Gadgets électoraux et bilan réel

Ils sont sept à « s’affronter » pour décrocher le titre envié de recalé socialiste du premier tour. Enjeu politique réel, tant le bilan de Hollande est déprimant : le contrôle du PS dans les cinq ans à venir. Du moins si PS il y a encore dans quelques mois alors que pour l’heure, ce parti s’avère incapable de présenter le chef de l’Etat sortant aux présidentielles et que tous ses pré-candidats arrivent… bons cinquièmes (après Macron et Mélenchon !) dans les enquêtes d’opinion ! Mais faut-il pleurer si, pour la première fois depuis 1981, un candidat issu du PS est devancé par un candidat eurosceptique, « indépendantiste » et soutenu par la plupart des communistes français ? Un candidat qui eût pu être un véritable communiste si, entretemps, le PCF mutant de Hue, Laurent et M.-G. Buffet n’avait pas dérivé vers la social-démocratie « euro-constructive »…

Alors, pour donner le change et pour tenter de se distinguer artificiellement les uns des autres, nos candidats « primaires » se lancent dans la valse aux gadgets.

Et c’est Valls, le matraqueur de la CGT, le nouveau Jules Moch de l’état d’urgence permanent, le fanatique exécutant de la directive européenne « Travail » travestie en « loi El Khomri », qui promet soudain d’abolir le 49-3, de « renforcer le dialogue social » et d’affirmer une bien improbable « souveraineté » française face à Frau Merkel…

Et c’est Montebourg, le bateleur du « made in France » qui fit plus pour banaliser le tout-anglais que pour arrêter les délocalisations, qui promet le « protectionnisme européen » et le « patriotisme économique »… Sauf que c’est radicalement impossible en restant dans l’UE, que ses traités fondateurs – modifiables seulement à l’unanimité des Etats-membres… – définissent comme une « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée ».

Et c’est Peillon, en mission « aubryenne » pour déstabiliser Valls, qui se présente en champion de la laïcité, lui dont la loi impraticable sur les rythmes scolaires a ouvert la porte à la dénationalisation rampante de l’école élémentaire…

Mais peut-être préférez-vous Hamon, sa « dépénalisation du cannabis » et son « revenu universel » destinés à appâter les jeunes électeurs faute de leur garantir le droit au travail reconnu par la Constitution ?

Peine perdue : en dehors d’un dernier carré d’électeurs PS désemparés, qui donc croit encore au Père-Noël mitterrando-jospino-hollandien après tant d’années de trahison sociale (qui a fermé les mines ? Qui a trompé les sidérurgistes ? Qui a poignardé Goodyear ? Qui privatisé Air France et France Télécom ? Qui est en train de dépecer EDF et la SNCF au nom de Maastricht ?), de délitement de la nation découpée en Länder à l’allemande, de provocs contre la paix au Proche-Orient, de destruction des acquis du CNR et du Front populaire ?

Electeurs PS, ne regrettez pas le bon vieux temps de Saint Léon Blum : si ce douteux personnage a lâché les acquis de 36, c’est parce que les ouvriers occupaient les usines et que le jeune PCF menait la vie rude aux éternels conciliateurs de la social-démocratie. Dès que la pression ouvrière s’est relâchée, Blum a décrété la « non-intervention » contre Franco et la « pause » sur le terrain social. Et c’est un député PS qui, en 39, a fait voter le décret Sérol qui envoya tant d’ouvriers communistes à la guillotine sous Pétain (que soutinrent nombre de députés de la SFIO). N’idéalisez pas davantage Saint qui, après un flirt pétainiste et une « résistance » postérieure à Stalingrad, a mené tambour battant les guerres coloniales puis, élu président suite aux erreurs opportunistes du PCF, n’a eu de cesse d’étouffer ce parti, de promouvoir le FN, de liquider la politique étrangère gaulliste et de placer la France sur les rails mortels de Maastricht.

Si le PS entre en crise à l’issue des présidentielles, ce ne sera pas la pire nouvelle de ces élections. La vraie question est de savoir s’il sera distancé par un concurrent de droite – en clair, par le banquier MAcron, l’homme de la liquidation OUVERTE de la langue française (cf son discours en anglais dans le cadre de la présidentielle française…), ou par la gauche, par une France FRANCHEMENT insoumise au MEDEF, à l’UE et à l’OTAN. Et dans l’état actuel des rapports de forces électoraux, la candidature Mélenchon est incontournable.

Même si ce qui sera décisif ce n’est pas tel ou tel homme providentiel mais la capacité des communistes à agir ensemble pour poser la vraie question stratégique, celle du FREXIT progressiste dans la perspective de ce que nous appelons toujours la socialiste.

En attendant, aucun soutien au prestidigitateur, quel qu’il soit, qui sortira du chapeau-claque des mascarades solfériniennes !

 

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