À propos des déclarations du ministre israélien de la défense, par Floréal

Le ministre israélien Liberman perroquet de Hitler – Par Floréal (PRCF) – 29 décembre 2016

Prétextant du fait que la a voté une motion de l’ONU condamnant la des terres palestiniennes par Israël (c’est la moindre des choses de la part d’une institution internationale censée garantir l’égalité entre les peuples), arguant également du fait que notre pays accueillera bientôt une énième conférence internationale visant à établir deux Etats souverains là où Ies faucons de Tel-Aviv sont déterminés à n’en garder qu’un (le leur, puisque leur volonté colonisatrice avouée est de phagocyter cyniquement jusqu’au dernier les territoires palestiniens occupés), le ministre israélien d’extrême droite Liberman a vomi sa haine contre la France. Liberman vient en effet de parler de « nouvelle affaire Dreyfus » à propos de notre pays ; encore plus gravement, il a osé appeler les citoyens français de confession juive à quitter ce pays « qui n’est pas le leur » et où ils sont « en danger ». Dans la foulée, Liberman somme nos compatriotes de rallier immédiatement Israël. C’est-à-dire un havre de paix bien connu… où les citoyens-soldats vivent en permanence sur pied de guerre et où, proportionnellement à la population, le budget militaire est un des plus écrasants du monde…

Ces propos méprisables, insultants pour notre pays et lourds de périls pour nos compatriotes juifs, appellent plus qu’une condamnation catégorique de la part de l’Elysée.

En effet,

· Des juifs ont vécu en Gaule bien avant que notre pays ne devienne officiellement catholique par la grâce du baptême de Clovis.

· La Révolution française a émancipé les juifs de l’oppression politico-religieuse que leur infligeait, ainsi qu’aux protestants, aux athées et aux catholiques non-cléricaux, l’existence d’une religion d’Etat.

· La République a conféré aux juifs la citoyenneté française de plein droit. Plus tard, Bonaparte les a dotés d’un Consistoire.

· Lors de l’Affaire Dreyfus, la droite militariste s’est déchaînée contre eux, mais nul ne peut oublier que pour finir, c’est le parti « dreyfusard » emmené par Zola, Clémenceau et Jaurès qui a permis la libération du capitaine Dreyfus ; c’est donc bien pour la défense d’un citoyen juif qu’un immense mouvement d’opinion s’est alors dressé en France en fixant pour longtemps les traits à la moderne.

· En séparant l’Etat républicain de toutes les Eglises, la loi laïque de 1905 votée à l’instigation du parti républicain et de Jean Jaurès a permis de manière radicale que tous les Français ne soient plus considérés désormais que comme des citoyens, sans égard pour leur religion réelle ou supposée : acte majeur pour le respect et pour la sécurité des citoyens appartenant à des minorités religieuses, parmi lesquels les Français de confession juive.

· Sous le Front populaire, et plus encore à l’occasion des combats de la Résistance, des citoyens de toutes confessions ont combattu ensemble Hitler et ses collabos antisémites de Vichy. Dans les rangs des Francs-Tireurs et Partisans de France comme dans ceux des FTP-MOI organisés et armés par le PCF clandestin, juifs et non-juifs se sont serrés les coudes autour du drapeau rouge et du drapeau tricolore.

C’est pourquoi quand nous entendons Liberman déclarer que les juifs ne sont pas français et que « la France n’est pas leur pays », nous clamons notre indignation. Ces déclarations provocatrices sont dignes des hitlériens allemands ou « français » qui déclaraient jadis que les juifs n’étaient pas de « vrais Français », pas plus que ne l’étaient à leurs yeux les communistes (ces deux « catégories » de « mauvais Français » étant regroupées sous l’appellation de « judéo-bolchéviks »).

Les honteux propos de Liberman exigeraient le rappel de notre ambassadeur à Tel-Aviv si M. Hollande avait encore quelque sens de la dignité nationale et s’il désirait vraiment combattre l’antisémitisme, tout en défendant l’honneur bafoué de notre pays commun.

Et dans le même temps, qu’attend le chef de l’Etat pour faire enfin ériger des statues du Capitaine Dreyfus et d’Emile Zola à St-Cyr et dans les principaux centres d’instruction militaire de notre pays ?

Par ces deux actes connexes, notre pays montrerait au monde entier que la France républicaine vomit à jamais l’antisémitisme, comme elle combat – ou plutôt, comme elle devrait combattre fermement car elle en est fort loin – les exactions du fascisant gouvernement Netanyahou à l’encontre du peuple palestinien martyrisé.