Avouons-le, l'auteur de ces lignes est un « mauvais Français »: alors que la plupart des « Bons Français », soit vibraient d'enthousiasme en voyant Macron détourner le défilé du 14 juillet pour appeler à la guerre continentale contre la Russie, soit se fichaient en toute inconscience de la paix mondiale pour peu que l'équipe de France accéde à la finale, l'auteur se demandait plutôt comment il se peut que notre peuple, qui lança jadis l'ère des révolutions populaires, soit devenu cette masse de citoyens indifférents et de supporteurs surchauffés qui tolère qu'en son nom, un despote morbidement irresponsable appelle à demi-mots à la guerre mondiale tout en accueillant à Paris un « président » Zelensky qui honore en grande pompe la mémoire de l'infâme génocidaire pro-hitlérien Melnyk.
On peut cependant comprendre que tant de citoyens français malmenés par l'austérité sans fin et par la perte de tout repère idéologique vive difficilement aujourd'hui la défaite – mille fois méritée du reste tant l'équipe d'Espagne a dominé tout le jeu – d'une équipe tricolore qui ne pouvait sans doute guère faire mieux.
Et puisque seuls les benêts incurables peuvent encore s'écrier « pas de politique dans le sport! » au moment où Trump dicte directement au président de la FIFA qui est exclu de la compétition et qui ne l'est pas, voyons au moins les bons côtés politiques de la victoire de l'équipe d'Espagne.
D'une part, sa possible victoire en finale va sans doute relancer l'unité citoyenne du peuple espagnol qui a bien besoin de surmonter ses divisions territoriales pour défendre d'un seul tenant ses acquis sociaux et pour assumer l'orientation antiraciste et anti-sioniste assumée, si inconséquente qu'elle soit, de son gouvernement.
D'autre part, quel plaisir ce serait, si l'Espagne est finalement sacrée championne du monde, que de voir Trump ou l'un de ses sbires sinistres, le bigot Vance, l'affameur de Cuba Rubio, etc. être forcé de remettre la coupe du monde à l'équipe de ce pays détesté par Trump qui a refusé de laisser les USA utiliser son sol pour bombarder l'Iran, qui a condamné le génocide de Netanyahou et qui s'est prononcé pour le droit de Cuba à choisir souverainement son avenir.
De ce point de vue, quelle différence avec le comportement hautement politique de K. M'Bappé (qu'il faut PAR AILLEURS défendre contre les attaques racistes émanant des laquais paragayens du trumpisme) quand, pour plaire à son ami Macron, il renvoie dos à dos LFI et le RN!
Finalement, que ce ne soit pas le pays le plus belliqueux d'Europe, à savoir la France (pour notre honte!), mais le pays le plus pacifique d'Europe (l'Espagne) qui gagne le trophée, cela n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui préfèrent que la population de la France, de l'Europe et du monde RESTE EN VIE au lieu de « payer le prix du sang » (dixit Macron le 14 juillet) pour maintenir à toute force l'hégémonie mondiale de l'Occident. En définitive, qui est le plus patriote, de celui qui menace d'envoyer les enfants de France à la mort dans une guerre suicidaire, ou de ceux qui veulent que notre pays VIVE et que sa jeunesse profite pleinement de l'existence dans une République sociale, souveraine et fraternelle libérée du grand capital ?
Travailleurs espagnols qui vivez et transpirez en France à nos côtés, bonne continuation à votre équipe et « hasta la victoria siempre » à elle et aux combattants de la paix, comme eût dit le Che !