Youri Gagarine accomplit le 12 avril 1961 le premier vol habité en orbite autour de la Terre, 42 mois après le tout premier satellite Spoutnik. Par cette victoire technologique inédite, l’Union soviétique gagne la course à l’espace sur les États-Unis.

Après Laïka en 1957 (1er être vivant dans l’espace), Gagarine (1961) et Terechkova (1963) sont les deux premiers humains à voyager dans l’espace. Plus qu’eux-mêmes, ces cosmonautes symbolisent la victoire de la science soviétique, après la prouesse déjà considérable de Sputnik. l y a de quoi être épaté: l’Union soviétique, ravagée par la Seconde Guerre mondiale (à la différence des États-Unis), est parvenue en 12-15 ans à se retaper de fond en comble et à s’ériger en première puissance technologique du monde, pionnier de la science la plus futuriste.
Rien n’a jamais rendue aussi populaire l’URSS dans le monde entier (Gagarine ici en Danemark) que ce coup d’éclat technique, si ce n’est la victoire contre le nazisme en ‘45 elle-même. C’est autre chose que la sinistre idée que la propagande de la Guerre froide nous en a laissée. Il faut voir les images de la tournée mondiale de Gagarine (ici à Manchester, trois mois seulement après son vol). Le cosmonaute a été accueilli partout en héros de la paix et de la science, pas seulement dans les pays de l’Est mais aussi dans le Tiers-Monde ainsi qu’en Occident.
Sa visite triomphale en 1963 à Ivry-sur-Seine, dans la banlieue rouge de Paris, avec le couple Thorez pour inaugurer la célèbre grande cité de logements sociaux (tout un symbole !), montre bien que le dégel Ouest-Est n’était pas si inaccessible qu’on voulait alors bien le dire.
Le vol de Gagarine est le fruit d’énormes investissements dans la recherche de la part de l’État soviétique. Le pionnier Constantin Tsiolkovski était déjà pris très au sérieux dès 1922 par Lénine. L’Académie des Sciences de l’URSS publie et diffuse largement ses livres/articles. Ses enfants spirituels, Andreï Tupolev et Sergueï Korolev, génies de l’aéronautique, recevront toute l’aide et l’estime des autorités soviétiques, surtout après la Libération. Il faut dire que la menace de guerre nucléaire et le retard soviétique facilitaient les démarches.
Notez bien ici l’efficacité de l’ascenseur social soviétique. Korolev devait initialement être couvreur de toit et Gagarine charpentier (comme son père). Le système de promotion soviétique leur a permis de déjouer la reproduction sociale habituelle et de devenir exceptionnels.
Cependant, bien des généraux freinaient des quatre fers. Le vol de Gagarine est une victoire des scientifiques soviétiques, qui n’ont en outre que très peu bénéficié des savants allemands capturés en 1945, contrairement aux Américains (Operation Paperclip avec Wernher Von Braun).
Si l’URSS a gagné la course à l’espace, c’est parce que l’Amérique a été blessée dans son orgueil. Se sentant très retardés, les USA ont réagi en finançant à leur tour massivement l’aérospatial afin de coiffer au poteau les Soviétiques par un exploit symbolique (la Lune en 1969).
L’effort américain n’a pas été sans peine : 9 des 14 lancements de fusées Vanguard échouent entre 1956 et 1959 (ici l’explosion en 1957 de Vanguard TV-3, aka Flopnik, Kaputnik ou Stayputnik). Les cinq tentatives du programme Ranger entre août 1961 et octobre 1962 sont des échecs.
Les États-Unis n’étaient pas à la traîne que sur le plan technique : pour s’en rendre compte, lisez la lettre de refus de la Nasa en ’62 à la candidature d’unE astronaute pour son programme spatial. Un an plus tard, la cosmonaute Terechkova s’envolait vers les étoiles.
Malgré la propagande, l’Histoire retiendra toutefois que c’est l’initiative soviétique qui a mis en route la conquête spatiale, forçant les Américains à se dépasser eux-mêmes. Sans cette compétition, les télécommunications par satellite auront sans doute été bien plus tardives.
Aujourd’hui, c’est désormais la Chine qui, par son programme spatial ambitieux (alunissage en 2019 et explorations prévues de Mars et d’astéroïdes), oblige les USA à investir à nouveau dans la Nasa, toujours en triste état et phagocytée par SpaceX d’Elon Musk
La coopération pourrait à l’avenir de se substituer à la compétition dans la découverte de l’espace. Et si un programme commun avec des taïkonautes chinois rebondissait sur le succès de la mission Artemis II ? On se souvient du test Apollo-Soyouz avec Slayton et Leonov (1975)
source : d’après le fil X du camarade belge Adrian Thomas
https://x.com/AdrianThomas90/status/2042883375791222958





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