Massacre du 17 octobre 1961 à Paris… Il y a 60 ans N’oublions jamais. c’est par c’est mots que l’historienne Mathilde Larrere alerte sur les réseaux sociaux. Un appel qui fait écho à la mémoire inlassablement défendue par les communistes et tout particulièrement par le PRCF, ce PRCF cofondé notamment par notre regrété camarade Henri Alleg héro communiste des luttes pour la décolonisation.

Alors que la machine de propagande médiatique des milliardaires appuyé évidemment par une bonne par de l’audiovisuel public à la main du régime Macron, ce régime des même milliardaires, sature la presse, les télévisions les radios et l’internet des propos de candidats de la droite extrême et de l’extrême droite il est urgent de ne pas oublier. De ne pas reculer d’un pouce face au racisme, à ces semeurs de haine qui par ce moyen criminel ne cherche qu’à fracturer la classe des travailleurs pour mieux la diviser et l’exploiter.


Le 17 octobre 1961 a eu lieu la répression d’Etat la plus violente qu’ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l’histoire contemporaine. Une répression longtemps occultée…

Rappelons un peu le contexte En janvier 1961 un référendum avait donné une très nette majorité (75 %) en France métropolitaine comme en Algérie en faveur du processus de paix. Mais la perspective de l’Indépendance suscitait un refus catégorique d’une frange favorable à l’Algérie française et ce même au cœur de l’Etat D’où une recrudescence des violences dans les deux camps, en Algérie comme en métropole, contre des Algériens, contre des policiers français.

Depuis la fin des années 1950, les rafles d’Algériens, ensuite enfermés au gymnase Japy, au Vel d’Hiv (pas encore détruit) ou dans le nouveau centre ouvert à Vincennes se multiplient. En réaction, les attentats du FLN contre les policiers reprennent.

En septembre 1961 on commence à repêcher des cadavres de nord africains dans la Seine. Pour dire que le 17 octobre ne fut pas un épisode isolé, mais le pic le plus spectaculaire d’une répression érigée en système comme l’ont bien montré Jim House et Nail MacMaster.

Depuis le 5 octobre 61, un couvre feu avait été imposé à Paris par le préfet de police Maurice Papon, un couvre feu qui ne visait que les Algérien-nes. Un couvre feu qui vise en fait tous les nord-africain-nes et leur rend la vie quotidienne invivable

La fédération de France du FLN choisit de riposter en bravant le «couvre-feu raciste» et en organisant une manifestation massive et pacifique, qui répondait à l’exaspération de la population discriminée, brutalisée. Hommes, femmes et enfants sont appelés à y participer dans le calme Le port d’armes, même les plus insignifiantes, est absolument interdit. L’information circule sous le manteau et la préfecture de Police de Paris n’a connaissance de la manifestation que vers 16 h. A la préfecture, c’est la panique

De Gaulle donne alors carte blanche à la police pour disperser la manif Papon, le préfet de police fait dire aux troupes ; « pour un coup donné rendez en dix »

Pour Papon il est inacceptable qu’une manifestation d’Algérien-nes, même pacifique, entre dans Paris. Pour lui c’est une « invasion ».

En fin de journée, entre 20 000 et 30 000 Algériens et Algériennes, en habits du dimanche, commencent à se diriger vers les points de regroupements : l’Etoile, le bouv St Germain et les grands boulevards

La première manifestation (10 000 personnes), partie des bidonville et quartiers de l’ouest est bloquée par la police au pont de Neuilly. Les affrontements les plus violents auront lieu là. Les policiers sont en nombre qu’ils jugent insuffisant. ils sont chauffés par des rumeurs (on dit que des policiers seraient morts, ce qui est faux), ils sont dans un esprit de revanche après les attentats dont ils ont été victimes et se sentent couverts par la hiérarchie. Dans le même temps, des arrestations massives ont lieu aux sorties de métro à Etoile, Opéra, Concorde

Pdt ce temps, les Algérien-nes réussissent à se rassembler place de la République et défilent calmement en direction de l’Opéra. Ils brandissent des drapeaux et écharpes aux couleurs vertes et blanches du FLN et scandent les slogans «Algérie algérienne». Mais la manifestation se heurte vers 21 heures à deux compagnies de CRS devant le cinéma Rex Les incidents de ce secteur sont à nouveau particulièrement violents et meurtriers

Le troisième secteur d’affrontements violents est celui des boulevards Saint-Michel et Saint-Germain où les forces de police encerclent, nassent les manifestants qu’ils chargent et frappent

Les manifestants sont poussés par les force de l’ordre dans la Seine, blessés, certains entravés, pour les noyer.

La seine charriera des dizaines cadavres des jours durant. Les photos d’Elie Kagan donnent à voir ces arrestations, leur violences. Il est un des rares photographes à avoir pu témoigner par l’image des violences policières perpétrées à l’encontre des Algériens et Algériennes

Vous pouvez aussi écouter les témoignages recueillis plus tard par Daniel Mermet (qui était présent le 17 octobre) et Giv Anquetil dans l’ émission

https://la-bas.org/la-bas-magazine/les-archives-radiophoniques/2006-07/fevrier-144/le-17-octobre-1961-un-tabou-de-l-histoire