Pour s’aligner sur le « super-boss » américain, le proconsul du French Euroland, Sir Emmanuel Macron, s’est mesquinement joint au « boycott diplomatique » des J.O. de Pékin. Néanmoins pour atténuer un peu ce geste de macro-vassalité, pour ne pas trop heurter le « partenaire » chinois (business is business!), et pour que, sans doute, le pouvoir macronien puisse profiter en direct de tel ou tel succès tricolore à l’approche des élections, il était annoncé que la ministre française du Sport, Mme Maracineanu, se rendrait à Pékin pour assister discrètement à certaines épreuves (pas de danger qu’elle oublie de mettre un masque! Aux couleurs de la bannière étoilée?).

Alors que Paris ne voit évidemment aucun inconvénient à ce que le Qatar, ce modèle de démocratie, ait pris les rênes du plus grand club « français », ni à ce que le prochain Mondial de foot soit programmé dans un de ces Émirats qui ne voit aucun mal à reconnaître Israël et sa politique d’apartheid antipalestinien (selon les termes du dernier rapport d’Amnesty International)… 
Voilà que pour compléter ce tableau antisportif fait d’obséquiosité atlantiste et de veulerie exacerbée, on nous annonce que, Mme la ministre des Sports ayant contracté le covid 19, nul ne représentera finalement la France aux J.O. d’hiver de Pékin: une façon vraiment intelligente et très conforme à l’intérêt national de préparer le succès mondial des J.O. de Paris dans quelques années. Car bien évidemment, si la sous-ministre macroniste est malade, il n’y a personne au gouvernement qui soit en état de la remplacer et d’honorer ainsi comme il se doit, non seulement les sportifs français laissés à l’abandon, non seulement le C.I.O. (créé par un Français et dont la langue officielle se trouve être la nôtre, soit dit en passant), mais le grand peuple chinois qui compte un quart des habitants de la planète et qui fait désormais figure de moteur de l’économie mondiale.
Il y a cependant peu de chances que le boycott mal déguisé et vraisemblablement imperceptible d’une personnalité française de troisième zone fasse beaucoup d’ombre aux J.O. de Pékin, lesquels sont d’ores et déjà un succès d’audience mondiale. Le sinistre aigle bicéphale germano-américain aura beau planer, menaçant et piaillant, non seulement sur les J.O. mais sur la paix mondiale (qui apparemment n’est pas un des droits fondamentaux de l’homme aux yeux des dirigeants euro-atlantistes), l’antique Coq gaulois devenu chapon aura beau s’égosiller dans les aigus comme dans le premier meeting d’En Marche, la réalité restera le fait que la Chine populaire, que cela plaise ou non, devient inéluctablement une puissance planétaire. Et cela pour la simple raison que, avec 1,5 milliards d’habitants, et pour peu que l’on soit démocrate et que l’on admette, en conséquence, que la voix d’un humain vaut celle de tout autre (liberté, égalité, fraternité, qui a inventé ça?), il paraîtra de plus en plus naturel aux hommes de bonne volonté que les pays les plus peuplés, ceux-là même que l’impérialisme occidental, auteur d’innombrables crimes dans la Chine d’avant 1949, a si longtemps relégués aux périphéries de l’histoire, jouent à plein désormais, ni plus ni moins que le rôle qui mérite d’être le leur dans le devenir global de l’humanité.