AFFAIRE « LYHANNA » : OU L'ON CONSTATE QU' »ETAT POLICIER » ET « SOCIETE POLICEE » SONT ANTINOMIQUES – Par Floréal
Ce que les médias appellent l' »affaire Lyhanna » reste et restera avant tout un épouvantable drame humain que nulle personne n'ayant pas vécu dans sa chair cette horreur ne peut seulement se figurer à propos de ses propres enfants. Souvenir, donc, pour cette gentille fillette assassinée et fraternelles condoléances des militant(e)s du PRCF à ses parents glacés de désespérance !
Inévitablement pourtant, cette tragédie privée pousse la masse de nos compatriotes à s'indigner, à s'interroger, voire à manifester devant les Palais de « justice ». Comment est-il en effet possible que l'assassin présumé ait pu passer depuis si longtemps entre les mailles du filet policier alors que cet ignoble personnage était visé par quantité de plaintes ou de signalements dénotant sa dangerosité ainsi que le type de crimes qu'il était susceptible de commettre (qu'y a-t-il de pire que d'assassiner un enfant, si l'on excepte les Netanyahou, Trump et autres commetteurs de génocides qui font la même chose à l'échelle industrielle de Gaza à La Havane, où l'Imperator étasunien voue à la mort des milliers de gosses cubains que les hôpitaux méthodiquement privés de médicaments et d'électricité par Trump sont privés des moyens permettant de soigner efficacement…)? C'est d'autant plus vrai que, lorsqu'il s'agit de condamner à la chaîne des syndicalistes jugé au pifomètre en « comparution d'urgence », une certaine « justice » n'a cure des questions de « moyens » et de déontologie: en l'occurrence, les condamnations les plus farfelues tombent comme à Gravelote car alors, il n'y va pas de la vie d'une fille de travailleurs, mais des profits capitalistes et de la défense des dominants !
Il n'en faut pas moins d'élever avec indignation contre l'indignation feinte des forces réactionnaires qui, de Macron aux LR en passant par Darmanin et par le RN, se déchaînent contre « les juges » (dont certains éléments courageux ont sans doute surtout eu le « tort » de poursuivre Sarkozy…). Ce sont en effet les mêmes politiciens réactionnaires, le plus souvent flanqués du PS qui, surtout depuis le Traité de Maastricht (1992) et l'euro-austérité drastique qui a frappé en continu l'ensemble de nos services publics civils, justice, école et hôpitaux en tête, ont réussi cet anti-miracle budgétaire: faute de moyens pour les traiter dignement, 1000 dossiers relatifs à des plaintes de criminalité sexuelle présumée sont présentement en souffrance rien qu'à Paris alors que partout pourtant, des procureurs et des policiers soucieux du bien public travaillent jour et nuit pour faire face à leurs écrasantes responsabilités et compenser les manques criants de personnel judiciaire. Bien entendu il pourra toujours se trouver ici et là tel ou tel magistrat indifférent à tout, ou tel policier inerte, pour laisser passer des cas terrifiants ou pour bâiller d'ennui quand une mère, un père, une jeune fille harcelée ou une femme en danger viennent porter plainte. De tels incapables, s'ils existent, méritent évidemment d'être virés. Il n'en reste pas moins que chacun d'eux n'est en rien responsable du fait systémique que la France, faute de choix politiques appropriés, dispose désormais d'un système judiciaire en voie de délabrement quand on compare le ratio des professionnels de justice au nombre d'habitants du pays et au nombre de plaintes croissant lié à la « libération de la parole »: c'est parfois six fois pire chez nous que dans certains pays voisins (qui, il est vrai, ont sacrifié d'autres services publics, personne n'est beau à voir dans cette Europe dévastée par 50 ans d'eurolibéralisme oligarchique!).
