RETRAITES… A POINGS ! – Par Floréal, PRCF

A longueur d’antenne, on nous explique que le « nouveau monde » macronien est celui de la « société civile » faisant irruption dans la sphère politique et balayant les vieux corporatismes d’Etat…

Il y aurait déjà beaucoup à dire sur cette novlangue macroniste qui signifie en réalité que la fonction publique est démantelée, que la haute fonction publique est dé-professionnalisée et que l’Assemblée nationale est plus que jamais hantée par les gens d’affaires, « start-upers » et autres bénéficiaires de la « mondialisation heureuse ».

Oui mais il n’y a pas que la novlangue macroniste. Il y a aussi, un peu, les faits.

Ainsi, lorsqu’il s’agit de mettre en place un prétendu « régime de retraite universel » abolissant les « scandaleux » régimes spéciaux qui permettent un peu aux roulants SNCF ou aux agents EDF réparant les câbles après tempête de tempérer la modestie de leur condition et les conditions de travail compliquées par une retraite moins tardive, c’est bien l’égalité pour tous SAUF…

Sauf pour les sacro-saints gardiens de l’ordre public qui, tiens, tiens, sauveront leur régime spécial qui leur permet… de partir plus tôt que les « privilégiés » du rail.

Notons d’abord que l’universalité « moins quelque chose » est à l’universel ce qu’est la virginité une fois qu’on a tâté du déduit, ou la confiance dès qu’on en a abusé ne serait-ce qu’une fois (« c’est comme les allumettes, ça ne sert qu’une fois », disait Marcel Pagnol).

Notons ensuite que les syndicats de la police qui se retirent du mouvement – où ils étaient fort peu visibles – après avoir négocié la grève de tous contre les privilèges de certains, ont une singulière conception du civisme pour lequel le ministre les a félicités.

Notons enfin que, en réalité, le gouvernement « de tous les Français » fait bien la distinction, comme ferait le premier marxiste ordinaire venu, entre le gros du salariat, qui est constitué de travailleurs exploités directement ou indirectement, et ces salariés très spéciaux que sont les gardiens de l’ordre. De quel ordre au juste d’ailleurs, si ce n’est celui par lequel des millions de gens qui font grève et manifestent sont moins entendus par le gouvernement que des milliers de gens qui obtiennent gain de cause dès qu’ils menacent de… NE PLUS REPRIMER LES PREMIERS.

Entendons-nous bien : bien qu’en regardant de près je n’y aie jamais croisé la chapka du « capitaine Marleau », il y a sûrement dans la police des personnes estimables et qui ne votent pas pour le RN. Tant mieux pour elles si elles partent plus tôt à la retraite, la jalousie et la mesquinerie ne sont pas du côté des communistes qui savent que dans une société socialiste aussi, il y aura besoin d’une police même si elle sera composée et formée tout autrement qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Mais il est clair qu’une fois de plus la démonstration triste mais éclatante est donnée de l’analyse marxiste de l’Etat dont Engels disait que son noyau central était constitué « de bandes d’hommes armées » engagées par la classe dominante au sein de la classe dominée pour surveiller et pour punir, et quelquefois pour… éborgner, la masse des exploités.

Bref, c’est le régime sans points pour les uns, et le régime à points… et surtout, à POING pour les autres !