Souveraineté nationale. À propos d’un épisode transalpin – Par Floréal (PRCF)

De par sa constitution, le peuple italien est (censé être) souverain.

À quelques réserves près cependant, que l’UE, Frau Merkel, Sir Emmanuel Macron, la BCE, la quasi-totalité de la « libre presse » européenne et les sacro-saints « marchés » se sont vite chargés de rappeler aux électeurs transalpins :

<![if !supportLists]>·       <![endif]>tout d’abord, pas question de nommer au ministère des finances un adversaire de l’euro. Ce dangereux personnage devra donc se contenter d’un ministère sans portefeuille, voire d’un portefeuille sans ministère.

<![if !supportLists]>·       <![endif]>le gouvernement devra solennellement annoncer qu’il ne désire quitter ni l’UE, ni l’euro, ni l’OTAN.

<![if !supportLists]>·       <![endif]>un ministre des affaires étrangères qui a fait toute sa carrière à Bruxelles (parle-t-il encore l’italien ?) garantira l’engagement total de l’Italie dans l’Alliance Atlantique et la politique de guerre et de surarmement qui est actuellement la sienne. On respire !

<![if !supportLists]>·       <![endif]>Enfin les quelques mesures sociales envisagées par ce gouvernement devront soigneusement se tenir dans les limites infranchissables du remboursement de la « dette » et des critères de gestion de l’euro. Faut pas rire, n’est-ce pas, avec la suprématie du deutsche Mark sur notre continent, pardon, avec les bienfaits universellement reconnus de la monnaie unique qui apporte aux travailleurs d’Europe, comme chacun sait, la croissance des salaires, la stabilité de l’emploi, la qualité des services publics, le progrès permanent des retraites et de la protection sociale…

Une fois ces concessions minimes acceptées par MM. Salviani et Di Maio, l’UE donne carte blanche à l’Italie pour… traquer les migrants. On ne badine pas avec les « valeurs » européennes dès lors qu’elles ne sont pas cotées en Bourse.

Le gouvernement italien actuel est d’ultra-droite, voire fascisant. Celui du Grec Tsipras se réclamait de la « gauche radicale ». Qu’importe puisque, comme l’a dit M. Juncker, « il n’y a pas de démocratie contre les traités européens ». Et c’est si vrai que lorsque la France retoque un traité constitutionnel, non seulement on lui impose le traité de Lisbonne, qui est le clone du TCE, mais M. Macron, soutenu sur sa ligne politique par 18% des inscrits, va jusqu’à imposer l’hymne et le drapeau européens que Sarkozy avait prudemment ôtés du traité de Lisbonne. VOUS EN BOUFFEREZ !

Et c’est cette UE et son haut clergé totalitaire de dignitaires, de lobbyistes et d’oligarques méprisants que certains « patriotes » comme Le Pen ou Dupont-Aignan prétendent « renégocier du dedans » pour en tirer on ne sait quelle « Europe des nations » pendant que certains « progressistes » jurent de renégocier, toujours « du dedans », les traités supranationaux afin de « faire du social ».

« L’émancipation nationale est le socle de l’émancipation sociale », disait Jean Jaurès. Et si enfin, certains « hommes de gauche » parvenaient enfin à saisir que l’humiliation nationale, que l’ « Europe » fait subir à jet continu aux peuples européens, est le terreau permanent des régressions sociales et des dérives fascisantes ?