
Un premier tour sous tension
Le 12 avril 2026, le Pérou a organisé le premier tour de son élection présidentielle dans un climat politique déjà tendu. Selon les résultats provisoires, aucun candidat n’a obtenu la majorité absolue, nécessitant un second tour. Le candidat de gauche, Roberto Sánchez, arrive en tête, talonné par ses adversaires.
Roberto Sánchez a fait campagne sur quatre points centraux : – Libération de Pedro Castillo – « Refondation du pays » à travers une nouvelle constitution – Nationalisation des ressources naturelles – Lutte contre « la pauvreté, l’exclusion et la corruption »

Bien qu’il soit arrivé second au 1er tour, ses chances de gagner sont réelles, étant donné le caractère anti-Fujimori d’une grande partie du spectre politique péruvien.
Mais depuis, le pays attend toujours les résultats officiels, plongeant dans une incertitude sans précédent. C’est que les résultats qui confirment la profonde envie populaire de gauche au Pérou, déjà démontrée avec l’élection, à la régulière lors d’un scrutin précédent du président de gauche Pedro Castillo. Et qui confirment également que dans l’Amérique Latine sous la botte de l’impérialisme, la démocratie n’a pas la cote et que des résultats électoraux n’allant pas dans le sens souhaités par Washington et ses riches vassaux de Lima à Caracas en passant par Miami ne sauraient être proclamés.
L’instabilité politique règne au Pérou. Depuis 10 ans, le pays a eu six présidents différents, dont seulement deux qui ont été élus. Le Congrès, aux mains de la corruption et de la droite en général, fait la pluie et le beau temps pour destituer les mandataires.
Quinze jours de silence et de scandales
Plus de deux semaines après le scrutin, aucun résultat définitif n’a été proclamé. Pourtant, les capitales occidentales, si promptes à dénoncer les irrégularités ailleurs, restent muettes. Cette opacité s’inscrit dans une longue série de crises : manœuvres politiques, destitutions controversées, et même l’emprisonnement de Pedro Castillo, président légitimement élu en 2021, que ses soutiens qualifient de « coup d’État déguisé ».
Les organes électoraux, sous la pression de l’extrême droite, semblent saboter délibérément le processus. Des milliers d’électeurs n’ont pu voter en raison de défaillances logistiques. Le chef de l’ONPE a démissionné le 21 avril, menacé de poursuites. Dans ce contexte, une question s’impose : qui réclame les procès-verbaux de l’élection péruvienne ?
Au Pérou, TOUJOURS PAS DE RÉSULTATS DÉFINITIFS de la présidentielle.
Qui réclame les procès-verbaux de l’élection ?
Les organes électoraux, sous pression de l’extrême droite, sabotent volontairement le scrutin qui a eu lieu le 12 avril dernier.
Pourquoi ? Parce que de toute évidence, le candidat de gauche Roberto Sánchez est qualifié pour le 2nd tour et a mathématiquement des chances de l’emporter.
Le candidat d’extrême droite – arrivé troisième – fait tout pour annuler le scrutin. Les autorités électorales (ONPE) sont paralysées par cette pression politique anti-gauche.
Le chef de l’ONPE a démissionné le 21 avril et est menacé par le ministère public de prison. Et les résultats définitifs arriveront apparemment… à la mi-mai !
Incroyable silence de la soi-disant « communauté internationale » qui réclamait pourtant, dès le lendemain du scrutin, les procès-verbaux de l’élection présidentielle vénézuélienne en 2024.
Qui réclame les procès-verbaux du Pérou ? Ni la droite (qui soutient la fraude), ni la gauche-de-droite (qui s’indigne uniquement par intérêt électoral). Que chacun observent d’ailleurs au delà des chancelleries occidentales si promptes de Paris à Londres, Berlin et Bruxelles à désigner par adoubement les « vainqueurs » des élections de l’Afrique à l’Amérique Latine (chacun a bien en tête ici les terribles exemples ciblant le Venezuela par exemple) sont dans un silence absolu. Encore plus tristement, observons le silence complice de certains etats majors du mouvement social, qui ne reprenant plus que les éléments de langages autorisés par l’officine de l’Union Européenne qu’est la CES, ne se permettent de critiquer les processus électoraux latino américain que s’ils conduisent à la victoire de la gauche, qu’elle soit bolivarienne à Caracas, sandiniste au Nicaragua ou socialiste à la Havanne !



![[ AGIR ! ] – Sur la situation politique et géopolitique – par Fadi Kassem et Georges Gastaud](https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/04/20260501-PRCF-agir-1ermai-120x86.jpeg)

