passé”.

“C’est pourquoi le tient à signaler aux Réunionnaises et aux Réunionnais que l’an prochain, en 2013, sera commémoré le 50ème anniversaire du début de la massive d’enfants réunionnais vers la France. Cette politique de casse des familles réunionnaises et d’exil forcé, qui a été lancée par le pouvoir parisien en 1963, a fait des milliers de victimes, aussi bien des parents et des enfants que des proches, dont les souffrances ont fortement marqué les esprits de plusieurs générations.

Ce mardi 3 avril 2012, dans le cadre de l’émission “Histoires en série”, la chaîne de télévision publique France 2 a diffusé un documentaire bouleversant, qui illustre la gravité de ces souffrances et de la décision politique prise au détriment du peuple réunionnais et sans respecter ses droits fondamentaux. Ce reportage, intitulé “Les enfants perdus de ”, raconte notamment le drame vécu par Marie-Thérèse et sa maman, Marie-Judith, qui ont été séparées arbitrairement pendant 35 ans.

Après avoir été récupérée par des services sociaux peu après sa naissance, la fillette, âgée de 3 ans, avait été envoyée en France sans avoir été abandonnée par sa mère et sans que celle-ci soit informée de la déportation puis de l’adoption de son enfant par une famille à Guéret dans la Creuse. Leurs retrouvailles à La Réunion sont très émouvantes et elles laissent imaginer les épreuves pénibles qu’elles ont dû surmonter pendant des décennies.

Ce documentaire donne également la parole à un autre Réunionnais, Jean-Jacques, qui raconte comment dans les années 60 son père a été incité par les autorités à l’abandonner avant qu’il soit «enlevé par des garde-champêtres à 6 ans pour mettre fin à ma vie réunionnaise». Il raconte aussi comment ces enfants déportés «ont été arrachés de leur famille, sans avoir de nouvelles des parents, sans espoir de retour» et comment, arrivés en France, ils étaient condamnés à un «travail forcé, dans une ferme, depuis le matin à 4 heures jusqu’au soir, y compris le samedi et le dimanche».

Dans le reportage, la journaliste et un historien rappellent que cette déportation d’une «main d’œuvre esclave» avait été décidée par le pouvoir pour repeupler la campagne en France après l’exode rural et pour empêcher les jeunes réunionnais de se révolter devant le non-respect de leur droit à la formation et à l’emploi dans leur pays.

On sait que cette politique a été menée en outre dans un contexte de fraude électorale massive et violente ainsi que de répression judiciaire ignoble ayant pour cible principale les militants communistes et autres démocrates, qui luttaient notamment pour l’application de la loi Vergès-Lépervanche du 19 mars 1946 ayant proclamé l’égalité des droits sociaux entre Réunionnais et métropolitains pour en finir avec la misère de l’ère coloniale.

Enfin, les réalisateurs de ce documentaire signalent que les représentants de l’État qu’ils ont interrogés récemment sur cette déportation des enfants réunionnais ont refusé de leur répondre. Ils parlent même d’un «secret d’État».

Au moment où le peuple réunionnais est confronté à de graves problèmes, voilà une nouvelle illustration de la nécessité de tirer des enseignements de notre passé pour lutter ensemble en faveur d’un profond changement de politique à La Réunion. C’est ainsi que nous construirons ensemble un avenir agréable pour l’ensemble de notre population”.

Le bureau de Presse du PCR