De Bokassa 1er à Sir Macron. par Floréal

Quand « Bokassa 1er » se faisait couronner « empereur de Centrafrique » en singeant grossièrement le sacre – déjà terriblement ridicule ! – de l’ex-jacobin Napoléon Bonaparte, toute la presse bien-pensante de l’Hexagone moquait la pitoyable aliénation culturelle de l’ex-sergent de la Coloniale promu président, puis Empereur, par la Françafrique.

En revanche, nous sommes aujourd’hui sommés d’admirer en chœur quand et son gouvernement jargonnent en anglo-ricain bas de gamme, quand le président interpelle directement le « Congrès » français sur un ton de télévangéliste, quand il écoute la Marseillaise main sur le cœur et les yeux mystiquement clos – à l’américaine, donc ! – , quand il fait du fascisant Trump le héros de notre 14 juillet révolutionnaire, quand il promet d’ubériser le travail et qu’il entreprend d’aligner les acquis de 45 sur le désastreux contre-modèle anglo-saxon…

Bien entendu, dans les deux cas, la copie est cent fois pire que le « modèle » : d’abord parce qu’elle est une copie, voire une caricature ; ensuite parce qu’elle ne fonctionne pas (autre temps, autres lieux !) ; enfin parce que dans les deux cas, sous des apparences très dissemblables, elle vise à renforcer le pouvoir personnel, à détruire les contre-pouvoirs et à courtiser servilement les vrais Maîtres (de la Françafrique pour Bokassa 1er, de l’Empire transatlantique pour Lord Macron), tout en singeant candidement leur « grandeur »…

Mettre ses pas dans ceux d’un autre, c’est toujours suivre (« je suis, donc je ne pense pas ») et l’imitateur est moins le second à être le premier qu’il n’est (dans le meilleur des cas) le premier à être le second.

Résumons-nous : Bokassa 1er était ridicule. Macron 1er est admirable : selon toi, lecteur, comment faut-il nommer ce préjugé qui autorise à rire du premier mais qui contraint à trouver au second un côté « jupitérien » ?

Par Floreal 3 juillet 2017