Petit résumé de la « Pensée Onfray » à l'usage de lecteurs écolos désireux d'épargner la forêt et la papeterie françaises – Par Floréal
Onfray vient de publier son 147e titre. Il est cette fois-ci consacré à Proudhon, ce vieil adversaire de Marx. À moins cependant que ne manque à notre décompte quelque chef-d'oeuvre emporté par le tsunami continu des publications consacrées par Onfray à l'un des sujets que, par extraordinaire, le polymathe caennais n'aurait pas encore, sinon traités, du moins abordés en galopant…
Étant entendu que, dans la Grande Encyclopédie du Savoir Superficiel et de la Critique expéditive que l'humanité doit à Onfray, on peut passer par pertes et profits l'argumentation (généralement inexistante), la pondération (ordinairement proscrite), et l'érudition (jugée fastidieuse et carrément superflue), il est donc probable que le lecteur de ce billet trouvera trop long le résumé de la Pensée Onfray que nous avons l'audace de lui présenter ci-dessous. Il est méthodologiquement emprunté à Pifou (« Glop, pas-glop, c'est ça la dialectique! », disait-on dans ma jeunesse…), si bien que l'on peut ainsi présenter les choses :
Dans la colonne « Glop, glop, Onfray ! », on placera Camus, les Girondins, Proudhon, de Gaulle, et surtout Onfray lui-même;
dans la colonne « Pas-glop, pas-glop! », on glissera sans pitié Sartre et Beauvoir, Rousseau, Robespierre, Hegel, Marx, Engels, Lénine, et surtout Freud, ces Affreux Absolus aux yeux de notre Commentateur polygraphe.
Un petit Glop d'honneur cependant est décerné par Onfray à Épicure, Lucrèce et Spinoza. À condition toutefois de détacher soigneusement ces grands matérialistes de l'histoire générale de la rationalité critique…
Ajoutons à cela l'art onfrayiste consommé de l'imprecation, de l'affirmation péremptoire, ainsi que l'extraordinaire faculté de notre auteur à dilater le propos et à noircir le papier sans jamais pour autant préciser la démonstration…
Il n'y a guère présentement sur le marché capitaliste de la philosophie contemporaine que BHL qui puisse rivaliser avec Onfray en matière d'agressive vacuité et il est vrai que, dans un style encore plus martial et anticommuniste (il faut le faire !) que celui de son rival normand, ce Second Grand de la philo médiatico-compatible n'a que mépris lui aussi à l'égard des contributions que les sciences contemporaines pourraient apporter à la réflexion philosophique en physique, en cosmologie, en biologie, en économie, en sociologie, ou, plus simplement, en matière de lecture instruite du corpus philosophique classique : mais prendre appui sur de telles recherches serait sans doute barbant et peu vendeur…
Pourtant le « public cultivé » (?) évoque spontanément Lévy et Onfray quand on lui demande de citer des philosophes contemporains; alors que presque plus personne, y compris nombre de jeunes profs de philo, ne connait seulement le nom du plus grand philosophe marxiste français de l'après-guerre, à savoir Lucien Sève…
Les ténèbres s'épaississent, l'ombre de la guerre s'étend sur le monde, mais, amis et camarades, ne comptons pas trop sur les deux Papes de la philodoxie contemporaine pour y refaire scintiller quelque luciolette que ce soit.