Ce serait respecter pleinement la mémoire de l'ensemble des mômes démolis chaque année par d'ignobles salopards que de dire que, tous ensemble, l'ombre de ces victimes accuse silencieusement une politique générale qui, malgré son bavardage immonde sur « l'enfance, notre priorité », est toute fière, comme vient encore de le faire Macron, d'annoncer que, face au colossal retard pris dans le domaine judiciaire (et ne parlons pas de l'état honteux des prisons françaises!), l'Etat macroniste a fait le geste grandiose d'allouer une rallonge de 475 millions à la justice quand la seule loi de programmation militaire, qui vise ouvertement à préparer le « sacrifice de nos enfants » explicitement réclamé par le chef d'état-major des armées, est dotée d'un budget de 413 milliars que l'actuel Parlement godillot, du RN au PS, a récemment encore abondé de trente milliards. Il n'est que de comparer les deux chiffres pour voir qui et quoi sert ce gouvernement à la solde des milliardaires marchands de missiles qui dirigent le complexe militaro-industriel français, européen… et américain! Surtout quand on sait que ces milliards soutirés aux Français pour faire prochainement la guerre à cette Russie qui nous a tirés naguère des griffes de Hitler (1) au prix de 27 millions de Soviétiques exterminés par le IIIè Reich, partiront pour une bonne part en Ukraine: ils seront détournés par la clique archi-corrompue de Zelensky ou bien ils serviront à Kiev pour acheter des armes… à Boeing et à General Electrics avec l'argent que les Français auront ainsi involontairement retiré aux hôpitaux, à l'école ou à la justice!
Ce n'est pas tout. Qu'est-ce que c'est que cette société où toutes les sortes de criminalités explosent, des crimes à connotation sexuelle à ceux qui sont liés au trafic de drogue, alors que la justice et la police, ou bien sont hors d'Etat d'accomplir sainement leur mission, ou bien sont détournées de leur fin légitime pour réprimer à tour de bras les Gilets jaunes et autres cégétistes? Qu'est-ce que c'est que cette société percluse d'individualisme et pourrie par l'idéologie « made in USA » du « winner », sinon une société ensauvagée d'individus potentiellement violents et se redoutant les uns les autres? Alors on connaît la réponse de la réaction politique au mal qu'elle secrète en continu par son culte du loup solitaire, de l'influenceur paresseux et vendeur d'illusion? Cette (non-)réponse, qui prend le visage des Darmanin, Castaner, Cazeneuve, Valls, Retailleau et autre Bardella, c'est la RE-PRES-SION et la MI-LI-TA-RI-SA-TION dès les bancs de l'école!
Eh bien notre réponse à nous, n'en déplaise aux bobos, n'est certes pas angélique car la classe ouvrière réserve ses pleurs aux petites victimes assassinées plutôt qu'à leurs sanglants bourreaux. Elle n'en est pas moins diamétralement opposée à celle de la droite fasciste ou « républicaine », surtout quand celle-ci prend le visage du Chouan non repenti Retailleau: notre réponse politique de fond est que, par la révolution populaire et prolétarienne passant par le Frexit progressiste, par le démontage de l'économie de guerre, la reconstruction du produire en France pacifique, de la Sécu et des services publics, par l'émergence de nouvelles Lumières partagées, par le retour d'une France généreuse affranchie de l'UE-OTAN et menant une grande politique de paix et de souveraineté, mais aussi par la promotion d'un socialisme-communisme de nouvelle génération, nous ferons tôt ou tard revivre une France nouvelle: une nation non pas policière mais policée, c'est-à-dire apportant à nouveau sa pierre à l'effort de re-civilisation de notre monde barbarisé par le capitalisme fascisant, ensauvagé, exterministe et pourrissant.
Dans une telle société les bourreaux d'enfants de toute espèce et de tous niveaux n'auront qu'à bien se tenir car toute la société sera tendue, non plus en paroles et hypocritement, mais en pratique et en fait, vers la mise en application concrète de la belle devise humaniste que nous ont léguée Robespierre et la Révolution française : liberté, égalité, fraternité !


