Il y a 50 ans, ils assassinent Martin Luther King

« Vous ne pouvez pas parler d’une résolution du problème économique des nègres sans parler de milliards de dollars. Vous ne pouvez pas parler de la fin des bidonvilles sans dire d’abord que les profits ne doivent plus être faits sur les bidonvilles. Vous falsifiez vraiment parce que vous avez affaire à des gens maintenant. Vous avez affaire à des capitaines d’industrie […] Maintenant ça signifie que vous vous déplacez dans une mer agitée, parce que ça signifie qu’il y a quelque chose qui ne va pas avec… Le capitalisme… Il doit y avoir une meilleure distribution des richesses et peut-être que l’Amérique doit se diriger vers un socialisme démocratique. »

Comme Mandela voire Guevara la bourgeoisie internationale et ses médias après les avoir couvert d’insultes et de calomnies tentent de transformer ces militants de l’émancipation humaine en des individus sans saveur, sans couleur, dépourvus de toute colonel vertébrale idéologique, bref des petits-bourgeois bêlant des propos sirupeux, creux et surtout vides de tout contenu revutionnaire.
Il en va de même pour MLK.
Cet homme jeune, il est assassiné à 39ans, consacre sa vie non seulement au combat pour l’égalité de droits entre noirs et blancs aux États Unis mais à l’inégalité structurelle de système. Il écrit “Le capitalisme est arrivé au bout de son utilité historique ”
L’anti impérialisme et le positionnement de classe de MLK devient chaque jour plus net dans son combat même si sa méthode de la confrontation non-violente est discutée alors par un Malcom X ou d’autres.
Notons que MLK n’à jamais condamné les émeutes raciales. “La violence est le cri de ceux que l’on entend pas” dira-t-il.
Mais c’est bien lorsqu’il fait le lien entre lutte des classes et anti-impérialisme avec la guerre du Vietnam que le FBI qui le surveillait avec zèle depuis des années laisse (au moins….) son assassin, un raciste ségrégationniste, agir.
Après avoir liquidé de la même façon Malcom X et les militants du Black Panther Party.
Ensuite les dirigeants étasuniens vont tenter, non sans succès, la métamorphose du combattant en une espèce de réformiste invertébré.
A l’occasion du cinquantenaire de sa mort rendons lui hommage en lui rendant sa couleur.

Antoine Manessis